Base de données

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Vendredi 20 janvier 2017, 15h. Galerie Ygrec, Les Grands Voisins, Avenue Denfert-Rochereau, Paris 14e. Pour l’exposition Haunted by Algorythms, mise en place de Papyrus rudiments, quatre papyrus sur leur console, deux ampoules blanches, un clipboard suspendu comportant 12 calques imprimés des signes trouvés dans ces plantes avec l’application #ubiquité.

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Pékin pour mémoire
1985-2015
Installation, vidéodisque interactif (version avec ordinateur et vidéo-projecteur)

Ars Electronica, Linz, septembre 2015, http://www.aec.at/postcity/campus-paris/
Vidéodisque exposé pour la première fois à la Biennale de Venise : http://jlggb.net/jlb/?page_id=113
Autres présentations : Festival d’Automne, Théâtre de Chaillot, Paris, 1986; Espace Chine, Paris, 1988; Rencontres de la photographie d’Arles, 1988, Musée de l’Élysée, Lausanne, 1989.

Générique de la version 2015 :
Jean-Louis Boissier, conception et réalisation
Jean-Noël Lafargue, programmation
Ye Xin, calligraphie

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Installation version 2015, table avec cinq boutons, ordinateur et vidéoprojecteur. Vues de l’installation à Linz, 3-7 septembre 2015.

Images pour la presse : http://jlggb.net/jlb/?page_id=1434

En septembre 1985, une marche de douze heures relie les temples de Pékin, aux quatre points cardinaux : la Terre, le Soleil, le Ciel, la Lune. Une photo par minute — les appareils inscrivent l’heure dans l’image — pour saisir ce trajet, mais aussi un deuxième appareil à la recherche de vues pittoresques. Le vidéodisque inaugure la gestion programmée des collections d’images. La performance en produit le diagramme logique. Interactivité minimaliste : aux coins d’une table carrée chinoise, quatre boutons pour les points de départ et au centre un bouton pour prendre une photo.

Mode d’emploi
Appuyer sur l’un des quatre boutons d’angles de la table pour projeter la série de photographies d’un trajet.
Appuyer sur le bouton du centre pour afficher la dernière des photographies pittoresques prise au même moment.

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Du 11 au 14 juin 2015, dans l’exposition Des histoires d’art et d’interactivité au Musée des arts et métiers. Dans sa version originale, Mémoire de crayons, 1995-2001, une collection de 1024 crayons, une base de données pour ne pas les classer mais pour retrouver leurs histoires qui sont des fragments de celles de l’auteur. Photo ©jlb

Mémoire de crayons, 1995-2001

Installation interactive avec collection de 1024 crayons
Deux tables de 80 x 240 cm
Fichier numérique FileMaker, interface graphique sur iMac
Conception et réalisation : Jean-Louis Boissier
En confrontant une table vitrine contenant 1024 crayons — soit 32 cases de 32 crayons — et une table portant un ordinateur où se consulte une base de données, il s’agit de susciter une réflexion sur la mémoire attachée aux objets et sur la capacité du langage à rendre compte d’une collection d’objets authentiques et singuliers. Cette installation, produite en 1995 à partir d’une collection entreprise dix ans auparavant, provient des fiches sur ordinateur auxquelles chaque crayon a donné lieu. Sa fiche comporte à la fois sa description et un court récit de son origine et des circonstances de son entrée dans la collection.
Le visiteur, situé entre les deux tables, qui s’attache à l’un quelconque des crayons, peut en décrire les caractéristiques objectives en tapant des mots dans les rubriques de la base de données. Si cette description est juste, la fiche correspondante est trouvée. Elle confirme la désignation et affiche alors l’histoire du crayon. Chaque crayon présente à la fois des signes manifestes de son identité et recèle une histoire dont on ne devine rien. À chaque crayon est pourtant attachée une mémoire dont l’auteur est provisoirement le garant. Chaque crayon apparaît comme présence évidente et à la fois mystérieuse, transparente et à la fois opaque. Plus généralement, Mémoire de crayons montre qu’une base de données concrète, descriptive, permet d’échapper aux classifications normatives et permet, autrement dit, les rangements aléatoires et désordres quelconques.
L’histoire du crayon à mine de synthèse est étroitement liée à celle de la Révolution française. C’est pour faire face au blocus qui prive le pays de la mine de graphite provenant d’Angleterre que la Convention demande au peintre et inventeur Nicolas-Jacques Conté de mettre au point un instrument d’écriture propre à être distribué massivement, ce qu’il conduira rapidement. Au demeurant, Conté est porteur d’une mission consistant à inventer dans tous les domaines techniques et il est impliqué en première ligne dans la fondation du Conservatoire des arts et métiers. Le crayon Conté deviendra rapidement, à travers le monde, une puissante industrie porteuse de valeurs culturelles démocratiques.
Présentations : version 1, Credac/Ivry, 1995 ; version 2, Centre Pompidou, 2001

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imal-cd-rom-cdbl-adv-2015
Vendredi 20 mars 2015, Bruxelles, 30 Quai des Charbonnages. Au centre des cultures numériques iMAL, Welcome to the Future!, une exposition rétrospective des années 90, qui présente, sur des ordinateurs d’époque — ça ne marche pas sur ceux d’aujourd’hui —, une centaine de CD-Rom d’artistes ou ayant trait à l’art. Le curateur en est Yves Bernard, qui fut le directeur de la société Magic Media de Bruxelles. Une table rond a lieu après une conférence de Bob Stein, le fondateur de la compagnie américaine Voyager, qui a inventé les premiers ouvrages numériques dès la fin des années 80 : http://www.imal.org/fr/activity/from-cd-rom-revolution-future-electronic-publishing. Les titres liés à la recherche de Paris 8 et signés Jean-Louis Boissier : Flora petrinsularis, ZKM, Karlsruhe, 1994; 3e Biennale de Lyon, 1995; Actualité du virtuel, centre Pompidou, 1996; Moments de Jean-Jacques Rousseau, Gallimard, 2000. Et aussi, 18:39 de Serge Bilous, Fabien Lagny, Bruno Piacenza — qui furent étudiants —, Flammarion, 1997, ainsi qu’en projection sur le mur, Impalpability, de Masaki Fujihata, ZKM, 1999.
Voir : http://www.imal.org/fr/activity/welcome-future

Liste des auteurs et éditeurs
Auteurs : Laurie Anderson, Jean-Pierre Balpe, Bill Barminski, Pierre Bastien & Karel Doing, Zoe Beloff, S.Bilous & F.Lagny & B.Piacenza, Simon Biggs, Jean-Louis Boissier, Philippe Bootz, Gareth Browyn & Peter Sugarman, Andy Cameron, Marc Canter, Leon Cmielewski & Josephine Starrs, David Cunningham & Stephen Partridge, Linda Dement, Antoine Denize, Masaki Fujihata, Michel François, Jim Gasperini & Tennessee R. Dixon, Peter Gabriel, Alain Geronnez, Clive Gillman, Sophie Greenfield & Giles Rollestone, Paul Groot & Jans Possel, Graham Harwood, Lynn Hershman Leeson, Troy Innocent, Jodi, Tamara Laï, George Legrady, Jaime Levy, Marita Liulia, John Maeda, Antonio Muntadas, The Residents, Antoine Schmitt & Vincent Epplay, Keith Seward & Eric Swenson (Necro Enema Amalgamated), Mari Soppela & Leo Anemaet, Alberto Sorbelli, John Thackara, Florian Thalhofer, Suzanne Treister, Gerald Van der Kaap, Die Veteranen, Romain Victor-Pujebet,…
Éditeurs : Centre Pompidou (FR), Digitalogue (JP), Ellipsis (UK), Gallimard (FR), Gas as Interface (JP), Hyptique (FR), Mediamatic (NL), Necro Enema Amalgamated (USA), Voyager (USA), ZKM (DE),…

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[Photos JLB]
Samedi 6 décembre 2014, 17h, centre d’art (et de recherche) Bétonsalon, esplanade Pierre Vidal-Naquet, Paris 13e. Pour The Pale Fox, Camille Henrot a d’abord fait construire une salle-boîte, peinte en bleu vidéo, avec une moquette de la même couleur. Elle a dessiné des étagères en aluminium. Il y a une musique d’ambiance par Joakim Bouaziz, avec parfois des quintes de toux. Après, ça se complique. Il y a, par elle, des dessins et des calligraphies à l’encre de Chine, des sculptures en bronze ou en terre cuite, qui se réfèrent à ce qu’on a nommé Arts premiers, etc. Il y a des objets empruntés au Muséum d’histoire naturelle. Il y a un bric-à-brac d’objets collectés sur eBay, d’images trouvées, des collections de revues scientifiques ou de vulgarisation géographique, des paquets de journaux, etc. Il est question de l’évolution de la connaissance à l’époque du tsunami de données. Plus clairement, de la collecte, de la collection, de l’accumulation, de la classification, de la naturalisation. On avait aimé son film Grosse fatigue à la Biennale de Venise de 2013, et, en 2012, à galerie Rosascape, son herbier, comme au Palais de Tokyo, ses fleurs vivantes, etc. C’est une artiste intéressante, elle fait travailler pas mal de jeunes personnes, y compris ici pour dire les mots que son exposition nécessite. La brochure de 24 pages A4 distribuée aux visiteurs fournit elle aussi des lumières et reproduit la page 54 de La Pensée sauvage de Claude Lévi-Strauss, Plon, 1962, chapitre II, « La logique des classifications totémiques » :

De tels propos sous la plume d’un homme de science, suffiraient à montrer s’il en était besoin que le savoir théorique n’est pas incompatible avec le sentiment, que la connaissance peut être à la fois objective et subjective, enfin que les rapports concrets entre l’homme et les êtres vivants colorent parfois de leurs nuances affectives (elles-mêmes émanation de cette identification primitive, où Rousseau a vu profondément la condition solidaire de toutes pensée et de toute société) l’univers entier de la connaissance scientifique, surtout dans des civilisations dont la science est intégralement « naturelle ». Mais si la taxinomie et l’amitié tendre peuvent faire bon ménage dans la conscience du zoologiste, il n’y a pas lieu d’invoquer des principes séparés, pour expliquer la rencontre de ces deux attitudes dans la pensée des peuples dits primitifs.

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Vendredi 31 octobre 2014, 12h30, Kunsthalle de Saint-Gall. L’exposition The Darknet — From Memes to Onionland. An Exploration est expliquée par Giovanni Carmine, directeur de la Kunsthalle, à un groupe d’étudiants et enseignants en art venus du Valais. Activiste, conceptuelle, intéressante. Il y est question du Deep Web, la part cachée — comme dans un iceberg — du web. On est ici devant la pièce de xhacker02, Artwork by Anonymous, prêtée par xhacker02, un post produit par un anonyme et acheté par un anonyme.
Heath Bunting, Status Project, 2004-2014, détail, comment une personne peut être créée par interventions sur le monde virtuel.
Aram Bartholl, Forgot YourPassword?, 2013, Courtesy: the artist; DAM Gallery, Berlin, comment on se perd à chercher ses mots de passe dans une immense collection éditée en volumes.
!Mediengruppe Bitnik, Random Darknet Shopper, 2014, comment des acquisitions sur le Net, qui viendront s’inscrire dans les vitrines, sont gérées aléatoirement par un ordinateur lui-même placé sur la cimaise.
Droits réservés. Photos JLB.
Site : http://www.kunsthallesanktgallen.ch/en/home.html

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Jean-Louis Boissier, Crasula ubiquiste, exposition Média Médiums, galerie Ygrec, Paris.

MÉDIA MÉDIUMS : http://www.mediamediums.net/fr/http://

Crasula ubiquiste
Installation, 32 plantes, 1985-2014
Des fragments de la plante succulente nommée crassula ovata sont prélevés en divers lieux de plusieurs pays, Chine, États-Unis, Angleterre, Japon, France, Suisse, Danemark. Les boutures sont cultivées et donnent lieu parfois à de nouvelles boutures. Diverses occurrences individuées d’une plante existent donc en divers lieux. Leur durée de vie en tant que colonie est indéterminée. On sait aujourd’hui que les plantes communiquent entre elles. Au-delà, qu’en est-il de ces transmissions pour des plantes ubiquistes ? Sur le modèle de la téléportation et de l’intrication d’états que l’on repère à l’échelle quantique, les plantes ubiquistes pourraient-elles partager des informations et des expériences ? Une telle investigation pourrait-elle contredire ou amplifier le rôle d’objets mémoratifs qu’ont déjà ces plantes collectionnées et exposables ? Car, plus simplement, la puissance du souvenir qu’elles nous communiquent tient à leurs vies qui sont ici mais aussi là-bas.

« L’ubiquité de la crassula

 »
Une courte conférence ubiquiste raconte comment s’est faite la collection Crassula ubiquiste exposée, explique en quoi ces plantes ne sont pas des individus, rappelle que les plantes communiquent entre elles, évoque la transmission résultant de l’intrication quantique, suggère une relation libérée de la communication.
Texte et keynote par Jean-Louis Boissier. Avec Tugce Oklay, Miki Okubo, Anne Zeitz, lectures et reédaction.
Vendredi 23 mai 2014, galerie Ygrec, Paris

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Crassula ubiquiste
Livre, 200 pages
Version pdf : Crassula ubiquiste
Version papier à commander chez Blurb : http://www.blurb.com/b/5706690-crassula-ubiquiste

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Si le jeu Pusued s’appuie, pour un jeu d’explorations et d’aventures, sur les images Google Street View (http://pursued.nemesys.hu), GeoGuessr (http://geoguessr.com/), du développeur suédois Anton Wallén, projette de façon très radicale le joueur vers un point quelconque de la planète Google, avec pour but de l’inciter à découvrir l’identité géographique de ce lieu, avec le maximum de précision — c’est à dire à replacer son point de départ sur la carte — et celà sans autre indication que ce qui peut être décrypté dans les images au cours d’une exploration absolument « libre ». On peut constater qu’une telle pureté de l’enjeu et de la jouabilité est parfaitement démonstrative de l’esthétique qu’ont pu mettre en place les jeux informatiques. Avec cette singularité de « détourner » une base de donnée ordinairement reçue comme utilitaire pour la placer au point de jonction de l’attrait pour le document authentique et du plaisir de se perdre et de se retrouver véritablement.

guessr asturies enfants
guessr asturies cheval
Copies d’écran GeoGuessr. Un exemple de deux vues successives rencontrées sur un trajet dans les Asturies (Espagne), avec ici un goût du pittoresque et du fortuit que l’on a, à un degré extrême, dans les collections de l’artiste canadien Jon Rafman (http://9-eyes.com/). JLB, jeu du 7 juillet 2013.

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Mardi 14 août 2012, 17h, Documenta (13), Kassel, parc Karlsaue, Pierre Huyghe (1962, Paris, ancien élève de l’École nationale supérieure des arts décoratifs), Untilled, 2012. Le titre « inculte » donne une première indication. Pierre Huyghe parle de « compost » et d’une prise de distance d’avec le modèle de l’exposition et de ses spectateurs, au profit d’une « forme biologique de la création » dont on escompterait des « témoins » (Beaux-Arts Magazine, juillet 2012, entretien avec Stéphanie Moisdon, p. 79). Ce n’est pas vraiment le stéréotype de la friche mis aujourd’hui à toutes les sauces. La proposition se présente comme un vaste terrain chaotique mais comportant des sentiers, avec des tas (pour ma part je vois les tas comme appartenant à l’esthétique ou à la logique chinoises), des matériaux, des vestiges, des arbres abattus, des flaques de boue, beaucoup de fleurs sauvages, une sculpture de femme nue allongée dont la tête est masquée par une ruche en activité, un chien — peut-être un lévrier — dont la patte avant droite est teinte en rose fluorescent, un bassin d’eau croupissante, etc. On peut voir l’endroit — c’est certainement le cas — comme un espace destiné au stockage pour l’entretien du parc. J’avais noté un tel espace en le nommant « zone intermédiaire » le 16 juin dernier, près de la rue d’Aubervilliers, dans le 18e (et d’ailleurs on l’aperçoit du train qui nous ramène de Kassel vers la gare de l’Est). Œuvre intéressante, tout comme le discours qui l’accompagne, typique d’une certaine génération d’artistes français, et quand même agaçant. Exemple, un paragraphe sommairement traduit par moi du statement de Pierre Huyghe dans The Guidebook de Documenta (13), p. 262 :

L’ensemble des opérations qui se produisent entre les éléments n’a pas de script. Il y a des antagonismes, des associations, de l’hospitalité et de l’hostilité, de la corruption, de la séparation et de la dégénérescence, de l’effondrement, mais sans rencontres. Il y a des circonstances et des écarts qui permettent l’émergence de complexités. Il y a des rythmes, des automatismes et des accidents, des transformations invisibles et continues, le mouvement et les processus, mais pas de chorégraphie, de sonorités et de résonances, mais pas de polyphonie. Il y a des répétitions, des réactions chimiques, des reproductions, des formations et la vitalité, mais l’existence d’un système est incertaine. Les rôles ne sont pas distribués, il n’existe aucune organisation, aucune représentation, aucune exposition. Il y a des règles, mais pas une politique.

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