Masaki Fujihata, ou comment déplacer les frontières entre art et technologie?



Mobilité, invention technologique, et invention artistique
«Il ne s’agit pas simplement de mettre des nouveaux médias dans l’art, ni même de faire un art des nouveaux médias. Il s’agit de faire des nouveaux médias en artiste, d’être artiste en nouveaux médias. Dès lors, s’il ne s’agit pas seulement de renouveler l’art en lui injectant de nouveaux moyens, de nouveaux outils, de nouveaux sujets, il peut s’agir d’en déplacer les frontières jusqu’à considérer des expérimentations, des inventions technologiques, comme des événements apparentés à l’art, comme relevant du projet artistique». Voici selon moi comment refonder l’art et lui donner un nouveau souffle pour les années à venir ! Le travail de Fujihata nous amène à penser l’Art comme une «conduite techniqu ». Dans cette conduite la technique n’est pas instrumentalisée, elle est donc libérée d’avoir à servir POUR quelque chose, elle n’a pas à s’effacer devant ce qu’elle sert.
Mais cette notion est très «fragile» comme nous le fait remarquer Pierre-Damien Huyghe. En effet si la technique  «ne sert plus à» elle n’est plus «nécessaire». Il faut alors considérer que ce qui n’est pas nécessaire, c’est justement l’utile. Mettre en évidence l’utile dans une technique sans passer par une notion de service est précisément l’enjeu de la position artistique de Masaki Fujiata. Dans son travail, il s’agit d’étudier les possibilités d’un groupe de techniques pour qu’elles ne s’achèvent pas dans l’usage où d’ordinaire elles sont convenues. Au cœur du travail de Fujihata on a affaire à des techniques riches de possibilités. L’artiste a une conduite artistique qui ne cherche pas les moyens de faire quelque chose dans ces techniques mais qui cherche à les découvrir. L’artiste se positionne comme un découvreur réalisant des tentatives à la fois savantes et humoristiques…