« Buble London » d’Usman Haque


Usman Haque veut créer une architecture nouvelle. L’architecture n’est, pour lui, pas simplement l’assemblage de matériaux durs (murs, plafonds, etc.), mais aussi l’espace ouvert où se mêlent l’odeur, la température, les relations humaines. En effet, Usman Haque rêve d’une architecture pleinement humanisée, avec des installations interactives, des dispositifs pour des performances et participations collectives. Qu’est-ce que ce veut dire «une architecture pleinement humanisée»? Cela veut dire qu’il veut créer un «espace habitable» face à une ville déserte-Londres. Dans Buble London l’artiste a un bel instinct d’utiliser des matériaux comme des ballons en hélium, des micro-contrôleurs et des LEDs qui créent des motifs spectaculaires de lumière à travers la surface de ces dispositifs. On assiste à une grande représentation théâtrale. En somme nous assistons, devant the city of London —un espace muet par excellence— à un acte de dégel, prêt à gémir, geindre, gesticuler, crier… Avec Buble London s’ouvre ainsi un nouvel espace, cette fois-ci, enfin habitable. Un espace s’ordonne en une suite théâtrale. Il n’y pas de distraction plus intense, de spectacle, de théâtre plus nouveau que la possibilité d’un contact, d’une interface entre un sujet (humain ou matériel) et l’espace qui l’entoure, d’où adviennent l’accidentel, l’éphémère, l’observable, l’invisible, la fantasmagorie. Ce qui revient à dire que Usman Haque expérimente, dans sa mise en scène l’image possible d’un monde.

Hye-Young Seon