Mobilisable (third part)

Troisième et dernier volet de ce colloque, avec pour thème, d’un côté, les paysages technologiques (intervenants: Andrea Urlberger, Thierry Davila, Esther Polak et Pascal Amphoux), et, de l’autre côté, la mobilité et la reconfiguration urbaine/l’art des foules (intervenants: Frank Beau, Christian Tarpin, et Valérie Châtelet).

Cette conférence présentée par Andrea Urlburgeravance la problématique: comment ces technologies de la mobilité influencent-elle l’environnement? Quels impacts vont-elle avoir sur le paysage de demain?

Thierry Davila commence par des références fortes ancrées dans le quotidien des artistes actuels: les flâneurs. Dans les années 60/70, les marcheurs allaient dans des paysages non urbains comme Smithson. Les artistes, à partir des années 80/90, deviennent des flâneurs de ville.
« On ne doit pas simplement faire passer le temps, on doit l’inviter chez soi. Celui qui fait simplement passer le temps, qui expulse le temps, qui l’évacue, c’est le joueur. Le temps gicle de tous ses pores, celui qui se charge du temps, comme une batterie, c’est le flâneur. Le troisième type, c’est celui qui attend, il prend le temps avec lui, ce temps est d’une autre forme, c’est l’attente. » cite Davila.
Le rapport au temps est différent chez ces artistes flâneurs il n’a pas cette valeur marchande. Vision horizontaliste de la ville en marchant: Francis Alÿs qui traine un jouet métallique fabriqué par l’artiste et aimanté pour attirer les objets métalliques comme une mémoire de ces passages. Le film de Francis Alys sur son œuvre Paradox Of Glaces qui dure en temps réel 12h le montre poussant un bloc de glace jusqu’à ce qu‘il n’en reste plus rien. La ville devient alors un terrain de jeu. L’action et le geste forment le jeu des artistes. Comme Francis Alÿs qui se ballade dans la rue, arme au poing jusqu’à se faire interpeller par la police. Mais il y a aussi Kuang-Yu Tsui avec une série de performances, City Spirit, dans lesquelles il se permet de réinterpréter l’usage des lieux urbains et de ses objets. Il se permet ainsi, de faire du bowling à Londres, avec pour quilles, des pigeons, ou encore il se retrouve en train de faire le starter d’un karting devant des voitures à un feu rouge… Erwin Wurm est cité pour ses One Minute Sculptures, où il amène les gens à réaliser des postures, avec des objets du quotidien.

L’art des foules

L’art des foules, selon Christian Tarpin, ingénieur civil des ponts et chaussées, se préoccupe des innovations, et des mutations des mouvements de foules. Christian Tarpin gère les Intelligent Transport System (ou ITS), il a mis au point les panneaux lumineux de signalisation sur les autoroutes. Pour lui, l’homéostasie n’existe que s’il y a lieu information, et bien entendu, l’information a une importance primordiale dans la mobilité.
Simple constatation, on se déplace beaucoup plus, et beaucoup plus rapidement qu’il y a trente ans. Cela peut provoquer certains effets d’exclusion comme l’expliquait Christian Tarpin, comme des personnes n‘ayant pas l‘argent ni pour passer le permis, ni pour se payer un titre de transport, par exemple… Un fossé sépare alors ce qu’il appelle les mobiles qui deviennent hyper-mobiles, des peu mobiles qui finissent par ne plus bouger. D’après Tarpin, de nouveaux moyens mis à disposition comme les Vélib’ sont des concepts qui n’ont qu’une fois qu’il y a eut vent de l’information sur ce type de transport. Il y a aussi le portable avec le fameux «T’es ou? » qui permet de se localiser en deux temps trois mouvements, ce qui accentue l’effet de mobilité.

Franck Beau, chercheur dans les nouveaux médias est récemment associé à la prospective de la RATP. Les plans SNCF sont de véritables œuvres d’art à créer et à recréer en fonction des nouvelles lignes implantées sur le réseau des transports en commun. On note que 1,3 personnes dans les voitures, ce qui rend compte de l’énorme confiance que les gens apportent à des solutions simple comme le covoiturage. On pourrait ainsi imaginer un transport plus social, pour le métro du 21e siècle, car pendant les grèves, ou pendant les soldes, la foule effraie, la foule écrase.

On distingue selon Franck Beau  deux sphères d’utilisation de la technologie. D’une part nous avons, la Hard Technology avec internet qui s’incruste partout, les portables, les GPS, les I Phone, d’autre part nous avons, la Soft Technology avec des sites Internet qui favorisent l’échange, le partage, la création de nouvelles communautés comme les blogs, les sites de retrouvailles sociales, les plateformes d’éditions et de stockage de données… comme Facebook, Peuplade, Dislelui, ou comme les Flashmobs etc. Cette deuxième partie de la conférence nous a offert de nouvelles façons de voir les transports, cela nous permet de croire que l’ensemble arrivera à former des endroits plus chaleureux, publiques fonctionnant en de nouvelles communautés, elles-toutes reliées via les nouvelles technologies de demain.