-- Observatoire des nouveaux médias » 41e conférence

Local et Global

Article publié le : vendredi 3 juin 2011. Rédigé par : Jiyun Jeong

Les réseaux Internet sont un mode de communication électronique fournissant des données numériques multimédias par des liens hypertextuels qu’ils ont entre eux. Dès que nous nous connectons en très grand nombre à des réseaux, les possibilités d’interactivité se multiplient avec de nombreuses informations. Avec le développement des réseaux Internet depuis les années 90, la notion de territoires est radicalement changée, car les informations sont présentées immédiatement et se diffusent en temps réel en ligne, sans aucune limite à la frontière des espaces physiques. L’artiste Francesco Jodice s’engage étroitement au côté de notre environnement quotidien en le mettant en relation avec la géopolitique,  la vie sociale et les médias de masse. Le projet collectif Multiplicity, qu’il a cofondé, est un réseau international destiné à observer les transformations des territoires et à représenter les multiples aspects de l’actualité. Les territoires localisés par les reportages photographiques témoignent d’une temporalité, en reflétant les comportements humains. Dans son travail, le réseau est un nouveau terrain qui permet l’accès au grand public, en mettant les différents territoires dans le même axe. Les étapes de localisation des territoires transforment paradoxalement le processus de globalisation de tous les territoires par la diffusion illimitée. Dans ce contexte, la localisation est instrumentalisée afin de délocaliser notre espace physique. D’autre part, l’artiste provoque un phénomène actuel autour des réseaux en tant que nouveaux médias. A mesure que l’accès aux réseaux est généralisé pour le grand public et que les informations sont omniprésentes partout dans le monde de façon rapide, la nature des événements a totalement disparu. Le média lui-même devient une sorte d’événement. Au travers de son parcours, nous confrontons le paysage de notre époque en appréhendant le réseau en tant que nouveau territoire.

Jiyun Jeong

Francesco Jodice:l’art est un observateur social

Article publié le : vendredi 3 juin 2011. Rédigé par : Gao Lei

Les pièces de Francesco Jodice touchent beaucoup de médiums, par exemple le vidéo, la photo le design. Son orientation de création est la réflexion sur la ville, l’espace et la société. Dans What We Want, il exerce sa réflexion sur le paysage et la société, à travers ses observations sur des événements dans plus de 50 villes dans le monde; il lance ses opinions et ses doutes sur l’état social et le problème de l’immigration. C’est un essai d’observer les phénomènes sociaux à travers la forme artistique et aussi un mode de réponse à la société. What We Want porte des critiques sur la société, elle est un moyen de s’engager dans la réalité de la société qui préconise l’intervention active de l’art dans la société en gardant une certaine distance avec celle-ci. C’est une œuvre qui provient de la réalité mais qui est au-dessus de la réalité, elle est aussi une opinion publique sociale et une surveillance qui porte ses critiques aux problèmes sociaux, qui vise finalement à pousser notre société à développer dans le bon sens.
Dans les œuvres de Francesco Jodice, nous pouvons constater qu’à l’heure où l’art entre dans l’époque contemporaine, il n’est pas un artefact élitiste, ni un divertissement. Aujourd’hui, l’art est devenu une opinion publique, un observateur qui se plonge dans la société, qui se charge d’une surveillance sur toutes sortes de problèmes liés étroitement à notre existence et qui accorde une attention aux personnes ou aux sujets oubliés par nous mais qui nous entourent. Francesco nous raconte ensuite son programme Diversity en 2006 qui accorde aussi une attention aux problèmes entre les êtres humains et la société, les êtres humains et l’espace, la planification de l’environnement dans la ville. Francesco Jodice porte continuellement ses réflexions sur la société dans ses œuvres, il utilise des techniques artistiques pour se mettre en dialogue avec la ville et la société et trouver les problèmes qui existent entre ces deux, il sonde la société à travers des questions, plus exactement il critique la société. Le moyen d’expression artistique consiste à manifester des problèmes existant dans le monde à travers l’impression et la compréhension transformées ensuite en «expérience» sur les hommes et la société. C’est-à-dire que l’art est le moyen d’expression du monde, le monde offre des substances suffisantes à l’art. Cette conférence de Francesco Jodice nous aide à représenter la société à travers la forme artistique, nous apprend le moyen de trouver des questions dans la société et d’y réfléchir.

Gao Lei

Francesco Jodice, l’art pour tous

Article publié le : vendredi 3 juin 2011. Rédigé par : da yeon Lee

A partir de la seconde moitié du 20e  siècle, la réflexion sur la relation entre l’art et son public prend de plus en plus d’importance lors de la fabrication des œuvres. En 1956,  Georges Mathieu, peintre français, montre à son public une étape de réalisation de sa peinture. Le fait que ce public voit l’œuvre en train de se créer est provocateur, pourtant le public existe toujours en tant que récepteur. Il est présent lors de la performance d’un génie mais il garde son statut de spectateur.
A la fin des années 50, le Happening  exigeait la participation active du public pour compléter l’événement. Cela se passait dans la réciprocité, sans fixer le rôle de l’artiste et du public. Dans ce sens-là, l’idée de Francesco Jodice  ressemble beaucoup au Happening quant à la notion de participation du public, mais c’est une conception beaucoup plus globale  où l’on applique des nouveaux médias en perpétuel développement, qui incluent le public pour partager des informations géopolitiques, ces outils de communication engendrant eux-mêmes des réactions.
Quel est le lien entre l’art contemporain et le public? Les artistes de nos jours s’attachent souvent au système classique de l’art  pour vivre de leur travail et financer la production. Pour cela, ils ont besoin d’avoir un solide contact avec les institutions, les collectionneurs et les galeries d’art. Le monde de l’art est un univers clos et le public ne peut pas y entrer facilement sans des connaissances sur l’art, un important pouvoir économique ou encore un certain statut social. Cette situation démontre qu’au final, l’art existe seulement pour ceux qui y sont étroitement liés; «l’art pour l’art» engendre la rupture entre la création et un grand nombre de personnes du public.
La présentation des projets de Francesco Jodice m’a beaucoup plu dans le sens où il possède une forte réflexion sur des questions comme «qu’est-ce que l’art?» et «comment faire en sorte que le public prennent part aux œuvres d’art?». En tant qu’artiste, il prend la responsabilité d’ouvrir le domaine de l’art au public afin que celui-ci en devienne aussi le créateur. Ici, ce ne sont pas les gens qui tentent de s’approcher du monde de l’art, c’est plutôt l’art lui-même qui va vers le public, vers  un espace ouvert accessible à tout le monde. L’interactivité se maximalise et la distinction entre le créateur et le récepteur disparaît. A travers ses projets d’interactivité, l’artiste s’expose en rebelle contre «le monde de l’art élitiste» et il considère le public comme une partie essentielle qui compose l’œuvre collective.

da yeon Lee

La méthodologie comme art

Article publié le : jeudi 2 juin 2011. Rédigé par : Malak Maatoug

S’il faut résumer le travail de Francesco Jodice comme il l’a décrit et présenté pendant sa conférence au Odnm, il me semble que l’Extension du domaine de la lutte, le titre du livre de Michel Houellebecq, serait une métaphore fortement appropriée pour décrire les œuvres de l’artiste italien. En fait, l’ouvrage de ce dernier cercle,  entoure la question d’une occupation de l’espace dans la société grâce au questionnement de la perception. Tout en questionnant la notion d’art, de sa fonction et de ses effets, il se base sur le principe que l’art est une recherche du savoir (research for knowledge). A travers la présentation de ses expositions, photographies et projets, il pose des questions telles que: qu’est-ce que l’art (public) d’aujourd’hui? Qu’est-ce qu’une méthodologie d’art contemporain? Comment rendre l’art accessible au monde? En s’interrogeant sur ces questions, il fait aussi référence aux événements qui ont changé le monde cette dernière décennie.

multiplicity
Il commence son discours en parlant de son premier projet majeur, mulitplicity. C’est un réseau de communication, trans-européen, formé par des artistes et des chercheurs en urbanisme entre autres. Il décrit l’évolution de ce groupe, qui se demandait à l’époque, dans les années 2000, « que devient l’Europe? »
Et la réponse de Jodice c’est déjà poser la question même, à travers le médium de la communication trans-européen utilisant l’internet. A l’époque où l’internet était à peine à son début comme réseau mondial de communication. C’est une réponse méthodologique, la recherche d’une organisation du savoir et une communication à travers une région si petite mais si peuplée par des cultures différentes.
L’Europe, c’est du réseau, c’est la communication des idées qui y sont produites. Le travail de ce groupe a conduit à créer des expositions interactives et flottantes, s’opposant au concept du musée vu par Jodice étant une sorte de mausolée. Curieusement, il explique d’abord le fonctionnement, l’architecture de ce projet comme si la réalisation en soi des œuvres ou, dit-on, les résultats de ce travail en réseau, n’était plus que la façade, les fresques d’un bâtiment, l’architecture renversée de l’œuvre d’art. C’est ce qu’il souligne à différents moments de la conférence. Pour lui, comme artiste, le processus, la question de comment servir l’art et comment les autres peuvent y participer pour en arriver à une mutation même d’une perception qui reste toute même toujours au centre de la recherche.

les masses et l’art
Après avoir tourné autour de la problématique de l’art comme marché, zone d’exclusivité, il revient en arrière, au travail photographique qu’il suit depuis les années 1990. En fait, c’est avec ses photographies, mais aussi avec son travail en tant que artiste vidéo, qu’il remet en question le valeur d’art comme médium du choc. C’est Walter Benjamin, philosophe allemand, qui attache cette notion au médium du film, car il est question d’une mise en cause de la réalité dans un environnement artificiel. Benjamin s’intéresse à la question de l’œuvre d’art dans le moment où la reproduction technique qui conduit aux changements bouleversant le champ de l’art. Nous sommes, nous aussi, dans un moment historique comme l’a précisé Jodice. La réalité se produit dans un environnement artificiel: la révolution en Tunisie en témoigne. La photographie est devenue un média du web. C’est un médium, le mieux placé pour capter l’instant, mais comme média, la photographie vit, elle aussi, aujourd’hui dans l’instant. Il y a des milliers des témoins qui racontent   sur internet des histoires de l’immédiat avec leur photographies de basse qualité, et des images pixellisées. Et, une heure plus tard, elles n’ont plus valeur aux yeux des internautes (ou sur un ton plus pathétique de l’humanité). Je pense que Jodice n’a pas tort on disant cela, au contraire. Néanmoins, je me pose la question, pourquoi alors ne reste-t-il de cette révolution que de belles photographies (et surtout des photographies professionnelles)? Autre exemple, lorsque le tsunami a frappé le Japon, les journaux ont le lendemain tous fait la Une avec le même cliché. Il en va de même pour beaucoup des événements récents. Plus on a un grand nombre de photographies qui couvrent un moment, plus ce moment est déchiffré par un seul cliché. Cela est remarquable dans la perspective de  Francesco Jodice, car il voit l’art de la photographie comme une confrontation du tout à ce qui reste.

Malak Maatoug

Francesco Jodice : la représentation du « paysage »

Article publié le : mardi 31 mai 2011. Rédigé par : Sooyun Lee

Francesco Jodice est né à Naples en 1967. Après des études d’architecture, il s’oriente vers la photographie, la vidéo et la cartographie. Ses travaux concernent principalement l’interaction entre les espaces urbains et l’individu, dans une réflexion à la fois sur le lieu comme décor et sur l’influence de l’architecture sur le comportement. Francesco Jodice se représente la nature, la cultures et des formes avec un changement de lumière dans les paysages où se mélangent avec le végétal, le béton et le métal etc. pour se recomposer dans un cadre moderne.
Son travail touche à la question du regard du nouveau paysage contemporain. Aujourd’hui, du fait de la progression de la civilisation, il est assez difficile de faire l’expérience d’une nature primitive. Notre perception et notre sensation sont occupées par le paysage contemporain recomposé où sont mélangées nature et culture dans la photographie contemporaine. La photographie numérique est en passe de remplacer le processus argentique.
Francesco Jodice réalise des paysages d’un «atlas de conduites sociales et urbaines» sur la comparaison entre les notions de nature et culture pour travailler autour de cette problématique. Il me semble ainsi des éléments de l’environnement naturel avec ceux de l’environnement artificiel. La composition, l’organisation de l’espace à l’intérieur même du cadre de l’image, est bien déterminée. De plus, la réalisation de la prise de vue à humaine et de manière narrative permet de renforcer cette idée, mais aussi de monter également une certaine volonté d’objectivité de sa part. Selon Francesco Jodice, le désir le comprendre le «paysage» à travers sa représentation incitera les hommes à inventer des procédés de création d’images toujours plus impressionnants. En conséquence, la définition et la représentation du «paysage» ont encore évolué. Ce qui importe aujourd’hui et notamment dans le monde de l’art, c’est le regard mental que l’homme porte sur son environnement.

Sooyun Lee

Francesco Jodice

Article publié le : mardi 31 mai 2011. Rédigé par : Jeongmin Park

De nos jours, on voit des œuvres de paysage qui montrent notre style de vie, c’est comme un miroir de notre existence. Autrefois, des artistes exprimaient la beauté de la nature par le paysage. Aujourd’hui, la relation entre l’homme et la nature est changée, on est entouré de paysages surtout déformés par l’humain. L’art contemporain traite souvent le paysage dans sa relation avec l’être humain. Francesco Jodice, travaille avec la photographie et le film. L’équilibre entre  paysage urbain et le paysage humain sont ses principaux domaines artistiques.
Dans Citytellers, Francesco Jodice observe les phénomènes de la vie humaine et les transformations socio-politiques dans les villes et les collectivités. Avec Citytellers, travail commencé en 2006, il présente une série de films documentaires à partir d’enquêtes sur les besoins et les capacités des communautés à s’organiser, à analyser l’inter-relation entre le sens des documents contemporains réel et les stratégies de communication de fiction.
Francesco Jodice a toujours mis l’accent sur ​​la construction de réseaux, une méthode de travail qui représente l’élément distinctif de sa pratique artistique. Il est parti des travaux des sociologues, journalistes, philosophes, urbanistes et autres professionnels qui vivent et travaillent dans le domaine qu’il a choisi d’explorer: les divers aspects de l’urbanisation. Ces aspects sont intrinsèquement destinés à devenir le comportement d’adaptation de toutes les sociétés et sont capables de changer les équilibres socio-politiques d’un système. Le but de son travail est de montrer l’importance des problèmes géopolitiques afin d’aboutir à une prise de conscience plus grande face à un état général trop ​​insouciant et distrait.

Jeongmin Park

Francesco Jodice_ In Situ_

Article publié le : mardi 31 mai 2011. Rédigé par : Semin Cheon

Francesco Jodice, architecte de formation, a suivi un parcours inhabituel. Au lieu de construire un édifice, une unité urbaine apparente et solide, il établit une sorte d’état des lieux. Il étudie, et analyse le lieu où l’homme vit à notre époque. Il opte pour une approche analytique pour l’étude des lieux. Il étudie justement le processus de l’identité et de l’évolution de l’individu au sein de la société prédéterminée. Le site en soi fournit une possibilité importante de croisement de différentes personnes, et de groupes d’individus. Les rencontres, l’émulation provenant de différentes activités constituent l’axe de cette force qu’habite le lieu. Or, il s’intéresse également à ce paradoxe qui engendre également la dissolution de l’identité par l’avènement de faits, d’événements, d’accidents et de la constitution de l’histoire.
Il y a une force de narration qui marque chacune des œuvres de Jodice. Que ce soit par les images (en mouvement ou fixes) ou par l’étude topographique poussée mais qui se veut être interactive (cf. le groupe Multiplicity), Jodice démontre la possibilité d’une connexion multiple et unique entre les individus. La configuration d’un lieu, d’une unité spatiale et sociale, construit le cadre d’une action ou d’une histoire, tout en dissolvant le flux, la continuité par son mouvement à la fois programmé et impulsif. Comme l’avait démontré l’histoire, l’homme définit le lieu et est défini par le lieu. Ce dernier devient une cause et un ornement pour l’homme. Il devient un motif que l’artiste étudie. Il y a ce paradoxe évident à travers le résultat de son étude: l’homme habite le lieu et le lieu habite l’homme.
L’invention d’une identité, d’une histoire qui définit cette identité à tour de rôle est clairement démontrée dans son travail d’investigation méticuleuse. Les indices jouent un rôle principal: on ne voit pas une action en plein déroulement mais on voit les traces d’intervention de chacun tout en subissant l’influence du cadre politique et social. Le comportement social et ethnographique est imprimé de façon flagrante si l’on prend un peu de recul. Il y a une immanence indéniable du devenir d’un individu marqué sur son lieu de l’existence. Le travail de Jodice met en évidence cette production de l’histoire; tantôt cela devient un histoire simple des individus, mais aussi l’Histoire qui produit les modalités de vie et de pensée collective.

Semin Cheon

Francesco Jodice — Ou un art social

Article publié le : dimanche 29 mai 2011. Rédigé par : Ann-Flore Rammant

Né à Naples en 1967, Francesco Jodice vit aujourd’hui à Milan. Vidéaste et photographe, il est diplômé d’architecture en 1996. Introduit par Anne Zeitz, le travail de Francesco Jodice se révèle interdisciplinaire. Jodice co-fonde en effet le collectif Multiplicity en 2000. Observant les transformations engendrées par le phénomène mondial de globalisation, il s’agit en fait d’un groupe d’artistes et d’architectes échangeant et produisant des ateliers, ayant pour but de modifier les différents dispositifs d’espaces d’exposition. C’est dans cette même logique que s’inscrira son travail présenté dans l’exposition, Mutations, à Bordeaux en novembre 2000.
Continuant à s’interroger quant à l’art et à son inscription dans la société, Jodice créera un second groupe, Scenario. Il s’agissait de créer ou de recréer des semblants de jeux de société, voués à être joué dans des endroits publics, appelants donc la participation du public; en soit des «micro événements» dans de grandes métropoles. «Comment faire de mon art un art public, comment intégrer le public?», sont tout autant de questions chères à l’artiste.
En 2004, toujours dans la même lignée, il est co-fondateur du collectif Zapruder, un collectif basé à Milan, s’interrogeant aussi bien dans les domaines de l’art, de la géopolitique et des relations internationales. Ils réalisent et mettent en forme des films et des essais.
L’ultime projet de Francesco Jodice, toujours en cours, City Tellers, est un vaste travail. Interrogeant la notion «d’art élitiste» et désireux de s’adresser à un plus grand public, Jodice fait appel aux médias afin de promouvoir son art, le «prostituer» comme il le dit. Créer un impact visuel, afin d’atteindre un plus grand nombre de spectateurs, permettre ainsi à n’importe quelle population d’avoir accès à l’art et à la connaissance, voici le message de l’artiste. City Tellers est une série de films et de documents mettant en lumière différentes communautés et leurs idéaux. En 2006 par exemple, Jodice s’intéresse aux Pixadores. Une communauté brésilienne recouvrant les murs de Sao Paulo par des signes dont eux seuls en connaissent la signification. Ces pictogrammes sont, en soi, une protestation contre le gouvernement en place, bien loin d’un simple graffiti, ils sont porteurs d’un message politique et social bien plus lourd. Le travail de Francesco Jodice est fait d’échanges, entre différentes disciplines, mais aussi d’échanges humains, sociaux.
Jodice intègre le public à son œuvre et en fait sa matière première. Faire tomber les barrières d’un art trop élitiste, permettre la réflexion et l’accès à la connaissance à un plus grand nombre, créer l’impact, tels sont les objectifs de cet artiste. http://www.francescojodice.com/

Ann-Flore Rammant

Francesco Jodice

Article publié le : dimanche 29 mai 2011. Rédigé par : Julia Reuter

Francesco Jodice, né en 1967 à Naples, vit actuellement à Milan.Dès 1995, il travaille à côté de ses études en architectures en tant que photographe, cinéaste, auteur et cartographe. Aujourd’hui il est un des photographes italiens de la nouvelle génération, son travail explore les changements dans les paysages sociaux, à travers la comparaison de phénomènes similaires dans différentes parties du monde.
En 2000, il est membre fondateur de Multiplicity, un réseau international d’artistes et d’architectes. Multiplicity est un réseau qui constate l’évolution se concentrant sur la recherche territoriale. Il conçoit et réalise des installations, des stratégies d’intervention, des ateliers et des livres sur les processus de transformation qui concernent le tissu urbain. Près de 80 architectes, géographes, artistes, urbanistes, de photographes, des sociologues, des économistes et des cinéastes sont impliqués dans des projets de recherche individuelle démultipliée dans leurs régions géographiques respectives.
En 2004, il devient aussi membre de Zapruder, un collectif basé à Milan. Ce groupe est composé de chercheurs dans divers domaines: les arts, les relations internationales, de l’informatique à la réalisation de films, au journalisme. Par leurs différents travaux, ils nous invitent à adopter une approche plus ludique au l’égard de la géographie du monde.
Jodice photographie des territoires, au sens où la diversité des usages qu’il représente, donne une signification différente aux paysages et aux lieux. Il s’intéresse aux effets que les individus ou les groupes exercent sur l’architecture, la ville, le paysage, qui se transforment au gré des occupations et deviennent le décor des activités repérées.
Le travail What We Want est un atlas des comportements sociaux et urbains à travers cinquante métropoles du monde. Il s’agit d’une recherche basée sur l’observation photographique de personnes inconnues dans plusieurs villes à travers le monde. Il devait observer et comparer le mode de vie des citoyens anonymes dans leur quotidien, il en a fait une centaine de photos.
Citytellers est une série docu-fiction sur les phénomènes d’auto-organisation dans les grandes villes comme Sao Paulo (Brésil, 2006), Aral (Kazakhstan, 2008) et Dubaï (Emirats Arabes Unis. 2009). La série Citytellers permet aux spectateurs de saisir une réalité critique lointaines, et souvent inconnue. L’objectif de la caméra et le regard pénètrent tous les interstices du paysage urbain, naturel et humain, en adoptant un accent fortement descriptif; du phénomène d’auto-organisation à Sao Paulo à l’effondrement d’éco-système autour du lac d’Aral au paradoxe constant de Dubaï, où un paradis de luxe et de richesse cache un côté sombre de la pauvreté et l’exploitation inhumaine.

Reuter Julia

Le monde contemporain à travers les yeux de Francesco Jodice

Article publié le : dimanche 29 mai 2011. Rédigé par : Tugce Oklay

Francesco Jodice est un artiste qui est connu par ses photographes et aussi par certains projets de groupe tels que Multiplicity et Scénario. Sa question principale en tant qu’artiste est d’impliquer des personnes dans l’œuvre d’art. Le paradoxe principal pour Jodice est la fermeture de l’art au peuple. Il fait référence aux mouvements artistiques des années 70 (happenings, etc.) et souligne que dans nos jours l’art est isolé du public. Le Scénario est une œuvre / un jeu interactif qui est intéressant pour voir l’utilisation d’une carte en papier pour une œuvre interactive. De nos jours, nous rencontrons souvent des cartes numériques sur lesquelles on dispose des étiquettes par rapport à leurs objectifs. Lorsqu’on considère la différence entre les résultats obtenus dans des divers pays, ce projet nous rappelle le projet des cartes des stéréotypes de Yanko Tsvetkov, Mapping Stereotypes (1)

Nous pouvons dire que «l’accès» était le mot-clé pour cette conférence. Dans ses œuvres, l’accès est lié à deux domaines: l’art et la sécurité. Comme nous l’avons mentionné ci-dessus, l’accès du public à l’œuvre d’art est le sujet auquel s’intéresse l’artiste. Alors quand il a entendu parler du délai de 5 jours pour l’accès aux Biennale de São Paulo, il a décidé de créer une œuvre qui concerne ce retard à l’accès à la culture. Il décide de faire un film sur la vie à São Paulo, São Paulo City Tellers. Il diffuse ce film à la télévision lors de jour de vernissage de la biennale pour dépasser le 5 jours de retard. Cet essaie d »accès était bidirectionnel: l’artiste a tenté de dépasser les barrières de la culture pour l’accès du public à l’œuvre d’art, tandis que l’œuvre d’art se présente dans la salle de séjour par le biais de télévision. Nous citons Jodice: «TV était une nouvelle chambre dans le musée. (…) Le virus d’art attaquait le système par son outil le plus puissant qui est la télévision». Cet acte de projection d’un film qui concerne «la vie réelle à São Paulo» sur la télévision nous fait penser inévitablement à la fameuse phrase de Marshall McLuhan: «le médium est le message.»
La deuxième chose à discuter sur la question de l’accès était celle de sécurité. Jodice nous a montré deux photos de São Paulo et de Marseille où la stratégie de marketing pour la vente des appartements se base sur les problèmes de sécurité. L’artiste a ajouté que de nos jours la notion de sécurité renvoyait à la fermeture de soi. Puis, il a expliqué pourquoi il pensait que les réseaux sociaux étaient également fermés comme les bâtiments de ces deux villes. Ainsi, il a affirmé que les réseaux sociaux semblaient être ouverts, or ils étaient fermés. Il a signalé que «c’est la première fois que l’utilisateur crée des obstacles». Nous pensons que cette partie de la conférence était intéressante pour comprendre le phénomène des médias sociaux. Il a mentionné que les médias sociaux ne fournissent pas une plate-forme démocratique. Cependant, il diffuse tout type d’information rapidement, donc, nous pouvons dire que les médias sociaux n’ont pas un caractère démocratique, mais libérale. Il a également mentionné que l’utilisation des médias sociaux dans les révolutions arabes était important pour avoir des nouvelles ou des photographes en temps réel.
Concernant la révolution dans le domaine des médias, nous pouvons mettre une parallèle avec la diffusion en direct de la guerre du Golfe. Comme Jodice a souligné, l’aspect le plus important dans ces révolutions récentes était l’absence de journalistes ou des auteurs.
Une autre question intéressante, était «la passion pour le réel» qui a été identifiée comme le concept clé du 20e siècle par Alain Badiou. Jodice s’est penché sur «la passion pour le réel» en donnant l’exemple du slogan de Discovery Channel «true to life», ce qui est vraiment intéressant quand on réfléchit sur ses œuvres, en particulier ses photographies. Puis, il a attiré notre attention sur le fait que les gens paient pour avoir accès à la «vérité» en donnant l’exemple des «documentaires» de Michael Moore. Considérées simultanément les notions de réalité et de médias nous renvoient directement à la télé-réalité, la forme la plus terrifiante de leur combinaison (2).  Lorsqu’il diffusait son film à la télévision, c’était une tentative de montrer «ce qui est réel» au public, au lieu de les laisser regarder les programmes de télé-réalité. Il enferme le spectateur en le forçant à regarder «la réalité ». Ses photographies également obligent le spectateur à affronter les image(s).

Tugce Oklay

(1) http://alphadesigner.com/project-mapping-stereotypes.html, consulté le 29 mai 2011.
2) En ce qui concerne la télé-réalité, un article de Helen Wood et de Bev Skeggs est très éclairant, “Spectacular morality “Reality” television, individualisation and the remaking of the working class”, dans The Media and Social Theory, D. Hesmondhalgh et J. Toynbee, Routledge, Londres, 2008, pp. 177-193.