«Une pratique d’interprétation active par le public»

«Tout ce que j’ai vu, entendu, senti, fait ou ne pas fait, compris ou incompris dans un périmètre de dix pâtés de maisons autour de mon studio, dans le Centre Historique de la Ville de Mexico. » Francis Alÿs
Mercredi 3 décembre, dans la session Paysages technologiques du colloque Mobilisable, est intervenu Thierry Davila sur le thème «bodies-cities». Il nous a proposé beaucoup d’artistes. on a vu des œuvres de Francis Alÿs, Gabriel Orozco, Mona Hatoum parmi d’autres, comme des exemples d’interventions qui prennent la ville comme matériau pour la création.
Francis Alÿs observe et explore depuis bientôt vingt ans l’espace anthropologique et les situations sociales de Mexico et en profite pour tisser des fables qui confèrent à l’urbanité une dimension mythique. Il crée à partir de situations qu’il a rencontrées au hasard de ses promenades dans les rues de Mexico. Ce peut être un sac plastique emporté par le vent qui éveille son intérêt ou bien des sans-abri qui dorment; une autre fois, il pousse un bloc de glace à travers les rues sous une chaleur torride jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien; une autre fois encore, il poursuit avec son objectif l’ombre mouvante de la hampe du drapeau de la Plaza Major, sous laquelle les passants s’arrêtent pour se protéger du soleil. En cela, l’artiste est tout autant dans la tradition des Situationnistes que dans celle des artistes de Fluxus. Le centre historique de la ville de Mexico réunit une sélection de photographies de Francis Alÿs portant sur son environnement social et urbain immédiat, aux alentours de Zocalo, une grande place située au cœur de Mexico, à deux pas de son atelier.

L’artiste en appelle ainsi à «une pratique d’interprétation active par le public, chargé de donner à l’œuvre son sens et sa valeur sociale». Des œuvres d’artistes actuels  traitent la question de l’homme qui marche, du flâneur. Ils comprennent le monde comme un vide à remplir avec des œuvres inspirées du réel où ils existent et habitent. Ainsi, ils cherchent à laisser une marque, et en même temps ils montrent une manière différente de se mobiliser dans le monde. A travers cette communication et la session suivante sur l’art des foules, cette séance nous a offert de nouvelles façons de voir les déplacements urbains, les transports. Cela nous permet de croire que l’ensemble arrivera à former des endroits plus chaleureux, publiques fonctionnant en de nouvelles communautés, reliées via les nouvelles technologies de demain.