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Portraits d’enfance

Article publié le : mercredi 26 janvier 2011. Rédigé par : Lavinia Raican

Eléonore Saintagnan est une vidéaste du fabuleux et de l’imaginaire. Ses films sont conçus comme une longue série des portraits. D’ailleurs, le thème du portrait revient souvent dans son travail comme elle l’affirme aussi elle-même. Les protagonistes sont encadrés comme dans une photo. Au lieu de poser devant un appareil photo, ils posent devant une caméra. C’est le cas pour le film Portraits Flamands et Royal family.
Dans Portraits Flamands, elle demande au gens du quartier de poser pendant 5 minutes devant la caméra. La sensation de l’instantanéité se perd au fur à mesure. Le temps passe lentement dans la pose. L’artiste rappelle le fait que ses portraits ressemblent à des morts ou mieux encore, à des personnages de cire qu’on retrouve au musée Grevin.

Elle filme des gros plans sur les visages lors des interviews comme dans le film Un film abécédaire. Ici, les prises de vue sont intimes, non pas indiscrètes. L’artiste laisse quand même un voile de mystère autour de ses protagonistes. Elle ne surprend que certains événements de la vie des gens, des scènes courtes, elle ne rentre pas dans leur quotidien, mais s’arrête sur certains détails qu’elle juge poétiques: des chants, des danses, des défilées militaires… Une des personnes joue du basse et il crée un petit spectacle où il se réjouit de montrer sa passion pour le rock. Il a une joie presque enfantine sur son visage. Les personnes trouvent ainsi leur dignité dans les films d’Eléonore.

«Les films se font avec les personnes qui sont filmées», c’est-à-dire que l’artiste n’intervient pas beaucoup dans ses tournages. Elle laisse la place aux protagonistes. Une autre dimension de ses œuvres c’est l’enfance. Dans ses films on retrouve beaucoup des figures des enfants: Le cercle est une vidéo en boucle réalisée avec des adolescents. Lacan la chenille est un dessin animé contrefait avec la voix off de Lacan. Les petites personnes tourne autour de l’univers des enfants dans un village d’Ardèche. Orthofix Boogie, c’est l’histoire d’un enfant, le jeune frère de l’artiste.

Nous retrouvons une jeunesse dans les personnages, mais une dimension ludique aussi dans la façon de filmer: la caméra tourne, bascule autour des enfants. Elle devient elle-même un instrument de jeu. Les prises de vue sont parfois rapprochées, parfois éloignées. Le monde de l’enfance donne une nouvelle liberté à l’artiste qu’elle met au profit pour réaliser des nouvelles expériences plastiques. Parce que l’enfance est aussi le temps des «premières fois», comme explique dans son livre Françoise Parfait, Vidéo un art contemporain, dans le chapitre «Le corps et ses enfances». C’est pour cela que des nombreux artistes s’intéressent à cet âge de l’homme comme à une source inépuisable d’expériences nouvelles: Pierrick Sorrin, Maria Marshall, Roderick Buchanan, Daniel Reeves, Rosemarie Trockel, etc.

L’artiste nous met face à notre propres vie, à ce qu’il y a d’insolite en nous. Nous sommes entraînés sans le vouloir dans cet univers du film. Et on peut se questionner sur notre propre vie, sur nos propres passions. On se retrouve souvent nous-mêmes face à ces personnages. Du coup, ces villages, que ce soit en Ardèche ou en Alsace, deviennent des oasis d’humanité, on retrouve la dimension humaine la plus profonde, avec ses passions, ses joies, ses espoirs, ses rêves.

Lavinia Raican

Mohamed Bourouissa : narration en basse déf

Article publié le : mercredi 5 janvier 2011. Rédigé par : Giulia Repetto

La découverte du travail de Mohamed Bourouissa, artiste algérien diplômé de plusieurs écoles et universités françaises, révèle l’extraordinaire évolution du jeune photographe qui, au fil des travaux et des projets, semble prendre de plus en plus conscience des potentialités de ses idées et de ses démarches artistiques. Ses premiers travaux sur les codes vestimentaires et gestuels des jeunes générations de banlieue (Chatelet Les Halles, Face à face et Périphéries) montrent une certaine ressemblance formelle avec l’esthétique publicitaire et avec certains codes du photo-journalisme, privé ici de son caractère de véridicité de l’image. Ce que nous voyons ici ce sont effectivement des mises en scène de personnages et de situations «vraisemblables», qui dénotent plutôt une démarche d’écrivain recréant des types sociaux bien définis (et quelque part déjà trop médiatisés et donc très stéréotypés) pour véhiculer un message à l’intention réaliste souffrant néanmoins d’un théâtralisme excessif, qui nous éloigne de l’expérience et de la réalité.

Temps mort est un projet très intéressant et mûr qui s’enrichit de l’utilisation de plusieurs«nouveaux médias», pas seulement en tant qu’exercice stylistique mais comme moyen de création d’une œuvre collective et vraiment innovante dans la forme et dans le contenu. Point de départ de cette véritable expérience artistique, l’histoire personnelle d’un ami de l’artiste, finit en prison, à l’écart de la ville, des ses activités et de ses habitants, loin du temps des obligations, des retards et des attentes. Le temps en prison est un temps mort, fait de gestes simples répétés à l’infini, d’heures passées à regarder un paysage monotone d’une fenêtre à barreaux, où une petite plante s’est accrochée, succédané d’une présence de vie. C’est ce qu’on découvre grâce à un ensemble de photos, messages et vidéo échangés par téléphone portable au gré des mois entre le prisonnier et l’artiste, échange qui constitue à la fois la matière et la forme de l’œuvre. Ce qui frappe ici c’est l’extrême simplicité de la démarche, du contenu et surtout du langage: une poésie prosaïque, distante du langage formel et trop souvent vide du monde de l’art et riche d’une expérience quasi collective qui nous plonge dans une réalité humaine en la rendant davantage proche et compréhensible. La narration se fait à basse résolution: images pixellisées et floues, son déformé et langage ultra-informel des textos. La texture narrative se fait protagoniste du récit, le médium se mélange avec le concept et l’œuvre devient forte et cohérente.

Finalement,les œuvres de Mohamed Bourouissa, mêmes les premières, plus naïves, ressemblent à lui-même, à sa parole hésitante et urbaine, à ses gestes simples et insouciants du contexte, qui semblent vouloir tisser autant de liens humains avec les personnages, documentés et mis en scène, de ses narrations.

Giulia Repetto

Eléonore Saintagnan et la poétique de la provocation

Article publié le : samedi 6 novembre 2010. Rédigé par : Giulia Repetto

Provoquer: inciter quelqu’un à quelque chose, pousser, être la cause d’une réaction. Provoquer:s timuler des points précis pour obtenir quelque chose, même si ces points sont des blessures, des larmes aux yeux, des malaises. L’art d’Eléonore Saintagnan, jeune artiste française récemment diplômée au Fresnoy, provoque. C’est un art direct et cruel,c omme seuls les enfants peuvent l’être, forts de leur simple conscience d’une humanité commune qui leur permet de dévoiler l’autre, de le provoquer,l e rejoindre,l e rencontrer. Comme le font les enfants, elle pose des questions directes, sans les enjoliver par le biais de la rhétorique et, avec sa caméra comme instrument de questionnement, elle arrive directement là où elle veut ensuite nous mener: à la rencontre des êtres humains, de leurs vies et de leurs histoires. C’est un art qui se nourrit d’intimité pour recréer à chaque fois des univers autonomes et différents, qui quelque part se ressemblent, ont des points en commun, comme les histoires mises en scène par les enfants, toutes différentes et pareilles en même temps. Micro-univers vivant ensemble dans le cosmos commun de l’humanité: majorettes de banlieue, filles de 68huitards retirés en campagne,f emmes noires obèses, retraités alcoolisés, adolescents, paysans, voisins, frère… Eléonore Saintagnan nous les raconte, nous en fait les portraits «film-photographiques». Ses œuvres se servent donc d’un médium «humain» et deviennent ainsi des œuvres collectives, qui ont par conséquent  un impact social et culturel à la fois sur les personnes ayant pris partie à leur fabrication et sur leur environnement et aussi sur le public qui reçoit l’objet de cette fabrication collective.

De l’analyse de ces œuvres surgit souvent la question du rapport entre fiction et documentaire, qui est en réalité une fausse question, qui trouve en elle-même et dans l’essence des œuvres sa réponse: l’art d’Eléonore Saintagnan se sert des codes de la fiction (sélection, ise en scène, montage,etc.) pour provoquer la réalité, la déstabiliser et ouvrir ainsi une brèche qui nous permet d’en apercevoir l’intérieur, sa nature la plus intime autrement voilée. Nous sommes donc tentés de mettre de côté ces questions stylistiques et esthétiques,c e débat sur le film documentaire et le film d’art, entre documentariste et artiste, pour nous concentrer sur cette panoplie d’émotions, de sentiments, de souvenir et de viscérale humanité.

Giulia Repetto

L’apprenti artiste activiste

Article publié le : lundi 31 mai 2010. Rédigé par : Giulia Repetto

La carrière d’Alain Declercq commence avec extrême simplicité, ironie et envie d’investir des endroits inhabituels. Quelques exemples: il fabrique un autoportrait aux deux mains gauches (pourquoi ne pas voir ici le début de l’escalade vers un art engagé?) Pendant l’une des dernières coupes du monde, il obtient de passer des vidéos d’artiste dans les mi-temps des matchs de foot (j’imagine le parterre…). Après il commence par s’engager dans quelque chose de plus complexe et, pour citer ses propres mots, de «politique». Quelques exemples: il fabrique une fausse voiture de police au nom rigolo et invite le public à faire le tour d’un quartier «chaud» avec le véhicule. Il se fait photographier faisant semblant de tirer une balle sur un avion B52 chargé de bombes volant vers l’Irak. Il photographie les bâtiments interdits à la photo par esprit sécuritaire, à Manhattan.  Alain Declercq se nourrit de l’actualité la plus brûlante, des guerres, des grandes manifestations urbaines et des crimes, en se moquant en gros de tout et de tous en détournant la réalité la plus dramatique en fiction, avec le prétexte de l’interroger. Le noyau fondamental de sa démarche pourrait se résumer en trois mots: envie de taquiner le pouvoir. Parce qu’il ne va pas plus loin que ça. Il n’arrive pas, dirait-on, à l’entamer, soit parce qu’il n’y arrive pas, soit parce qu’il ne souhaite pas y arriver, en «faisant semblant» d’être un artiste activiste.
Giulia Repetto.

Agnès de Cayeux et l’anthropologie de Second Life

Article publié le : mardi 2 mars 2010. Rédigé par : Giulia Repetto

Mercredi soir. Je sors de la conférence d’Agnès de Cayeux et je vais dans un bar de mon quartier où je vais souvent me concentrer, créer, écrire et surtout me connecter au réseau, communiquer avec des gens qui sont ailleurs et découvrir de nouvelles choses, souvent par hasard, sur le net. Ce soir la situation devient bientôt embarrassante, voire gênante, du moment où je me rends compte que la connexion ne marche pas. Quoi faire. Vivre réellement l’ici et maintenant, écouter la musique qui m’entoure, lire le journal d’aujourd’hui, avoir des conversations courtoises? Je me rends compte que, même si d’une manière plus subtile, ma vie, nos vies, fonctionnent avec des codes et des règles de comportement qui ressemblent beaucoup aux sujets que cette artiste française, Agnès de Cayeux, vient de nous présenter.
Nos modes de fonctionnement, nos modes de penser, de réagir aux stimuli extérieurs, de penser à nous, aux autres et aux relations, sont en train de se déplacer de la vie réelle, celle qui n’est pas virtuelle, mais qui a des principes de cause et d’effets tangibles. Et quand ils ne se déplacent pas, une partie du nous réel s’en détache et ne fait que tisser de liens invisibles vers le net univers. Le concept d’immanence est en train de vaciller, à la recherche d’un ici et d’un ailleurs, d’un maintenant et d’un tôt ou tard, d’un Autre, présent et connecté. C’est un constat, un sentiment plus au moins effrayant, une expérience que je trouve ici et là-bas, dans les œuvres d’Agnès de Cayeux et c’est ici et là-bas que l’artiste devient anthropologue, l’anthropologue contemporain à l’objet de ses études, c’est-à-dire de lui-même.

«Alors que l’anthropologue cherche à comprendre les autres cultures, l’artiste, dit Kosuth, est au contraire celui qui ‘intériorise’ l’activité culturelle de sa propre société.» (1)

Agnès de Cayeux porte aux extrêmes conséquences sa façon d’être artiste-anthropologue, en se mêlant complètement avec cette matière vivante et  changeante qui est à la fois sujet, objet et médium de son art, qui devient ainsi un art total, un art de vie, réel en tant que virtuel.

(1) Extrait de l’article de Jean-Claude Molineau, «L’artiste et ses ‘modèles’», paru dans la revue Marges n° 6, Art et Ethnographie, Paris, mai 2007, p.29.

Action réaction. Spectacle autonome en énergie.

Article publié le : samedi 6 février 2010. Rédigé par : Marco Calderon

Prue Lang est une artiste australienne qui a suivi une formation de danse. Dans cette conférence, elle a présenté certains projets de spectacles et performances dans le domaine des nouveaux médias. Elle a surtout expérimenté, en collaboration avec des compagnies de danse, des artistes plastiques et des centres de recherche de nouveaux medias, la question de l’interaction entre les danseurs et les spectateurs. De la même façon, elle s’est beaucoup investie pour former un spectacle en adéquation avec le développement durable. Elle a mis en place un processus de création basé sur l’action des danseurs générant de l’énergie électrique. Elle a proposé un système d’énergie chorégraphique tournant comme une sorte de recycle. Celui-ci est intègre la notion d’action-réaction.,Dans ses premiers projets, elle a collaboré avec William Forsythe de la compagnie de Frankfort. Elle a tout particulièrement travaillé sur le langage corporel. Je remarque, dans ses œuvres chorégraphiques, qu’il y a une expression très singulière, fluide et organique.
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Appropriation et remontage évoluant en une proposition esthétique

Article publié le : lundi 11 janvier 2010. Rédigé par : Marco Calderon

Dans cette conférence, l’artiste française a montré plusieurs travaux de vidéo, de photographie et d’installation. Elle a de même présenté un documentaire de ses expositions au sein de divers espaces: galeries, musées, art fairs et festivals. Marion Tampon-Lajarriette est une très jeune artiste, son œuvre est extrêmement intéressante d’un point de vue esthétique, conceptuel et expérimental. Son travail se focalise sur la récupération, la réutilisation de films et d’images déjà existants. D’autres concepts vont se développer ensuite tels que le remontage, la dé-contextualisation, le remake, le remix, l’adaptation, la reconstruction ou encore la reconstitution. Elle utilise divers extraits de films de manière à développer un discours artistique. Aussi, grâce à l’utilisation de dispositifs spécifiques, elle propose une esthétique interactive.
L’artiste mêle le film à la vidéo; pour cela elle se sert d’extraits de certains films d’Hitchcock, Scorcese, Godard, Bertolucci ou Tarkovsky. De la même manière, elle réutilise quelques icônes du cinéma.
Les installations et vidéos retranscrivent des sensations et des émotions permettant de développer une lecture distincte. Elle a présenté deux travaux interactifs, le premier se nomme Le scénario (avec un extrait du film Le Mépris de Godard), le second s’intitule La Visionneuse. Les dispositifs interactifs sont simples (une souris et un joystick) mais très efficaces pour impliquer aisément le spectateur. Par le biais de certaines vidéos descriptives, Marion a mis en évidence les œuvres qu’elle a exposées dans différents espaces et galeries. J’ai particulièrement apprécié la mise en valeur de ses travaux. Elle propose différentes formes d’exhibition en relation avec l’espace et réalise des montages d’installations très subtils. De plus, Marion travaille beaucoup avec des images représentant la mer et l’océan. On peut facilement apparenter cet espace à une dimension poétique et mentale. Le visage féminin et les ambiances naturelles apparaissent également de manière récurrente.
Marco Calderon.

Vidéo-imaginaires: les images déjà vues de Marion Tampon-Lajarriette

Article publié le : vendredi 8 janvier 2010. Rédigé par : Giulia Repetto

Qu’on les aime ou pas et qu’on sympathise ou pas avec l’artiste, les œuvres de Marion Tampon-Lajariette visent sans doute à une réflexion sur la représentation. Qu’est-ce que la représentation? Se faire ou faire une image de quelque chose, qui de telle façon parvient à son existence même. Et si on fait une image d’une image que quelqu’un a déjà représenté? Exercice de style. C’est la première affirmation que l’on se sent en droit d’exprimer, quand on voit une jeune artiste sortie de l’école s’exercer sur la pratique vidéo, en coupant et en remontant des scènes de chefs d’œuvre du cinéma, de Scorsese à Godard, en passant par le détournement d’une œuvre capitale de la littérature italienne. Pourtant on s’aperçoit assez vite que cet apparent entraînement montre une intéressante démarche artistique, avec ses petits défauts de jeunesse qui la rendent encore plus captivante. Dans des œuvres comme Lundi dernier à Pembroke. Une histoire déjà racontée ou comme La Passerelle, Marion Tampon-Lajarriette donne forme à nos divagations mentales, à nos critiques, à nos balades imaginaires, à nos relectures, lorsqu’on est face à une œuvre cinématographique ou littéraire ou bien lorsqu’on s’en souvient.
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Entre recherche de la matière et disparition de l’image

Article publié le : mardi 17 novembre 2009. Rédigé par : Giulia Repetto

Jacques Perconte se forme comme artiste plasticien et explore les pratiques «classiques» du dessin, de la peinture, de la photo et de la vidéo. A la moitié des années 90, il découvre Internet, alors médium nouveau et terrain fertile pour des expérimentations et des recherches. C’est donc à partir des années 90 que Jacques Perconte commence à explorer la manière de relier, dans sa pratique artistique, les objets qu’il aime davantage. Comment intégrer photographie, vidéo et ordinateur? Comment interroger l’une des problématiques les plus chères des artistes contemporains (notamment photographes et vidéastes), la dimension du temps? Comment manifester le rapport entre le corps et l’écran? Comment intégrer la notion de réseau dans un processus de création? Comment, enfin, renouveler une pratique comme la peinture en trouvant son pendant dans Internet? Telles sont les préoccupations principales de l’artiste, qui ne nous cache pas son intérêt extrême, voire obsessionnel, pour tout ce qui gravite autour d’écrans, scripts de programmes, codes informatiques, applications java et vertus et défauts des supports numériques.
Jacques Perconte refilme des films ou des photos sur l’écran de l’ordinateur, crée des pièces vidéo en mettant en scène des sites internet existants, filme des pages web, mélange et filme séquences de chefs d’œuvre du cinéma italien et met en place des algorithmes qui «mesurent la quantité d’amour présent dans une image photographique» (http://iloveyou.38degres.net/).
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Le perpétuel retour de l’artiste vers le futur

Article publié le : dimanche 1 novembre 2009. Rédigé par : Amélie Daullé

Jacques Perconte choisit le mode chronologique lors de sa conférence pour évoquer ses œuvres, raconter leurs histoires et leurs enjeux. Ainsi il nous permit de reconstituer son processus de création faisant cas aux spécificités des médias contemporains, de l’esthétique intrinsèque aux qualités d’une image et au dépassement de la technique. Il a, dès leur accessibilité, expérimenté les nouveaux outils de fabrication de l’image comme la photo numérique, la vidéo, internet jusqu’à déceler leurs limites et tenter de les repousser. Des œuvres s’inscrivant dans la continuité d’une recherche, la construction d’une démarche, et qui à chaque fois ouvre de nouvelles voies aux arts numériques.
Dans PHEX, vidéo-danse réalisée pour le CNDP (Centre National de Danse de Paris), Jacques Perconte tente de faire disparaître la danse. Le corps des deux danseuses n’est plus qu’un outil pour déplacer les pixels sur l’écran. La majorité des réalisateurs de films de danse s’évertuent à faire disparaître l’image, il y a un effort de mise en scène de la danse. Au contraire de cette démarche, dans cette vidéo-danse l’artiste utilise la moire des trames nées de la rencontre entre le capteur de la caméra et la trame de l’écran pour inscrire le mouvement dans une autre dimension. Pour cela il filme un écran de projection de la vidéo. De cette manière il donne à voir le médium numérique. Et finalement ce traité met également en valeur la qualité de la gestuelle. Lorsqu’on oublie le corps, on est plus apte à percevoir l’essence du mouvement, les directions, les interactions et la sensibilité.
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