-- Observatoire des nouveaux médias » 13e conférence

Masaki Fujihata: révélations de l’impossible en art, grâce aux nouvelles technologies

Article publié le : mercredi 3 décembre 2008. Rédigé par : Anaïs Zabala

Exposé à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs en novembre 2008, Masaki Fujihata nous donne à voir trois de ses travaux sélectionnés par Jean-Louis Boissier, en ce qu’ils répondent à une problématique basée sur la question du «mobilisable». En effet, choisir le terme de «mobilisable» plutôt que «mobilité», c’est parce que le suffixe «-able» renvoie à l’idée de tous les possibles, à une forme de potentialité à exploiter; et le travail de Masaki Fujihata s’inscrit dans cette réflexion en employant les moyens que lui mettent à sa disposition les nouvelles technologies. Pierre-Damien Huyghe, lors de la session intitulée Mobilité, invention technologique et invention artistique est intervenu pour s’exprimer sur L’art comme découvertes des inventions[1], et il nous a rappelé comme les dispositifs techniques pouvaient être épuisables, et s’achevaient dans leur utilité; toutefois Masaki Fujihata, en les associant, les rend infinis dans leur utilisation.
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Mobilité, invention technologique et invention artistique

Article publié le : dimanche 30 novembre 2008. Rédigé par : Bérengère Le Sergent

Rencontre avec Masaki Fujihata, artiste et Pierre-Damien Huyghe, philosophe, modérée par Jean-Louis Boissier. Pierre-Damien Huyghe commence la première session de ce colloque en nous rappelant que l’art des nouveaux médias peut être considéré comme faisant partie du «registre de la découverte, non de la création ab nihilo». Masaki Fujihata peut être classé parmi ces chercheurs, ces meneurs d’expériences. En art, «il n’y a pas de nécessité, il n’y a que de la contingence à être parmi nous».
Le numérique, pour Masaki Fujihata n’est pas le moyen de faire de l’art mais bien la possibilité de le faire. Pierre-Damien Huyghe nous dit: «les artistes ne sont pas des inventeurs mais au contraire dépendent des inventions […]. L’art n’est pas une activité secondaire mais une activité seconde». Masaki Fujihata bricole, expérimente, tente à l’aide de découvertes que d’autres on faites: comme le peintre avec ses peintures. Sa pratique artistique repousse les frontières du champ de l’art, en employant des médiums «récents». Il se sert de la technique comme d’un élément ouvert c’est-à-dire qu’il ne se limite pas à un seul usage, à une stricte fonction car, seule, elle est limitée et s’épuise. En revanche, associée à d’autres dispositifs techniques, la technique se renouvelle et renaît pour démultiplier les rendus, les utilisations et les expériences sensibles. Car ce sont elles qui permettront la réalisation de projets tels que ceux de Masaki Fujihata.

Bérengère Le Sergent

Masaki Fujihata et la mobilité

Article publié le : jeudi 27 novembre 2008. Rédigé par : Véronique Godec
La session intitulée Mobilité, invention technologique et invention artistique nous proposait de découvrir à travers le travail de l’artiste et chercheur japonais Masaki Fujihata, comment la technologie peut être introduite en art. Cette conférence ouvrait le colloque sur le thème de la mobilité (d’où le nom de ce dernier Mobilisable). Selon Jean-Louis Boissier, le mot «mobilisable» peut supporter beaucoup de significations comme la mobilisation ou le mobile. Le mobile désigne «la possibilité de mouvement, la mise en mouvement, la cause du mouvement». La problématique essentielle de ce colloque est donc de nous montrer comment la technologie est utilisée en art pour reproduire la mobilité, c’est-à-dire, le mouvement et la problématique de cette session était de montrer la limite entre l’art et la science et la limite entre les artistes et les scientifiques ou les inventeurs.
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Mobilité, invention technologique et invention artistique

Article publié le : mercredi 26 novembre 2008. Rédigé par : Cindy Theodore

avec Masaki Fujihata, Pierre-Damien Huyghe, Jean-Louis BoissierMasaki Fujihata expose trois œuvres à l’ENSAD. Pierre-Damien Huyghe fut le premier intervenant,  puis vint Masaki Fujihata, qui nous a parlé de ses oeuvres, de ses projets.

Pour Pierre-Damien Huyghe, il y a une distinction conceptuelle entre invention et découverte. Son propos se base sur trois propositions.
Dans sa première proposition, il nous explique qu’il y a une position qui définit l’art comme une conduite technique. « Conduite » ayant rapport ici avec le mot « technique » qui a comme origine grec « technê ». Cela signifie « art ». Ici, art veut dire « savoir-faire » qui permet donc d’obtenir quelque chose de déterminé. L’activité artistique a une finalité esthétique qui est désintéressée et qui se différencie de la technique qui vise à l’utilité Ce qui caractérise la conduite technique artistique c’est le fait qu’elle n’est pas instrumentalisée. Elle est libérée d’avoir à servir pour quelque chose ou quelques cause. Il y a une différence entre « faire une photographie » et « faire une image au moyen de la photographie ». Dans le travail de Masaki Fujihata, il y a une dimension de libération de la technique. La conduite technique n’est pas nécessaire, elle est donc contingente. Contingent s’oppose au nécessaire, qui est ce qui ne peut pas ne pas être. Chez Aristote, ce qui est contingent est utile. Il ne faut pas confondre l’utile et le service. Mettre en évidence l‘utile sans passer par la notion de service. L’enjeu de Masaki Fujihata selon Pierre-Damien Huyghe, c’est la séparation de l’utile et du service (racine : servilité). Aristote est le premier philosophe a penser la contingence. L’utile (science théorique qui est nécessaire) et s’oppose au service (action pratique qui est contingente). Pour expliquer cela, Aristote donne un exemple : « Nécessairement, il y aura demain un bataille navale ou il n’y en aura pas, mais il n’est pas nécessaire qu’il n’y en ait pas ». La contingence pour lui est donc un choix non pris à la légère et qui renvoi à la liberté. De plus, pour Aristote, l’art permet un apprentissage, donc d’acquérir des connaissances. « en effet, on aime regarder les images parce qu’en même temps qu’on les contemple, on apprend et on raisonne sur chaque chose comme lorsque l’on conclut : cette image c’est lui. » ( La Poétique, Aristote).
Dans la seconde proposition, il nous dit qu’il faut étudier les possibilités d’un groupe de techniques dans le travail de Masaki Fujihata, ce qui présuppose que les techniques ne s’achèvent pas dans l’usage où d’ordinaire elles sont tenues, il faut mettre en œuvre l’extraordinaire d’une technique. Les appareils ne sont pas des instruments. Il y a des réserves de possibilités où il faut lutter contre les idées dominantes qui pensent que les techniques sont épuisables. Plusieurs définissent les appareils par le fait qu’ils sont épuisables. La conduite artistique cherche dans les techniques non pas les moyens mais ce qu’il y a comme possibilités.
En conclusion, il nous dit que les artistes sont des découvreurs ( « dé-couvrir »). Cette découverte les artistes la produisent dans les faits mêmes. Ce travail artistique est sensible. Il se situe dans l’ordre du « faire » et non dans celle de la « déclaration ». On peut faire alors une distinction globale, on peut définir l’art et définir les artistes comme des découvreurs, car ils ne sont pas tous des inventeurs. Pour que l’art soit possible, il faut qu’il y ait des mentions. Par la biais d’une entreprise pratique, l’on déclare quelque chose. Ici, l’on découvre. L’art est une activité non secondaire (car rapport libre avec la technique) mais est une activité seconde. Les artistes participent à la croissance des techniques. Même étymologie « croissance » et « création ». Il y a un enjeu à l’art : ce qui se passe à l’occasion d’une découverte c’est l’attestation de quelque chose, l’authentification de l’utile. Il faut aller vers la découverte des techniques qui nous permettent de nous situer avec elle-même.

Jean-Louis Boissier intervient à son tour pour nous expliquer le titre du colloque « mobilisable ». Ce mot peut supporter beaucoup de significations. Par exemple, la mobilisation, le mobile… L’œuvre de Masaki Fujihata, Orchisoid, est rendue mobile.

Enfin, Masaki Fujihata vient nous rejoindre dans la salle pour nous parler de son travail (en anglais).

Il y a une connexion intéressante entre les trois œuvres présentées. Ici, il nous montre des extraits de ses œuvres.

Field-works 1992/2005. Il a utilisé des GPS pour modéliser les déplacements. Cela est possible au fait du nombre très important de satellites. Il a « mixé » la vidéo et les tracer GPS.

Impressing velocity, 1992/1994 : Deform the stape. D’abord il y a un tracé et après modélisation d’une image. Deux résultats : tracé, image.

Experiencing galliver, 2000. collection of activity by video into cyberspace. And worshop with junior hight school students.

Field –work@mersea_island. Au Japon, il y a de grandes montagnes et pas en Island et donc, malgré tout, il modélise des montagnes à partir des relevés GPS dans un pays plat.

Field –work@hayama. Recording of a private view with orientation of camera and GPS.

Field –work@Alsace. Les images, le sons se confondent.

Landing home. Les images sont présentées avec une vue de 360°.

Pour de nouveaux projets, il travaille avec des compositeurs.

Orchisoid. An experimental project to evolve orchids dor walking. It will conclude about 10 000 years later.

Vue d’une exposition “Robot_Meme” qui à eu lieu à Tokyo, 2001/2002. Il définit le robot. Utilise des détecteurs « brain human » sur les orchidées. Un ordinateur retranscrit sur son écran ce qu’elles ressentent. La fleur est sensible quand l’on s’approche d’elle.

Botanical about training, Orchisoid, 2007.

L’exposition de Masaki Fujihata nous montre les œuvres suivantes :


Masaki Fujihata,
Orchisoid (2001-2005), vue de l’exposition à l’Ensad


Masaki Fujihata,
Morel’s Panorama (2005), vue de l’exposition à l’Ensad


Masaki Fujihata, Landing Home in Geneva (2005)

Lors du vernissage de l’exposition, il y avait foule! Il fallait faire la queue avant de pouvoir entrer. L’espace était plongé dans la pénombre. On entendait des bruits. La première œuvre, Landing Home in Geneva, est impressionnante par sa taille (environ 3 mètres sur 2) et son contenu. Les images se superposent, avancent, reculent, en bref, racontent une histoire. Le spectateur est mobilisé pour regarder et comprendre l’enchaînement des images et, peut-être, tente de décrypter le montage. Dans une salle, après avoir longé le petit corridor, il y avait Orchisoid. Un écran reçoit les projections et nous montre les «émotion » de la plante, le fait qu’elle existe en tant qu’élément naturel et aussi en tant qu’être vivant. Lorsque l’on ressort de la salle, on longe de manière circulaire le mur. Sur une télévision, ou plutôt, sur un écran d’ordinateur, des images d’une des œuvres de Masaki Fujihata défilent. A la sortie, un ordinateur est mis à disposition du public. On peut choisir les Fields_works que l’on veut voir. Dans Morel’s Panorama, le spectateur fait partie intégrante de l’œuvre. Une caméra tourne et capture notre image dans l’espace tout en y mettant des images ne se trouvant pas dans ledit espace. Pour aller voir ce type d’exposition, le mieux c’est d’être dans un environnement relativement calme pour pouvoir s’imprégner des images et des sons.

Site sur les fields_works de Masaki Fujihata (cliquer ici)

Site de Masaki Fujihata, avec son actualité : http://www.fujihata.jp/

et aussi : http://www.ima.fa.geidai.ac.jp/~masaki/

1. Mercredi 19 novembre, 16h-18h: Mobilité, invention technologique et invention artistique

Article publié le : mercredi 26 novembre 2008. Rédigé par : Liliane

http://www.mobilisable.net/2008/?page_id=9

1. Mercredi 19 novembre, 16h-18h
Mobilité, invention technologique et invention artistique

Enregistrement vidéo intégral de cette 1ère session,
en bas de page
http://www.mobilisable.net/2008/?page_id=9