Quand des algorithmes se mêlent d’optique

Article publié le : Lundi 26 décembre 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier


L’appareil Lytro, version 16 GB.

Nous avons à plusieurs reprises insisté ici sur la nuance de taille à apporter à l’idée d’une « révolution » que peut apporter le numérique au photographique. Pour bien mesurer l’ampleur des mutations, il faut savoir décrire aussi ce qui ne change pas : ainsi, un appareil photo numérique reste un appareil photographique, c’est-à-dire une chambre noire avec une optique et une surface sensible. L’exemple du scanner et d’autres types de balayage par un laser étaient déjà des techniques qui voyaient le photographique s’émanciper de la pyramide optique formée dans la chambre noire. Il en va autrement aussi quand l’optique est modifiée au point de ne plus donner lieu à une image réelle « simplement » captée puis traitée mais qui est couplée à des algorithmes, à une computation, qui fait de l’image une base de données dont il s’agira d’extraire la, ou plutôt les multiples images de type photographique. Il est vrai que la capture numérique, comme d’ailleurs la capture argentique, n’est pas une image « achevée ».  Cependant, ici, le principe prend une toute autre ampleur car il repousse à « après la prise de vue » un paramètre qui semblait inhérent à l’instant de la saisie optique, mécanique et électro-chimique, la mise au point, le placement du plan de capture en un plan de netteté optimum. Notons qu’une telle mise au point « après » est elle-même éventuelle puisqu’elle suppose une variation qui peut rester ouverte dans de nouvelles formes de diffusion et d’usage de ces « blocs photographiques », comme par exemple pour des images 3D, stéréoscopiques et interactives.

Il y a maintenant quatre ans (nous y faisions écho, voir : http://www.arpla.fr/canal20/adnm/?p=256), Adobe présentait un dispositif multi-objectifs qui permettait un enregistrement visuel où la mise au point « restait à faire », autrement dit, qui fournissait une image d’apparence floue mais contenant les informations de sa propre mise au point dans tel ou tel plan de sa profondeur. Mettant en œuvre un principe comparable, le Lytro, annoncé fin 2011, est un appareil-logiciel qui saisit en la traitant non plus l’image réelle formée dans un plan où elle est principalement nette, mais le champ de rayons omnidirectionnels émis par l’objet, une globalité lumineuse chargée du potentiel d’informations apte à restituer l’image volumique que l’optique classique échoue à percevoir. Pour le dire simplement, l’appareil capture à la fois l’intensité et la direction de la lumière — et pour cela opère dans une quatrième dimension. L’appareil diffère d’un appareil photo digital ordinaire par la présence d’une grille de micro-lentilles devant son capteur. La notion de Digital Light Field Photography emprunte celle de light field à l’image de synthèse et en particulier au ray-tracing.

Une série de photographies « à mettre au point » est visible sur le site : http://www.lytro.com/living-pictures/292.

Citation du site Lytro, 26 décembre 2011 : Les tout premiers champs de lumière ont été capturés à l’Université de Stanford il y a maintenant 15 ans. La recherche la plus avancée sur le champ de lumière demandait une pièce remplie de caméras reliées à un superordinateur. Aujourd’hui, Lytro achève le travail de sortir les champs de lumière hors du laboratoire de recherche et de les rendre disponibles pour tous, sous la forme de la première Lytro Light Field Camera.

Pour plus d’informations techniques sur la Digital Light Field Photography, consulter :
https://www.lytro.com/science_inside
http://www.lytro.com/renng-thesis.pdf



Exemples de l’effet Lytro : photo par Mugur Marculescu et portrait du directeur de la photographie Stephen Goldblatt © Lytro.

Metaxu, Fabien Giraud

Article publié le : Dimanche 4 décembre 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier





L’œuvre de Fabien Giraud Le La Mort est coproduite par Rosascape (Paris, square de Maubeuge, Paris 9e) et Forde (Genève). Elle est composée de quinze livres imprimés en linotypie. « Chaque ouvrage est coupé en son milieu par un second livre contenant le script d’une conversation entre Fabien Giraud et Vincent Normand. À la fois commentaire et origine des œuvres, ce dialogue, intitulé Metaxu, est le point central de l’exposition ». Voir les livres ici. Si le long texte original (la conversation sous forme de vidéo dure 107 mn) est la matière de la proposition, cette matière est présente aussi dans des caractères en plomb, et dans les barres de plomb fondu de certains paragraphes, dans les rubans de papier, chutes des rognures des aplats de couleurs du livre imprimés par un procédé numérique. (Photos JLB, 3 déc. 2011)

Texte de la page photographiée :
Très vite, la courbure du verre s’accentue, et toute une série de foyers optiques se développe entre l’œil et l’objet de son regard. Le microscope, comme il s’invente au milieu du XVIIe siècle avec le savant hollandais Antoni van Leeuwenhoek, est doté d’un dispositif à vis pour la mise au point. Le microscope révèle alors que la surface d’un objet n’est pas sa correspondance à l’échelle de sa forme globale, mais qu’il abrite en lui-même, dans l’ombre de sa matière, une infinité de mondes et de vies insoupçonnées jusqu’alors. La chair du monde se fendille et se creuse. Tout un univers profond, dans les crevasses et les pores, remonte à la surface des formes. Et seules la limite de la courbure des lentilles, la netteté de son grain de verre et la précision d’un pas de vis semblent pouvoir arrêter cette avancée dans les strates infimes du monde. C’est alors, pour l’homme étourdi du XVIIe siècle commençant, l’ouverture à deux démesures de la vision. L’une amenée par le télescope et le décentrement du monde, l’autre, par le microscope et la profondeur infinie de la matière. Une sphère éclate au contact du sol quand une boule de verre tombe de toute la hauteur d’une table. Une sphère éclate également quand, avec un petit objet dur et pointu, on applique sur elle une force qui, par pression concentrée en un point unique, vient à en éventrer la membrane. Il faut voir le double geste de Galilée et de Leeuwenhoek comme une équivalente brisure. Ils ouvrent le savoir à la dé-mesure, au sens véritable et complet d’une défaite de la mesure.

Le texte intégral du livre est disponible en pdf ici. C’est une Histoire, fort intéressante, attachée aux inventions techniques.

Jordan Crandall à Documenta X, 1997

Article publié le : Mardi 22 novembre 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier


Jordan Crandall, filmé dans son installation Suspension (vidéo de 5mn 35s par Jean-Louis Boissier).

Pour la Documenta X, en 1997, Jordan Crandall crée Suspension, une installation multimédia dans laquelle le visiteur est incité à trouver son propre rythme au sein d’un certain nombre de protocoles et de règles. Cette articulation entre participation et contrôle deviendra un des concepts clés des productions postérieures de Crandall.

Il est souvent dit que nous sommes actuellement en cours de la deuxième révolution technologique majeure. La première nous a apporté l’accélération de la circulation, le système ferroviaire, l’automobile et, enfin, l’aviation. La révolution actuelle surfe sur les ondes électromagnétiques et a conduit à une telle accélération des communications que l’information est maintenant disponible en temps réel – ce qui signifie immédiatement, peu importe d’où elle vient. Avec l’aide de matériel comme des ordinateurs, téléphones portables, scanners, etc, les gens peuvent accéder à cette information en tout temps et être présent partout, tant qu’ils sont en mesure d’utiliser les médias et d’analyser l’information. Cela signifie que les modes de réception ont été plus ou moins retravaillés, afin de les adapter aux modèles prescrits par la technologie. Comme la proximité électronique ne nécessite pas de contact physique, une nouvelle sphère est apparue qui ne distingue plus entre le privé et le public. L’installation multimédia Suspension de Jordan Crandall observe cet espace créé par la médiation d’une variété de réseaux techniques comme «une combinaison dynamique de la réalité et de la virtualité» enquêtant sur les « modes alternatifs d’accès, de navigation, et d’habitation » de l’espace électronique.
Suspension explore les façons dont les organismes de visualisation, des corps et des espaces habités sont mobilisés et reformatés à travers divers « protocoles » et « véhicules ». Le système interactif de caméras vidéo, lecteurs vidéo, projecteurs, ordinateurs, processeurs d’image numérique, convertisseurs de balayage, animations et divers dispositifs d’ajustement catapultent automatiquement le visiteur dans un de ces nouveaux espaces hybrides de présence (distribuée) à la fois réelle et virtuelle. Volontairement ou non, le visiteur commence à exercer une influence.  L’installation est traversée par des réseaux de projections et de multiples actions locales (au sein de l’espace d’exposition de Kassel) et à distance (via Internet). Les habitants simultanément génèrent et interrompent le flux de projection. Le lieu de visualisation est multiplié et mobile, dispersé et dérouté. Les modèles d’interférence génèrent des champs d’orientations concurrentes, dont les étalonnages rapides ne se mesurent plus en termes de distance et de grandeur.  Rythme et vitesse des événements déterminent les changements dans le système de suspension dans lequel la matière et l’énergie (dans le sens de la puissance électro-optique ou électromagnétique) s’influencent réciproquement et obligent l’utilisateur/spectateur à une réorientation constante entre les protocoles et les changements de points de vue. En 1990, sous le nom de Blast, Jordan Crandall a lancé un projet portant sur la transformation des modes conventionnels de perception et de réception dans la lecture et la vision. Sur cette base, l’évolution des formes de production dans le domaine de la publication et des diverses techniques de systématisation et de régulation ont été étudiés.

Suzanne Prinz et Paul Sztulman in http://jordancrandall.com/main/views/shortguide.html
Traduction : L.T.

Documents complémentaires :

http://jordancrandall.com/suspension/suspension.html
 http://www.virtualart.at/database/general/work/suspension.html
Article de Jordon Crandall en français : «Vision armée», 3 juin 2004, Multitudes n°15, p. 63. http://multitudes.samizdat.net/Vision-armee
Autre œuvre en ligne: Hotel, fiction expérimentale, dv, couleur, USA, 2009. http://www.art-action.org/proposition/catalogue/detail_prog10.php?lang=en&qui=reali&oeuvre=H30274&codeoeuvre=H30274

Ainsi que l’annonce de la conférence de l’OdNM du 23 novembre 2011 à l’EnsAD :
http://www.arpla.fr/odnm/

Ai Weiwei et les provocateurs

Article publié le : Lundi 14 novembre 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier

Le magazine L’Hebdo, édité à Lausanne, publie dans son N°44 du 3 novembre 2011, pp. 22-24, un article consacré à la transformation du Peace Hotel de Shanghai (1906, à l’angle du Bund et de la rue de Nankin) par le groupe Swatch (un investissement de 50 millions de francs). Le Swatch Art Peace Hotel est semble-t-il une vitrine des montres Swatch et une résidence d’artistes.


Extrait d’une réponse de Nick Hayek, patron de Swatch :

« Je pense que l’on se crée des problèmes qui n’en sont pas. Beaucoup de grandes civilisations connaissent – ou ont connu – des difficultés avec des provocateurs issus du milieu artistique à un moment de leur histoire. »

Ma remarque : puisque Swatch prétend s’opposer au monde du luxe dans son expansion en Chine, pourquoi citer Mao propriétaire d’une montre Omega ? C’est que le groupe Swatch est propriétaire de marques de montres de luxe : Breguet, Blancpain, Omega, Longines, Rado, Tissot, Balmain, etc. Quel cynisme ! Que ne ferait-on pas pour s’attirer les bonnes grâces du gouvernement chinois. Comment peut-on se réclamer d’une « provocation » et, en même temps, traiter l’artiste chinois Ai Weiwei de provocateur ?  JLB

Lire :  http://www.hebdo.ch/provoquer_le_monde_du_luxe_129604_.html

Le Swatch Art Peace Hotel à Shanghai (dr).

Interview de Nick Hayek

Provoquer le monde du luxe

Propos recueillis par Linda Bourget, Shanghai – Mis en ligne le 02.11.2011 à 11:20

INTERVIEW. Le CEO de Swatch Group Nick Hayek compte doubler son chiffre d’affaires en Chine. Le Swatch Art Peace Hotel est au cœur de cette stratégie.
Nouveau fer de lance de Swatch Group en Chine, le Swatch Art Peace Hotel accueille 18 artistes résidents à ses 2e et 3e étages. Ainsi que quatre boutiques (Breguet, Omega, Blancpain, Swatch) au rez-de-chaussée. Directeur général du premier fabricant mondial de montres et instigateur du projet, Nick Hayek parle de la place qu’il veut donner aux artistes invités dans ces nouveaux ateliers. Et dévoile des ambitions pour le marché chinois que serviront les vitrines du rez.

Selon quels critères les artistes résidents du Swatch Art Peace Hotel sont-ils sélectionnés?

Nick Hayek: Ils doivent simplement plaire à notre comité. Nous voulons être indépendants et libres, choisir des gens connus ou non, dans l’esprit de Swatch.

En Suisse, la détention de l’artiste chinois Ai Weiwei durant trois mois au printemps dernier a beaucoup marqué les esprits. Comment le comité de sélection va-t-il gérer la question délicate de la liberté des artistes?

Je pense que l’on se crée des problèmes qui n’en sont pas. Beaucoup de grandes civilisations connaissent – ou ont connu – des difficultés avec des provocateurs issus du milieu artistique à un moment de leur histoire: la Suisse, l’Allemagne, la France, les Etats-Unis… Il est normal que les médias se focalisent sur certains de ces cas. En Chine, je vois quantité d’artistes travailler avec une grande liberté; seules certaines expressions politiques gênent. Si quelqu’un dressait, à Washington, une grande sculpture à propos de Guantanamo Bay, je ne sais pas ce qui arriverait… Probablement qu’il ne disparaîtrait pas (Ai Weiwei avait été arrêté sans que les autorités chinoises le communiquent tout de suite à sa famille, ndlr). Il y a un peu plus de transparence aux Etats-Unis. Mais il ne faut pas négliger le fait que la Chine essaie d’aller du communisme vers une société plus moderne. Nous ne pouvons pas nous attendre à ce que tout soit aussi libre que dans les pays démocratiques européens du jour au lendemain.

Tout s’est donc bien passé dans la mise en place du projet?

Je crois qu’il y a bien des pays où nous aurions eu plus de problèmes qu’ici! Ce bâtiment – le plus vieil hôtel de Shanghai – appartient à l’Etat. Des grands groupes de luxe, français notamment, le voulaient. Mais c’est notre approche que le maire de Shanghai et notre partenaire, la chaîne hôtelière Jin Jiang – propriété de l’Etat – ont activement soutenue en ayant pleinement conscience de ce que l’on y ferait. Parce que nous leur avons dit que l’art est le luxe ultime. Comparez le prix d’un sac Louis Vuitton et un Picasso: ce ne sont pas du tout les mêmes!

Vous revendiquez tout de même un esprit provocateur…

Oui, mais pas vis-à-vis de la Chine. Nous voulons provoquer le monde du luxe. Swatch a toujours collaboré avec des artistes à travers le monde, en essayant de faire la différence entre la superficialité du luxe et une démarche qui a plus de substance. Le Bund et la rue Nanjing (au croisement desquels se trouve le bâtiment, ndlr) sont occupés par des grandes marques de luxe qui fascinent. Mais beaucoup de ces marques – sauf les nôtres – ne représentent pas grand-chose. Quelqu’un a simplement collé un nom sur des produits qui coûtent cher. En demandant à des artistes de travailler dans cet endroit réservé au luxe et à la consommation, nous provoquons.

Allez-vous collaborer avec les artistes en résidence, par exemple pour le design de montres?

Oui. Si les deux parties sont intéressées, nous pouvons envisager qu’un artiste fasse une montre avec nous, mais ce n’est pas une obligation. En revanche, chaque artiste doit nous laisser une de ses créations.

Le Swatch Art Peace Hotel incarne l’importance accordée au marché chinois. Quelle place oc cupe-t-il dans votre groupe?

Nous faisons 1 milliard de francs de chiffre d’affaires annuel dans ce pays, sans compter Hong Kong, sur un total de 6,4 milliards. La demande y est tellement énorme que nous ne savons pas comment la satisfaire! Les Suisses peuvent être contents que les Chinois adorent la Suisse. Ils sont très loyaux aux marques et nous avons l’avantage que Omega et Rado soient présentes sur ce marché depuis des années. Mao possédait déjà une Omega! Aujourd’hui, cette marque est certainement le leader du marché.

A l’horizon de cinq ans, comment espérez-vous progresser en Chine?

J’ai dit que le Swatch Group avait le potentiel d’atteindre, d’ici à trois ou quatre ans, un chiffre d’affaires de 10 milliards grâce à la seule croissance interne (sans acquisition, ndlr). Vu le dynamisme de la Chine, on peut penser que 20% de ces ventes – soit 2 milliards – pourront être générées par ce marché. Cela sousentend donc d’y multiplier les affaires par deux.

La force du franc, qui met à mal les entreprises exportatrices suisses, grève-t-elle vos ventes en Chine?

Non. Comme nous fabriquons 95% de nos produits en Suisse, nous devons travailler avec des marges moins grandes que si le franc était à un niveau normal. Mais nous ne répercutons pas ces coûts sur nos clients: nous ne pouvons pas pénaliser les Chinois en augmentant les prix à cause du taux de change.

Autre fleuron de l’industrie helvétique, Novartis vient d’annoncer la suppression de 1100 postes en Suisse en accusant le franc fort. Cela pourrait-il arriver chez Swatch?

Non. Notre produit est aimé parce qu’il est «Swiss made», il n’y a pas d’alternatives à la production en Suisse. Mais il n’y en a pas plus pour la société dans son ensemble: l’existence de la Suisse dépend d’une industrie qui fonctionne, de l’innovation et des activités de production. Nous ne pouvons pas uniquement vivre des banques ou des services. La décision de Novartis est catastrophique et scandaleuse! Vous ne pouvez pas annoncer en même temps des bénéfices fabuleux et une réduction des effectifs qui se chiffre en milliers. Il s’agit d’une vision à court terme pour satisfaire les analystes financiers et les investisseurs. Ces gens se foutent totalement de Novartis!

Des géants chinois comme Hengdeli ou Fyita rachètent à présent des marques horlogères suisses. Qu’en pensez-vous?

Je n’ai pas de problèmes avec cela. Ça fait des années que des étrangers rachètent des sociétés. Le français LVMH a par exemple repris TAG Heuer, Zenith et Hublot. L’important n’est pas la nationalité de celui qui investit. C’est que ce soit un entrepreneur désireux de développer le produit repris en se tenant à certaines règles. Je me sens plus à l’aise avec un entrepreneur chinois qui investit chez nous qu’avec un fonds américain. Parce que nous savons que ces fonds ne recherchent que le profit à court terme

Numérisation de diapositives historiques

Article publié le : Lundi 22 août 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier

Pour l’histoire de l’Université mais aussi de l’architecture et de la photographie. En août 1980, l’université de Paris 8-Vincennes fut détruite sur décision Mme Alice Saunier-Seité, ministre des universités. Les bâtiments étaient considérés comme provisoires depuis leur construction en 1968 par GEEP industrie dans le bois de Vincennes, route de la Tourelle. Les diapositives Kodachrome que j’ai prises à ce moment là sont restées dans leur boîte plus de 40 ans. En les numérisant, il me semble intéressant d’en publier une douzaine. On voit notamment, sur les trois dernières photos, le bâtiment D où se trouvait la philosophie et un garage à vélos que nous avions transformé en atelier de sculpture. Photos © Jean-Louis Boissier, Paris, 1980.
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Weibo

Article publié le : Dimanche 14 août 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier

Le réseau Weibo, l’équivalent chinois de Twitter, joue un rôle important dans un type sans précédent de mobilisation démocratique en Chine. Ainsi, pour s’opposer, à Dalian, à l’installation d’une usine chimique dangereuse. Les réseaux sociaux répercutent en outre de nombreuses images de ces manifestations.


Une image comme on en a vu très rarement, à ce jour.

Pierre Haski  écrit le 14 août 2011 sur le site Rue89 :

Cet incident montre une nouvelle fois comment les réseaux sociaux et Internet en général ont un impact considérable sur la société chinoise et ses rapports avec les autorités. Et les tentatives de contrôle – les réseaux téléphoniques ont semble-t-il été bloqués un moment à Dalian dimanche – n’y font rien : la foule considérable réunie en peu de temps, et les milliers de photos qui circulent, et dont nous vous présentons une impressionnante sélection, montrent que le robinet d’informations est difficile à fermer.
http://www.rue89.com/chinatown/2011/08/14/environnement-une-manif-fait-ceder-le-gouvernement-chinois-217867

Sur Weibo, ses particularités par rapport à Twitter, son impact culturel et politique, lire :
http://chine.aujourdhuilemonde.com/weibo-une-revolution-en-marche-en-chine

Lire également cet article publié par Le Monde le 20 août 2011 :

Le fulgurant succès de Weibo, le  » Twitter  » chinois
Pékin Correspondant

Le site de microblogging du portail Sina a dépassé, mi-août, 200 millions d’utilisateurs
C’est la réponse de la Chine à Twitter, et elle fait un tabac. Proposé par le portail Sina depuis août 2009, le service Weibo (littéralement  » microblog « ) a dépassé, jeudi 18 août, les 200 millions d’utilisateurs – soit près d’un internaute sur deux en Chine, qui en compte 485 millions.
Le succès de la plus populaire plate-forme de  » microblogging  » (échange de messages courts) chinoise est à double tranchant pour le gouvernement : il a permis à la Chine, dont les systèmes de censure bloquent l’accès à Twitter, Facebook et YouTube et à ses géants d’Internet, de ne pas rester en marge des derniers développements technologiques et économiques du Web.
Tout en l’immunisant contre les effets les plus brutaux d’un outil de ralliement et de transmission de l’information, extrêmement rapide et incontrôlable, Sina Weibo pratique, comme toutes les sociétés Internet en Chine, une censure assez tatillonne de ses contenus et verrouille régulièrement le compte des utilisateurs jugés indésirables. Mais l’effet de masse que procure un tel réseau, et les spécificités techniques apportées par Sina – comme la possibilité d’insérer dans le message même des photos et des vidéos – ont largement contribué à élargir l’espace du débat public en Chine.
Dirigé par Charles Chao (Cao Guowei en chinois), Sina est coté au Nasdaq américain. La valeur de son action a doublé en un an, et Weibo représenterait la moitié de la capitalisation actuelle du groupe (6,1 milliards de dollars), selon les analystes. Sina a toutefois dû procéder à des investissements très lourds en publicité et en ressources humaines pour assurer le développement de son service de microblogging.
Ses revenus nets au deuxième trimestre ont été divisés par 2,5, comparé au même trimestre en 2010 ; mais son chiffre d’affaires a bondi de 20 %. Charles Chao souhaite désormais  » monétiser  » Weibo, notamment en trouvant le moyen d’y associer des revenus publicitaires. Sur ce créneau, il se positionne loin devant ses concurrents chinois. Baidu, le moteur de recherche chinois, qui a lancé en septembre 2010 son propre service de microblogging, a jeté l’éponge : les utilisateurs, qui avaient l’obligation de s’identifier, l’ont boudé.
Weibo, de son côté, garantit l’anonymat. Mais certains des utilisateurs qui fournissent les preuves de leur identité reçoivent alors un statut VIP, ce qui leur donne davantage de crédibilité. On y trouve les stars de la télévision et du cinéma – l’actrice Yao Chen a ainsi 10,8 millions d’abonnés. Mais aussi des commentateurs influents, telle la patronne de presse Hong Huang (3,2 millions de suiveurs), ainsi que des personnalités de la société civile (comme le journaliste d’investigation Wang Keqin).

Scandale
Les contestataires, qui se retrouvent interdits de Weibo, se réfugient sur… Twitter, bloqué en Chine mais accessible grâce au VPN (Virtual Private Network ou réseau privé virtuel). Weibo a l’avantage d’offrir plus d’espace que son homologue américain : les messages comportent jusqu’à 140 caractères chinois, soit l’équivalent de 280 lettres de l’alphabet, contre la moitié pour Twitter.
Depuis sa création, Sina Weibo n’a cessé de s’illustrer dans les événements qui ont fait débat en Chine. Les informations sensibles ont beau être purgées, elles ont le temps de circuler – ne serait-ce que quelques heures – surtout lorsqu’il s’agit de photos. Ce fut le cas, le 14 août, lors de la manifestation monstre de Dalian, qui dénonçait des risques de pollution.
Les plus hardis des microblogueurs prennent soin toutefois d’ouvrir deux comptes pour s’assurer que leur message est bien en ligne – et non effacé par la censure. Weibo est à l’origine, depuis quelques semaines, d’une polémique après qu’une jeune utilisatrice VIP, Guo Meimei, s’est mise à raconter à grand renfort de détails et de photos son existence luxueuse. Or, sur son profil était noté qu’elle dirigeait une société liée à la Croix-Rouge chinoise. Les internautes se sont mis à enquêter, spéculant sur ses relations avec un ponte de l’association. Malgré le scandale dans lequel est toujours empêtrée la Croix-Rouge de Chine, la jeune femme, elle, persiste et signe : elle vient d’annoncer qu’elle allait bientôt sortir une chanson… sur Weibo.

Brice Pedroletti © Le Monde

问个好吧。

Article publié le : Samedi 6 août 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier

问个好吧。On peut traduire : Demandez un droit. Ceci est le contenu du premier tweet que l’on reçoit (depuis 13 heures maintenant) de @aiww (艾未未  Ai Weiwei) après son interruption il y a 125 jours, au moment où il annonçait l’investissement de son atelier par la police et son arrestation à l’aéroport.

https://twitter.com/aiww/status/99520065950597120
https://twitter.com/#!/aiww

Ai Weiwei a 94 435 abonnés qui le suivent sur Twitter.

Le 7 août, Ai Weiwei a posté ces deux photos :

On sait maintenant que sa détention a été une torture morale très grave.

Julien Prévieux : Dimensions in Modern Management

Article publié le : Dimanche 10 juillet 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier


Julien Prévieux, What Shall We Do Next ?, vidéo avec rétroprojecteur. (Photo JLB)
L’exposition de Julien Prévieux, Dimensions in Modern Management, à la Galerie Jousse Entreprise (http://www.jousse-entreprise.com/julien-previeux), 28 mai 2011-28 juillet 2011, montre aussi Anomalies construites, un film où il est question du travail non rémunéré qu’organise le Web : « On ne savait même plus qu’on travaillait quand on travaillait. »
http://www.previeux.net/

Libération conditionnelle de Ai Weiwei

Article publié le : Mercredi 22 juin 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier


Ai Weiwei ©AFP

Extraits d’une dépêche de l’AFP, 22 juin 2011, 18h heure de paris.

PEKIN — La Chine a créé la surprise en annonçant tard mercredi la libération sous caution de l’artiste dissident chinois Ai Weiwei, assurant toutefois qu’il avait « confessé » s’être rendu coupable d’une fraude fiscale massive et était souffrant.
« Je vais bien. Je suis de retour à la maison. Et je suis libre. Mais je ne peux pas parler. S’il vous plaît comprenez-le », a, de son côté, déclaré Ai Weiwei au site en ligne du quotidien populaire allemand Bild.

Les autorités chinoises avaient récemment laissé entendre qu’Ai Weiwei était coupable d’une évasion fiscale d’ampleur, ce qui laissait présager une lourde peine de prison.
Mais, selon des sources informées, la Chine ne savait pas comment régler le cas Ai Weiwei, en raison de la notoriété mondiale de l’artiste et de l’ampleur des protestations – qui l’avait surprise – après son arrestation.
L’annonce faite mercredi permet donc à Pékin de trouver une issue, mais était inattendue, même si des rumeurs de libération imminente avaient circulé sur l’internet chinois, avant d’être promptement effacées par les censeurs.
« La police de Pékin a dit mercredi qu’Ai Weiwei avait été libéré sous caution en raison de sa bonne attitude (car) il a confessé ses crimes et également en raison d’une maladie chronique dont il souffre », a écrit l’agence officielle.

Amnesty International a de son côté souhaité qu’Ai « jouisse désormais d’une liberté entière, et ne soit pas en résidence surveillée comme cela a été le cas pour tant d’autres (dissidents) récemment libérés après des détentions arbitraires ».
L’organisation relève que sa libération intervient à quelques jours d’une visite du Premier ministre Wen Jiabao en Grande-Bretagne et en Allemagne où Ai a « des liens professionnels et un soutien du public forts ».

Où est Ai Weiwei ? Suite

Article publié le : Samedi 18 juin 2011. Rédigé par : Jean-Louis Boissier


Samedi 18 juin 2011, dans l’après-midi, des centaines de papillons portant la question « Où est Ai Weiwei ? », en français et en chinois, ont été lancés à l’intérieur de la sculpture d’Anish Kapoor au Grand Palais, pleine de monde. Action très douce qui a provoqué quelques remarques et explications favorables.
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Actualité : Le 14 juin, Anish Kapoor a annoncé sa décision d’annuler une exposition de ses œuvres programmée en 2012 au Musée national de Chine à Pékin, pour protester contre la détention de l’artiste Ai Weiwei par les autorités chinoises. Le 17 juin, Daniel Buren a annulé à son tour une exposition personnelle « par solidarité » avec Ai Weiwei. Il devait exposer à l’UCCA (Ullens Center for Contemporary Art) de Pékin à partir du 15 juillet.


Ai Weiwei, Study in Perspective (Place Tiananmen), 1995-2003. (dr)