Guillaume Pinard, la temporalité et la fragilité

Guillaume Pinard, un artiste dessinateur, est invité dans la conférence de l’Observatoire des nouveaux médias le 2 mars à l’Ensad. À partir d’une série collective des images photos de Bateau de croisière « Eagle » rebaptisé « The Azur » datant des années 1970, l’artiste nous dévoile avec ces photos l’intérêt principal de sa recherche artistique. Étant considéré comme un artiste peintre, Guillaume Pinard travaille en effet dans plusieurs domaines, peinture, dessin, photographie, film d’animation. Le dessin est notamment considéré comme une de ses sources d’inspirations la plus importante ainsi qu’une des origines de son travail.
Les dessins réalisés vers les années 2009, marquent une période de recherche des nouveaux langages dans sa carrière artistique. Ils sont considérés par l’artiste comme des autoportraits, représentés dans le rôle de « Roi ». Il a même réalisé des dessins d’après le tableau de Titien qui l’a beaucoup influencé, où il a essayé de réintroduire des images représentées dans ce tableau en en donnant une nouvelle sensation.
Après cet essai, il s’est concentré de plus en plus sur l’idée de la copie dans sa création. Son intérêt porté à l’effet de l’image sérigraphique l’a amené à réaliser un livre sous forme de photocopies. La qualité de la représentation des images lui fournit énormément d’inspiration et lui permet de faire un pont entre des éléments culturels, la peinture et l’image.

Guillaume Pinard, Camille, Fresque au fusain, 3,5x2,5m, à l'exposition Brise, Galerie Vera Gliem,2011,

Guillaume Pinard, Rideau!, Fresque au fusain,à l'exposition Fantasmagoria, Musée des Abattoirs de Toulouse, 2010

En posant la question de la fragilité dans la reproduction et de la reproductibilité d’une œuvre, il a réalisé un dessin pour une exposition collective sur le paysage. En utilisant le fusain, il a refait un des tableaux d’un maître en noir et blanc d’après une image trouvée sur Internet. Bien évidemment, les informations sont plus ou moins représentées dans cette photo reproduite diffusée par le Web. Ce caractère lui permet de les traiter souvent comme une problématique dans sa recherche artistique. En se questionnant sur la temporalité d’une œuvre d’art, il l’a dessinée au fusain directement sur le mur sans penser à avoir des moyens de protection. Avec le temps, les gestes et les touches des doigts du public enlèvent petit à petit le dessin et le détruisent au bout d’un moment. Finalement, ce travail de deux jours ne se retrouve que sur sa photographie. Pour Guillaume Pinard, l’œuvre est un transport qui envoie le message de l’artiste aux destinateurs. Qui sont des destinateurs? C’est le public. La réalisation d’une œuvre est en effet de préparer un message de l’artiste. Ici, le dessin peut être considéré comme un défilé de Guillaume Pinard. À la fin de l’exposition, il reste plus que sa photo dans le catalogue de galerie. Le même geste est aussi reproduit dans le Rideau, de nombreux dessins appliqués en direct sur les murs lors de l’exposition Fantasmagoria au musée des Abattoirs à Toulouse en 2010.
À partir des années 2000, Guillaume Pinard est beaucoup influencé par des outils informatiques, notamment Flash. Il a donc commencé à réaliser des courts films d’animations basés sur ses dessins, ce qui lui permet de s’orienter plutôt sur la recherche de l’espace. Ce travail très soigné représente à la fois une réflexion du mouvement et de la sensation.  Le champ du film d’animation lui offre ainsi une liberté plus que jamais dans son imagination, où il peut pratiquer tous les moyens artistiques, le son, l’image ainsi que l’espace.

Hui Li