Les alchimistes

Carole Collet  nous a présenté ses travaux du design textile écologique et les travaux de ses étudiants. Par curiosité ou par provocation, ils inventent des technologies totalement nouvelles qui ouvrent de nouvelles perspectives. Ses étudiants sont à la pointe dans leur recherche, cherchant à élargir les possibilités des travaux expérimentaux de type  scientifique et technologique.

Dans cette conférence elle nous a familiarisés avec des termes scientifiques et technologiques tels que nanotechnologie, cellule synthétique, modification de génomes, etc. C’est une étape préliminaire de recherche qui précède la partie principale du travail consiste dans le traitement quotidien et ininterrompu de données. Les scientifiques modernes continuent d’établir de nouvelles hypothèses en s’efforçant de les confirmer empiriquement.

Prenons l’exemple de la cellule synthétique. Il y a justement un an, une équipe privée de chercheurs  américains a créé une première cellule synthétique, avancée technologique qui ouvre la voie à la fabrication d’organismes artificiels. Dès qu’une nouvelle technologie est mise au point, il convient toujours de considérer les impacts positifs et négatifs. Outre le risque de voir cette technologie tomber entre de mauvaises mains, il faut souligner que nous ne savons pas ce qu’il se passera quand ces nouveaux organismes ou ces nouvelles espèces auront été libérées dans la nature.

L’idée de Carole Collet a suscité en moi une vive curiosité intellectuelle, me faisant notamment songer à une cape d’invisibilité, comme celle portée par Harry Potter, qui serait capable de rendre transparent tout ce qui se trouve à l’intérieur. Mais il reste difficile d’imaginer pour le moment des applications dans la vie courante à cette cape d’invisibilité, pourtant en cours de fabrication. Pour sa fabrication, les chercheurs ont pensé à utiliser des «métamatériaux», matériaux artificiels qui ont des propriétés ne pouvant être trouvées dans la nature. Des chercheurs britanniques et américains avancent qu’en théorie il est désormais possible de concevoir une barrière d’invisibilité, permettant de soustraire tout objet à la vue. Cette cape d’invisibilité, ou plutôt ce bouclier d’invisibilité, étant donnée la largeur prévue pour les premiers prototypes, ferait dévier les rayons lumineux, de façon à ce qu’ils s’incurvent suffisamment pour éviter l’objet qu’elle dissimulerait : c’est un peu comme si on ouvrait un trou dans l’espace. (1)

Nous vivons un temps passionnant qui est rempli de dangers et d’urgences. C’est un temps particulièrement stimulant pour les artistes qui travaillent avec des technologies nouvelles, et qui se confrontent aux questions sociales et culturelles provoquées justement par ces extraordinaires innovations de la science. Nous avons toujours joué un rôle dans la diffusion d’idées neuves au grand public et contribué à l’évolution des perceptions de notre réalité collective. Face à ces changements paradigmatiques majeurs et rapides introduits par les innovations scientifiques, il est plus important que jamais pour les artistes d’envisager les possibilités, de poser des questions difficiles et d’aider à comprendre les significations profondes de ces innovations. (2)

Hye-jin Shin

(1) http://www.crpp-bordeaux.cnrs.fr/spip.php?article479
(2) Victoria Vesna, Ligeia, Dossiers sur l’art, 2003