« L’impromptu »

Jean-Charles Fitoussi, nous a raconté le 17 décembre à l´Ensad, comment à partir d’un désir de reproduire un instant réel (un temps fini) beau et poétique, il a commencé à faire des images et à penser le cinéma. Dans son parcours en cinéma, il a cherché à faire des fictions, en compagnie toujours du hasard et l’imprévu. Dans son travail, Fitoussi utilise les différents formats de l’image multimédia en mouvement, sans jamais remplacer l’une par l’autre, mais en les utilisant d’une manière cohérente dans chaque projet.
Dans Temps japonais, tourné avec un téléphone portable, il crée un type de fiction–documentaire, sous la forme d’une collection de vidéo-cartes postales animées, —petits segments saisis de la réalité quotidienne japonaise, images d’internet, images d’archives et plans de films extraits de dvd— associés dans une même narration, mais toujours variable. Il fait des collages d’images, de temps, des improvisations qui construisent une histoire visuelle singulière.
Il est intéressant de voir ces images de toutes provenances filmées par le téléphone transformées par la projection dans le grand format du cinéma. L’image nous est donnée d’une façon totalement différente de son utilisation quotidienne. Dans les extraits des films projetés par le cinéaste pendant sa conférence, le caractère onirique de certaines séquences, les ellipses temporelles dans la construction du film révèlent le caractère spécifiquement fantomatique du cinéma, comme quelque chose qui peut traverser les temps et les espaces sans difficulté.

Dans les films de Fitoussi, on perçoit une intention de ne pas contrôler tout ce qui se passe sur le film, tant dans le tournage que dans le montage. Il laisse la porte ouverte à l’improvisation, aux idées des autres, aux dialogues et aux personnages qui n’étaient pas prévus, et finalement ce sont tous ces éléments qui donnent au film la spontanéité et la liberté qui les caractérisent.