Archive for avril, 2010

Be Dark !

Jeudi, avril 29th, 2010

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Collage de pièces (1) qui ont comme point commun de révéler la phrase de Bruce Begout : : “Au fond L’Arcadie ne fait fantasmer pers[onne]. C’est toujours L’Enfer de Dante qu’on lit, jamais le Paradis.”(2)

(1) Black Metal for Ever, 2010 de Michaël Sellam, Outland, 2009, Rodage, 2006 de Fabien Giraud et Raphaël Siboni, Transmission, 2009 de Dominique Blais et vue de l’exposition Celar Door, 2008 de Loris Gréaud.

(2) Bruce Bégout, Le ParK, Paris, Allia, 2010, p.123.

Shu Haolun

Vendredi, avril 16th, 2010

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Nostalgia, documentaire, 70′, 2006.

“Dans le quartier de Jing’an au centre de Shanghai, les changements sociaux conduisent à la disparition de la vieille ville. Ceux qui sont nés et ont vécu derrière les arches de pierre dans les anciennes allées du quartier déménagent dans des appartements fraîchement construits, aux portes d’acier qui bloquent tout regard.” Nostalgia lie les souvenirs du réalisateur à ceux des habitants du quartier et devient le vecteur d’une mémoire collective, liée à un espace et à un mode de vie particulier.”
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Image du haut, une vue du jeu vidéo Sim City et image du bas une vue du centre de Shanghai.

A t-on vraiment envie d’habiter ces tours et de vivre dans un centre commercial  à des kilomètres de son travail ? Quelle forme prendra cette ville si le centre est  occupé principalement par des quartiers de luxe, d’affaire et de musées ? Shanghai devient cette ville-laboratoire où tous les regards sont rivés, tel un observatoire cristallisant les mutations urbaines à l’échelle mondiale. Shu Haolun filme ses interrogations et propage ses doutes sur le devenir de la ville, pour cela il retourne dans le passé et compose des fausses archives pour expliquer le présent,  accomplit une petite histoire personnelle de  son quartier et tente de mieux  comprendre, exorciser, appréhender l’indéterminable Shanghai.

Shu Haolun est documentariste indépendant chinois. Il est diplômé de l’Université de l’Illinois en Etudes cinématographiques. Il vit et enseigne à Shanghai.

Villes émotives

Jeudi, avril 15th, 2010

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A gauche, Une architecture des Humeurs exposée au Laboratoire et à droite One Square Meter House (2003) présenté par Didier Fiuza Faustino lors de sa conférence Against a Hygienapolis à l’Observatoire des Nouveaux Médias.

Architectures des Humeurs et One Square Meter House explorent des  formes prospectives de villes tentaculaires et se développant à la manière de formes combinées les unes aux autres. Le prototype de ville verticale developpée avec One Square Meter House pourrait être une adaptation du roman d’anticipation Les Monades urbaines (1) de Robert Silverberg. Il décrit la vie quotidienne d’habitants de tours de plus de mille étages et hautes de milliers de mètres connectés dans un univers surpeuplé.

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Je complèterais la bibliographie de  l’exposition Architecture des Humeurs (2) par le dernier livre de Bruce Bégout (3) où l’architecte créateur du ParK expérimente une nouvelle forme de construction neuronale : “Toute ma vie je n’ai poursuivi qu’un seul but : la réversibilité totale de la ville et de l’esprit. (…) j’ai voulu construire des villes mentales où la frénésie urbaine serait à l’image des courants psychomoteurs, et pénétrer dans la cité cérébrale, parcourir ses artères encéphaliques […] Si la ville développe l’intelligence en favorisant le processus d’abstraction, l’esprit à son tour doit concevoir des immeubles et des quartiers adaptés à son propre développement neuronal, à la circulation des influx nerveux.” A propos de ces espaces modélisés, citons encore l’architecte du ParK : “Au fond L’Arcadie ne fait fantasmer pers[onne]. C’est toujours L’Enfer de Dante qu’on lit, jamais le Paradis.” (4)

(1) Robert Silverberg, Les Monades urbaines, Paris, Robert Laffont, 1974.

(2) Entre autre Architecture interdite (Jean-Louis Chanéac), Le Styx coule à l’envers (Dan Simmons), Philosophy of Fear (Lars Svendsen), Artscience: Creativity in the Post-Google Generation (David Edwards),

(3) Bruce Bégout, Le ParK, Paris, Allia, 2010, p.119-120.

(4) Ibid, p.123.

Topographie anecdotée du skateboard

Lundi, avril 12th, 2010

Zarka Topographie Anecdotée du skateboard 2008

Topographie Anecdotée du skateboard (2008), film, 40′

Le documentaire de Raphaël Zarka intitulé Topographie anecdotée du skateboard (2008) “dresse l’inventaire des surfaces utilisées par les skateurs pour sublimer leur discipline. Inventé en Californie, le skateboard dissocie les formes urbaines de leurs fonctions, posant ainsi les bases d’un naturalisme des rues, terrains vagues et trottoirs. Raphaël Zarka observe ces détournements et les met en perspective : les piscines vides qui ont inspiré la création des skateparks possèdent les propriétés physiques des rampes cycloïdes issues de la mécanique galiléenne. Ici, les principes élémentaires de la dynamique passent d’une forme savante à l’usage populaire. Ainsi de la draisine, deux motos soudées « tête-bêche » en wagon de fortune, reproduite par l’artiste. Ce véhicule rudimentaire, originellement conçu pour évoluer sur le monorail de l’Aérotrain de l’ingénieur Bertin, apparaît comme la contre-forme du progrès, point de tension d’une vision futuriste qui ne se réalisera jamais.

Ce film est une ode à la circulation joyeuse du corps dans l’espace, (tournant, voltigeant, sautant culbutant). Après les séances sur la caméra transportée, voici la caméra skateuse qui suit les skateurs accomplir différentes prouesses techniques. L’essentiel du film est dans une suite de mouvements et de travellings signant cette magnifique topologie anecdotée du skateboard. Le spectateur est littéralement à la place du skateur. Skateur ou pas, il le devient le temps du film jusque dans les envolées vers les sommets les plus hauts et vers les tours les plus rapides.

Dans ce film tout est mouvement. Le corps du skater s’ajuste au centre de sa planche en se fondant dans les mouvements du lieu. Le skater, comme le surfeur qui fait corps avec la vague, navigue dans l’environnement urbain. Il se faufile à travers les aléas des configurations spatiales, fuyant les aspérités et profitant des surfaces lisses en sautant les obstacles. Son obsession est de rechercher tout ce qui glisse en un mouvement continu. Virtuose et joueur de mobilier urbain, la ville se joue, de par son déplacement sur toutes les surfaces des plus planes aux plus complexes, comme les escaliers, les rampes, les couloirs, les tunnels de béton, etc.

Vito Acconci. Du mot, à l’action, à l’architecture…

Samedi, avril 10th, 2010

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Vito Acconci. Du mot, à l’action, à l’architecture, une interview par Audrey Illouz , publiée dans le magazine Artpress de ce mois d’avril 2010.

Au mot Parasite proposé par Audrey Illouz en référence au jeu de mot architectural Para-site et à la pièce Proximity Piece (1970), Vito Acconci répond au sujet de ses travaux plus anciens : “Proximity Piece était une action fugitive : un spectateur était dans le musée, je m’en approchais et je restais à proximité de lui pour qu’il s’habitue à ma présence. On pourrait plutôt parler de préparasite, car même si je mangeais un peu d’espace, je ne retirais aucun pouvoir ou capacité particulière de ce spectateur.” Voir les images de quelques pièces d’architecture plus récentes sur le site d’Artpress.