Cartographie relationnelle

La conférence du mercredi 26 Novembre portait sur le thème de la Cartographie Relationnelle. Boris Beaude est géographe et chercheur nous a présenté Scalab, un projet de cartographie représentant un espace individuel de pratique. Celui-ci permettrait de palier le fait que la relation entre la carte et la mobilité ne soit pas évidente. Il y a dans ce projet le désir de placer l’individu au centre de la carte. Durant une année complète, plusieurs personnes ont été interrogées à propos des déplacements qu’ils avaient effectués afin de créer une carte qui mettrait en relation la notion de mobilité, celle de réitération des actions et enfin celle de durée. Ce qui permet ainsi d’avoir une vision globale de ce que l’individu a fait durant cette année et de représenter ses déplacements sur une carte.

Borris Beaude  a ensuite présenté diverses cartes qui impliquent l’individu.  Avec Panoramio, l’individu va alimenter lui-même sa carte en y ajoutant ses albums photos que son réseau d’amis pourra découvrir sur internet. Les systèmes de GPS incorporés dans les téléphones portables permettent à n’importe qui de se localiser sur une carte et offrant ainsi de nombreuses possibilités d’activités. Google Earth présente la planète terre photographiée depuis des satellites et non plus sur des cartes ordinaires.
Selon lui, le plus grand intérêt d’Internet repose principalement sur sa capacité à mettre en relation et à établir le contact presque dans l’instant sur de grandes distances. Il nous donne l’exemple de Facebook qui permet à chacun d’entre nous d’entrer en contact avec son réseau d’amis et de créer un espace de contact dans la distance. Cette évolution de la carte n’est pas sans rapport avec l’évolution de la mobilité. Les techniques de transports, de communications favorisent la mobilité et le changement des pratiques de l’espace.

Philippe Vasset qui est écrivain mais aussi créateur de l’Atelier de Géographie Parallèle, s’intéresse aux lieux particulièrement difficiles à cartographier. Il nous explique que sur les cartes IGN il y a très souvent des endroits «blancs» qui ne représentent aucun élément décrit par la légende. Poussé par la curiosité il décide tout d’abord de se rendre sur ces lieux mystérieux puis décide en quelque sorte de prolonger la carte par le texte, de faire une «anticarte» comme il nous dit. Il va réaliser un travail très précis de description puis de récit, parfois de fiction face à des phénomènes incompréhensibles. Avec l’aide des artistes Xavier Courteix et Xavier Bismuth, il couchera son expérience sur papier dans son Livre Blanc édité en 2007.

Bureau d’études est un collectif regroupant deux cartographes qui sont Léonore Bonaccini et Xavier Fourt, dont le but premier est de «cartographier la planète laboratoire». Ils reprochent aux cartes de ne montrer qu’un aspect du monde et de simplement présenter «où nous somme ». Ils veulent s’approcher de ce qui n’est pas visible et désirent montrer la visage de la société dans laquelle nous vivons. Ils estiment que les cartes telles que Google Earth nous donne une fausse illusion de transparence de notre monde. Ils cartographient des sujets proches de la politique, qui établissent des liens de propriétés des entreprises. Mais aussi tout ce qui est en rapport avec le pouvoir et le contrôle des médias.

Nous avons pu voir à travers cette conférence que la carte était exploitée de manière spécifique par chacun des intervenants. Il y a chez eux le désir d’aller au-delà de ce qu’elle nous apporte déjà, c’est-à-dire de la rendre plus proche de l’individu, moins mystérieuse et plus fidèle à la réalité.