La notion d’amateur selon Vincent Puig et Yves-Marie l’Hour

Vincent Puig, directeur adjoint de l’IRI, nous a présenté lors de cette conférence le travail de recherche de l’IRI sur la figure de l’amateur. Mais qu’est-ce que l’amateur ? Un amateur, si l’on prend la définition dans Le trésor de la langue française, c’est celui qui manifeste un goût de prédilection pour quelque chose ou un type de choses (plus rarement de personnes) représentant une valeur. Mais si l’on prend l’origine de cette définition, on remarque que l’amateur a changé de statut social puisqu’à Versailles, l’amateur c’était celui qui avait un contact avec les artistes et qui jugeait les œuvres. Aujourd’hui grâce à des nouveaux outils de lecture et de consommation, l’amateur possède des nouveaux moyens d’écriture. Il peut désormais donner son avis sur telle ou telle œuvre. Grâce à des outils d’analyses des œuvres, il est plus facile à l’amateur de comprendre une œuvre, de la juger et de l’apprécier.
Par exemple, si on procède à l’analyse d’un film, on va faire des arrêts sur images et s’intéresser aux photogrammes du film. Un photogramme (selon l’Encyclopaedia Universalis) constitue la plus petite unité de prise de vue, l’image indivisible dont la succession, vingt-quatre fois par seconde, crée la continuité filmique. Le Logiciel Ligne de temps présenté ne permet à ce jour que de descendre au niveau du plan et non du photogramme. Mais l’idée essentielle des recherches de l’IRI est de faire de l’amateur un interacteur mais aussi un contributeur grâce aux nouveaux outils techniques.
Cela a été le cas lors de l’exposition
Click ! au Brooklyn Museum, dans laquelle les visiteurs étaient invités, en tant qu’amateurs, à choisir les œuvres. Les amateurs deviennent alors des contributeurs. Cette exposition soulevait aussi la question suivante : est-ce que la foule est plus « sage » pour évaluer des œuvres que des experts ? Ce qui était intéressant dans cette exposition était que les personnes qui choisissaient les œuvres n’étaient pas influencées par les autres comme cela est souligné sur le blog du site ( » Even more important, because people didn’t know how others had voted, each person’s rating reflected his or her own judgment, uninfluenced by the opinion of others. That independence of judgment is key to the wisdom of crowds « ).
Lors de l’exposition
The Art of Participation au Moma de San Francisco, l’amateur devient plutôt interacteur. Les visiteurs sont amenés cette fois à participer à la création d’une œuvre d’art. Cela peut rappeler le travail de l’artiste Usman Haque avec la foule qui faisait réagir le nuage de ballons grâce à leurs téléphones portables. Selon Vincent Puig, il existe plusieurs niveaux d’observation d’une œuvre par l’amateur : le temps long des écrivants (temps de lecture d’une œuvre), le jugement critique des œuvres (technique d’annotation), la production et les échanges de métadonnées, et pratiques instrumentées et sensorimotrices. En partant de la technique d’annotations et des pratiques instrumentées, le logiciel Lignes de Temps a été créé. Lignes de Temps permet de créer « un dispositif d’analyse critique ». En effet grâce à ce logiciel, un extrait de film devient une sorte de partition qui découpe le film plan par plan, et on peut repérer les différentes techniques cinématographiques, comme par exemple, les panoramiques et les classer pour les commenter ou les analyser. Ce logiciel propose aussi de travailler en double écran pour mettre en parallèle deux films ou simplement faire des rapprochements entre une image dans un film et une photographie d’un artiste afin de comprendre d’où vient l’inspiration du cinéaste. Il est donc facile dans Lignes de Temps de classer et donc de retrouver d’un simple clic tous les procédés d’un film. On peut aussi intégrer des commentaires cirtiques (écrits et oraux) à une vidéo grâce à ce dernier. Mais attention, il ne faut pas confondre ce logiciel avec un simple logiciel de montage comme Windows Movie Maker. Vincent Puig pour étendre le sujet nous a aussi montré d’autres logiciels d’annotations comme par exemple Co-ment qui est réservé à créer des annotations dans un texte (comme des notes de bas de pages). Enfin, Vincent Puig nous a présenté une expérience réalisée sur des visiteurs à Pompidou lors de l’exposition Traces du Sacré : chaque visiteur possédait un audio-guide avec lequel il pouvait dessiner ou émettre des commentaires sur les œuvres en s’enregistrant. Cela montre peut-être que le visiteur de demain deviendra aussi un critique d’art le temps d’une exposition. Cela peut permettre aussi aux chercheurs de mieux comprendre les envies des visiteurs et de savoir qu’est-ce qu’ils attendent d’une exposition. Peut-être pourrons nous un jour créer notre propre exposition ?

Pour parler du travail d’Yves-Marie L’Hour, nous pouvons dire que son travail consiste à créer des installations immersives dans lesquelles l’amateur devient interacteur. Cependant comme il ne s’est pas exprimé longtemps, il était difficile de comprendre réellement le but de son travail.