-- Observatoire des nouveaux médias » 20e conférence

Bump it de Bertrand Planes

Article publié le : mardi 9 juin 2009. Rédigé par : Hye-Young Seon

On se souvient du mouvement cinématographique de la nouvelles vague. Les protagonistes de ce mouvement ont passé leur jeunesse en se nourissant des films des frères Lumières, en étudiant les théories du cinéma et ses histoires, en écrivant leurs réflexions cinématographiques dans les revues spécialisées, bref en rêvant de devenir de vrais cinéastes. Le parcours de Bertrand Planes est similaire. On peut dire qu’il est un des artistes qui ont grandi avec le monde informatique et technique, l’ordinateur de première génération. Et vite, il s’aperçoit de la limite de ce nouveau «média», il veux aller plus loin.
Le territoire artistique est toujours à réinventer. Son première expérience esthétique est la rencontre avec la
langage assembleur. On sait que la première génération de «démomakers » programmait en langage assembleur, soit le langage le plus proche du langage machine. Bertrand Planes  veut explorer les «couches abstractives» des usages pour saisir les processus réels. Il veut redéfinir les finalités selon sa vision. Il veut ainsi déconstruire et mettre en avant le caractère artificiel de certains processus tenus comme allant de soi.
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Bertrand Planes présente une nouvelle invention

Article publié le : samedi 6 juin 2009. Rédigé par : Hyejeong Lee

Bertrand Planes est inventeur de son métier, et semble y prendre plaisir. Non sans excentricité, il utilise tous les matériaux mécaniques et numériques disponibles pour les hybrider. Pour ce qui est de l’objet d’usage courant, ses inventions ne vont peut-être jamais le rénover ni le faire évoluer, mais elles s’articulent à la scène artistique contemporaine en prétendant disposer du seul et vrai mode d’emploi de cet objet. Ce dernier n’est pas sans ressemblance avec des objets industrialisés dans un passé proche ou lointain, mais, en réalité, ils en trahissent le mode d’existence. Si les objets quotidiens ont en effet une vocation d’efficacité et ont été inventés afin de satisfaire un besoin utilitaire, pour ce qui est de ceux de Bertrand Planes, leur raison d’être réside dans la pure expérimentation et dans la réalisation des idées de l’artiste.

Si l’on prend l’exemple de l’audiovibromasseur, l’excentricité est primordiale. Lors d’une performance où deux femmes et des mécaniciens examinent cet objet inventé par Bertrand Planes, l’ambiance est au sérieux et à l’objectivité. Les performers feminines participent à cette expérimentation en mesurant les effets de cet objet sur elles tandis que les performers masculins observent tous les changements et signes enregistrés sur l’ordinateur. Mais cette performance, en définitive, fait d’une vraie expérimentation scientifique une sorte de scène théâtrale, voire une représentation factice. Car dans ces conjonctures du happening, où tous les participants font preuve de curiosité, il y a peu de place pour ce qui est de la force de conviction, et peu de valeur objective. L’enjeu, ce n’est pas l’examen du fonctionnement de l’audiovibromasseur, mais la réalisation d’une situation hypothétique où l’on simule une certaine conviction d’expérimentation autour de ce nouvel objet ; le virtuel devient réel grâce à notre complicité. Autrement dit, la performance que Bertrand Planes a réalisé autour de son audiovibromasseur s’articule à ce que cette invention pourrait évoquer, non chez son usager, mais chez son spectateur. A ce stade, le statut auquel prétend l’objet qui se déguise en objet d’usage courant contamine la performance entière. Cette dernière, malgré son apparence sérieuse et formelle, laisse peu à peu percer un humour démesuré qui renverse la conviction portée autour d’elle. Le plaisir de Bertrand Plances, ce n’est pas seulement de réaliser une idée des plus audacieuses, mais aussi d’infiltrer le monde extérieur ; on verra bientôt cet étrange objet dans le monde de tous les jours. Ainsi, dans ce monde hypothétique, l’expérience est une vertu mais la valeur de conviction  est dévaluée.

La visibilité de l’invisible

Article publié le : jeudi 4 juin 2009. Rédigé par : Hye-yeon Jeon

La création artistique de Bertrand Planes est diversifiée mais il y a une cohérence, c’est la technologie. Passionné d’informatique et de programmation depuis les premiers temps de l’ordinateur, il réussit à appliquer les techniques avancées de l’information dans l’art, la mode et la musique. Bertrand Planes rend visible l’invisible. «Bump it!», par exemple, l’installation de projection vidéo en temps réel sur volumes blancs, visualise le son sur l’orgue de l’église Ste Elisabeth de Hongrie.


L’apparence ordinaire de l’église Ste Elisabeth de Hongrie.

La musique est associée intégralement à la lumière: l’esthétique couvre deux domaines en même temps, le champ de l’ouïe (l’oreille) et celui de la vue (les yeux). Par des procédés relevant de l’informatique, le déroulé musical produit directement et instantanément une «symphonie» de lumières. Chaque note émise crée un faisceau lumineux d’intensité et de couleur qui varie au rythme de la musique.

La vidéo, Mar:3D « bringing back océan to Bolivia », montre une plage de l’océan pacifique à laquelle la Bolivie n’a plus d’accès physique depuis la guerre qu’elle avait menée contre le Chili. Mais elle montre en même temps l’ombre des spectateurs projetée sur la plage alors qu’ils se trouvent physiquement dans un musée.  Bertrand Planes, à l’aide de cette Vidéo stéréoscopique en 3D, rend visible et comme physiquement présent ce qu’il n’est pas possible de faire dans la réalité (aller sur la plage au Chili). Les bords de mer qui n’appartiennent plus aux Boliviens sont en quelque sorte fréquentés directement à la Paz par des Boliviens.

source des photos : http://vida.limsi.fr/index.php/Orgue_Augmenté

Hye-Yeon Jeon

Bertrand Planes

Article publié le : mardi 2 juin 2009. Rédigé par : Kamal Khati
 Bertrand Planes, artiste formé à l’école d’art de Grenoble, nous a fait part de son premier rapport, il y a quinze ans, avec les ancêtres de nos ordinateurs actuels. C’était la «période démo». Il affirme avoir été déçu par cette première rencontre avec l’outil qu’il croyait être annonciateur d’un futur tant attendu. C’est cette frustration qui l’a poussé à s’immerger dans le monde informatique et technique et à bouleverser ainsi la dimension conventionnelle et rigide de cet univers, à l’instar des artistes contemporains qui ont démantelé la contrainte de l’art académique.
L’artiste «joue à dieu» et recrée le monde en se servant de l’art du détournement. En effet, il transforme des objets en d’autres, en leur greffant une seconde fonctionnalité tout en gardant leur forme initiale: une sorte de croisement entre deux ou plusieurs univers.

On découvre ainsi un métissage de son et de lumière dans Speaker lamp, une lampe associée à un haut parleur. Le son et le toucher sont aussi mis à l’épreuve dans Audio vibro. Il s’agit d’un vibro-masseur avec musique, qui vibre selon le rythme des fréquences sonores. Il y a aussi Bug’s Life: des balises solaires sur lesquelles on a branché des buzzers. Cela donne un son qui varie selon la position et l’emplacement de la balise par rapport au soleil.

Outre le son et le toucher, l’artiste touche également au domaine visuel. On cite entre autres BumpIt!, qui est une vidéo conçue pour Citroën. Le principe du BumpIt! est de  procurer au sujet un effet de couleur et de mobilité.

En accordant donc un intérêt particulier à l’image, Bertrand Planes construit avec ses amis un logiciel DivX Prime qui sert à «provoquer des bugs vidéos, et à gérer plusieurs effets graphiques originaux propres à l’algorithme mpeg4 ». http://onoffar2.free.fr/HTML/prese.htm

En revanche l’invention que je trouve à la mesure de la folie voire de l’ambition de l’artiste est la Life Clocke3: une montre qui indique non pas l’heure  mais l’âge, en estimation avec la durée moyenne de vie.
Je trouve aussi, palpitante, l’idée du jeu vidéo que Planes a réinventé en brisant le mur qui constituait sa limite. Cette démarche est véhiculaire d’un esprit de liberté sans frontières.

Kamal Khati

Bertrand Planes, plasticien-programmeur

Article publié le : samedi 30 mai 2009. Rédigé par : Hye Jung Shin

Le parcours de Bertrand Planes est intrinsèquement lié aux sciences et aux technologies fondamentales, à leur substance physique. Et c’est le développement des technologies qui lui a permis de créer ses œuvres. Comprendre la nature de l’art numérique comme lui, c’est d’abord comprendre le contexte de sa réception – c’est-à-dire l’«expérience de l’art» elle-même. Il est possible d’avancer que les œuvres de Bertrand Planes touchent de manière simultanée nos sens, nos émotions, notre intellect, notre âme. Cette synchronicité du corps, du cœur et de l’esprit fonde notre réaction complexe à ses œuvres, tout comme au monde quotidien.
Mikael Dufrenne définit l’œuvre d’art comme «ce que l’homme produit, et ce qu’il fait, et ce qu’il devient en faisant, parce que faire lui est essentiel.» Beaucoup plus qu’un ensemble d’effets et de manipulations techniques, elle est le produit d’un travail singulier, indivisible, défini par son originalité et sa gratuité. [1]
Ainsi Bertrand Planes utilise deux sensibilités. La technologie va se mettre au service du monde extérieur, et l’artiste au service du monde intérieur. La différence fondamentale réside tout simplement dans le fait que la technologie s’occupe du monde extérieur et l’artiste du monde intérieur, et à nous montrer des images de ce monde.
Son parcours est divers, il détourne avec humour les objets et les pratiques usuelles afin de révéler de nouvelles fonctionnalités. Critique sur les technologies et les sciences, son œuvre sollicite souvent l’outil informatique et la collaboration de scientifiques.
Dans sa conférence il nous a montré plusieurs projets assez variés, comme lui-même. Personnellement j’ai beaucoup apprécié la pièce Clock , il imagine et realise la Life Clock, une horloge dont le mécanisme est ralenti 61320 fois afin que l’aiguille des heures ne fasse un tour de cadran que tout les 84 ans, soit un tour dans une vie, en se basant sur l’espérance de vie la plus élevée. L’horloge reste un instrument de mesure du temps qui passe. L’objet modifie simplement l’usage de cette mesure: de mesure du temps social, elle devient mesure du temps de vie.

[1] Fred Forest , Art et Internet, imaginaire :mode d’emploi, Editions cercle d’art, P.13

Hye Jung Shin


Bertrand Planes

Article publié le : jeudi 14 mai 2009. Rédigé par : Emily Aguilar

Bertrand Planes est un artiste français, usant des nouveaux médias afin de détourner des objets, de leurs contextes habituels. Il a avant tout été fortement influencé par la programmation et l’informatique. Historiquement, la machine de Turing représente avant tout le premier calculateur programmable. Allan Mathison Turing (1912-1954) était un mathématicien britannique, à l’origine de la machine qui porte son nom etil a aussi décrypté des codes nazis durant la guerre. L’homosexualité de Turing lui valut d’être persécuté et brisa sa carrière, il fut incarcéré pour sodomie suite à une histoire de cambriolage organisé par son compagnon… Il a affirmé ses tendances sexuelles, un choix s’imposait alors à lui l’incarcération ou un traitement hormonal en but de réduire sa libido. Son choix s’est orienté sur le traitement (afin de poursuivre ses recherches), ce qui lui a apporté des effets secondaires et l’a entraîné dans une dépression qui le poussa au suicide via du cyanure dans une pomme. Pomme qui serait hypothétiquement à l’origine du logo d’Apple.
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La science comme outil

Article publié le : mardi 5 mai 2009. Rédigé par : Antonia Garcia

Le parcours de Bertrand Planes est divers. Il a développé une création artistique qui croise des différents univers, comme la programmation, l’art, le design, la mode, les performances, etc. Passionné par l’informatique, par les machines, les ordinateurs à la maison, la programmation, etc. il a manipulé ces outils pour réussir à avoir des résultats visuels intéressants. Dans son discours il a parlé de la manière de voir la proximité des choses, comment les médiums et les techniques ne sont pas très différents les uns des autres. Il propose dans sa recherche un développement circulaire (new age) où l’on peut mélanger plus que séparer les facteurs. Entre le mélange des concepts et des espaces techniques, il voit la science comme un outil au service des idées et non comme une fin humaine.
Dans sa conférence il nous a montré plusieurs projets et travaux assez variés, comme lui-même. Personnellement j’ai beaucoup apprécié le «beau» geste de son installation Mar3D «
bringing back océan to Bolivi, fait en Bolivie en 2005. L´installation a consisté en une projection vidéo d’une image de la mer (dont le Chili a perdu l’accès pendant la guerre du Pacifique) qui inclut l’ombre du spectateur sur l´image projetée. L’œuvre a demandé un grand déploiement technique et matériel, mais finalement le spectateur peut rentrer dans l’œuvre et la regarder sans noter las difficulté du montage, mais la profondeur du message.

Hight and Low

Article publié le : samedi 18 avril 2009. Rédigé par : Smaëla Sahai

Au début des années 90, Bertrand Planes exprime sa création artistique sur la «scène démo » en émergence. Comme lui, d’autres passionnés d ‘informatique mettent en œuvre leurs performances dans la mise au point de programmes et le crack de logiciels pour les diffuser. Pour gagner en liberté, les démo makeurs, par le détournement des outils informatiques, cherchent à optimiser le soft (logiciel) pour prendre le dessus sur le hard (conception). En effet, l’évolution technique des machines de l’époque (Amiga/Atari), étant trop lente, il leur faut à tout prix repousser les limites; ne pas devenir produit de l’outil mais bien plutôt faire de l’outil son produit. La plupart du temps, les démo makeurs se cachent sous des pseudonymes qui font la réputation de leur programme. Démonstrations du maximum de prouesses techniques possible, les démos sont un mix d’images de synthèses avec ajouts de couleurs, d’effets spéciaux – shave box, star field, maping (projection en volume de texture), sin waves (perspective homothétique), zoom et rotation simultanés, … – et de scroll text (texte défilant au bas de l’image qui informe du type d’animation) sous forme de clip musical le moins volumineux possible sur l’espace mémoire de l’ordinateur.
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Bertrand Planes en plein délire

Article publié le : vendredi 17 avril 2009. Rédigé par : Danaé Papaioannou

[Note: J’aurais bien aimé intégrer une musique de fond à cet article… un bip-bip élctronique ou de synthé style années 1980, comme on peut le trouver dans les jeux vidéos. I Just Can’t Get Enough de Depeche Mode fera l’affaire je pense (En prime, la version sans paroles! à écouter dans un nouvel onglet). J’aime la technologie.]

A première vue, Bertrand Planes ne semble pas être une personne tout à fait « normale ». Non, non, il me donne plutôt l’impression d’être un geek sympathique souffrant d’une névrose articulée autour du pixel et du chiffre. Nous apprendrons par la suite que ce jour précis, Bertrand est fiévreux. Est-ce que cela justifie son délire? Not really. Bertrand Planes est un personnage bien particulier. Je pense que le mot est bien choisi. Un peu scientifique, un peu artiste, un peu designer, un peu barré, oui, un peu toqué plein d’imagination et de formes inventives. Voir: le Professeur Tournesol. Voir également: Doc Brown –  Retour vers le Futur -; les années 1980 dans toute leur splendeur.

Les années 1980, l’ère du kitsch, des coiffures immondes, des épaulettes, des associations malencontreuses de couleurs flashy, du synthétique, l’apogée de la musique disco et bien sûr, l’avènement des premiers ordinateurs « personnels », ces gros blocs qui nous émerveillent, alors que la seule chose qu’ils savent faire c’est… bah pas grand-chose, comparé à maintenant.
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Avec et contre Bertrand Planes

Article publié le : vendredi 10 avril 2009. Rédigé par : Sarah Vieille

Dans le travail de Bertrand Planes, il n’y a qu’un atome qui sépare l’art et l’informatique / nouvelles technologies. Je dis bien un atome et non un pixel. Bertrand Planes fait la différence entre ces deux entités infiniment petites: le pixel est un carré, donc par définition fini, avec quatre côtés, et s’aligne, se groupe parfaitement avec ses semblables. L’atome, circulaire a plus dimension beaucoup plus vaste puisque qu’il a de par sa forme une infinité de points et laisse les scientifiques encore perplexes. Il n’y a donc qu’un atome entre ces deux mondes car la rencontre de l’informatique avec l’art semble tant naturelle et justifiée qu’incongrue. Bien qu’il sépare ces deux mondes, en catégorisant l’un de rationnel, rassurant et l’autre de libéré, de l’ordre du libre arbitre, ce jeune artiste les réunit avec aisance.
Pendant trois ans, cet artiste à l’époque lycéen, était totalement immergé dans l’informatique. Son but : détourner les codes, pour essayer d’en créer, de découvrir de nouveaux passages dans ce système a priori fermé rigide. Cette passion qui l’a enfermée s’est transformée en philosophie de vie: Bertrand Planes cherche d’autres façons de vivre dans le monde actuel, tel que la société nous le propose. Ses œuvres sont tout autant imprégnées par cette recherche. Ainsi, l’artiste crée des vibro-masseurs fonctionnant au rythme de la musique, des grillons artificiels et des fausses matières pour des meubles.
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