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l’Art de l’information

Article publié le : mercredi 25 mai 2011. Rédigé par : Hugo De Oliveira

L’information est bien le nerf de la guerre d’aujourd’hui, d’une certaine manière il l’a toujours été. Dans L’art de la guerre de Sun Tzu l’essentiel de l’enseignement de ce général chinois du VIe siècle avant J.C, est de bien connaître sa situation, celle de l’adversaire et la géographie de la zone de conflit. En somme plus vous avez d’information, plus vous aurez d’avantage sur l’adversaire.

«Une armée sans agents secrets est un homme sans yeux ni oreilles.»

Bien que son enseignement soit dépassé sur de nombreux points, du fait de l’évolution des formes de conflit d’aujourd’hui en lien avec celle des technologies et des systèmes politiques, cette question de l’information reste centrale.

Le conflit armé existe toujours et fait de nombreux ravages, mais c’est avant tout dans les domaines économiques et politiques que celle-ci fait le plus rage. À ces niveaux il n’y a pas d’affrontement physique mais une course à la possession, la rétention et la divulgation d’informations (bien que de nombreuses personnes soufrent des effets secondaires ).
La science elle- même s’est mise à théoriser l’univers sous l’angle de l’information: l’électricité, la découverte et la manipulation des ondes radio, les théories quantiques entraînent à modéliser les interactions physiques comme des phénomènes de transmission d’énergies, d’informations. Avec la découverte de l’ADN, c’est le biologique lui-même qui tombe sous le coup de ce paradigme.

La cybernétique peut être vue comme la concrétisation de ce tout à l’information car bien que critiquée voire dépassée, elle a marqué les esprits. Il n’est pas difficile de lire dans le terme d’informatique l’expression technologique de ce que nous venons d’évoquer très succinctement avant. Lev Manovitch développe cette question de l’information dans L’art des nouveaux médias comme une manipulation des bases de données, donc d’informations, qui selon la manière de l’explorer créera œuvre et sens.

Avec le jeu Scénario , Francesco Jodice ne fait ni plus ni moins que constituer une base de données qu’il laisse libre aux personnes d’explorer et de manipuler. Chaque nouvelle exploitation de cette base de mots clefs donne des réponses complètement différentes.Bien qu’utilisant des matériaux relativement simples et une forme d’interaction la plus dépouillée, sans la moindre forme de technologie, ce projet prend toute sa force dans sa capacité à créer débat, réflexion et échange mais aussi en explorant les formes de manipulation de l’information les plus actuelles.
L’artiste le dit lui même: il se considère comme un détective, la matière première de l’artiste est l’information. Son exploration tout autant que sa diffusion.
City Tellers, travail présenté à la biennale de Sao Polo cherche à mettre en exergue cette dimension de diffusion de l’information abolissant les frontières tant géographiques qu’ici sociales. En diffusant au même moment son documentaire dans l’espace de la galerie investipar les VIP et à l’ensemble de la population exclue de ce carré, par le biais de la télévision, son geste semble fort.

J’émettrais néanmoins une certaine réserve quand à la forme de ce projet. Mon point de vue est sûrement celui d’un Européen n’ayant que peu de connaissance du contexte sociale et médiatique brésilien, mais je n’ai pu m’empêcher de penser aux reportages de Tracks l’émission d’Arte de vulgarisation des mouvements underground. Ce programme, bien qu’intéressant, n’en reste pas moins une superbe machine à rendre «hype» l’ensemble des «sous-cultures» contestataires, souvent en plein dans l’illégalité. Le projet à l’idée particulièrement intéressante, dans la forme ne fait que prolonger un mouvement général de globalisation de l’ensemble des actes humains y compris contestataires comme une forme commerciale. Est-ce les pouvoirs des VIP, celui de la télévision ou d’un système bien trop implanté pour pouvoir être démêlé?

Il n’en reste pas moins que dans un monde où l’information est une donnée stratégique, sa manipulation par l’artiste ne peut se faire à la légère, comme le disait Sun Tzu :

«Connais-toi toi-même, connais ton ennemi, ta victoire ne sera jamais mise en danger. Connais le terrain, connais le temps, ta victoire sera alors totale. »

Hugo De Oliveira

Nathalie Magnan et les pirates irrévérencieux des médias contemporains

Article publié le : vendredi 23 avril 2010. Rédigé par : Giulia Repetto

Les mots et le charisme de Nathalie Magnan m’ont fait penser aux mots et au charisme d’Annick Rivoire, protagoniste de la première conférence de cette année, directrice de Poptronics. Et puis voilà une photographie d’il y a deux ans qui les montre côte à côte, en sweet-shirt capuche,lors de la première séance d’Internet mon amour, cycle de conférences au Centre Pompidou. Les machines, c’est une question de genre. L’activisme et une certaine conception de la liberté d’information et de la liberté de culture aussi. Je n’aime pas les questions de genre, et je n’y ai jamais cru beaucoup. Je crois au fait (historique) que beaucoup de révolutions, de mouvements et de luttes sont nés à partir de l’action, de l’activisme des femmes et toujours en direction de la conquête de l’égalité. Une des nouvelles formes d’activisme est, selon Nathalie Magnan, l’Hacktivisme, contraction du mot activisme (engagement politique privilégiant l’action directe) et du mot hack (manipulation d’un système).
Il s’agit d’un état d’esprit, d’une forma mentis, qui se sert de l’activisme contemporain en tant que hack social, pour questionner notamment le net et l’information, mais aussi les problématiques liées aux concepts de propriété intellectuelle, de sécurité, de communication et de légitimité. Il s’agit peut-être aussi d’une nouvelle expression de piraterie, dans le fait d’être contre un certain ordre préétabli, de ne vouloir pas se soumettre de manière passive aux règlements sociaux, de vouloir tester les limites et peut-être les dépasser, tout en résistant aux forces contraires à ces élans de liberté.
Être hacktiviste signifie donc surtout «être réveillé», vouloir «respirer» et ne pas se contenter des solutions existantes, sans avoir peur d’être taxé d’utopiste. Le mot d’ordre de cette façon d’être et d’agir est «embarras technique»: il faut identifier sa cible, chercher ce qui pourrait la destabiliser —la plupart du temps d’une façon extrêmement intelligente et «fun»— et donc pousser la cible à déclencher des réponses auxquelles on ne pourrait pas s’attendre. Exemple très heureux de cette pratique ce sont les Yes Men, parmi les fondateurs du collectif activiste et artistique RTMark.
Déstabilisation irrévérencieuse et créative d’un système de communication et de légitimité, utilisation heureuse et humoristique des potentialités et des règles du Net, décodage de la culture pour pouvoir la transmettre à des communautés multiples. C’est un jeu, et ses acteurs semblent ne pas se prendre trop au sérieux dans cette analyse lucide de la société contemporaine et de ses fonctionnements. De cela vient leur force de résistance, de révolution et de «réveil des consciences».
Giulia Repetto

Culture Populaire et hybridisme

Article publié le : mercredi 28 octobre 2009. Rédigé par : Daniel Varotto

Don’t hate the media. Become the media.
La démarche de contrôle de téléchargement, notre chère Hadopi seconde apporte un débat chez les journalistes du Poptronics sur la validité même de la sanction promise: l’accès est un droit, et les dispositifs installés chez l’utilisateur ce sont des espions. Et comment contrôler les réseaux partagés et/ou piratés? La démarche est contradictoire, obsolète et le combat legislatif est lourd. Poptronics est une trame. Son design est dur. Les typos pixellisées et leurs trames renvoient à l’histoire du numérique même. La démarche visuelle agressive demande à son utilisateur une lecture sélective. Les motifs vertigineux contrastent avec les images présentes dans les articles qui donnent l’idée du croisement d’images auquel il se proposent: «entre monde physique et cybermonde, entre net art et graffiti, théâtre et graphisme, musique et design, entre artistes et internautes» http://www.poptronics.fr/-pop-lab.
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