-- Observatoire des nouveaux médias » 41e conférence

Eternal Network

Article publié le : mardi 21 juin 2011. Rédigé par : Déborah Jean

Francesco Jodice est un artiste fermement anti-élitiste, et sa position se ressent dans la plupart de ses travaux. Sans être farouchement opposé à «l’art des musées», il s’intéresse surtout à un art pour tous, proche des gens que les institutions font fuir, quitte à aller les chercher chez eux (comme dans City Tellers, où une vidéo est présentée simultanément au musée et à la télévision). Sans surprise, ses œuvres prennent souvent la rue pour sujet, ou comme lieu d’exécution, avec une préférence pour les banlieues plutôt que les centres villes.
Car l’implantation géographique tient un rôle important dans ses œuvres. Sans cesse en déplacement à travers le monde, Francesco Jodice dresse un portrait de la planète et de ses habitants. Loin des images «clichés» des globes-trotters, il met en question la perception qu’on a d’une région à une autre, et d’une région sur une autre. Ainsi, l’implication des habitants qui se prennent au «jeu» de Scénario —œuvre ludique réalisée au sein du collectif Zapruder— permet de mettre en images les spécificités et paradoxes des différents points de vue des locaux sur la géopolitique mondiale.
Avec l’avènement des nouvelles technologies et des transports toujours plus rapides, on voit apparaître un sentiment quasi-ubiquitaire, avec une perception du monde dans son ensemble et de ses vertigineuses possibilités de création simultanée au-delà des frontières. Comment, dès lors, ne pas penser à l’Eternal Network de Brecht et de Filliou, décrit comme un réseau de création permanente à travers le monde ? (1)
Bien entendu, on pourrait également penser aux réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook, qui, ces derniers mois, nous ont été vantés comme outils de soulèvement des peuples, instruments de création et de renouvellement sans précédent. Ce thème a été abordé lors de la conférence, et l’artiste nous a appelé à considérer le côté anti-démocratique de ces outils (ne serait-ce que par le fait qu’internet n’est pas accessible à toutes les populations). Sa démarche à lui se veut universelle; c’est un art politique, à buts sociaux autant qu’esthétiques.

Déborah Jean

(1) : «L’artiste doit se rendre compte qu’il fait partie d’un réseau plus vaste, de la  »Création Permanente » qui l’entoure partout et ailleurs dans le monde». R. Filliou

L’art contemporain et son public

Article publié le : lundi 20 juin 2011. Rédigé par : Abir Belaid

Francesco Jodice artiste photographe et cinéaste né a à Naples en 1967, il a obtenu son diplôme d’architecture en 1996 et puis il a entamé sa carrière artistique. L’une des problématiques posées dans cette conférence est la relation entre global et local; Francesco est un artiste qui s’inspire dans son travail, de son époque, des problèmes sociopolitiques de la société. Pour lui l’art est une arme qui sert à dénoncer les abus et communiquer entre nous; il utilise les nouvelles technologies telles que la vidéo de manière à atteindre un public large afin de toucher et intégrer un maximum de gens. Il a voulu faire un art accessible à tout le monde, un art où les gens peuvent participer, et ne pas se contenter de regarder. A travers  Multiplicity, ce  projet qui réunit 78 artistes qui voyagent et travaillent ensemble à l’aide des nouvelles technologies,Francesco fait sortir l’art des musées et de l’exposition pour se déplacer, le partager avec d’autres artistes pour faire une sorte de réseau de communication européen ou la question principale était «que va devenir l’Europe?»
Francesco Jodie s’intéresse à la question de l’art et la politique, un art qui s’inspire du quotidien et du vécu, pour lui la question était comment intégrer le public  dans l’art; il a voulu dépasser le stéréotype du spectateur passif qui regarde et critique l’œuvre du loin; il a cherché à faire du spectateur une partie de l’œuvre et de l’art ou de «la culture», comme il l’a dit, une matière accessible à tout le monde non seulement à une élite ou à un même public.
L’artiste a voulu attirer notre attention sur le rôle de l’art et des nouvelles  technologies dans notre vie à l’impact de la photographie qui immortalise l’instant et scandalise l’acte s’il le faut, à tout ce que les vidéos et les photos sont capable de faire et d’évoquer de nos jours; une approche que je trouve intéressante et intelligente surtout en questionnant la relation de l’art avec le public  à travers sa dernière vidéo Sao Paolo montrée à la conférence.

Abir Belaid

Francesco Jodice

Article publié le : samedi 18 juin 2011. Rédigé par : Jiacai Liu

Francesco Jodice a co-fondé le collectif Multiplicity en 2000. Il nous parle tout d’abord du projet USE: Uncertain States of Europe, élaboré au sein de ce collectif. Il s’agit d’un projet de recherche collaborative sur les transformations territoriales en Europe. Multiplicity repose sur un réseau de 78 personnes à travers toute l’Europe, qui peuvent travailler ensemble grâce aux possibilités offertes par les nouvelles technologies et la facilité des voyages. Ce réseau est à l’image des mutations actuelles du territoire qu’il étudie. Les expositions issues du projet servent en même temps d’espace de réflexion aux collaborateurs du projet, et participent ainsi à son avancée. Francesco Jodice a également créé le collectif Zapruder, avec lequel il a utilisé le jeu de plateau comme forme d’art.
Jodice s’interroge ensuite sur les moyens d’intégrer le public à ses œuvres. Pour pour la Biennale de San Paulo en 2006, il choisit la vidéo comme support de son œuvre City Tellers, car c’est un moyen d’atteindre un très large public. La vidéo est diffusée simultanément au musée pour l’inauguration de la biennale et sur une grande chaîne de télévision brésilienne. Ce double mode de diffusion fait partie intégrante de l’œuvre, qui sort ainsi du cadre strict du musée pour occuper l’espace publique. Selon Francesco Jodice, l’art n’est donc plus destiné à une élite mais doit être accessible à tous. Au contraire, le film montre comment les artistes de rue issus de gangs des favelas s’introduisent dans des immeubles des quartiers aisés pour y peindre leurs messages.

Enfin, Francesco Jodice nous présente ses travaux photographiques sur lesquels il travaille depuis 1996. En éliminant les ombres de ses clichés, il supprime l’impression de relief et nous oblige à faire face au sujets photographiés. Ceux-ci présentent des lieux d’où on ne peut s’échapper, et le spectateur est pris au piège, comme les protagonistes que l’on voit ou que l’on imagine dans ces images. Des prisons dorées où les riches se barricadent aux garages transformés en mosquées de fortune, les sociétés modernes ne cessent de cloisonner l’espace pour éviter aux gens de vivre ensemble.

Jiacai Liu

Francesco Jodice, le potentiel d’Internet dans les recherches multidisciplinaires

Article publié le : jeudi 16 juin 2011. Rédigé par : Hui Li

En mettant en avant le sujet de l’art politique, Francesco Jodice nous démontre la problématique essentielle dans ses recherches artistiques lors de sa conférence à l’Ensad. À travers de projets collectifs et de recherches multidisciplinaires, tels que Solid Sea 04, l’artiste procure finalement le collectif artistique international Multiplicity, en association avec des artistes, des architectes et des urbanistes. Il crée également le collectif Zapruder pour élargir le champ d’expérimentation artistique. Son travail se présente des aspects interdisciplinaires, non seulement dans le domaine de l’urbanisation et de l’architecture, mais aussi dans le champ du cinéma, du journalisme, et de la géopolitique.

Avec le développement des technologies, l’artiste démontre le potentiel du Net Art dans les créations artistiques d’aujourd’hui. Bien évidemment, la création du site permet de mettre en valeur aux œuvres sur Internet et les promouvoir dans un sens plus large.

Francesco Jodice n’est pas le seul à découvrir la puissance du terrain virtuel pour s’exposer. Pour Lust, le studio de graphisme et de design interactifs, l’ordinateur et Internet constituent une évidence en termes de création. En tant qu’outil permettant d’obtenir et de compléter des idées graphiques, l’ordinateur et Internet lui offre des possibilités de coder et de composer leurs propres programmes en fonction du processus des projets étudiés. Ces propriétés dévoilent le large potentiel de création des bases de données consacrées aux recherches d’un design graphique.

Lust, "World/Spectrum/Archive", captures d’écran du site Web Lust © Lust

Lust, "Urban Nebula", captures d’écran du site Web Lust © Lust

Le site de Lust peut être considéré, à notre sens, comme une plateforme de visualisation expérimentale, proposant non seulement showroom, une vitrine, mais aussi une présentation des processus d’analyse des projets, qui encouragent à la fois l’exploration de nouvelles voies pour le design, à la croisée de différentes disciplines, où se rejoignent les nouveaux médias et les technologies de l’information, l’architecture et les systèmes urbains, ainsi que le graphisme.

Hui Li

Francesco Jodice : …

Article publié le : mardi 14 juin 2011. Rédigé par : Robin Rougier

L’art était une production de génie qui était montrée et faite pour une élite mais depuis la seconde moitié du 20e siècle la tendance est à sortir des sentiers battus. Tour à tour le récepteur de l’œuvre en est le témoin, participant, acteur et le créateur. Francesco Jodice pose ces questions dans le domaine de l’art contemporain avec une volonté d’atteindre le grand public. C’est au moyen des nouveaux médias qu’il donne un caractère mobiel à ses productions et sort des institutions pour investir les espaces publics, ouverts, accessibles de tous. Son travail se distingue également par son investissement au développement et à la construction de réseaux. Les paysages urbains et humains sont ses champs de bataille, la géopolitique et les caractères sociaux culturels, ses armes. En 2000, il est membre fondateur de Multiplicity, un réseau international d’artistes et d’architectes qui observent les transformations engendrées par le phénomène mondial de globalisation, se concentrant sur la recherche territoriale et ayant pour but de modifier les différents dispositifs d’espaces d’exposition. Le groupe constate l’évolution, échange et conçoit des ateliers, réalise des installations, des stratégies d’intervention et des livres sur les processus de transformation qui concernent le tissu urbain.
En 2004, il devient aussi membre de Zapruder, un collectif basé à Milan. Ce groupe est composé de chercheurs dans divers domaines: les arts, les relations internationales, de l’informatique à la réalisation de films, au journalisme. Avec eux,  il développe dans la même année le projet Scenario. Il s’agit d’un jeu de société géopolitique en plein air. Toutes personnes avaient le pouvoir symbolique de changer les enjeux géopolitiques dans le monde par apposition d’un autocollant sur une carte du monde. Ainsi le public prenait part à une performance en ayant un véritable pouvoir quant au déroulement du processus artistique. L’objectif étant de sensibiliser, produire une réaction et une prise de conscience des personnes présente quant aux pouvoirs que possède l’art. «An art Bomb» dit Francesco Jodice.
En 2006 avec City Tellers, pièce présentée  pour la Biennale de Sao Paolo, Jodice s’intéresse aux Pixadores, communauté brésilienne recouvrant les murs de Sao Paulo par des signes dont eux seuls connaissent la signification. Ces pictogrammes sont une protestation contre le gouvernement en place, bien loin du simple graffiti, ils sont porteurs d’un message politique et social. Lors du vernissage de la biennale, il conteste la répartition du public décidé par les organisateurs; les célébrités le premier soir, puis la presse et enfin le grand public le dernier soir. Il fait héberger son travail vidéo sur la pixação et sur la chaîne nationale brésilienne O Globo le soir même du vernissage. L’artiste s’inscrit alors une fois de plus dans sa thématique de propagation et d’ouverture de l’art. L’œuvre devient autonome et mobile jusqu’à s’immiscer chez le particulier. Les travaux de Francesco Jodice  interrogent, avec l’art, ces univers que sont l’information, l’économie, la sociologie, etc. Ainsi que nos institutions culturelles et l’Art lui-même dans un monde distrait, insouciant  incohérent et paradoxal.

Robin Rougier

 

Art politique, art poétique

Article publié le : dimanche 12 juin 2011. Rédigé par : Cindy Theodore

L’art du network.

L’arrivée d’internet permet à des artistes à travers le monde de réaliser des œuvres communes et de s’informer aussi des projets en cours. L’information se diffuse rapidement. Néanmoins, tout le monde n’a pas accès à internet. Les artistes sont mobiles. Le blog occupe dans la société une place importante, de nos jours, qui n’a pas eu un blog ? Elodie Pong pour sa série vidéo Secret a édité un blog. Ai Weiwei  aussi …

Elodie Pong, Secret

Ai Weiwei, Blog

Heath Bunting et Kayle Brandon ont réalisé un guide, BorderXing, qui répertorie tous les points en Europe où les frontière ne sont pas surveillées. Il faut d’abord devenir « client » pour pouvoir obtenir ces informations.

OPUS, 2001, est de type commons et permet de partager des œuvres sur internet. Il faut là aussi être reconnu pour pouvoir y accéder en détail.

Un précurseur de ce type de mouvement sur le net, Staehle Wolfgang qui fonda en 1991, via internet, The Thing. Ce site était un forum dédié aux artistes qui pouvaient parler de leurs œuvres, de leurs projets.

Cindy Théodore

Francesco Jodice : le témoin de la société

Article publié le : mercredi 8 juin 2011. Rédigé par : Kim Jee young

Francesco Jodice a plusieurs titres: photographe, cinéaste, artiste contemporain, auteur, cartographe. Même s’il touche à divers domaines, son travail commence toujours par un regard de la société où nous sommes. Le moyen avec lequel il comprend la réalité est de créer la topographie géographique et sociologique par sa création. Pour lui, les problématiques de la société qui nous entourent sont toujours liés étroitement l’un et l’autre. Son travail est lié au sujet de socio-économie comme le globalisme et la sécurité sociale, etc. Grâce aux résultats visuels (carte, graphisme, photo journalisme, etc.), son travail ressemble plutôt à une documentation ou une source d’information de journalisme. Autrement dit, il est plutôt un designer qui traite de l’information visuelle pour dénoncer la réalité sous la forme de projet artistique. Bien que les actions soient politiquement engagées, Francesco n’ajoute pas directement des commentaires subjectifs. Il garde la neutralité et l’esthétique de la vie. Les participants de son projet tissent un réseau social entre eux et créent des discours sociaux.
Le travail de Francesco pourrait être divisé en deux catégories. La première catégorie qui est d’«observer-montrer» est souvent réalisée par la photographie. La série de photos comme Mazara (2000), Citytellers (2006), Baikonur (2008) en sont les exemples. Ici, par la vue d’artiste, on peut observer les scènes de la vie quotidienne dont on ne se rendait pas compte de l’importance ou de la problématique à cause de la vue partielle.  Cette objectivation de l’image est le fruit des découvertes de l’artiste par le voyage.
La deuxième catégorie est plutôt un travail relationnel en fonction d’«organisation-participation». Le Multiplicity (2000) (Tokyo Voids, USE: Uncertain States of Europe, Solid Sea, Road Map) et le Zapruder (2004) sont les exemples. Cette fois, l’artiste travaille en groupe sous la forme de workshop et en itinéraire. Il crée un champ de discours et de participation. Puis, il invite des gens (chercheur, philosophe, urban designer, etc.) à participer à cette action. Ce genre de projet est interactif et il a une fin indéterminée. Les participants tissent un réseau social parmi eux. Le rôle d’artiste reste en tant qu’organisateur de structure du projet.
Ce qui est intéressant est l’usage de l’enquête construite pendant les projets. Une des préoccupations de l’artiste est la perception de son projet artistique par les gens qui sont hors du milieu de l’art contemporain. Il souhaite que son travail agisse dans la société comme une bombe dont on ne sait pas quand il explosera. Pour ceux qui ont participé à son projet et pour ceux qui n’ont pas l’occasion de participer à son projet, la perception ne peut pas être identique. À ce point, la documentation du projet (sous forme d’un livre ou un site internet) a l’importance d’un témoignage de la société de nos jours.

Kim Jee young

Le réseau social et l’exposition virtuelle dans l’art contemporain

Article publié le : mercredi 8 juin 2011. Rédigé par : Myoung Heui Ryu

Dans les années 2000, Francesco Jodice, architecte, photographe et cinéaste, commence son premier projet, Multiplicity, un réseau de communication pour les artistes, architectes et urbanistes européens. Pour la communication, ils ont utilisé l’internet de cette époque-là. En réalisant The Morocco Affaire, USE, et What we want, vaste étude déclinée sur vingt-quatre sites européens il oriente le propos vers ce qui est déjà construit et réapproprié par les habitants eux-mêmes, il s’interroge et recherche un nouveau concept du musée, par un échange d’idées au sein de ce groupe de communicants. Pour les recherches dans un autre domaine, celui de l’art dans les relations internationales, il a créé le collectif Zapruder, en 2004, une interface à application graphique pour la création de nouveaux scénarios. Il considère que la notion d’art contemporain est d’abord basée sur la communication et la création communautaire. Il se demande toujours comment unir les masses et l’art? Quels processus peuvent participer à la communication ? sur la problématique «Quel est l’art dans la société aujourd’hui?»  Pour lui, en tant que photographe et cinéaste, en réalisant la pièce City Tellers, en 2006 et Global Cities en 2007 avec la Tate Modern, il  sent la puissance et le pouvoir des masses et il affirme la nécessité de l’évolution du système dans le monde avec une vision globale comme Building net work. Pour lui, l’art est une recherche du savoir et, avec différentes perspectives, tous les genres artistiques vont se développer.
Quand il a décrit son New public art space dans la conférence, je me rappelle le Guggenheim Virtual Museum. «L’architecture de la masse totale en charge est une et entièrement navigable en temps réel comme une entité interactive à trois dimensions. Le Solomon R. Guggenheim Museum a chargé le cabinet de New York Asymptote architectes de concevoir et mettre en œuvre un nouveau musée Guggenheim dans le cyberespace. (1) Ce projet est déjà commencé en 2001, et propose la navigation en trois dimensions des entités géographiques accessibles sur l’Internet. Lorsque je vois cette nouveauté, je pense que le Guggenheim Museum Virtual deviendra le premier bâtiment virtuel important du 21e siècle avec son espace d’information de l’art et de l’architecture.»
Désormais, les espaces, et les objets peuvent être construits, expérimentés et manipulés sur un réseau mondial. Les système socio-techniques travaillent également à l’analyse des réseaux et se concentrent sur les relations entre les individus, les institutions, les objets et les technologies. Les réseaux sociaux consacrés à l’art sont aujourd’hui peu nombreux. Mais, comme ils recherchent  et s’interrogent  toujours comment sur le meilleur moyen pour offrir l’art à tous, le réseau social est actuellement le lieu virtuel idéal pour se retrouver sur un thème particulier.

(1) http://www.arcspace.com/architects/asymptote/Guggenheim

Myoung Heui Ryu

Francesco Jodice

Article publié le : samedi 4 juin 2011. Rédigé par : Danbee Lee

Photographe, artiste, cinéaste, Francesco Jodice est un protagoniste de la culture visuelle italienne. Ses œuvres racontent et révèlent les villes contemporaines, des paysages postmodernes, sous l’angle de l’anthropologie urbaine avec une approche expérimentale, dans une quête continue pour les hybridations entre les langages de représentation traditionnels. Les photographies, vidéos, cartes, interviews, des résidus, l’espionnage, les séries télévisées, documentaires, bandes dessinées, littérature, sont quelques-unes des substances dont sa pratique artistique se compose. L’art politique signifie pour lui, l’art qui peut être utilisé comme un outil en mesure d’étudier les processus de transformation civile et de s’impliquer dans de telles transformations. Dans ses projets, il a essayé de produire de la recherche pour la connaissance et de prouver par d’autres façons les modifications sociales.
«La photographie occupe toujours un espace très important dans ma vie. Tout le travail que je fais avec la vidéo, films, documentaires, a pour effet de renforcer mon identité dans la culture de la photographie: plus je pars sur une dérive expérimentale, pour explorer d’autres modes d’expression, plus je renforce mon identité en tant que photographe». Francesco Jodice.

Francesco Jodice n’a pas la moindre idée précise de ce qu’est l’art aujourd’hui, mais encore il pense que le quotidien doit être intégré dans sa pratique. Il faut s’habituer à l’art qui est fait de différents aspects formels et qui appartiennent à des lieux inconnus. Il pense qu’il devrait être ainsi, mais il y a beaucoup de gens dans le domaine qui pensent que l’art traite principalement de la beauté, les émotions, de la créativité et que l’art n’a pas, ou très peu d’implications sociales et politiques. Il respecte et comprend cette position, même si il est intéressé par l’art comme un outil politique. Et il est de plus en plus intéressé dans l’élaboration de son art afin d’agir comme un invité surprise dans différents contextes sociaux.
Un exemple est The Citytellers project, une série de docu-films sur les villes, où le film est montré en même temps dans un musée et à la télévision. La télévision est ainsi impliquée en tant que prothèse moderne de l’espace d’art traditionnel. On peut dire qu’il utilise le système de télévision en vue d’atteindre les gens qui autrement ne seraient pas atteints dans un contexte d’art plus traditionnel. De ce point de vue, la forme de The Citytellers project est tout aussi importante que son contenu. Généralement, avec une base dans ces cultures populaires, il a commencé à appliquer cette influence vers la photographie urbaine et sociale. Il a ensuite commencé à travailler avec des cartes, des installations et films. Il a également une disposition pour les travaux de collaboration qui en 2000 l’a conduit à devenir l’un des membres fondateurs de Multiplicity. Je pense que cela a commencé avec the Multiplicity network qu’il a co-fondée avec Stefano Boeri et d’autres chercheurs en 2000. Ils étaient tous très préoccupés par la façon de traiter leurs idées dans une zone indépendante entre l’art et l’architecture. Ils ne voulaient pas être identifiés, ils voulaient être libres de prendre leurs propres stratégies afin de construire de nouveaux outils pour la recherche. Peut-être que cela dépend aussi du fait qu’en Italie, il y a un manque d’argent public investi dans l’art contemporain.
Habituellement dans sa méthodologie d’art, il a tendance à adopter le «comportement» des autres disciplines ou professions, agissant comme un «détective privé»ou un «entomologiste». Une des professions adoptées est de se comporter comme une «house-mover», le déplacement des pièces inédites de sous-cultures d’un continent à l’autre. Le but de son travail est la confrontation aux problèmes géopolitiques, dans le contexte général ​​insouciant et distrait.

danbee Lee

Francesco Jodice – Medium of the art

Article publié le : samedi 4 juin 2011. Rédigé par : Hangki Min

Francesco Jodice (né à Naples en 1967) commence son activité artistique en 1995. Après avoir obtenu son diplôme d’architecture en 1996, il se lance dans le domaine des nouveaux médias. Il se spécialise principalement dans la photographie, les films et l’écriture. A partir de  2000, avec le groupe qu’il a cofondé, Multiplicity, qui est un network international d’artistes et d’architectes, il présente des œuvres collectives qui  se rapportent à l’art interactif. A travers des manifestations qui conduisent  les gens à participer aux œuvres, Francesco Jodice place la valeur de l’art interactif comme une véritable notion artistique. Il s’interroge également sans relâche sur l’attitude que doit adopter  l’art contemporain dans la société. «Comment l’art peut-il faire entrer les gens dans l’œuvre d’art?», c’est la question que se pose Jodice et il devient essentiel pour lui d’arriver à trouver, dans son travail, une méthode pouvant résoudre cette problématique.
Parmi ses travaux, je m’intéresse beaucoup au court documentaire Sao Paulo City tellers, l’une des œuvres présentées en compétition au Rotterdam International Film Festival en 2007.  Ce film avait déjà été diffusé  à la Biennale de Sao Paulo en 2006. Sur un concept de nouvel espace d’installation, Francesco Jodice a montré cette œuvre non seulement  dans un musée de Sao Paulo mais la scène de l’exposition est aussi diffusée simultanément par la TV afin que le grand public y soit invité et la voit en même temps que les visiteurs réels au musée. Dans ce film, Jodice explore des aspects variés de Sao Paulo tels les emplois alternatifs, la nouvelle  économie et les styles de vie. En reflétant le quotidien des individus urbains, Sao Paulo City tellers se découvre comme le portrait intense d’une grande ville d’Amérique du sud où beauté et danger coexistent.
A travers ce film, Jodice démontre aussi la relation entre l’œuvre d’art et l’art public tout autant que celle entre l’art contemporain et les nouveaux médias. Pour lui, le sens de l’art public actuel et des nouveaux médias de l’art contemporain sont des éléments très importants dans sa recherche artistique. Par conséquent, il essaie toujours d’intégrer son œuvre dans l’art public en se servant des nouveaux médias. Désormais, Francesco Jodice  continue et développe son travail en explorant les paradoxes de l’art contemporain pour trouver une nouvelle et puissante communication interactive entre les gens et la société d’aujourd’hui.

Hangki Min