Jacques Perconte

Jacques Perconte est l’un de ces artistes qui aiment s’aventurer dans les thèmes les plus complexes, fascinants et inépuisables. Ses thèmes favoris sont le corps, le paysage et la couleur. Pour cela, il adopte une approche qui s’appuie sur le support numérique mais bien avant qu’il s’investisse dans le numérique, il a touché à la peinture, la musique, la photographie et le cinéma. Ces deux derniers sont les deux médiums les plus «usagés» dans son travail. Ses films et ses photos n’ont pas un but passif. Ils ne sont pas créés pour être admirés ou conservés mais pour répondre à une problématique et ouvrir le champ à d’autres questionnements. Ce qui rend sa démarche purement expérimentale. Par ailleurs, le sujet qui a attiré le plus mon attention est l’art à travers Internet. Avant même que cette conférence ait lieu, je me suis toujours demandé, au vu du déploiement et de la conquête que mène Internet, est-ce que les musées disparaitront un jour? Est-ce que l’image virtuelle remplacera l’image réelle?
Etant, évidemment, impossible qu’une œuvre de grand format soit relayée par une image compressée sur un écran de 15 pouces en moyenne, Perconte s’est ingénié à restituer à l’œuvre la vertu de sa grandeur et a créé ainsi un site où sont diffusés des tableaux avec leurs tailles originales. Ce faisant, comme l’œuvre est supérieure à l’écran, le visiteur doit naviguer avec sa souris afin de pouvoir la visualiser de bout à bout. Mais bien que le problème de la dimension soit réglé, pour autant, celui de la qualité plastique du tableau ne pourrait pas l’être. Il n’y a qu’à vous imaginer en train d’admirer la Joconde dans la salle des Etats au Louvre, puis sur un écran d’ordinateur. Cela n’aura pas le même effet visuel ni sensuel. Tout compte fait, le rapport entre le corps et l’image du corps reste, pour ma part, illusoire dans la mesure où il n’est ni exclusif ni inclusif. L’image constitue le reflet d’un sujet mais elle est loin d’incarner son double.

Kamal Khati.

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