Archive for novembre, 2009

Spider Hole

Lundi, novembre 30th, 2009
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Image : Alex Knapp et Stéphane Degoutin.

Exposition Chasing Napoleon, Christoph Büchel, Spider Hole, 2006.
Installation: 300 X 265 X 190 cm

Il est 22h et nous errons parmi les immenses salles de l’exposition Chasing Naopoleon et cherchons les indices des œuvres cachées et des traques reconstruites. Des œuvres qui sèment le doute sur leur reconstitution, comme la cabane d’Unambober se référant à l’originale démontée et reconstruite par le FBI. Elle est placée au centre d’un hangar ressemblant étrangement à son emplacement dans le Palais de Tokyo. Un bloc de terre déraciné se détache des murs blancs et vides comme une pièce issue d’une fouille archéologique. Spider Hole, est une œuvre de Christoph Büchel reproduisant le refuge de l’ancien président irakien Saddam Hussein juste avant qu’il soit capturé à Tikrit.

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Avertissements concernant l'exploration de Spider Hole

Les visiteurs peuvent y accéder par une petite échelle disponible spécialement pour l’occasion pour une durée limitée après avoir pris connaissance des avertissements. Du sommet de la pièce, on se faufile au fond de la cachette pour se retrouver dans une ambiance souterraine. Etre ailleurs, s’échapper temporairement et basculer dans un univers aux antipodes de ces nombreux espaces publics transformés en aéroport international : spectateurs fouillés à l’entrée transitant dans de vaste couloirs luxueux, éclairés, climatisés et vides. Christoph Büchel nous propose une porte de sortie, une évasion miniature. L’explorateur de l’œuvre passe de l’autre côté, se contorsionne, se sâlit et prend des risques. Le musée qui souhaite exposer son œuvre change de posture et accepte de transgresser ses règles, un trou dans un mur, un plafond explosé, un risque d’incendie, quitte à payer un pompier assistant les spectateurs pendant la durée de l’exposition Superdome lors de The Dump ou à solliciter la présence de médiateurs pour Spider Hole.

Quelques vidéos conseillées par Chiara & Steve Rosenblum.

De Bing à Power of Ten !

Dimanche, novembre 29th, 2009
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Power of Ten

Depuis cet été, on peut découvrir le territoire américain à partir d’images haute résolution. Des carrés d’images aériennes recomposent le territoire avec Bing (depuis juin 2009). Ce sont des images aériennes prises avec un angle de vue de 45°, dans le but de montrer les détails des façades des bâtiments. La vue est penchée, de manière à voir de biais, comme un oiseau effectuant un virage permanent autour du monde. D’autres moteurs de recherche utilisant la géolocalisation cherchent à être encore plus précis provoquant les nouveaux explorateurs qui épinglent la planète de leurs découvertes visuelles. Cette course à la plus grande précision donne la vertigineuse impression d’une volonté de zoom continu en référence au documentaire Powers of Ten réalisé par Charles et Ray Eames en 1977. Un aller et retour vers une nappe de picnic, un voyage entre l’infiment grand et l’infiniment petit à travers les étoiles (10 puissance 25) jusqu’a transpercer l’épiderme (10 puissance -16), traversant  la peau,  le sang, etc.
Voir le lieu précis où commence le film avec GM et les photographies plan par plan.

Rue de Coutance

Dimanche, novembre 29th, 2009
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Rue de Coutance, Genève

Nous retiendrons du panopticon, l’idée d’un œil central qui voit et surveille tout. Le Panopticon de Bentham comme les dispositifs de cinéma panorama permet de surveiller d’un coup d’oeil  360 degré. Le panorama place le visiteur dans la position de contempler la vue autour de lui, dans une “position centrale idéale”. L’utilisateur s’empare de la vue à la manière d’un gardien. Il est seul au centre de la vue. On  pourra parler d’hyper visibilité ou de visibilité étendue. Raymond Bellour dans Le Corps du cinéma analyse l’Omnivisibilité commune au panorama, au panopticon et à la fantasmagorie. L’homme se dote d’un point de vue nouveau, aussi relatif qu’absolu, prenant le regard de Dieu pour observer le monde. Avec des interfaces comme Street View, nous sommes surveillants, voyeurs de panoramas, témoins oculaires des rues, des routes et des carrefours du monde entier, entourés par l’image, et par des dispositifs où l’on passe d’une vision sphérique extérieure à  une vision intérieure.

Voir à ce sujet la vidéo du vélo circulant dans les rues en prenant des images qu’un logiciel  assemble en donnant l’impression d’une continuité. Introducing the Street View Trike

L’œil mobile

Jeudi, novembre 5th, 2009
La Région centrale, Michaël Snow

Michael Snow, La Région centrale, 1970-71

Le mouvement de caméra est un personnage qui devient le sujet principal du film La Région centrale. Michael Snow a longtemps cherché puis enfin trouvé un espace de tournage désertique, un lieu vide signant l’absence de l’être, transpirant un sentiment de solitude absolue. Comme si les terriens pilotaient un satellite équipé d’une caméra depuis la lune pour explorer la Terre. Cherchant à explorer le mouvement seul de la caméra et à en épuiser les possibilités, il réalise un film de trois heures. La caméra se libère des contraintes auxquelles on l’assujettit, en particulier quant elle est asservie aux principes d’une narration pour suivre les personnages et décrire une vision subjective. Alors qu’une caméra n’est rien d’autre qu’un œil mécanique artificiel et mobile, pour qu’elle puisse se saisir de l’environnement, il faut se débarrasser du caméraman, qui, juché sur un siège ou une grue en vérifie le cadre. L’opérateur s’absente, il est remplacé par une machine, un robot qui obéit à des mouvements horizontaux, verticaux ou en diagonale sillonnant le ciel et la terre de part et d’autre d’une région désertique. Michael Snow va donc concevoir et faire réaliser une machine par Pierre Abbeloos, un robot téléguidé cherchant à accomplir ce qu’aucun opérateur ne pourrait faire de manière aussi fluide et machinique. Cette caméra est actionnée par des bras pivotants et pilotée à distance d’après une partition de mouvements. Pierre Abbeloos conçoit un système de transmission d’ordres à donner à la machine à l’aide de bandes magnétiques sur lesquelles étaient enregistrés des signaux sonores. Les variations en fréquence de ces signaux affectaient le comportement des moteurs, donc le mouvement de la caméra et du cadre. Cet œil mobile qu’est la caméra pivotante de La Région centrale se retourne comme détaché hors de sa paupière.

Kinema Koda

Mardi, novembre 3rd, 2009
Blade Runner

Blade Runner, Ridley Scott, 1982.

Blade Runners détectant un réplicant en effectuant un test d’empathie Voight-Kampff, afin de déceler les réactions physiologiques involontaires du sujet face à une mise en situation donnée (attachement maternel, stress affectif ou moral).