02. F. Muxart, C. Coulpier: Réseau détendu

Mercredi 7 novembre 2007

Présentation par Nicolas Thély


Clôde Coulpier, en collaboration avec Fanette Muxart
La Grosse Sublime, patafix et paillettes dorées, 2007
Exposition Welcome to the strip!



Fanette Muxart et Clôde Coulpier sont nés au début des années 1980. Comme d’autres artistes avec lesquels ils collaborent régulièrement (Camille Laurelli, David Lefebvre et Fabrice Croux), ils sont conscients que la connaissance du code et de la programmation leur échappe définitivement. Pour autant le réseau Internet est leur terrain de jeu, le point de départ de leur engagement artistique.

Clôde Coulpier pratique la navigation aveugle, allant de blog en blog, finissant le plus souvent ses « virées » sur des sites pornographiques.

Fanette Muxart conçoit ses dérives sur le réseau comme l’occasion de se donner les moyens de désirer quelque chose, sans pour autant le vivre ou le posséder.

Les productions de ces artistes expriment implicitement le sentiment de la fragilité des choses, de l’importance toute relative des données qui sont fabriquées dans cette culture du numérique: que restera-t-il dans quelques années de tous ces échanges sur le réseau, de ces données abondamment déposées sur les serveurs, consultées ou pas, parfois dupliquées à l’infini mais très vite oubliées, voire abandonnées, délaissées? En cela, Fanette Muxart et Clôde Coulpier sont très proches des préoccupations de Serge Comte qui, d’ailleurs, s’est très vite reconnu en eux.

Fanette Muxart et Clôde Coulpier produisent des formes fuyantes, volatiles et temporaires qu’ils nomment des « formes faibles ». En créant un label de musique (Dick head man Records) et en participant à des résidences d’artistes fictives, ils multiplient leurs identités et fixent leurs apparitions sur des supports et des formats liés aux circonstances: des vidéos enregistrées avec des appareils photo numériques et diffusées sur YouTube; des dessins réalisés à la craie grasse sur ardoise Velléda; des sculptures modelées avec de la Patafix enrichie de paillettes; des graffitis taggués sur les murs au Kärcher. Autant de productions faussement éloignées de l’emprise des algorithmes sur notre quotidien.

À l’occasion de cette conférence, les deux jeunes artistes reviennent sur l’ensemble de leurs productions, réelles ou fictives.

Fanette Muxart est née en 1982. Elle vit et travaille à Grenoble.

Clôde Coulpier est né en 1981. Il vit et travaille à Grenoble.

Sites des artistes:
http://dhmr.spaces.live.com/
http://www.myspace.com/clodo
http://www.ecrans.fr/Playlist-video-4-par-Stephane.html


Clôde Coulpier a lu les commentaires des étudiants-bloggers et a envoyé ce mél le 23 novembre 2007 :

« Je suis content de ces textes. Je trouve que les étudiants se sont bien débrouillés avec le peu d’informations (de fond) dont ils disposaient. Le but du ‘jeu’ (terme qui revient souvent) était pour nous de déployer des formes et de ne pas développer leur contenu. J’imagine que cela n’a pas dû être évident pour eux (ça ne l’a pas été pour nous d’ailleurs) de composer avec des images et des attitudes. Ce fut un peu une présentation ‘iceberg’. »
‘Regarder MTV, TF1 ou W9 la journée, et s’endormir avec Peter Sloterdjik, Yona Friedman ou Hakim Bey’.
Si vous avez l’occasion, remerciez les étudiants. »

Télécharger la somme des articles écrits sur cette conférence par les étudiants (format pdf)

Le déroulé de la conférence

(document de travail)

1. Introduction par Nicolas Thély

2. Fanette Muxart présente quelques pièces personnelles

L’esthétique de l' »être ensemble », de la fête, de la boule à facettes et de la coulée de peinture à paillettes —dont se réclame Fanette—, est intrinsèque au travail de John M. Armleder dont l’exposition rétrospective Amor Vacui, horror vacui s’est faite au Mamco en 2006.
http://www.mamco.ch/artistes_fichiers/A/armleder1.html
« Une sorte de salade russe, sans oublier la mayonnaise », deux entretiens avec John M. Armleder, Christian Bernard, Françoise Ninghetto » (extraits), paru dans Semaines, septembre 2006. Télécharger ce texte en pdf

3. Clôde Coulpier présente quelques pièces personnelles


L’exposition de GIFs sur http://www.nogallery.info, dont Clôde parle dans son exposé. Le site contient un article de Nicolas Thély, « Rafraîchir les formes faibles », http://www.nogallery.info/promo.php

Esthétique du Gif animé: Claude Closky, Manège, 17 mai-31 juillet 2006, Centre Georges Pompidou.
« Avec Manège, une série de douze écrans plats simplement accrochés tout autour d’une salle laissée en pleine lumière, Claude Closky mérite son prix Marcel Duchamp par l’expérience déceptive plus que dérisoire qu’il donne de l’accès au cyberespace, celle de regardeurs entraînés par l’affichage furtif de figures qui sont à peine des images. » J.-L. Boissier

4. Les pièces collaboratives de Fanette et Clôde

5. Questions

Liens

OUI, 56-58 Bd de l’Esplanade, 38000 Grenoble: http://www.aoui.org
OUI est un centre d’art contemporain dédié à la jeune création et à la prospection tous azimuts. Du 8 septembre au 20 octobre 2007 s’y est tenue l’exposition BASSE DEF, http://www.aoui.org/Basse_def/oui_b_d_cadre.htm exposition thématique (commissariat Stéphane Sauzedde et Nicolas Thély).
Liste des artistes: Wilfrid Almendra, John Armleder, Serge Comte, Clôde Coulpier, Fabrice Croux, Grégory Cuquel, Patrice Gaillard et Claude avec Daniel Dewar, Camille Laurelli, Elodie Lecat, David Lefebvre, Pierre Lesclauze, Fanette Muxart, Alice Nikitinova, Denis Savary, Tolga Taluy.
Un essai autour de cette exposition dédiée à l’idée de basse définition dans l’art d’aujourd’hui, les nouveaux médias et au-delà est publié en décembre aux Presses du Réel, Basse Def – Partage de données, édité par Stéphane Sauzedde et Nicolas Thély. Textes de Stéphane Sauzedde et Nicolas Thély, entretien avec Dominique Pasquier. http://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=1066

Le MAGASIN, Centre National d’Art Contemporain de Grenoble, http://www.magasin-cnac.org/ « ouvre ses portes en avril 1986. Il est né d’une décision conjointe entre l’Etat et la Ville de Grenoble, dans le contexte de la décentralisation, et incarne la volonté publique d’inscrire la situation artistique française sur la scène européenne. Figurant parmi les Grands Projets de 1981 de François Mitterrand, il est l’un des deux centres nationaux d’art contemporain, avec la Villa Arson à Nice. Son fonctionnement est calqué sur le modèle allemand ou suisse alémanique des Kunsthallen, lieux dévolus à l’art contemporain, où les artistes sont très impliqués. Envisagés dans un premier temps comme une sorte de prolongement de l’atelier de l’artiste, les centres d’art sont aujourd’hui des plateformes de réflexion sur l’art contemporain, sur le rapport entre l’art et la société. Ils se distinguent des musées dans la mesure où ils n’ont pas pour objet d’acquérir et de conserver des œuvres, ils ne possèdent pas de collection et consacrent l’intégralité de leur espace aux expositions temporaires. »