-- Observatoire des nouveaux médias » 13e conférence

Mobilisable (first part)

Article publié le : samedi 3 janvier 2009. Rédigé par : Emily Aguilar

MOBILISABLE : faculté de ce qui peut être rendu mobile. Ouverture du colloque le 19 novembre 2008 avec Pierre-Damien Huyghe. Selon lui, il y a une distinction pertinente entre invention et découverte (l’art tenant plus de la découverte que de l’invention). Il énonce trois propositions :
* Art est une conduite technique constante. La technique n’est pas instrumentalisée, par conséquent elle est libérée d’avoir à servir pour quelque chose ou pour quelque cause. La technique n’a pas à s’effacer devant ce qu’elle sert. La technique n’est pas nécessaire dans l’art, l’art vit sans, et ce qui n’est pas nécessaire est utile selon Aristote, dit Pierre Damien Huyghes.
* La possibilité de techniques assemblées, de techniques pas prédestinées a un but précis peuvent être détournées de leur utilité. Les dispositifs techniques sont épuisables. Les techniques sont riches en possibilité et l’on peut enrichir les techniques. Alors chercher des possibilités, c’est de l’art? Une découverte artistique se trouve-t-elle uniquement dans les résultats?
* Enfin pour P.D Huyghe l’art c’est de la découverte,les artistes ne sont pas des inventeurs (il faut donc des inventions au préalable). Ce n’est pas un Art de déclaration mais un Art de découverte, spécifie-t- il. L’artiste découvre alors des techniques. Il continue à se contredire en déclarant qu’il faut des inventions techniques pour pousser l’art plus loin. Il y a pour lui ici une sorte d’enjeu d’authentification des techniques. Pierre Damien-Huyghe a,  insisté sur le fait que son discours était contestable, et qu’il pouvait amener à de futurs débats philosophiques.
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Mobilité, invention technologique et invention artistique

Article publié le : mardi 30 décembre 2008. Rédigé par : Xiaoman Huang

Cette session d’ouverture du colloque, intitulée « Mobilité, invention technologique et invention artistique », interroge sur comment la technologie peut être introduite en art, et quelle relation existe entre eux? Les œuvres à propos de la mobilité de Masaki Fujihata nous donnent les explications. Il réalise son œuvre Landing Home In Geneva à l’aide d’un GPS et d’une caméra vidéo panoramique. Cette œuvre est une installation vidéo numérique qui mêle l’image, le son, l’espace-temps, et le mouvement. L’artiste enregistre des trajets de voyage par  GPS et représente le mouvement de la promenade par les tracés en 3 dimensions. Composées avec les images panoramiques des personnes interviewées dans le mouvement de leur promenade, des vidéos montrent un espace poly-dimensionnel. La visualisation de la mobilité est une question que l’on ne pense généralement pas, même si le GPS s’utilise de plus en plus dans notre vie quotidienne. Mais aujourd’hui, en associant les usages techniques et artistiques du GPS, on voit ce qui invisible.
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Masaki Fujihata: Artiste, scientifique, dé-couvreur

Article publié le : lundi 29 décembre 2008. Rédigé par : Danaé Papaioannou

Lorsque Pierre-Damien Huyghe introduit le travail de Masaki Fujihata, il utilise le mot «découverte». Dans un raisonnement extrêmement rationnel -et intéressant-, il nous déploie son point de vue concernant la position artistique soutenue dans les œuvres de l’artiste japonais, position qui nous pousse à considérer la dimension de libération de la technique. La technique n’est que contingence, elle est utile, non pas nécessaire, et regorge de richesses en possibilités. En somme, la conduite artistique est une conduite qui cherche dans les techniques non pas les moyens de faire exister quelque chose, mais ce qu’il y a de possibilité pour les pousser; il s’agit de les découvrir, et c’est ce qui fait de l’artiste un découvreur.
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L’artiste comme scientifique

Article publié le : samedi 27 décembre 2008. Rédigé par : Antonia Garcia

Le mercredi 19 novembre 2008, a eu lieu à l’Ensad le vernissage de l’exposition Mobilisable avec Masaki Fujihata, artiste japonais, précédée par l’ouverture du colloque Mobilisable avec Pierre-Damien Huyghe, professeur de l´université paris 1, l’artiste (Fujihata), et Jean-Louis Boissier comme médiateur.
Pierre
-Damien Huygue nous a parlé de l’art comme une conduite technique / artistique, en appelant à libérer la technique de son rôle exclusivement fonctionnel pour créer de nouveaux rapports et procès créatifs. Libération que comme il l’a dit, assez fragile et difficile, car elle n’est pas utile ni nécessaire. C’est difficile de ne pas voir la technique comme un moyen ou comme un outil dont on se sert pour réaliser une œuvre, une image. Lorsqu’on est familiarisé avec la technique, on peut la libérer, pour l’amener au-delà de sa fonction traditionnelle.


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Masaki Fujihata, ou comment déplacer les frontières entre art et technologie?

Article publié le : mercredi 17 décembre 2008. Rédigé par : Jorane Rest



Mobilité, invention technologique, et invention artistique
«Il ne s’agit pas simplement de mettre des nouveaux médias dans l’art, ni même de faire un art des nouveaux médias. Il s’agit de faire des nouveaux médias en artiste, d’être artiste en nouveaux médias. Dès lors, s’il ne s’agit pas seulement de renouveler l’art en lui injectant de nouveaux moyens, de nouveaux outils, de nouveaux sujets, il peut s’agir d’en déplacer les frontières jusqu’à considérer des expérimentations, des inventions technologiques, comme des événements apparentés à l’art, comme relevant du projet artistique». Voici selon moi comment refonder l’art et lui donner un nouveau souffle pour les années à venir ! Le travail de Fujihata nous amène à penser l’Art comme une «conduite techniqu ». Dans cette conduite la technique n’est pas instrumentalisée, elle est donc libérée d’avoir à servir POUR quelque chose, elle n’a pas à s’effacer devant ce qu’elle sert.
Mais cette notion est très «fragile» comme nous le fait remarquer Pierre-Damien Huyghe. En effet si la technique  «ne sert plus à» elle n’est plus «nécessaire». Il faut alors considérer que ce qui n’est pas nécessaire, c’est justement l’utile. Mettre en évidence l’utile dans une technique sans passer par une notion de service est précisément l’enjeu de la position artistique de Masaki Fujiata. Dans son travail, il s’agit d’étudier les possibilités d’un groupe de techniques pour qu’elles ne s’achèvent pas dans l’usage où d’ordinaire elles sont convenues. Au cœur du travail de Fujihata on a affaire à des techniques riches de possibilités. L’artiste a une conduite artistique qui ne cherche pas les moyens de faire quelque chose dans ces techniques mais qui cherche à les découvrir. L’artiste se positionne comme un découvreur réalisant des tentatives à la fois savantes et humoristiques…


Masaki Fujihata au pays des technologies

Article publié le : mercredi 17 décembre 2008. Rédigé par : Ornella Lamberti


Masaki Fujihata, Field-works

Masaki Fujihata n’est pas un scientifique. Il n’entend pas révolutionner l’univers des nouvelles technologies en faisant de fulgurantes découvertes. Non, Masaki Fujihata est un artiste. Un poète, même. Les nouveaux médias sont pour lui un moyen, en aucun cas une finalité. Mais grâce à eux, Masaki Fujihata déconstruit/reconstruit les paradigmes et nous entraîne avec lui dans son pays merveilleux, le «new where». Dans le pays imaginé par cet artiste japonais, les plantes marchent. Ou plutôt, essayent. Orchidée, jolie orchidée. Orchidée, je te ferais marcher. Ce n’est pas une injonction mais une invitation pour la plante à découvrir de nouvelles contrées… Masaki Fujihata réintroduit de la réciprocité dans les échanges hommes/machines. Les robots traitent généralement l’information de l’intérieur vers l’extérieur pour nous la transmettre. Il s’agit ici d’apprendre à la plante à marcher mais pour elle-même, pas dans un but égoïstement utilitaire, à l’instar du robot Asimo[1] auquel on apprend la mobilité afin d’effectuer des tâches dangereuses ou de venir en aide aux personnes vulnérables.
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Masaki Fujihata

Article publié le : mardi 16 décembre 2008. Rédigé par : Jia Ma

Masaki Fujihata, artiste japonais, nous a présenté trois de ses œuvres dans la galerie de l’Ensad.  Dans ses œuvres, il met en relief l’interaction entre l’être humain et le vivant et les mobilités invisibles que nos sens ne nous permettent pas d’apercevoir dans la nature et l’environnement. Coopérant avec le chercheur en biologie Yugi Dogane, Masaki Fujihata rend visible des communications entre plantes par l’intermédiaire de capteurs dans son œuvre intitulée Orchisoid. Fixés sur une orchidée, des capteurs enregistrent les modifications de leurs «émotions» quand l’on les arrose ou lorsqu’on arrose sa voisine et projettent les données sur l’écran. Cette œuvre qui fusionne la science et l’art nous permet d’épier la vie secrète de la plante et de découvrir le monde d’un nouvel point de vue microscopique.
Pour son autre œuvre, Landing Home In Geneva, l’artiste collecte les enregistrements vidéo pendant des promenades avec des interprètes vivant à Genève ainsi que les données du trajet par GPS. Dans cette vidéo installation, d’une part, on voit les mouvements des voyageurs, d’autre part les images enregistrées par une caméra panoramique qui s’enroule dans les déplacements des traces correspondantes du GPS sur l’écran. Cette œuvre représente ainsi comment l’artiste mêle la mobilité réelle et la mobilité virtuelle et rend la visualisation du déplacement réel dans l’espace irréel. Dans Morel’s Panorama, Masaki Fujihata utilise la même caméra panoramique sur place qui capte les images des spectateurs. Les spectateurs de la vie réalité deviennent les participants virtuels. Grâce aux nouvelles technologies, Masaki Fujihata explore la relation entre la réalité et virtualité, dans l’espoir de faire usage de la technologie moderne pour élargir la possibilité de la perception humaine et de réexaminer la relation entre les êtres humains, l’homme et les êtres vivants,  l’homme et l’espace-temps.

Masaki Fujihata ne met pas ses deux pieds d’orchidées dans le même sabo

Article publié le : vendredi 5 décembre 2008. Rédigé par : Dominique Peysson

Une plante intelligente. Bel-Air
Mathieu Lehanneur, Bel-Air, Une plante intelligente

 

«J’aimerais passer plus de temps encore avec les scientifiques», nous dit Masaki Fujihata à la fin de sa présentation. D’abord parce que cela semble l’amuser beaucoup. Il se délecte visiblement de toutes paroles et actes incongrus que les habitants de cette planète terre sont capables d’inventer. Mais l’expérience de son ami biologiste Yuji Dogane semble le réjouir tout particulièrement, bonheur qu’il nous fait partager en nous passant la vidéo, sans pouvoir s’empêcher de souligner de son rire de connivence le moment le plus savoureux de l’histoire: la mesure quantifiée de la sensibilité des orchidées. En utilisant un habituel capteur d’ondes mentales alpha et beta humaines, le chercheur est capable de nous démontrer que non seulement notre orchidée n°1 est une grande sensible, mais qu’en plus elle est très jalouse de sa copine orchidée n°2 placée à 15 cm quand on lui donne à boire. Ce qui se traduit par une envolée des données visualisées sur l’écran. Et cela aussi, les mesures de données, Masaki Fujihata aime bien.
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Masaki Fujihata ne met pas ses deux pieds d’orchidées dans le même sabo

Article publié le : vendredi 5 décembre 2008. Rédigé par : Dominique Peysson

Une plante intelligente. Bel-Air
Mathieu Lehanneur, Bel-Air, Une plante intelligente

«J’aimerais passer plus de temps encore avec les scientifiques», nous dit Masaki Fujihata à la fin de sa présentation. D’abord parce que cela semble l’amuser beaucoup. Il se délecte visiblement de toutes paroles et actes incongrus que les habitants de cette planète terre sont capables d’inventer. Mais l’expérience de son ami biologiste Yuji Dogane semble le réjouir tout particulièrement, bonheur qu’il nous fait partager en nous passant la vidéo, sans pouvoir s’empêcher de souligner de son rire de connivence le moment le plus savoureux de l’histoire: la mesure quantifiée de la sensibilité des orchidées. En utilisant un habituel capteur d’ondes mentales alpha et beta humaines, le chercheur est capable de nous démontrer que non seulement notre orchidée n°1 est une grande sensible, mais qu’en plus elle est très jalouse de sa copine orchidée n°2 placée à 15 cm quand on lui donne à boire. Ce qui se traduit par une envolée des données visualisées sur l’écran. Et cela aussi, les mesures de données, Masaki Fujihata aime bien.
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Masaki Fujihata à la galerie de l’Ensad

Article publié le : jeudi 4 décembre 2008. Rédigé par : Paul Marchand


Masaki Fujihata, Field-Works

Du 19 novembre au 8 décembre 2008, la galerie de l’Ensad a accueilli trois œuvres de l’artiste japonais Masaki Fujihata. Né en 1956 à Tokyo au Japon, Fujihata est un artiste spécialisé dans le domaine des nouveaux médias, professeur des beaux-arts et de la musique à l’Université Nationale de Tokyo au Japon. Il vit et travaille à Tokyo. La galerie se divise en trois espaces, chaque œuvre ayant son espace distinct et délimité par des cloisons. Il se dessine finalement une sorte de parcours où l’on rencontre les trois œuvres successivement dans son propre espace. Non loin de l’entrée, la première œuvre qui se présente à nous s’appelle Landing home in Geneva. Il s’agit de la projection sur grand écran d’un film en 3D stéréoscopique. Cette œuvre se base sur les mêmes principes que tous les Field-Works, mais introduit un format inédit de film, l’image vidéo panoramique. Équipé d’une camera vidéo, d’un GPS et accompagné d’une personne étrangère vivant et travaillant à Genève, avec qui il s’entretient sur le thème de sa présence à Genève, Fujihata enregistre leur promenade dans la ville de Genève et nous invite à participer à cette ballade. Les données numériques récoltées lors de sa longue promenade telles que les images vidéos, les positionnements de caméra, la bande son et les coordonnées spatiales, sont recomposées par ordinateur. Les coordonnées spatiales enregistrées par un GPS apparaissent sous forme de longs tracés enchevêtrés. Les images captées par la caméra vidéo au cours de la promenade sont replacées avec exactitude dans leur déroulement spatio-temporel grâce aux coordonnées fournies par le GPS. L’inclinaison et l’orientation des images selon les paramètres de la prise de vue s’échelonnent le long de l’itinéraire. Landing home in Geneva, cartographie tridimensionnelle, immerge le spectateur dans une excursion technologique et virtuelle.

A proximité, la seconde œuvre présente s’intitule Orchisoid, réalisée en 2001 en collaboration avec Yuji Dougane, un océanographe et horticulteur. Le nom de l’œuvre est un terme composé de la mention « orchidée » qui désigne la plante et « oid » pour le caractère humain. Disposée sur un socle, la plante est appareillée de nombreux capteurs, sensibles aux ondes électriques afin de la faire se mouvoir. Aucune évolution ni déplacement, l’installation robotique végétale ne semble pas fonctionner ce jour là. Orchisoid considère à la fois le développement de la technologie robotique et de l’évolution des orchidées. En fournissant un moyen de locomotion à la plante, Fujihata lui confère une nouvelle fonction naturelle et développe ainsi un projet ambitieux qui cherche des solutions pour les espaces artificiels de l’avenir.

Nous sommes invités à poursuivre l’exposition en empruntant un long couloir arrondi. Nous sommes en présence d’une installation interactive qui se nourrit du déplacement de ses spectateurs, Morel’s Panorama présente des images captées par une caméra panoramique. Les images captées par la caméra panoramique installée au centre de la pièce sont traitées en temps réel par un ordinateur et plaquées sur un écran de forme cylindrique pour être ensuite projetées sur les murs de l’espace d’exposition. Aux images captées en temps-réel, se mèle des images préenregistrées de l’artiste lisant un extrait de L’invention de Morel, une nouvelle de Adolfo Bioy Casares publié en 1940. Ouvrage qui raconte l’histoire du créateur d’un appareil pouvant capturer et projeter des images tridimensionnelles.