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Masaki Fujihata
La rencontre avec l’artiste et professeur M. Fujihata a été comme une introduction privilégiée au vernissage de l’exposition. Un des premiers artistes à utiliser le GPS en art, Fujihata a présenté à l’Ensad une partie de son parcours, les thèmes auxquels il s’intéresse et son projet Orchisoid qui peut-être est abandonné pour le moment mais qui s’inscrit dans un projet de 10 000 ans…
La dimension presque irréelle de son œuvre, les images d’une dimension qui sort de la technique et qui se présente comme très fragile parfois, relève dans le travail de Fujihata d’une attention, d’une prédilection pour de nouveaux instruments en art sans oublier la poésie, le sens profond de l’esprit. On peut le voir déjà dans son œuvre Impressing Velocity qui consiste à escalader la montagne Fuji avec un GPS, une caméra 8 mm, et un ordinateur portable. La vision donnée par l’instrument GPS est utilisée et structurée par l’artiste qui réalise une série d’images créées avec cette machine qui mesure et qui donne une vision d’ensemble de la montagne. La perception de son corps, de sa présence sur un lieu est transformée dans une vision 360° et calculée en rapport avec le mouvement de son corps dans cette expédition. «Deforming the form of Fuji in according with speed of moment»; «je vois l’art des médias non pas tant comme celui qui “utilise” les nouveaux médias mais comme une créativité appliquée à fabriquer ces médias» dit M.Fujihata.

La relation entre le mouvement de corps et la forme d’une montagne est une thématique abordée par l’artiste japonais en 1992 qui mis ainsi en place de nouveau concept sur le corps et la machine. Le GPS est presque une extension corporelle capable de mesurer un espace comme la montagne Fuji… on peut dire extension corporelle parce que le regard d’outil devient son image, les repères du GPS sont aussi les siens, d’après lesquels il peut s’orienter. C’est aussi une manière de mémoriser notre expérience, de percevoir notre corps dans l’espace. Derrière cela, il y a encore la mémoire de notre trajet, qui fait que la machine enregistre l’expérience personnelle, le place, l’heure, la vitesse de marche, etc.
L’autre œuvre ‘in progress’, Orchisoid, plus proche d’un expérimentation scientifique est une analyse d’un certaine type d’orchidée qui est observé par de robots et qui donne «a very nice reaction», comme l’artiste lui-même le définit. Le projet est une collaboration avec le biologiste chercheur Yuji Dougane et consiste à investir la fleur avec un mouvement saisissable, grâce a l’intervention robotique.
La beauté de ce projet n’est pas seulement dans l’attention donne à l’orchidée qui est spéciale comme type mais aussi la dimension poétique et métaphorique attribuée au robot qui est le seul à communiquer avec cette fleur. On peut considérer ce projet aussi comme le premier qui insère dans le végétal les nouveaux médias et la robotique.