-- Observatoire des nouveaux médias » internet

Posts Tagged ‘internet’

Poétique du spam

Article publié le : mercredi 26 janvier 2011. Rédigé par : Lavinia Raican

Cette conférence nous fait découvrir des nouveaux esthétiques de l’art internet, dans lequel notre web quotidien est contaminé par les spams. La création, pour Olivier Quintyn est sortie des profondeurs cachées de l’internet.

La première performance est dédiée à Igor Gusef, le roi du spam rus qui est à la base du site spamit.com Cette première performance éclaire mieux le discours théorique qui va suivre. Personnellement je ne pense pas que sa pratique soit au service de la théorie d’Olivier, mais plutôt que la pratique et la théorie se soutiennent mutuellement. Sa pratique des poèmes sonores est plus dans une dimension ludique, expérimentale, très libre. On peut difficilement la catégoriser. Par contre, cette pratique est bien soutenue par la théorie, qui pose bien les choses en place, qui définit les axes centrales de création comme par exemple ce qui est un dispositif, un poème viral, un échantillonnage. C’est toute une démarche entre plusieurs domaines de la création qui est mise en question: le son, la littérature, la philosophie, le performance, le visuel.

La performance est composée des trois niveaux: une projection, une voix off inintelligible et le récit de l’artiste lui-même. Tout au long de la conférence, l’artiste présente plusieurs extraits poétique de ce genre. Le discours verbal est une accumulation des textes ready-made du type spam et «conditions générales de vente», sans une valeur communicative proprement dite, c’est-à-dire sans contenu précis et sans aucun sens logique. Son matériel poétique est extrait du quotidien web, des spams de tous les jours. La projection est aussi constitué des spams avec des clichés commerciales :

Vous êtes entièrement libre
Free samples (le mot Free revient souvent)
Your freedom
Your bussiness

confidential
guaranty….
.
La phrase Click here se répète plusieurs fois même dans un seul spam, elle devient obsessionnelle.

Obsessionnel semble être aussi le récit de l’artiste. Avec une voix égale, rythmée, il a l’air d’envoûter les auditeurs. Il joue sur ces processus psychologiques de l’enchantement avec un but échappatoire, qui reflète le mode d’opération des spams: il font des promesses de gratuits, donnent l’espoir du gain facile et invite à l’achat par enchantement. Les spams jouent sur les fantasmes et sur l’imaginaire des gens: la liberté, la sexualité, le domaine high-tech, le bien-être forment une sorte d’univers parallèle échappatoire qui crée une soupape d’évasion de cette réalité banalisée.

L’artiste met au profit une esthétique commerciale des spams. Ici, la fonction du langage perd son caractère de signification et gagne un sens poétique. Sa performance prend ce caractère d’envoûtement. L’intention de l’artiste peut être vue aussi comme un essai de rendre conscient le public de ce danger, de l’amener à la conscience. Il démasque ce coté enchanteur par une mise en scène poétique et amène ces messages à la dérision. Les messages parlés ou visuels n’ont plus un sens commercial mais ce sont des vrais dispositifs poétiques. Ainsi, l’enchantement, n’est plus un dirigé vers la vente, mais vers la création.

Lavinia Raican

Agnès de Cayeux et l’anthropologie de Second Life

Article publié le : mardi 2 mars 2010. Rédigé par : Giulia Repetto

Mercredi soir. Je sors de la conférence d’Agnès de Cayeux et je vais dans un bar de mon quartier où je vais souvent me concentrer, créer, écrire et surtout me connecter au réseau, communiquer avec des gens qui sont ailleurs et découvrir de nouvelles choses, souvent par hasard, sur le net. Ce soir la situation devient bientôt embarrassante, voire gênante, du moment où je me rends compte que la connexion ne marche pas. Quoi faire. Vivre réellement l’ici et maintenant, écouter la musique qui m’entoure, lire le journal d’aujourd’hui, avoir des conversations courtoises? Je me rends compte que, même si d’une manière plus subtile, ma vie, nos vies, fonctionnent avec des codes et des règles de comportement qui ressemblent beaucoup aux sujets que cette artiste française, Agnès de Cayeux, vient de nous présenter.
Nos modes de fonctionnement, nos modes de penser, de réagir aux stimuli extérieurs, de penser à nous, aux autres et aux relations, sont en train de se déplacer de la vie réelle, celle qui n’est pas virtuelle, mais qui a des principes de cause et d’effets tangibles. Et quand ils ne se déplacent pas, une partie du nous réel s’en détache et ne fait que tisser de liens invisibles vers le net univers. Le concept d’immanence est en train de vaciller, à la recherche d’un ici et d’un ailleurs, d’un maintenant et d’un tôt ou tard, d’un Autre, présent et connecté. C’est un constat, un sentiment plus au moins effrayant, une expérience que je trouve ici et là-bas, dans les œuvres d’Agnès de Cayeux et c’est ici et là-bas que l’artiste devient anthropologue, l’anthropologue contemporain à l’objet de ses études, c’est-à-dire de lui-même.

«Alors que l’anthropologue cherche à comprendre les autres cultures, l’artiste, dit Kosuth, est au contraire celui qui ‘intériorise’ l’activité culturelle de sa propre société.» (1)

Agnès de Cayeux porte aux extrêmes conséquences sa façon d’être artiste-anthropologue, en se mêlant complètement avec cette matière vivante et  changeante qui est à la fois sujet, objet et médium de son art, qui devient ainsi un art total, un art de vie, réel en tant que virtuel.

(1) Extrait de l’article de Jean-Claude Molineau, «L’artiste et ses ‘modèles’», paru dans la revue Marges n° 6, Art et Ethnographie, Paris, mai 2007, p.29.

Entre recherche de la matière et disparition de l’image

Article publié le : mardi 17 novembre 2009. Rédigé par : Giulia Repetto

Jacques Perconte se forme comme artiste plasticien et explore les pratiques «classiques» du dessin, de la peinture, de la photo et de la vidéo. A la moitié des années 90, il découvre Internet, alors médium nouveau et terrain fertile pour des expérimentations et des recherches. C’est donc à partir des années 90 que Jacques Perconte commence à explorer la manière de relier, dans sa pratique artistique, les objets qu’il aime davantage. Comment intégrer photographie, vidéo et ordinateur? Comment interroger l’une des problématiques les plus chères des artistes contemporains (notamment photographes et vidéastes), la dimension du temps? Comment manifester le rapport entre le corps et l’écran? Comment intégrer la notion de réseau dans un processus de création? Comment, enfin, renouveler une pratique comme la peinture en trouvant son pendant dans Internet? Telles sont les préoccupations principales de l’artiste, qui ne nous cache pas son intérêt extrême, voire obsessionnel, pour tout ce qui gravite autour d’écrans, scripts de programmes, codes informatiques, applications java et vertus et défauts des supports numériques.
Jacques Perconte refilme des films ou des photos sur l’écran de l’ordinateur, crée des pièces vidéo en mettant en scène des sites internet existants, filme des pages web, mélange et filme séquences de chefs d’œuvre du cinéma italien et met en place des algorithmes qui «mesurent la quantité d’amour présent dans une image photographique» (http://iloveyou.38degres.net/).
(suite…)

Le perpétuel retour de l’artiste vers le futur

Article publié le : dimanche 1 novembre 2009. Rédigé par : Amélie Daullé

Jacques Perconte choisit le mode chronologique lors de sa conférence pour évoquer ses œuvres, raconter leurs histoires et leurs enjeux. Ainsi il nous permit de reconstituer son processus de création faisant cas aux spécificités des médias contemporains, de l’esthétique intrinsèque aux qualités d’une image et au dépassement de la technique. Il a, dès leur accessibilité, expérimenté les nouveaux outils de fabrication de l’image comme la photo numérique, la vidéo, internet jusqu’à déceler leurs limites et tenter de les repousser. Des œuvres s’inscrivant dans la continuité d’une recherche, la construction d’une démarche, et qui à chaque fois ouvre de nouvelles voies aux arts numériques.
Dans PHEX, vidéo-danse réalisée pour le CNDP (Centre National de Danse de Paris), Jacques Perconte tente de faire disparaître la danse. Le corps des deux danseuses n’est plus qu’un outil pour déplacer les pixels sur l’écran. La majorité des réalisateurs de films de danse s’évertuent à faire disparaître l’image, il y a un effort de mise en scène de la danse. Au contraire de cette démarche, dans cette vidéo-danse l’artiste utilise la moire des trames nées de la rencontre entre le capteur de la caméra et la trame de l’écran pour inscrire le mouvement dans une autre dimension. Pour cela il filme un écran de projection de la vidéo. De cette manière il donne à voir le médium numérique. Et finalement ce traité met également en valeur la qualité de la gestuelle. Lorsqu’on oublie le corps, on est plus apte à percevoir l’essence du mouvement, les directions, les interactions et la sensibilité.
(suite…)

Poptronics_ Le pure player de pure Culture

Article publié le : dimanche 25 octobre 2009. Rédigé par : Amélie Daullé

Poptronics est un agenda enrichi d’informations et de créations exclusivement sur internet; un pure player consacré à la culture contemporaine. Il délivre l’actualité; concernant l’architecture virtuelle et expérimentale (pop’archi); les nouveaux médias, la vidéo, le nouveau cinéma, les installations interactives (pop’art ); le web design, le VJing, le motion graphics, l’anime, la bd, flash (pop’design); les jeux vidéo on et offline, MMOPRG, la simulation, le gameplay, le FPS (pop’jeux); le blogging, surfing, hacking, le net participatif, les réseaux sociaux (pop’net ); la musique, l’art sonore, les lutheries électroniques, la poésie sonore (pop’son); les smart objects, le wifi, mobile, low-tech et RSS, la robotique, RFID (pop’tech)… C’est un média dédié aux disciplines artistiques émergentes, étant lui- même une forme médiatique émergente.
(suite…)