Francesco Jodice : le témoin de la société

Francesco Jodice a plusieurs titres: photographe, cinéaste, artiste contemporain, auteur, cartographe. Même s’il touche à divers domaines, son travail commence toujours par un regard de la société où nous sommes. Le moyen avec lequel il comprend la réalité est de créer la topographie géographique et sociologique par sa création. Pour lui, les problématiques de la société qui nous entourent sont toujours liés étroitement l’un et l’autre. Son travail est lié au sujet de socio-économie comme le globalisme et la sécurité sociale, etc. Grâce aux résultats visuels (carte, graphisme, photo journalisme, etc.), son travail ressemble plutôt à une documentation ou une source d’information de journalisme. Autrement dit, il est plutôt un designer qui traite de l’information visuelle pour dénoncer la réalité sous la forme de projet artistique. Bien que les actions soient politiquement engagées, Francesco n’ajoute pas directement des commentaires subjectifs. Il garde la neutralité et l’esthétique de la vie. Les participants de son projet tissent un réseau social entre eux et créent des discours sociaux.
Le travail de Francesco pourrait être divisé en deux catégories. La première catégorie qui est d’«observer-montrer» est souvent réalisée par la photographie. La série de photos comme Mazara (2000), Citytellers (2006), Baikonur (2008) en sont les exemples. Ici, par la vue d’artiste, on peut observer les scènes de la vie quotidienne dont on ne se rendait pas compte de l’importance ou de la problématique à cause de la vue partielle.  Cette objectivation de l’image est le fruit des découvertes de l’artiste par le voyage.
La deuxième catégorie est plutôt un travail relationnel en fonction d’«organisation-participation». Le Multiplicity (2000) (Tokyo Voids, USE: Uncertain States of Europe, Solid Sea, Road Map) et le Zapruder (2004) sont les exemples. Cette fois, l’artiste travaille en groupe sous la forme de workshop et en itinéraire. Il crée un champ de discours et de participation. Puis, il invite des gens (chercheur, philosophe, urban designer, etc.) à participer à cette action. Ce genre de projet est interactif et il a une fin indéterminée. Les participants tissent un réseau social parmi eux. Le rôle d’artiste reste en tant qu’organisateur de structure du projet.
Ce qui est intéressant est l’usage de l’enquête construite pendant les projets. Une des préoccupations de l’artiste est la perception de son projet artistique par les gens qui sont hors du milieu de l’art contemporain. Il souhaite que son travail agisse dans la société comme une bombe dont on ne sait pas quand il explosera. Pour ceux qui ont participé à son projet et pour ceux qui n’ont pas l’occasion de participer à son projet, la perception ne peut pas être identique. À ce point, la documentation du projet (sous forme d’un livre ou un site internet) a l’importance d’un témoignage de la société de nos jours.

Kim Jee young