-- Observatoire des nouveaux médias » 19e conférence

Éclosion de l’omniscience et crise de gratuité

Article publié le : mardi 10 mai 2011. Rédigé par : Liying Tong

L’avènement de la gratuité annonce à elle seule l’avènement d’un nouveau paradigme dans le monde de l’information. Si comme pour les disques compactes, une part de consommateurs rechercheront toujours la satisfaction de posséder un objet physique, le plaisir d’avoir un beau boîter, la sécurité de l’avoir rangé dans un coin de son salon, la dématérialisation quasi générale de tout les domaines de la vie quotidienne (informations, loisirs, et même vie sociale) aura sonné le glas de l’ancien monde et de l’ancien ordre économique qui lui est associé.

Comment en aurait-il pu être autrement ? Si nous ne sommes pas tous génétiquement disposés à être de furieux pirates, il est évident que la gratuité encourage l’accès à des ressources qui valaient autrefois leur pesant de monnaie. En tant que lecteur, fervent défenseur de la liberté, de la libre entreprise, et donc d’internet, j’appartiens à une génération qui ne tiens pas à cet ancien monde ou se mêlaient bien souvent connivences financières, politiques, avec journalisme. L’information étant devenue une marchandise, beaucoup de lecteurs recherchent instinctivement des alternatives plus libres, humaines et spontanées.

De même, les Agences de Presse ne sont plus aussi incontournables. Aujourd’hui, de nombreux journalistes puisent leurs informations sur les flux RSS ou sur Twitter, le monde des Agences de Presse et leurs abonnement à plusieurs milliers de centaines d’euros ne pourront subsister indéfiniment devant la concurrence de la gratuité et de l’omniscience telle que proposée à chacun par internet.

Gratuité, omniscience ? En voilà des mots, aussi peu courants que rentables.

Internet avance tel un brise glace, irrémédiablement, pénètres les couches glacées des vieux systêmes d’information. Est-ce à craindre ? Tout dépend pour qui ! Il me semble que rechercher des nouveaux modèles économiques dans un monde de gratuité, d’instantanéité et de quasi omniscience, me semble perdu. Pour preuve, des quotidiens aussi réputés et ancrés dans la mémoire collective que Le Monde, peinent à rivaliser avec certains blogs ou sites d’information alternatives en terme de visite. Des sites qui sont le plus souvent financés par de simples bannières publicitaires ou par un don, et géré par une ou plusieurs personnes bénévoles, passionnées !

Internet ou le vrai libre échange.

Qu’on ne trouve pas de modèle économique performant pour le monde de l’information en ligne est-il véritable un problême pour le consommateur ? Je ne pense pas que nous soyons dépendant d’une grande partie d’entre eux. N’a-t-on pas enfin trouvé un moyen de se débarasser de la cupidité d’une certaine partie des anciens réseaux d’information appartenant à leurs actionnaires ? Comme le dit l’adage « Vous pouvez tromper quelques personnes tout le temps. Vous pouvez tromper tout le monde un certain temps. Mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps ».

 

Bakchich, un forum alternatif?

Article publié le : samedi 6 juin 2009. Rédigé par : Hyejeong Lee

Bakchich, site satirique d’information, est souvent comparé avec l’hebdomadaire Le Canard Enchaîné, de par son caractère satirique et libéral. La différence tient à ce que Bakchich est diffusé uniquement sur le web tandis que Le Canard se trouve en kiosque. Bien que Bakchich ait été lancé en version PDF afin que les lecteurs qui préfèrent le format papier ne soient pas incommodés, il se base sur le principe du journal diffusé sur le web : diffusion des informations davantage sur le réseau (davantage que sur quel autre support ?) et renouvellement simultané en temps réel.

Lors de sa conférence, Nicholas Beau, directeur de la rédaction de Bakchich nous explique comment s’organise son hebdomadaire. Cet hebdomadaire numérique qui couvre non seulement la France métropolitaine mais aussi les pays du Maghreb (son horizon de lecture par ailleurs), trouve en tant que site d’information des formes plus diverses et libres que celles des journaux traditionnels. La participation des lecteurs – par le blog – et les articles accompagnés d’un fichier multimédia matérialisent ce concept de site participatif et accessible à tous. Comme la plupart des sites blog et multimédia comme Blogspot et Youtube, Bakchich paraît ouvrir sur un vrai agora alternatif.
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Pour une presse nouvelle à l’ère de la nouvelle révolution technologique

Article publié le : mercredi 27 mai 2009. Rédigé par : Hye-Young Seon

On sait que la presse écrite généraliste est en crise grave depuis longtemps. On sait aussi qu’il y a des raisons particulières qui expliquent cette crise: l’omniprésence de la télévision, des téléphones portables, d’internet et des journaux gratuits, etc. Pour comprendre concrètement un des aspects de cette crise, lisons une analyse du Nouvelobs.com (25.06.2008) :

«La crise de la presse écrite a persisté en 2006, la presse payante ayant particulièrement pâti de la fuite des investissements publicitaires vers ses concurrents gratuits, selon une étude publiée jeudi 5 juillet par la Direction du développement des médias (DDM). En 2006, le chiffre d’affaires « presse » des éditeurs s’est élevé à 10,62 milliards d’euros, soit une légère progression de 0,4% par rapport à 2005, après une hausse minime de 0,1% l’année précédente. « Six ans plus tard et malgré l’arrivée des journaux gratuits, le pic atteint en l’an 2000 (10,64 mds EUR) n’a toujours pas été égalé », explique la DDM. La faible progression du chiffre d’affaires en 2006 est due à une nouvelle chute des ventes (-0,9%), alors que les recettes publicitaires ont augmenté de 2%. La part des recettes publicitaires s’établit donc à 44% du chiffre d’affaires, et celles des recettes de vente à 56%. »
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Bakchich Info

Article publié le : jeudi 14 mai 2009. Rédigé par : Emily Aguilar

La presse et la politique sont entremêlées dans les articles de bakchich.info.com, un site lancé entretenu par Nicolas Beau et une quinzaine d’autres personnes il y a à peu près 15 mois. La presse sur le net est-elle efficace ? Avec la profusion de sites qui se créent sur le sujet, il est difficile de se démarquer de la masse d’informations que forme le net. Internet est un moyen d’expression pour les citoyens, les groupes, et les associations, etc., nous pouvons prendre pour exemple le site des syndicats de police. Il y a des sites qui remettent en cause la presse actuelle, puisqu’il y a de moins en moins de journalistes pour la presse écrite et beaucoup de jeunes journalistes qui sont sous-payés employés pour écrire des articles pour le Web.Toutes les informations, que ce soit de la télévision, des journaux, ou de la radio, tous ce sont mis à Internet sans très bien savoir où cela les mène. Grâce à Internet bon nombre des utilisateurs sont beaucoup plus informés, ils savent si une information est erronée ou pas lorsqu’elle passe à la télévision par exemple.
Nicolas Beau, notre conférencier, trouve que les informations de la presse, de la télévision ou de la radio informent mieux que celles que l’on trouve sur le Net. Il y a selon lui beaucoup trop de façons de pouvoir exprimer l’information via Internet, l’information en devient banalisée, trop mêlée et noyée à la masse d’informations existantes sur le Web. Les informations sont alors beaucoup moins prises au sérieux. Cette liberté excessive amène à une Terre de non-contrôle puisque la réactivité des internautes permet de modifier l’information de base. L’élaboration d’un travail journalistique en devient alors plus difficile. Une sorte de crise de la presse sans précédent arrive. Grâce au système d’échange de données, la plupart des informations viennent d’elles-mêmes, provenant de divers sites et blogs qui collectent les articles sur des sujets divers et variés. L’un des principaux fournisseurs d’informations est l’AFP (l’Agence France Presse), organisme qui ne peut plus être financé par les pouvoirs publics.
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L’information à l’heure des nouveaux médias

Article publié le : mercredi 22 avril 2009. Rédigé par : Smaëla Sahai

Avec la télévision, le téléphone portable et Internet en effervescence, les comportements changent et la presse écrite est en crise. Cette «substitution des consommations», notable en particulier chez les moins de 35 ans, ne ressemble pas à la France, mais il est vrai que la presse écrite en France est souvent plus chère qu’ailleurs (coût dû à la NMPP, messagerie de la presse mis en place après la Seconde Guerre Mondiale). Le délaissement de la presse écrite pourrait aussi s’expliquer par le manque de créativité de celle-ci et son peu d’intérêt quant aux préoccupations réelles des Français. La presse parisienne, en effet, est très coupée des régions et plus généralement, la presse française, très politisée, parle peu des services publiques.
La popularité d’Internet a poussé les grands médias (télévision, journaux, radios) à créer leurs propres sites pour «suivre le mouvement», mais très peu d’entre eux se sont réellement investis dans cette «double-rédaction» naissante. C’est pourquoi, la presse sur le net est noyée dans la profusion des sites dits «d’information». La plupart des sites d’informations et les presses gratuites se contentent de retranscrire les informations basiques délivrées par l’AFP (Agence Française de Presse). Cette façon de diffuser de l’information est à considérer comme l’expression d’un discours qui met d’ailleurs en cause la position et la fiabilité journalistique officielle. En effet, le journaliste, tel un intercesseur, procède non seulement à un tri des informations, mais également à une hiérarchisation, à une synthèse et enfin à une analyse critique de celles-ci. Il est donc à établir une distinction entre expression d’un discours et information journalistique.
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Bakchich.info

Article publié le : samedi 28 mars 2009. Rédigé par : Sarah Vieille

Nicolas Beau est journaliste et créateur de www.bakchich.info. Grâce à son expérience dans la presse écrite, il nous a éclairé sur la situation actuelle des grands quotidiens. Et je dirai que c’est son inexpérience sur internet qui a été très intéressante. La presse écrite est donc en grande difficulté aujourd’hui. La montée de la télévision, de la téléphonie mobile entre autres sont des facteurs qui l’ont mise à mal. Le coût de la publication et de la distribution, particulièrement élevée en France n’aide pas les quotidiens nationaux.
Outre ces faits socio-économiques, Nicolas Beau met l’accent sur le contenu des informations. L’Agence Française de Presse distribue les informations aux rédactions des quotidiens. Les journalistes donnent alors une couleur politique pour authentifier, mettre un peu d’originalité dans l’information. Nicolas Beau remarque donc que n’importe quel article est «politisé» sans que l’information soit mieux synthétisée et analysée (d’après M. Beau, un journaliste se doit de passer par ces deux étapes pour rendre l’information accessible à tous). Les lecteurs sont lassés de lire des partis-pris, et préfèrent une consommation de l’information plus rapide, grâce à internet par exemple.
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N’oubliez pas le Bakchich !

Article publié le : mercredi 25 mars 2009. Rédigé par : Paul Marchand

La presse écrite généraliste connaît une grave crise identitaire, et cela depuis plusieurs années. Journaliste de renom venu du Canard Enchainé et routier de l’investigation, Nicolas Beau a préféré se désenchaîner du canard et se lance dans l’aventure du web en créant son propre journal d’information en ligne. Nommé Bakchich, synonyme de «cadeau aux dieux» en persan, le site d’information satirique entend garantir «informations, enquêtes et mauvais esprit». À l’instar de ses homologues Rue89 ou encore Mediapart, il n’est pas adossé à une publication papier, et ambitionne «d’apporter un plus aux infos du jour», et de «se nourrir d’enquêtes exclusives, fouillées» et cela «sur tous les sujets». [1]
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L’information

Article publié le : mercredi 25 mars 2009. Rédigé par : Antonia Garcia

La conférence a commencé avec le mauvais pronostique sur la presse écrite et les journalistes, sur ses difficultés économiques d’existence au niveau mondial. En France la presse est consacrée surtout à la politique, et à cause de cela, les lecteurs communs (hors de la vie politique) ne trouvent pas beaucoup de créativité, ou de variété des sujets dans la presse écrite. D’ailleurs sur Internet on peut trouver plus d’expressions diverses, plus de communication entre la vie publique et les personnes, est finalement un support plus proche et plus quotidien.

Sur Internet on peut mélanger les différents supports comme les images photographiques, les vidéos, les liens à autres sites d´internet, etc., et grâce à tout cela la lecture de l’information est plus interactive et plus motivante pour le lecteur. Toutefois, le lecteur sur internet ne reste pas longtemps sur chaque information, car il est n’est pas habitué à naviguer plus de 30 secondes par page. La publication de l’information est plus rapide sur Internet (immédiate), car il ne faut pas l’imprimer, ce facteur est aussi dangereux, car est facile de publier des informations erronées s´il n’y a pas de comité de rédaction sérieux dans le site. On est toujours plus et mieux informé avec la presse écrite que sur internet, selon Nicolas Beau.

Pendant les différentes conférences, on a vu comment les nouveaux médias et technologies ouvrent l´espace créatif aux nouveaux acteurs en le rendant plus accessible et démocratique. Ainsi, il y a de nouveaux lecteurs comme de nouveaux écrivains dans un espace qui ne fonctionne pas comme la presse écrite, et où le lecteur doit être capable de sélectionner et de filtrer l’information pour faire sa propre édition, être plus actif au moment de s’informer.

Bakchich pour Bakchich

Article publié le : mercredi 25 mars 2009. Rédigé par : Ornella Lamberti

Bakchich pour Bakchich

Eh oui… Je pense avoir bien assimilé ma leçon sur le référencement et l’importance du mot-clé dans le titre. Avec un doublon pareil, je devrais me hisser sans coup férir au top dans le classement tyrannique qu’impose Google à chaque recherche. Dommage, j’avais quelques jeux de mots calamiteux comme «Valse avec Bakchich» (je vous épargne le reste). Mais ce titre correspond bien plus, puisque la problématique soulevée en pleine double crise de la presse généraliste (car à une crise interne s’est ajoutée la crise générale) est: comment trouver un modèle économique viable à la presse sur Internet?

Il me semble qu’il faut réapprendre la valeur des choses. En effet, si je suis partisane du partage gratuit de l’information pour tous, il me semble juste de rétribuer ceux qui nous donnent à penser. Dans un monde utopique, le canard ne serait pas enchaîné à de basses contingences matérielles. De gentils mécènes lui donneraient de l’argent à ne plus savoir qu’en faire sans avoir le droit d’interférer en contrepartie. Dans un monde médiatique parfait, Dassault fabriquerait des sucettes.

Le bonheur. Mais revenons-en à nos moutons.
Armand Mattelart dit de la valeur de l’information qu’elle «est liée au temps de la diffusion donc l’information est une marchandise de mémoire périssable par définition; elle ouvre une forme de temporalité qui tranche sur celle du temps d’élaboration du savoir [Stiegler, 1991].»[1]
Le travail de synthèse, de mise en forme, de dialectisation des journalistes est un travail crucial qui mène à l’«élaboration du savoir.» Il est donc essentiel de le préserver.

Je lisais tout à l’heure dans le métro l’avant-dernier numéro de Beaux-Arts Magazine. Un article instructif est consacré à l’impact de la crise sur la culture[2]. On observe deux types de réaction parmi les professionnels du secteur face à cette crise: les Cassandre malheureuses qui geignent sur la perte de leur Eldorado spéculatif et les optimistes qui voient dans la crise une opportunité de repenser les modes de financement de la culture. Nicolas Beau semble faire partie de ceux-là. Il ressort aussi de cet article que la solidarité est un des maillons essentiels d’une sortie de crise. Que le mécénat et les acheteurs avisés vont peut-être sauver le navire. Il est donc de notre responsabilité de lecteurs de veiller à ce que la presse indépendante puisse continuer à s’exprimer librement. Donc donnons, peut-être pas un bakchich car le terme est péjoratif et immérité par rapport à la qualité du travail, mais donnons en tout cas à la presse indépendante de quoi s’épanouir, n’hésitons pas à nous abonner à ces journaux en ligne.

Ornella Lamberti


[1] MATTELART Armand, Histoire de la société de l’information, Editions La Découverte, Paris, 2006, p.41.

[2] BLAIN Françoise-Aline et DE WAVRIN Isabelle, L’impact de la crise sur la culture in Beaux-Arts Magazine, numéro 297, mars 2009, p. 100 à 111.

Sauvetage de la presse par le net

Article publié le : mardi 24 mars 2009. Rédigé par : Véronique Godec

En empruntant le chemin pour aller à l’ENSAD, je remarque le siège du journal le Monde (que l’on peut apercevoir en prenant la ligne 6 du métro) et cette phrase: «la fin de la presse n’est pas écrite». Etait-ce une sorte de prolepse à la conférence à laquelle j’allais assister? En tout cas si on se réfère à cette citation, nous pouvons donc dire que la presse écrite a encore de l’avenir devant elle. Mais est-ce que cette citation est réellement applicable à la situation actuelle et est-ce que cette dernière n’est pas trop optimiste ?

Cette conférence posait le problème de la question de la presse sur internet qui serait vu comme un «nouveau modèle économique». Avec l’évolution de la presse sur internet, nous pouvons d’abord espérer un changement du paysage que l’on a quotidiennement dans les couloirs du métro: nous n’aurions plus de journaux accumulés par terre dans les couloirs et plus de journaux abandonnés sur les sièges dans les wagons. Mais internet pose un autre problème: celui de la gratuité. Comment rémunérer correctement des journalistes si la presse devient entièrement gratuite via internet? Le problème de la presse sur internet se pose à cause de la presse quotidienne d’informations qui ne se porte pas très bien et qui doit donc recevoir un certain nombre d’aides de l’état. La presse écrite, selon Nicolas Beau, est en train d’entamer une «phase relativement marginale».
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