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Posts Tagged ‘photographie’

L’apprenti artiste activiste

Article publié le : lundi 31 mai 2010. Rédigé par : Giulia Repetto

La carrière d’Alain Declercq commence avec extrême simplicité, ironie et envie d’investir des endroits inhabituels. Quelques exemples: il fabrique un autoportrait aux deux mains gauches (pourquoi ne pas voir ici le début de l’escalade vers un art engagé?) Pendant l’une des dernières coupes du monde, il obtient de passer des vidéos d’artiste dans les mi-temps des matchs de foot (j’imagine le parterre…). Après il commence par s’engager dans quelque chose de plus complexe et, pour citer ses propres mots, de «politique». Quelques exemples: il fabrique une fausse voiture de police au nom rigolo et invite le public à faire le tour d’un quartier «chaud» avec le véhicule. Il se fait photographier faisant semblant de tirer une balle sur un avion B52 chargé de bombes volant vers l’Irak. Il photographie les bâtiments interdits à la photo par esprit sécuritaire, à Manhattan.  Alain Declercq se nourrit de l’actualité la plus brûlante, des guerres, des grandes manifestations urbaines et des crimes, en se moquant en gros de tout et de tous en détournant la réalité la plus dramatique en fiction, avec le prétexte de l’interroger. Le noyau fondamental de sa démarche pourrait se résumer en trois mots: envie de taquiner le pouvoir. Parce qu’il ne va pas plus loin que ça. Il n’arrive pas, dirait-on, à l’entamer, soit parce qu’il n’y arrive pas, soit parce qu’il ne souhaite pas y arriver, en «faisant semblant» d’être un artiste activiste.
Giulia Repetto.

Vidéo-imaginaires: les images déjà vues de Marion Tampon-Lajarriette

Article publié le : vendredi 8 janvier 2010. Rédigé par : Giulia Repetto

Qu’on les aime ou pas et qu’on sympathise ou pas avec l’artiste, les œuvres de Marion Tampon-Lajariette visent sans doute à une réflexion sur la représentation. Qu’est-ce que la représentation? Se faire ou faire une image de quelque chose, qui de telle façon parvient à son existence même. Et si on fait une image d’une image que quelqu’un a déjà représenté? Exercice de style. C’est la première affirmation que l’on se sent en droit d’exprimer, quand on voit une jeune artiste sortie de l’école s’exercer sur la pratique vidéo, en coupant et en remontant des scènes de chefs d’œuvre du cinéma, de Scorsese à Godard, en passant par le détournement d’une œuvre capitale de la littérature italienne. Pourtant on s’aperçoit assez vite que cet apparent entraînement montre une intéressante démarche artistique, avec ses petits défauts de jeunesse qui la rendent encore plus captivante. Dans des œuvres comme Lundi dernier à Pembroke. Une histoire déjà racontée ou comme La Passerelle, Marion Tampon-Lajarriette donne forme à nos divagations mentales, à nos critiques, à nos balades imaginaires, à nos relectures, lorsqu’on est face à une œuvre cinématographique ou littéraire ou bien lorsqu’on s’en souvient.
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Entre recherche de la matière et disparition de l’image

Article publié le : mardi 17 novembre 2009. Rédigé par : Giulia Repetto

Jacques Perconte se forme comme artiste plasticien et explore les pratiques «classiques» du dessin, de la peinture, de la photo et de la vidéo. A la moitié des années 90, il découvre Internet, alors médium nouveau et terrain fertile pour des expérimentations et des recherches. C’est donc à partir des années 90 que Jacques Perconte commence à explorer la manière de relier, dans sa pratique artistique, les objets qu’il aime davantage. Comment intégrer photographie, vidéo et ordinateur? Comment interroger l’une des problématiques les plus chères des artistes contemporains (notamment photographes et vidéastes), la dimension du temps? Comment manifester le rapport entre le corps et l’écran? Comment intégrer la notion de réseau dans un processus de création? Comment, enfin, renouveler une pratique comme la peinture en trouvant son pendant dans Internet? Telles sont les préoccupations principales de l’artiste, qui ne nous cache pas son intérêt extrême, voire obsessionnel, pour tout ce qui gravite autour d’écrans, scripts de programmes, codes informatiques, applications java et vertus et défauts des supports numériques.
Jacques Perconte refilme des films ou des photos sur l’écran de l’ordinateur, crée des pièces vidéo en mettant en scène des sites internet existants, filme des pages web, mélange et filme séquences de chefs d’œuvre du cinéma italien et met en place des algorithmes qui «mesurent la quantité d’amour présent dans une image photographique» (http://iloveyou.38degres.net/).
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