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Ai Weiwei et les provocateurs

Article publié le : Lundi 14 novembre 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier

Le magazine L’Hebdo, édité à Lausanne, publie dans son N°44 du 3 novembre 2011, pp. 22-24, un article consacré à la transformation du Peace Hotel de Shanghai (1906, à l’angle du Bund et de la rue de Nankin) par le groupe Swatch (un investissement de 50 millions de francs). Le Swatch Art Peace Hotel est semble-t-il une vitrine des montres Swatch et une résidence d’artistes.


Extrait d’une réponse de Nick Hayek, patron de Swatch :

« Je pense que l’on se crée des problèmes qui n’en sont pas. Beaucoup de grandes civilisations connaissent – ou ont connu – des difficultés avec des provocateurs issus du milieu artistique à un moment de leur histoire. »

Ma remarque : puisque Swatch prétend s’opposer au monde du luxe dans son expansion en Chine, pourquoi citer Mao propriétaire d’une montre Omega ? C’est que le groupe Swatch est propriétaire de marques de montres de luxe : Breguet, Blancpain, Omega, Longines, Rado, Tissot, Balmain, etc. Quel cynisme ! Que ne ferait-on pas pour s’attirer les bonnes grâces du gouvernement chinois. Comment peut-on se réclamer d’une « provocation » et, en même temps, traiter l’artiste chinois Ai Weiwei de provocateur ?  JLB

Lire :  http://www.hebdo.ch/provoquer_le_monde_du_luxe_129604_.html

Le Swatch Art Peace Hotel à Shanghai (dr).

Interview de Nick Hayek

Provoquer le monde du luxe

Propos recueillis par Linda Bourget, Shanghai – Mis en ligne le 02.11.2011 à 11:20

INTERVIEW. Le CEO de Swatch Group Nick Hayek compte doubler son chiffre d’affaires en Chine. Le Swatch Art Peace Hotel est au cœur de cette stratégie.
Nouveau fer de lance de Swatch Group en Chine, le Swatch Art Peace Hotel accueille 18 artistes résidents à ses 2e et 3e étages. Ainsi que quatre boutiques (Breguet, Omega, Blancpain, Swatch) au rez-de-chaussée. Directeur général du premier fabricant mondial de montres et instigateur du projet, Nick Hayek parle de la place qu’il veut donner aux artistes invités dans ces nouveaux ateliers. Et dévoile des ambitions pour le marché chinois que serviront les vitrines du rez.

Selon quels critères les artistes résidents du Swatch Art Peace Hotel sont-ils sélectionnés?

Nick Hayek: Ils doivent simplement plaire à notre comité. Nous voulons être indépendants et libres, choisir des gens connus ou non, dans l’esprit de Swatch.

En Suisse, la détention de l’artiste chinois Ai Weiwei durant trois mois au printemps dernier a beaucoup marqué les esprits. Comment le comité de sélection va-t-il gérer la question délicate de la liberté des artistes?

Je pense que l’on se crée des problèmes qui n’en sont pas. Beaucoup de grandes civilisations connaissent – ou ont connu – des difficultés avec des provocateurs issus du milieu artistique à un moment de leur histoire: la Suisse, l’Allemagne, la France, les Etats-Unis… Il est normal que les médias se focalisent sur certains de ces cas. En Chine, je vois quantité d’artistes travailler avec une grande liberté; seules certaines expressions politiques gênent. Si quelqu’un dressait, à Washington, une grande sculpture à propos de Guantanamo Bay, je ne sais pas ce qui arriverait… Probablement qu’il ne disparaîtrait pas (Ai Weiwei avait été arrêté sans que les autorités chinoises le communiquent tout de suite à sa famille, ndlr). Il y a un peu plus de transparence aux Etats-Unis. Mais il ne faut pas négliger le fait que la Chine essaie d’aller du communisme vers une société plus moderne. Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que tout soit aussi libre que dans les pays démocratiques européens du jour au lendemain.

Tout s’est donc bien passé dans la mise en place du projet?

Je crois qu’il y a bien des pays où nous aurions eu plus de problèmes qu’ici! Ce bâtiment – le plus vieil hôtel de Shanghai – appartient à l’Etat. Des grands groupes de luxe, français notamment, le voulaient. Mais c’est notre approche que le maire de Shanghai et notre partenaire, la chaîne hôtelière Jin Jiang – propriété de l’Etat – ont activement soutenue en ayant pleinement conscience de ce que l’on y ferait. Parce que nous leur avons dit que l’art est le luxe ultime. Comparez le prix d’un sac Louis Vuitton et un Picasso: ce ne sont pas du tout les mêmes!

Vous revendiquez tout de même un esprit provocateur…

Oui, mais pas vis-à-vis de la Chine. Nous voulons provoquer le monde du luxe. Swatch a toujours collaboré avec des artistes à travers le monde, en essayant de faire la différence entre la superficialité du luxe et une démarche qui a plus de substance. Le Bund et la rue Nanjing (au croisement desquels se trouve le bâtiment, ndlr) sont occupés par des grandes marques de luxe qui fascinent. Mais beaucoup de ces marques – sauf les nôtres – ne représentent pas grand-chose. Quelqu’un a simplement collé un nom sur des produits qui coûtent cher. En demandant à des artistes de travailler dans cet endroit réservé au luxe et à la consommation, nous provoquons.

Allez-vous collaborer avec les artistes en résidence, par exemple pour le design de montres?

Oui. Si les deux parties sont intéressées, nous pouvons envisager qu’un artiste fasse une montre avec nous, mais ce n’est pas une obligation. En revanche, chaque artiste doit nous laisser une de ses créations.

Le Swatch Art Peace Hotel incarne l’importance accordée au marché chinois. Quelle place oc cupe-t-il dans votre groupe?

Nous faisons 1 milliard de francs de chiffre d’affaires annuel dans ce pays, sans compter Hong Kong, sur un total de 6,4 milliards. La demande y est tellement énorme que nous ne savons pas comment la satisfaire! Les Suisses peuvent être contents que les Chinois adorent la Suisse. Ils sont très loyaux aux marques et nous avons l’avantage que Omega et Rado soient présentes sur ce marché depuis des années. Mao possédait déjà une Omega! Aujourd’hui, cette marque est certainement le leader du marché.

A l’horizon de cinq ans, comment espérez-vous progresser en Chine?

J’ai dit que le Swatch Group avait le potentiel d’atteindre, d’ici à trois ou quatre ans, un chiffre d’affaires de 10 milliards grâce à la seule croissance interne (sans acquisition, ndlr). Vu le dynamisme de la Chine, on peut penser que 20% de ces ventes – soit 2 milliards – pourront être générées par ce marché. Cela sousentend donc d’y multiplier les affaires par deux.

La force du franc, qui met à mal les entreprises exportatrices suisses, grève-t-elle vos ventes en Chine?

Non. Comme nous fabriquons 95% de nos produits en Suisse, nous devons travailler avec des marges moins grandes que si le franc était à un niveau normal. Mais nous ne répercutons pas ces coûts sur nos clients: nous ne pouvons pas pénaliser les Chinois en augmentant les prix à cause du taux de change.

Autre fleuron de l’industrie helvétique, Novartis vient d’annoncer la suppression de 1100 postes en Suisse en accusant le franc fort. Cela pourrait-il arriver chez Swatch?

Non. Notre produit est aimé parce qu’il est «Swiss made», il n’y a pas d’alternatives à la production en Suisse. Mais il n’y en a pas plus pour la société dans son ensemble: l’existence de la Suisse dépend d’une industrie qui fonctionne, de l’innovation et des activités de production. Nous ne pouvons pas uniquement vivre des banques ou des services. La décision de Novartis est catastrophique et scandaleuse! Vous ne pouvez pas annoncer en même temps des bénéfices fabuleux et une réduction des effectifs qui se chiffre en milliers. Il s’agit d’une vision à court terme pour satisfaire les analystes financiers et les investisseurs. Ces gens se foutent totalement de Novartis!

Des géants chinois comme Hengdeli ou Fyita rachètent à présent des marques horlogères suisses. Qu’en pensez-vous?

Je n’ai pas de problèmes avec cela. Ça fait des années que des étrangers rachètent des sociétés. Le français LVMH a par exemple repris TAG Heuer, Zenith et Hublot. L’important n’est pas la nationalité de celui qui investit. C’est que ce soit un entrepreneur désireux de développer le produit repris en se tenant à certaines règles. Je me sens plus à l’aise avec un entrepreneur chinois qui investit chez nous qu’avec un fonds américain. Parce que nous savons que ces fonds ne recherchent que le profit à court terme

Weibo

Article publié le : Dimanche 14 août 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier

Le réseau Weibo, l’équivalent chinois de Twitter, joue un rôle important dans un type sans précédent de mobilisation démocratique en Chine. Ainsi, pour s’opposer, à Dalian, à l’installation d’une usine chimique dangereuse. Les réseaux sociaux répercutent en outre de nombreuses images de ces manifestations.


Une image comme on en a vu très rarement, à ce jour.

Pierre Haski  écrit le 14 août 2011 sur le site Rue89 :

Cet incident montre une nouvelle fois comment les réseaux sociaux et Internet en général ont un impact considérable sur la société chinoise et ses rapports avec les autorités. Et les tentatives de contrôle – les réseaux téléphoniques ont semble-t-il été bloqués un moment à Dalian dimanche – n’y font rien : la foule considérable réunie en peu de temps, et les milliers de photos qui circulent, et dont nous vous présentons une impressionnante sélection, montrent que le robinet d’informations est difficile à fermer.
http://www.rue89.com/chinatown/2011/08/14/environnement-une-manif-fait-ceder-le-gouvernement-chinois-217867

Sur Weibo, ses particularités par rapport à Twitter, son impact culturel et politique, lire :
http://chine.aujourdhuilemonde.com/weibo-une-revolution-en-marche-en-chine

Lire également cet article publié par Le Monde le 20 août 2011 :

Le fulgurant succès de Weibo, le  » Twitter  » chinois
Pékin Correspondant

Le site de microblogging du portail Sina a dépassé, mi-août, 200 millions d’utilisateurs
C’est la réponse de la Chine à Twitter, et elle fait un tabac. Proposé par le portail Sina depuis août 2009, le service Weibo (littéralement  » microblog « ) a dépassé, jeudi 18 août, les 200 millions d’utilisateurs – soit près d’un internaute sur deux en Chine, qui en compte 485 millions.
Le succès de la plus populaire plate-forme de  » microblogging  » (échange de messages courts) chinoise est à double tranchant pour le gouvernement : il a permis à la Chine, dont les systèmes de censure bloquent l’accès à Twitter, Facebook et YouTube et à ses géants d’Internet, de ne pas rester en marge des derniers développements technologiques et économiques du Web.
Tout en l’immunisant contre les effets les plus brutaux d’un outil de ralliement et de transmission de l’information, extrêmement rapide et incontrôlable, Sina Weibo pratique, comme toutes les sociétés Internet en Chine, une censure assez tatillonne de ses contenus et verrouille régulièrement le compte des utilisateurs jugés indésirables. Mais l’effet de masse que procure un tel réseau, et les spécificités techniques apportées par Sina – comme la possibilité d’insérer dans le message même des photos et des vidéos – ont largement contribué à élargir l’espace du débat public en Chine.
Dirigé par Charles Chao (Cao Guowei en chinois), Sina est coté au Nasdaq américain. La valeur de son action a doublé en un an, et Weibo représenterait la moitié de la capitalisation actuelle du groupe (6,1 milliards de dollars), selon les analystes. Sina a toutefois dû procéder à des investissements très lourds en publicité et en ressources humaines pour assurer le développement de son service de microblogging.
Ses revenus nets au deuxième trimestre ont été divisés par 2,5, comparé au même trimestre en 2010 ; mais son chiffre d’affaires a bondi de 20 %. Charles Chao souhaite désormais  » monétiser  » Weibo, notamment en trouvant le moyen d’y associer des revenus publicitaires. Sur ce créneau, il se positionne loin devant ses concurrents chinois. Baidu, le moteur de recherche chinois, qui a lancé en septembre 2010 son propre service de microblogging, a jeté l’éponge : les utilisateurs, qui avaient l’obligation de s’identifier, l’ont boudé.
Weibo, de son côté, garantit l’anonymat. Mais certains des utilisateurs qui fournissent les preuves de leur identité reçoivent alors un statut VIP, ce qui leur donne davantage de crédibilité. On y trouve les stars de la télévision et du cinéma – l’actrice Yao Chen a ainsi 10,8 millions d’abonnés. Mais aussi des commentateurs influents, telle la patronne de presse Hong Huang (3,2 millions de suiveurs), ainsi que des personnalités de la société civile (comme le journaliste d’investigation Wang Keqin).

Scandale
Les contestataires, qui se retrouvent interdits de Weibo, se réfugient sur… Twitter, bloqué en Chine mais accessible grâce au VPN (Virtual Private Network ou réseau privé virtuel). Weibo a l’avantage d’offrir plus d’espace que son homologue américain : les messages comportent jusqu’à 140 caractères chinois, soit l’équivalent de 280 lettres de l’alphabet, contre la moitié pour Twitter.
Depuis sa création, Sina Weibo n’a cessé de s’illustrer dans les événements qui ont fait débat en Chine. Les informations sensibles ont beau être purgées, elles ont le temps de circuler – ne serait-ce que quelques heures – surtout lorsqu’il s’agit de photos. Ce fut le cas, le 14 août, lors de la manifestation monstre de Dalian, qui dénonçait des risques de pollution.
Les plus hardis des microblogueurs prennent soin toutefois d’ouvrir deux comptes pour s’assurer que leur message est bien en ligne – et non effacé par la censure. Weibo est à l’origine, depuis quelques semaines, d’une polémique après qu’une jeune utilisatrice VIP, Guo Meimei, s’est mise à raconter à grand renfort de détails et de photos son existence luxueuse. Or, sur son profil était noté qu’elle dirigeait une société liée à la Croix-Rouge chinoise. Les internautes se sont mis à enquêter, spéculant sur ses relations avec un ponte de l’association. Malgré le scandale dans lequel est toujours empêtrée la Croix-Rouge de Chine, la jeune femme, elle, persiste et signe : elle vient d’annoncer qu’elle allait bientôt sortir une chanson… sur Weibo.

Brice Pedroletti © Le Monde

问个好吧。

Article publié le : Samedi 6 août 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier

问个好吧。On peut traduire : Demandez un droit. Ceci est le contenu du premier tweet que l’on reçoit (depuis 13 heures maintenant) de @aiww (艾未未  Ai Weiwei) après son interruption il y a 125 jours, au moment où il annonçait l’investissement de son atelier par la police et son arrestation à l’aéroport.

https://twitter.com/aiww/status/99520065950597120
https://twitter.com/#!/aiww

Ai Weiwei a 94 435 abonnés qui le suivent sur Twitter.

Le 7 août, Ai Weiwei a posté ces deux photos :

On sait maintenant que sa détention a été une torture morale très grave.

L’écrivain de Twitter

Article publié le : Samedi 7 mai 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier

L’écrivain de Twitter. Le meilleur sans doute à ce jour : https://twitter.com/#!/regisjauffret

Typographie 2.0, la révolution du A4

Article publié le : Lundi 21 février 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier


Tunisie, janvier 2011. Un pur exemple de l’emploi de la langue française et du caractère Arial (très proche de l’Helvetica).

C’est désormais une évidence, le numérique fait émerger des conditions radicalement inédites pour la politique et la société, principalement avec Internet et les réseaux sociaux. L’imprimante aussi, et la typographie numérique entre les mains de chacun. Dans les manifestations, les mouvements de protestation et de lutte, il y a, depuis quelques années, autre chose que les banderoles « collectives » : de simples feuilles imprimées tenues ou brandies par des individus, à mettre en relation avec les innombrables téléphones devenus appareils de saisie et de transmission d’images. Au fond, si les mots adoptent le support éminemment physique qu’est la feuille de papier, ce n’est qu’un passage pour rencontrer les corps, la rue, les lacrymogènes, pour s’incorporer à des sujets. Mais leur destin est de retourner à l’espace virtuel qui est leur théâtre d’opération « naturel ». Car il faut bien comprendre que le « virtuel » est tout aussi actif que son alter ego constitutif du réel : l’« actuel ». Qui plus est, qui irait prétendre que Facebook, Twitter, les ordinateurs, ne sont pas des opérateurs matériels. S’ils sont porteurs d’idées, d’appels, de mots d’ordre, ils ne sont pas moins matériels que des tracts ou messages transportés dangereusement par des agents de liaisons. S’il y a une nouveauté, chaque jour plus surprenante, c’est leur rapidité, leur synchronisme, leur ubiquité.

Liliane Terrier écrit dans son blog La figure dans le paysage (http://www.arpla.fr/canal2/figureblog/), le 21 février 2011 : Prolongeant cette fonction d’information dévolue à l’art, à l’ère du Web 2.0., si tant est qu’il perdure encore, on élira la forme particulière du post individuel (équivalent du A4 brandi dans les récentes manifestations dans les pays arabes) et du blog collectif (équivalent des manifestations donc) dans lequel il s’insère, comme une pratique artistique à part entière, puisqu’elle ressort de la pratique du livre d’artiste telle que décrite plus haut, qui fait art depuis 40 ans !


Manifestation dans la Kasbah de Tunis le 25 janvier 2011. [©cjb-Flickr] L’emploi effectif dans la joie de la manifestation et la version rouge sur blanc en Times, rattrapent le quasi snobisme « Comme des garçons » de la version blanc sur rouge en Helvetica/Arial,






Manifestants de la place Tahrir, Le Caire, les 7 et 8 février 2011. [©Joseph Hill-Nebedaay-Flickr]



Reconstitutions en typographie numérique des inscriptions (Times bold, Arial, Verdana).
Télécharger ces multiples d’AdNM/Éditions/Paris :
http://www.arpla.fr/canal20/adnm/wp-pdf/A4-Tunisie-Egypte.pdf

http://www.arpla.fr/canal20/adnm/wp-pdf/A4-Sorry.pdf

Révolution 2.0

Article publié le : Lundi 21 février 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier

Un exemple de la promotion que se fait Facebook à partir du rôle des réseaux sociaux dans les récentes révolutions, en Tunisie, en Égypte, etc. ? :

Gigi Ibrahim, le symbole d’une révolution web

Ce billet n’est pas vraiment consacré à l’actualité facebook, mais disons qu’il s’agit ici, de souligner l’importance des contestations politiques menées sur la toile. Gigi Ibrahim est une activiste politique de premier plan dans la révolution Égyptienne, très présente ces derniers temps dans les médias Français, on la présente souvent comme la meneuse de l’autre facette de cette révolution Égyptienne: la révolution web. Cette révolution web se fait sur tous les fronts: Facebook, Twitter, Flickr, Linkedin, wimeo, youtube, blog. Gigi Ibrahim est une voix, parmi tant d’autres qui s’élèvent à travers le monde arabe, nous saluons le courage et la détermination dont ces militants font preuve. Et nous profitons du cas personnel de Gigi Ibrahim pour souligner le nouveau rôle joué par les réseaux sociaux. Suite : http://www.toutfacebook.fr/gigi-ibrahim-le-symbole-dune-revolution-web/

Voir cette vidéo : http://www.pbs.org/wgbh/pages/frontline/revolution-in-cairo/video-gigis-revolution/

Ainsi, les pages Facebook de Gigi Ibrahim (l’une des « stars de Twitter » issues des journées du Caire) : http://www.facebook.com/people/Gigi-Ibrahim/620423960. Et son Twitter : https://twitter.com/#!/Gsquare86

Mona Seif, citée avec Gigi Ibrahim dans l’article de Rémy Ourdan dans Le Monde du 21 février 2011 :

Égypte : le « journalisme citoyen » de Mona et Gigi sur Twitter

Pour suivre et comprendre la vie politique de Mona Seif et de Gigi Ibrahim, il faut passer autant de temps à lire leurs tweets qu’à discuter avec elles. Sous les noms de@monasosh et de@Gsquare86, ces deux figures de la révolution égyptienne, âgées de 25 et 24ans, ont acquis via Twitter une réelle capacité de mobilisation.
Dans la désormais vaste communauté des militants du Net égyptien, les deux jeunes filles ont plusieurs points communs, qui ont contribué à forger une amitié qui n’a rien de virtuel. Mona et Gigi ne restent pas devant un ordinateur à diffuser des informations ou à exprimer leurs sentiments: elles sont toujours au plus près de l’action. Se définissant à la fois comme « militantes » et comme « journalistes citoyennes », elles entretiennent la flamme auprès de leurs milliers de « followers » en témoignant en temps réel, en diffusant sur le Net photos et vidéos.
Mona Seif est déjà une militante de longue date. « Il n’y a que des militants dans ma famille. Je suis une militante par héritage », dit-elle en riant. Elle a fréquenté des manifestations depuis l’enfance. Pour elle comme pour beaucoup de jeunes Egyptiens, le tournant date de la mort de Khaled Said, en juin 2010. Alors que son blog était auparavant très personnel, Mona décide de consacrer son compte Twitter à œuvrer pour des changements en Egypte. « Mon compte n’est pas qu’un fil d’informations, j’y partage ce que je vois. Je vérifie mes infos. Je prends des photos qui accompagnent mes tweets. »
Pendant les dix-huit jours de révolte qui ont mené à la chute d’Hosni Moubarak, Mona a ainsi pratiqué ce « journalisme citoyen » qu’elle, chercheuse en biologie à l’université du Caire, a découvert ces derniers mois. « Mon instinct, c’est de protester. J’aurais donc pu rester place Tahrir. Mais mon rôle désormais, c’est de témoigner. Je suis ainsi souvent sortie de la place Tahrir pour aller vérifier ce qui se passait ailleurs dans Le Caire, et pour diffuser mes informations. »

« MILITANTE ONLINE ET DANS LA RUE »

Gigi Ibrahim, rentrée de Californie il y a deux ans, a de son côté commencé, tout en achevant ses études de sciences politiques, à fréquenter les mouvements ouvriers et les manifestations. Elle est devenue « socialiste révolutionnaire », et@Gsquare86 est, depuis la révolution du 25 janvier, une star sur Twitter. Même les Egyptiens qui ne tweetent pas la connaissent, après une apparition sur Al-Jazira et une couverture de Time Magazine.
Gigi se considère comme « militante depuis un an, online et dans la rue ». « Les réseaux sociaux, au départ, ça servait à quoi? A rencontrer des amants, des amis?… Et là, ça fait tomber des dictatures. Ce sont des outils absolument géniaux. » Très déterminée, Gigi prend son rôle très au sérieux. « Avant la révolution, j’allais déjà dans toutes les manifestations. Je suis de nature sceptique, donc je vérifie mes informations sur le terrain, je vérifie chaque détail, et je prends des vidéos et des photos. »
Pour ces deux habituées des mouvements protestataires, le rassemblement du 25 janvier, pour lequel elles lançaient des appels à la mobilisation, fut une surprise. « Je pensais que nous serions quelques dizaines, comme d’habitude, raconte Gigi. Quand j’ai vu la foule, cette foule gigantesque, je ne pouvais plus m’arrêter de pleurer. Quand j’ai vu ces citoyens ordinaires courir après les soldats, je me suis dit: ‘On y est. Le moment est arrivé. ‘ C’était un rêve devenu réalité… » Depuis la chute de Moubarak, Mona et Gigi poursuivent le combat. Elles sont présentes à toutes les manifestations, les grèves, aux côtés des militants ou des ouvriers, et devant les ambassades, pour soutenir les révoltés de Libye, de Bahreïn, d’Algérie.
« Ce n’est pas fini. Ici, en Egypte, le chemin vers la démocratie sera encore long », pense Mona Seif. « Notre révolution fut spontanée et désorganisée, et nous avons gagné, mais les prochaines victoires dépendront de notre capacité à nous structurer, à nous politiser », croit Gigi Ibrahim.Sur Twitter, leur activité se partage désormais entre la continuation de ce que la révolution égyptienne du 25 janvier a entrepris, et la solidarité avec les manifestants d’autres pays arabes. De même que les Tunisiens furent au Caire une source d’inspiration, les Egyptiens sont maintenant aux côtés de leurs « amis » virtuels étrangers.
Sur la Libye, en l’absence de journalistes étrangers, les Mona, Gigi et leurs camarades égyptiens sont même les principaux relais des informations envoyées par de jeunes Libyens. La révolution arabe continue, et ils en sont le cœur.

« Temps réel » d’une révolution

Article publié le : Samedi 12 février 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier


Copie d’écran, samedi 12 février 2011 à 6h42, heure du Japon.


Wael Ghonim, cadre chez Google, l’un des leaders du mouvement des réseaux sociaux en Tunisie.