Masaki Fujihata

Masaki Fujihata, artiste japonais, nous a présenté trois de ses œuvres dans la galerie de l’Ensad.  Dans ses œuvres, il met en relief l’interaction entre l’être humain et le vivant et les mobilités invisibles que nos sens ne nous permettent pas d’apercevoir dans la nature et l’environnement. Coopérant avec le chercheur en biologie Yugi Dogane, Masaki Fujihata rend visible des communications entre plantes par l’intermédiaire de capteurs dans son œuvre intitulée Orchisoid. Fixés sur une orchidée, des capteurs enregistrent les modifications de leurs «émotions» quand l’on les arrose ou lorsqu’on arrose sa voisine et projettent les données sur l’écran. Cette œuvre qui fusionne la science et l’art nous permet d’épier la vie secrète de la plante et de découvrir le monde d’un nouvel point de vue microscopique.
Pour son autre œuvre, Landing Home In Geneva, l’artiste collecte les enregistrements vidéo pendant des promenades avec des interprètes vivant à Genève ainsi que les données du trajet par GPS. Dans cette vidéo installation, d’une part, on voit les mouvements des voyageurs, d’autre part les images enregistrées par une caméra panoramique qui s’enroule dans les déplacements des traces correspondantes du GPS sur l’écran. Cette œuvre représente ainsi comment l’artiste mêle la mobilité réelle et la mobilité virtuelle et rend la visualisation du déplacement réel dans l’espace irréel. Dans Morel’s Panorama, Masaki Fujihata utilise la même caméra panoramique sur place qui capte les images des spectateurs. Les spectateurs de la vie réalité deviennent les participants virtuels. Grâce aux nouvelles technologies, Masaki Fujihata explore la relation entre la réalité et virtualité, dans l’espoir de faire usage de la technologie moderne pour élargir la possibilité de la perception humaine et de réexaminer la relation entre les êtres humains, l’homme et les êtres vivants,  l’homme et l’espace-temps.