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Introduction aux vêtements du Futur (séance extraordinaire)

Article publié le : mercredi 29 avril 2009. Rédigé par : Danaé Papaioannou

Lors de la conférence Mobilisable, tenue en novembre dernier, Lalya Gaye nous a déjà fait prendre conscience du caractère ubiquiste qu’a désormais acquis la technologie. Nous revenons sur ce point lors de la présentation extraordinaire de Juliette Sallin, designer textile et blogueuse.

Car, c’est un fait: la technologie a fait des pas révolutionnaires dans le domaine du textile. Comme Juliette nous explique, le textile est effectivement, un matériau très intime; il nous habille, orne notre maison (nos rideaux, tapis, serviettes et nos draps), il recouvre les sièges du métro, bref, il est, lui aussi, partout. C’est pourquoi les innovations technologiques dans ce domaine ne sont finalement pas si surprenantes; on pourrait même dire que c’est une étape presque évidente dans l’évolution de notre mode de vie.

Juliette décerne trois genre de textiles:
D’une part, les textiles innovants; ce sont les textiles faits à partir de fibres naturelles, comme les toiles d’araignée, ou synthétiques, pour lesquelles l’on a désormais recours même à la nanotechnologie, permettant ainsi de créer des fibres qui n’existent pas dans la nature. Ces textiles ont comme avantage de résister au temps, rendant leur utilité bien plus intéressante que celle des fibres traditionnelles.

Un exemple surprenant en est le « Spray-on Fabric » créé par Fabrican Ltd, un laboratoire londonien. Comme son nom l’indique, c’est un textile liquide en bombe qui, une fois aspergé, se solidifie et épouse la forme du corps. Une invention innovante qui, au-delà du domaine de la mode, fait également ses preuves dans le domaine médical, de l’hygiène, et du design.

Fabrican Ltd

Spray-on Fabric, Fabrican Ltd

Dans la deuxième catégorie, nous retrouvons les textiles dits « sensibles ». Ces derniers ont la particularité de réagir à leur environnement lorsqu’ils sont stimulés (d’où « sensibles »). Ils répondent donc à la température, l’électricité, aux substances chimiques, et ainsi de suite.

S'ouvre et se ferme en fonction de l'éléctricité

fleur Kukkia, s'ouvre et se ferme en fonction de l'électricité

On retrouve, dans cette catégorie, les textiles électroluminescents faits avec des fibres optiques (Luminex), les encres thermo-chromiques qui réagissent à la température ou la lumière du jour et changent de couleur, voire disparaissent complètement, ainsi que des fibres conductrices à base de métal, à mémoire de forme, qui conduisent l’électricité (Xs Labs).

Robe à base de fibres optiques, Luminex

Robe à base de fibres optiques, Luminex

Enfin, nous avons les textiles dits « intelligents ». Contrairement aux sensibles, ces derniers réagissent à leur environnement de façon calculée, en introduisant donc dans leurs propriétés une dimension d’interactivité. C’est ce qu’on appelle également les « wearables ».

Despina Papadopoulos, designer grecque basée à New York,  considère le vêtement et l’électronique comme des environnements qui nous permettent de communiquer. Ce sont des bulles digitales dans lesquelles elle tente de réunir les qualités de l’interface de l’électronique et du vêtement pour les rendre visibles, en leur accordant donc une dimension quasi-sociologique. C’est ainsi qu’elle crée le laboratoire Fity-Fifty, avec des projets tels que MOI, Embrace Me (inspiré du mythe grec de l’homme et la femme formant à l’origine une entité), et Click Sneaks (sneakers spécialement conçues pour émettre un son de talons aiguilles à chaque pas fait).

Que pouvons-nous dire après avoir jeté un coup d’œil à toutes innovations? Une seule chose, sans doute: la technologie est vraiment partout.

Danaé Papaioannou