-- Observatoire des nouveaux médias » 16e conférence

Créer, en désirant ce qui advient

Article publié le : mardi 30 décembre 2008. Rédigé par : Dominique Peysson

image de daily.greencine.com

La créativité est contrefactuelle: innover, c’est imaginer des alternatives et remettre en question les conditions actuelles du travail cognitif (1). C’est ce dont Jean-Charles Fitoussi nous a fait la démonstration, confronté à un éclairage de salle de conférence mal approprié (trois options offertes : noir total, pleine lumière ou spot en pleine face). Exploitant le fait que «l’insight a souvent lieu en dehors de la situation cible et que sa source est la plupart du temps externe» (2), son esprit hautement inventif n’a mis que quelques secondes pour trouver la solution au problème.  S’affranchissant de l’éclairage proposé, il a détourné l’utilisation première du rétroprojecteur en affichant sur l’écran une image de film diffusant la quantité exacte de lumière nécessaire pour une présentation dans les meilleures conditions. Une très grande sensibilité à la qualité de la lumière, mais qui l’a conduit dès le début à rechercher des réponses singulières aux hasards et aux contretemps. Hiver 1993: l’ombre des nuages emportés par le vent se traduit par des effets de lumière qu’il tient à fixer avec sa caméra super 8. Mais il ne pourra pas filmer: le temps d’aller chercher la caméra et les conditions ont changé. Le moment optimum ne l’a pas attendu cette fois-là, mais il se verra offrir plus tard par la volonté des cieux, pour un tournage en 16 mm à réaliser en trois jours, une météo parfaite se découvrant au moment exact où tout le matériel a été installé. Dès lors sa philosophie créative s’est trouvée révélée par ces jeux de nuages: le moment où l’on est prêt à filmer EST le moment adéquat. Jean-Charles Fitoussi s’est donné pour mot d’ordre cette belle formule de «désirer ce qui advient».
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Jean-Charles Fitoussi : « Impromptus », conférence-projection

Article publié le : samedi 27 décembre 2008. Rédigé par : Cindy Theodore

La conférence commence par le récit d’une «anecdote» significative de l’attitude particulière de Jean-Charles Fitoussi envers la pratique filmique et le cinéma de fiction, attitude fondée sur l’impromptu, l’improvisation: Un après-midi de décembre, en 1993, il se promène en voiture en banlieue, et il voit sur des champs, sur un plateau, un phénomène météorologique qui est la conjonction de trois choses, le soleil, du vent et des nuages sur des champs à perte de vue, qui fait qu’à ce moment-là on voit les ombres des nuages se déplacer très vite sur les champs. C’était le lieu où il habitait et il avait simplement envie de filmer ce phénomène. Le temps d’aller chercher sa caméra super 8 chez lui et de revenir le phénomène avait disparu. Il avait cependant tellement envie de le filmer qu’il imagina une fiction, un scénario dont l’idée serait ce qui arrive dans le futur, l’imprévisible mais sous une forme fictionnée.
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Jean-Charles Fitoussi et ses « Impromptus »

Article publié le : lundi 22 décembre 2008. Rédigé par : Véronique Godec
Jean-Charles Fitoussi est un cinéaste réalisant des films de fiction qui sont basés sur l’intervention de l’imprévu ou du hasard dans la réalité du tournage lui-même. Pour lui un film de fiction ne désigne pas un film qui serait complètement imaginaire et qui n’aurait aucun rapport avec la réalité. Son premier travail date de 1993. Jean-Charles Fitoussi avait remarqué un phénomène climatique qu’il avait eu envie de filmer. Lorsqu’il a décidé de filmer ce phénomène, il a dû attendre et a finalement réussi à le filmer. C’est là qu’il a commencé son travail sur le hasard et qu’il s’est dit «ce qui sera, sera ce qu’on veut», c’est à dire, que si un événement imprévu arrive pendant le tournage, il faut le prendre en considération et l’intégrer dans la narration. Le film intitulé Temps Japonais (qu’il a réalisé lors d’une résidence d’artiste à la Villa Kujuyama en 2008), dont on a pu voir un extrait lors de cette conférence, utilise ce processus. Pour réaliser ce film, l’artiste a réalisé des plans séquences avec un téléphone portable lors d’un séjour au Japon. Il a choisi de filmer des moments de réalité comme des personnes qui parlent entre elles ou des apprenties geishas. L’artiste aurait pu faire de ce film un film documentaire mais il a détourné la chose au moment du montage. Il a ajouté des sous-titres fictifs sur les séquences filmées dans la vie quotidienne et a monté ces séquences avec des séquences hétérogènes, images d’archives, extraits de films.. Il a également adjoint des bandes-sons musicales sur certaines séquences.
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16. Jean-Charles Fitoussi : « Impromptus », conférence-projection

Article publié le : lundi 8 décembre 2008. Rédigé par : Liliane

Observatoire des nouveaux médias
Ensad 31 rue d’Ulm 75005 Paris
Mercredi 17 décembre 2008
18h30, Amphi Bachelier
Jean-Charles Fitoussi : « Impromptus », conférence-projection


Jean-Charles Fitoussi

« Impromptus »
Improvisé, à l’improviste, imprévu, accidentel, par hasard, inattendu, inespéré, fortuit, inopiné, déconcertant, déroutant, imprévisible, soudain, subit, musique, pièce, improvisation, divertissement — ou Comment je n’ai pas écrit certains de mes films.

Jean-Charles Fitoussi est cinéaste. Études de sciences et d’architecture. Assistant de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet entre 1996 et 2007. Principales réalisations : Aura été (fiction, 28′, 16 mm., 1994), Sicilia! Si Gira (documentaire, 80′,  vidéo, 2001), Les Jours où je n’existe pas (fiction, 114′, 35mm., 2002), Le Dieu Saturne (fiction, 35mm., 2004), Nocturnes pour le roi de Rome (fiction, 67′, vidéo de téléphone mobile, 2006), Je ne suis pas morte (fiction, 190′, 35mm., 2008), Temps japonais (essai, 70′, vidéo de téléphone mobile, 2008).

Liens :
http://www.villa-kujoyama.or.jp/spip/spip.php?rubrique88
http://www.pointligneplan.com/pages_html/fitoussi_texte.html