La rencontre

Eléonore Saintagnan, artiste des nouveaux médias, nous présente ses travaux réalisés pendant ces six dernières années. Tout au long de la conférence, les travaux présentés n’étaient pas seulement artistiques mais aussi personnels car l’artiste, nous présente aussi sa vie et son implication dans ses pièces. Le plus souvent, ses travaux sont basés sur les personnes proches d’elle ou qui font partie de son entourage. Elle va aussi à la rencontre des gens pour intégrer leur forme de vie, pour pouvoir les comprendre par la suite. On peut aussi retrouver dans ses travaux une grande place donnée à l’enfance, ou, elle réadapte ses travaux pour les rendre accessibles aux enfants ou les pièces elles-mêmes ont trait aux jeux et au monde de l’enfance.
En 2004, elle produit le film Orthofix Boogie, basé sur son petit frère qui souffre d’une malformation depuis sa naissance. L’Orthofix , c’est l’appareil qui est fixé à un de ses bras pour l’aider à le rallonger un peu plus chaque jour. Pendant toute la présentation et l’explication d‘Orthofix Boogie », on a un sentiment très profond et surtout que ce film en question lui tient vraiment à cœur. Car l’implication n’est pas  seulement artistique mais aussi affective, on voit que grâce à son film, elle veut aider son petit frère à un peu oublier l’appareil fixé à son bras et aussi sa douleur.
Pendant de nombreuses années, les artistes ou plutôt les savants d’autrefois comme les frères Lumière, ont pris l’image photographique fixe pour en faire des images en mouvement d’où le début du cinéma. Mais en 2007, Eléonore fait totalement le contraire quand elle remplace l’appareil photographique par une caméra pour réaliser Les portraits flamands. Elle donne cette illusion d’image fixe alors que ce sont des images en mouvement, elle donne aussi une contrainte à ses personnages qui est de rester immobile pendant cinq minutes en tenant la pose. Les personnages choisis pour faire partie des Portraits flamands sont tous simplement les habitants du quartier où elle vivait pendant son année de post diplôme. Elle avait voulu impliquer les gens du quartier pour les faire venir à l’exposition par la suite. La contrainte doit relever du domaine de la performance et d’un vrai effort physique pour ces personnages qui sont des gens normaux avec leurs petits problèmes de tous les jours. On peut très bien voir que c’est un effort physique par la fatigue qui envahit petit à petit les regards des gens et leur posture. Pour les
Portraits flamands, Eléonore fait une réadaptation pour les enfants où les portraits-écrans sont placés à hauteur d’enfant. La vision des enfants est complètement différente de ce qu’on voit car pour eux ce n’étaient pas des écrans mais ils avaient l’impression que c’étaient des fenêtres et qu’il y avait quelqu’un derrière. Dans les Portraits flamands, on voit aussi implication de l’artiste: elle va à la rencontre des habitants et leur donne une place importante dans son projet.
Autre projet où elle va à la rencontre des gens, c’est pour le film Abécédaire. Un film de commande pour le parc national régional de Vosges, filme basé sur les habitants du parc ou
on voit leur façon de vivre et l’on découvre le parc naturel. Mais ce film qui est un film pour promouvoir le parc national régional de Vosges reste avant tout un film d’artiste. Dans la version officielle pour le parc de Vosges, Eléonore a dû préciser au début du film que c’est un point de vue purement artistique et non une version pour la télévision ou même pour les touristes. Surtout elle a dû retirer une scène du film qui était la scène du striptease jugée par ses commanditaires trop provocante. Alors comment vivre pleinement sa vie d’artiste, si chaque chose produite est peut être victime de la censure. Eléonore,nous montre que même si on est artiste et que l’art est soumis au monde de l’argent, on peut très bien s’investir personnellement et surtout produire quelque chose d’enrichissant pour soi et pour les autres. Mettre du cœur à l’ouvrage pour les choses qu’on aime et qui nous tiennent à cœur.

Michael Noyaux