45. Jordan Crandall : Agency and Event


La conférence-performance de Jordan Crandall, le 23 novembre 2011 (photo jlb).

 

Présentation par Samuel Bianchini et Anne Zeitz
Observatoire des nouveaux médias
EnsAD 31 rue d’Ulm 75005 Paris

Mercredi 23 novembre 2011, 18h 30, amphi Rodin

Depuis le début des années 1990, Jordan Crandall publie et réalise des écrits, des plateformes et des installations qui questionnent la relation entre des objets et des situations données d’un côté et les enjeux de l’assimilation et de la réception de ceux-ci de l’autre. Entre 1991 et 1996, il développe Blast, un projet éditorial invitant le lecteur/participant à modifier et à s’investir dans les différents numéros d’un magazine-boîte. Pour la Documenta X, en 1997, Crandall crée Suspension, une installation multimédia dans laquelle le visiteur est incité à trouver son propre rythme au sein d’un certain nombre de protocoles et de règles. Cette articulation entre participation et contrôle deviendra un des concepts clés des productions postérieures de Crandall. À la suite de Suspension, Crandall se focalise sur le regard stratégique et sur la façon dont la technologie militaire influence la perception, le corps et l’espace. Suivant cette réflexion, il publie de nombreux écrits et réalise les installations vidéo Drive (1999), Heatseeking (2000) et Trigger (2002).

Les projets récents de Crandall comme Something is Happening (2010) et Gatherings (2011) révèlent un intérêt pour les interactions réalisées à l’intérieur d’une foule constituée lors d’un « événement » qui peut se créer aussi bien dans la rue que devant un public dans une salle d’exposition ou de conférence. L’événement est articulé, ici, comme un lieu d’échanges dynamique et multilatéral. Dans ces projets, Crandall se concentre sur des processus d’adaptation au sein de groupes de personnes qui sont influencés par les dispositifs technique et infrastructurel ainsi que par les corps qui les entourent.

Dans le travail de Crandall, les oppositions habituelles comme intérieur – extérieur, passif – actif, acteur – public perdent leur sens. Tout en insistant sur l’impact de la technologie de contrôle sur le corps et sur l’espace, il se concentre sur les possibilités, données au sujet, d’adhérer, de résister ou de moduler les circonstances établies. En ce sens, ses propositions excluent toute passivité. L’observateur est forcé de réfléchir sur sa situation et sur les possibilités qui se présentent à lui et il est dans l’obligation d’agir en fonction des conditions imposées.

Jordan Crandall parlera de ses projets, dont Drive, Something is Happening et Gatherings, avec une approche à la fois poétique et analytique. Il se concentrera spécifiquement sur la façon dont il conçoit la nature de l’« événement » ainsi que sur les nouvelles formes de conscience et de perception qui émergent dans des environnements à forte intensité informatique et de données.

In my presentation I will combine traditional forms of scholarly research with approaches drawn from the worlds of visual art, literature, and performance — inspired, for example, by writers who are experimenting with critical fiction from an anthropological perspective.  I want to energize and amplify the performative dimensions of the worlds of human and nonhuman actors of which I speak.  Rather than imposing argumentative convention, I want to attune to the unexpected priorities of the encounter and the novel forms of articulation that emerge.  I want to forge new concepts that may take on a life of their own, like good fictional characters, and at times exceed the boundaries of traditional forms.
Jordan Crandall

Jordan Crandall est un artiste, théoricien et performeur basé à Los Angeles. Il est maître de conférence au Visual Arts Department de l’Université de Californie, San Diego.  Ses installations vidéo, dont la plus récente est Hotel (2010), ont été présentées au sein de nombreuses expositions dans le monde entier depuis le début des années 1990. Crandall écrit et enseigne de façon régulière dans des institutions américaines et européennes. En 2011, il a reçu le « Vilém Flusser Theory Award for outstanding theory and research-based digital arts practice », de Transmediale à Berlin, en collaboration avec le Vilém Flusser Archive de l’Université des Arts de Berlin. Il est actuellement résident d’honneur au Eyebeam art and technology center à New York. Jordan Crandall est également fondateur du journal Version.
http://version.org
http://jordancrandall.com


Jordan Crandall, Suspension, 1997, diagramme.


Jordan Crandall, Drive, 1999, vidéo still.


Jordan Crandall, Gatherings, 2011, schéma.

Enregistrement vidéo de la conférence de Jordan Crandall

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Présentation de la conférence-performance par Samuel Bianchini et Anne Zeitz

 

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Conférence-performance de Jordan Crandall

 

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Conférence-performance de Jordan Crandall