Masaki Fujihata à la galerie de l’Ensad


Masaki Fujihata, Field-Works

Du 19 novembre au 8 décembre 2008, la galerie de l’Ensad a accueilli trois œuvres de l’artiste japonais Masaki Fujihata. Né en 1956 à Tokyo au Japon, Fujihata est un artiste spécialisé dans le domaine des nouveaux médias, professeur des beaux-arts et de la musique à l’Université Nationale de Tokyo au Japon. Il vit et travaille à Tokyo. La galerie se divise en trois espaces, chaque œuvre ayant son espace distinct et délimité par des cloisons. Il se dessine finalement une sorte de parcours où l’on rencontre les trois œuvres successivement dans son propre espace. Non loin de l’entrée, la première œuvre qui se présente à nous s’appelle Landing home in Geneva. Il s’agit de la projection sur grand écran d’un film en 3D stéréoscopique. Cette œuvre se base sur les mêmes principes que tous les Field-Works, mais introduit un format inédit de film, l’image vidéo panoramique. Équipé d’une camera vidéo, d’un GPS et accompagné d’une personne étrangère vivant et travaillant à Genève, avec qui il s’entretient sur le thème de sa présence à Genève, Fujihata enregistre leur promenade dans la ville de Genève et nous invite à participer à cette ballade. Les données numériques récoltées lors de sa longue promenade telles que les images vidéos, les positionnements de caméra, la bande son et les coordonnées spatiales, sont recomposées par ordinateur. Les coordonnées spatiales enregistrées par un GPS apparaissent sous forme de longs tracés enchevêtrés. Les images captées par la caméra vidéo au cours de la promenade sont replacées avec exactitude dans leur déroulement spatio-temporel grâce aux coordonnées fournies par le GPS. L’inclinaison et l’orientation des images selon les paramètres de la prise de vue s’échelonnent le long de l’itinéraire. Landing home in Geneva, cartographie tridimensionnelle, immerge le spectateur dans une excursion technologique et virtuelle.

A proximité, la seconde œuvre présente s’intitule Orchisoid, réalisée en 2001 en collaboration avec Yuji Dougane, un océanographe et horticulteur. Le nom de l’œuvre est un terme composé de la mention « orchidée » qui désigne la plante et « oid » pour le caractère humain. Disposée sur un socle, la plante est appareillée de nombreux capteurs, sensibles aux ondes électriques afin de la faire se mouvoir. Aucune évolution ni déplacement, l’installation robotique végétale ne semble pas fonctionner ce jour là. Orchisoid considère à la fois le développement de la technologie robotique et de l’évolution des orchidées. En fournissant un moyen de locomotion à la plante, Fujihata lui confère une nouvelle fonction naturelle et développe ainsi un projet ambitieux qui cherche des solutions pour les espaces artificiels de l’avenir.

Nous sommes invités à poursuivre l’exposition en empruntant un long couloir arrondi. Nous sommes en présence d’une installation interactive qui se nourrit du déplacement de ses spectateurs, Morel’s Panorama présente des images captées par une caméra panoramique. Les images captées par la caméra panoramique installée au centre de la pièce sont traitées en temps réel par un ordinateur et plaquées sur un écran de forme cylindrique pour être ensuite projetées sur les murs de l’espace d’exposition. Aux images captées en temps-réel, se mèle des images préenregistrées de l’artiste lisant un extrait de L’invention de Morel, une nouvelle de Adolfo Bioy Casares publié en 1940. Ouvrage qui raconte l’histoire du créateur d’un appareil pouvant capturer et projeter des images tridimensionnelles.