Masaki Fujihata: révélations de l’impossible en art, grâce aux nouvelles technologies

Exposé à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs en novembre 2008, Masaki Fujihata nous donne à voir trois de ses travaux sélectionnés par Jean-Louis Boissier, en ce qu’ils répondent à une problématique basée sur la question du «mobilisable». En effet, choisir le terme de «mobilisable» plutôt que «mobilité», c’est parce que le suffixe «-able» renvoie à l’idée de tous les possibles, à une forme de potentialité à exploiter; et le travail de Masaki Fujihata s’inscrit dans cette réflexion en employant les moyens que lui mettent à sa disposition les nouvelles technologies. Pierre-Damien Huyghe, lors de la session intitulée Mobilité, invention technologique et invention artistique est intervenu pour s’exprimer sur L’art comme découvertes des inventions[1], et il nous a rappelé comme les dispositifs techniques pouvaient être épuisables, et s’achevaient dans leur utilité; toutefois Masaki Fujihata, en les associant, les rend infinis dans leur utilisation.
Parmi les travaux présentés se trouve la pièce Loading Home in Geneva (2005). Elle est représentative d’une question soulevée dans le travail de l’artiste: comment représenter la spatiotemporalité? Comment restituer un moment passé, impliquant un déplacement géographique, mais aussi temporel? C’est ce qu’explore Masaki Fujihata, en employant, l’un des premiers,  dans le domaine artistique, un GPS, et en ajoutant plus tard une caméra panoramique et un système d’enregistrement audio. Cette pratique simultanée de multiples médiums issus des nouvelles technologies, en vue de se les approprier pour étudier la question de l’espace temps, a été très faite par l’artiste entre 1995 et 2005 dans les travaux de la série Field-Works[2]. Le rendu visuel rend compte de l’expérience de mouvement dans l’espace, et plus particulièrement d’un parcours enregistré avec un GPS et effectué pendant la prise de vue d’une caméra. Le tout est alors restitué grâce aux mouvements des images vidéos entre autres, sur un graphisme reprenant le parcours dans l’espace de celui qui filmait la scène.

D’autres travaux ont été exposés dont Orchisoïd, qui est une installation robotique associée à une plante: l’orchidée et dont nous est montré la vidéo de son utilisation réelle qui s’applique à montrer les ressemblances qui peuvent s’établir avec l’être humain « -oïd » faisant référence au terme «Humanoïd ». De telles expériences entre organisme vivant inerte et robotique vise à montrer que tout est possible et tend à démontrer que ce que dit Pierre-Damien Huyghe à propos des inépuisables variations que peuvent engendrer l’emploi simultané de techniques diverses est fondé sur une réalité immatérielle que Masaki Fujihata ne cesse d’explorer dans la réalisation de ses travaux.


[1] « L’art comme découverte des inventions », Mobilité, invention technologique et invention artistique, ENSAD, Paris, le 19 novembre 2008

[2] dont des extraits ont été montrés durant son intervention à la session du 19 novembre 2008, à l’ENSAD