Où va le cinéma?*

Dans la conférence  «Le relief est-il l’avenir du cinéma?»  Anthony Huerta nous a montré ses travaux multimédias en relief, tant ses animations pour des parcs de divertissement, comme son dernier film Fly me to the Moon, un film familier en relief, qui montre le voyage sur la lune de trois petites mouches. Pendant la conférence il nous a expliqué comment se forme l’image 3d, de même que le travail en amont du film (par exemple la création des personnages du film). Finalement, on a pu comprendre le fonctionnement de l’entreprise de l’animation 3D dans le cinéma.
Comme la plupart des arts, le cinéma a expérimenté beaucoup des changements techniques au cours de son histoire, des transformations qui ont influencé direct ou indirectement les contenus des films. Actuellement, comme a été avant le son, la couleur, etc., on se trouve dans le temps du numérique qui vient modifier de plus en plus la manière de faire les films, et conséquemment l’industrie du cinéma. Pour parler de l’avenir du cinéma, on peut faire la distinction entre deux tendances, le cinéma commercial, d’amusement, de grandes productions, qui cherche un cinéma plutôt spectaculaire et qui utilise les nouvelles technologies pour capturer l’attention du spectateur, dont Fly me to the moon. Lautre est le cinéma indépendant, d’auteur, pas cher et aussi de plus basse diffusion, et qui voit dans le numérique une liberté pour la création et diffusion, notamment l’étude présentée par Wan Bing pour son dernier film L’hombre sans nom.

Grâce a l’amélioration de la technique numérique, il est possible, de faire des films sans avoir un grand budget, alors en conséquence on peut voir plus de documentaires, des films d’auteur, des créations de jeunes réalisateurs, etc. qui révèlent des formes de cinéma qui n’auraient été possibles avec le cinéma argentique. Les nouveaux supports et dispositifs nous montrent encore diverses histoires, images et problématiques qui vont au-delà du film lui-même, vers une image de la contemporanéité. De cette façon la salle de projection traditionnelle, n’est plus le seul dispositif pour regarder et pour penser un film. Aujourd’hui on peut voir des films dans différents dispositifs comme les salles de cinéma, les galeries d´art, les portables, l’internet, etc., la salle spécialisée pour voir le 3D étant  la plus chère et parfois inaccessible.

Le cinéma de relief que nous montre Anthony Huerta essaye d’aller plus loin que l’image 2d, debsortir de l’écran pour submerger le spectateur dans la réalité (l’image) que le film donne, voire impose. De cette manière, l’attitude du spectateur reste toujours passive.

De l’autre côté, on a le cinéma indépendant ou d’auteur qui cherche un spectateur plus réflexif, qui peut faire la séparation entre lui et le grand écran, entre le film et lui-même et qui à la fin peut construire personnellement la réflexion sur le film. Le cinéma en 3D cherche à rendre la fiction plus «matérielle» et plus proche du spectateur au niveau de la perception en augmentant la condition spectaculaire, alors que l’autre cherche à mettre en évidence l’artifice pour nous rendre conscients de notre condition de spectateur.

Dans ce contexte et pour réfléchir sur les possibilités et l´avenir du cinéma, la semaine prochaine du 3 au 7 décembre 2008,  le Centre Pompidou et Les Inrockuptibles proposent cinq journées de débats et de rencontres consacrés aux différentes variables sur l’avenir du cinéma. Dans le programme des sessions, il est important d’aborder la problématique cinématographique de différents points de vue, en faisant des liaisons entre le cinéma et l’art plastique, en relation avec les nouveaux contextes dans lequel est le cinéma à l’époque actuelle; car son avenir est une question qui a plusieurs voies possibles. J’ai du mal à imaginer quel sera l’avenir du cinéma, mais de toute façon je ne crois pas que soit, exclusivement, le cinéma en relief comme le croit Anthony Huerta. On peut dire qu’il est déjà un des chemins tant du cinéma que de l´art, mais définitivement pas le seul ni le plus important. Me semble plus intéressante la nouvelle dimension artistique, économique et politique qui expérimente un cinéma numérique d’auteur pour aller au-delà des limites du cinéma.

*références pour le texte, programme  Où va le cinéma ? Du 3 au 7 de décembre 2008, Centre Pompidou.

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