photographie émotionnelle

Mohamed Bourrouissa est un photographe algérien, qui a fait ses études d’arts plastiques à la Sorbonne, avant d’être diplômé de l’ENSAD. Il a participé à beaucoup d’expositions notamment à Paris, où il vit actuellement. Lors de la conférence, il nous a présenté un ensemble de ses travaux et projets en cours notamment 3 séries de photographies et quelques vidéos filmées.
En ce qui concerne le premier projet, il s’agit de 3 séries de photos, la première série, est intitulée Chatelet les Halles, et elle montre des photos basées sur un jeu de regards comme l’artiste l’a expliqué, entre les personnages, montrant également le positionnement des gens, des individus dans l’espace photographique. Dans cette série la il vise à montrer spécialement une catégorie de gens bien précise, il s’agit des jeunes de la banlieue avec tout les stéréotypes et les clichés qui l’entourent, (tenues vestimentaires casquette, survêtement, langage).
En ce qui concerne la deuxième série, elle s’intitule Face à face, c’est une tentation de la part de Bourrouissa de mettre l’individu face à l’objectif, et d’activer le flash, parce que, comme il le dit, le flash rehausse le personnage et adoucit le fond, et ceci donne par la suite une sorte d’image ouverte, qui laisse réfléchir sur ce regard. Dans ce regard il y a à la fois une dimension conceptuelle et une proximité. L’artiste travaille sur la tentation visuelle à travers les lignes de force et, comme il l’a appelée, la géométrie émotionnelle.
Finalement, il y a la série 3, intitulé Périphéries, et elle inspirée des peintures de Delacroix. Dans cette série, l’artiste, encore une fois, a abordé la question de la banlieue, du vécu et du quotidien, des codes visuels, il disait à ce propos: «les choses qui m’intéressent font toujours partie de mon quotidien et du celui des gens qui m’entourent et qui m’inspirent constamment.»
Après cette série de photographies, Bourouissa, enchaîne la conférence avec des vidéos, la première est intitulée Temps mort, et il s’agit en fait d’une vidéo filmée avec un téléphone portable à l’intérieur d’une prison. Cette vidéo a été filmée par un prisonnier, un ami de l’artiste et montre les textos échangés entre les deux, ainsi qu’une vision de ce qui se passe à l’intérieur de la prison, afin de montrer ce que ressent la personne enfermée de l’intérieur.
Et enfin, Bourouissa conclut avec une dernière vidéo, un film qui représente le quotidien des vendeurs de cigarettes à Barbès à Paris et dont la plupart viennent de l’Algérie. Il montrait dans cette vidéo et racontait la vie de ces vendeurs à la sauvette, leur souffrances, leurs espérances que, en quelque sorte, l’artiste a pu partager avec eux dans des moments différents.

Saida Mejrissi