-- Observatoire des nouveaux médias » 38e conférence

Diffusion

Article publié le : mardi 21 juin 2011. Rédigé par : Déborah Jean

Tal Isaac Hadad nous propose un travail artistique s’apparentant à l’art sonore. Pourtant, en se penchant attentivement sur ses créations, on constate que, pour la plupart, ce n’est pas tant le son qui en est le sujet, mais plutôt sa diffusion. J’entends deux sens au terme de diffusion:
Tout d’abord, la diffusion comme processus technique véhiculant le son de la source à l’auditeur. En toute logique, la part belle est donc laissée au haut parleur: interface technologique entre la source et l’auditeur, il est tour à tour objet de travail plastique (devenant sculpture ou même architecture) et élément central de dispositif. Dans plusieurs des travaux de Tal Isaac Hadad, on retrouve un principe commun: celui de la multiplication des terminaux sonores. Que ce soit dans Amplified City —avec ses 8 vélos-amplis— ou dans Global Heart my radio ! —où chaque spectateur amène un diffuseur sonore supplémentaire— les multiples haut-parleurs créent leur propre espace de diffusion, mouvant et in(dé)fini. Ainsi, chaque auditeur-spectateur est invité non seulement à recevoir le flux commun de manière individuelle (avec des variations selon le matériel, les choix de réglages mais aussi selon la position, l’espace, la proximité ou non d’autres postes…), mais également à élargir sa perception à l’ensemble du dispositif et de ses co-auditeurs, à prendre conscience du système dans sa globalité. Il n’y a pas que le son, il y a aussi la manière dont on le reçoit, et les personnes avec qui on le reçoit. Tout ceci modifie l’expérience artistique.
Ce qui nous amène à l’idée globale de diffusion: comment un son sera propagé (et perçu) à travers le monde. En effet, Tal Isaac Hadad porte un intérêt particulier à la mondialisation culturelle. Avec, par exemple, la performance de karaoké en turc à Berlin, il interroge la perception d’une musique selon la localisation de l’auditeur. Écoute-t-on de la même façon telle chanson à Rio et à Istanbul? L’idée est de mettre en évidence tout à la fois un socle culturel universel commun au monde entier et une culture locale spécifique.
D’une certaine manière, on pourrait voir là un parallèle au fonctionnement du web: le flux —qui n’existe que par les terminaux le reproduisant à l’infini à travers le monde— est composé à la fois d’un socle commun et de contenu local, «amateur». De plus, l’aspect «instantané» du web, où toute contribution finit par se «noyer» dans un flux continu, correspond tout à fait à l’aspect éphémère, évanescent, de la dimension sonore —le son étant par essence inscrit dans une durée.
Cependant, la comparaison s’arrête là, car une dimension non négligeable des œuvres de Tal Isaac Hadad repose sur l’idée de convivialité, de communauté. Il s’agit moins d’écouter que d’écouter ensemble, et ce serait extrêmement réducteur d’oublier cette dimension de présence (physique) collective voire festive, pour laquelle le son joue un rôle de lien social. Ce qui n’est pas sans rappeler les happenings et events Fluxus, élaborés autour de ces mêmes notions de convivialité et de lien sonore.

Déborah Jean

Tal Isaac Hadad : Le son en mouvement.

Article publié le : dimanche 29 mai 2011. Rédigé par : Marie Giannetti

Tal Isaak Hadad est un jeune artiste qui base son travail autour du son et son aspect esthétique. Diplômé en Sonic Art de l’université de Middlesex de Londres, il expérimente plusieurs territoires sonores tel que le karaoké, la radio, la techno brésilienne ou encore les musiques de films. Dans le premier travail qu’il nous expose, la bande sonore est issue d’éléments déjà existants. Le collage et le remix révèlent les sons. L’utilisation de cette data base met l’accent sur l’époque et le contexte culturel dont sont issus les sons. L’appropriation d’une musique locale et son traitement bouleversent la hiérarchie sonore et provoquent un nouveau dialogue.
L’esthétique et la matérialisation du son occupent une grande part de son travail. Avec ses expositions à Istanbul et Pittsburg il crée un paysage sonore à la fois visuel et auditif. Il a utilisé 1,5 km de câble pour créer un walldrawing et à diffuser sa radio pirate lors de l’installation.
L’espace sonore est un sujet encore abordé dans son événement lors de l’inauguration de la radio éphémère Global heart my radio! Les invités étaient conviés à apporter leur propre radio afin de générer une nouvelle diffusion et un nouvel espace.
Cette idée d’espace sonore partagé se retrouve dans son projet en cour, Electro Melody Brega. Ce genre de musique techno est issue de la région Para au Brésil et plus particulièrement de la ville de Belém. Son travail autour de cette scène particulière est le développement de ses projets exposés à Istanbul. Ici la cabine de Dj est l’instrument de la performance musicale et c’est ce qui la matérialise.  Tal Isaak s’est penché sur la création de cabine de Dj; l’une serait végétale et réunirait ainsi l’Amazonie et la cité à la fois si proche et pourtant scindée par cette nouvelle culture urbaine. Une autre serait du type Ikea et pourrait se monter n’ importe où et réunir les foules. Cette diffusion du son est aussi retranscrite avec la série d’annonciados de Belém. Ces cyclistes équipés d’enceintes qui diffusent du son et communiquent en mouvement. L’idée de rassemblement est présente tout au long du travail de Tal Isaak Hadad. Il mélange ses inspirations et son travail de réflexion est un équilibre complexe.
Dernièrement il s’est inspiré de la bande originale du film Eyes Wide Shut, Musica Riccercata de Gyorgy Ligeti. En reprenant seulement les trois notes de musique, Fa Fa# et Sol, il a construit un piano sculpture capable de reproduire seulement ces notes. Il crée un nouveau dialogue entre le joueur et l’instrument, musicalement parlant au niveau de l’écriture et aussi physiquement. Le toucher et la posture ne sont plus du tout les mêmes.
Au travers des projets évoqués nous pouvons dire que Tal Isaak Hadad oscille entre le maximalisme de Belém et le minimalisme des trois notes de Ligeti. Il expérimente les nouvelles technologies avec brio et cette balance subtile nous permet de qualifier cet artiste de hors-norme.

Marie Giannetti

Langage musical

Article publié le : jeudi 14 avril 2011. Rédigé par : Hye-jin Shin

Tal Isaac Hadad est un artiste sonore qui explore les domaines de la musique et du numérique.
Il recherche de nouvelles possibilités d’utilisation du dispositif sonore en utilisant différentes méthodes non sans un certain sens aigu de l’humour et de la provocation. Il déconstruit et réinvente la technologie de l’art numérique et de l’art sonore à sa manière. La conférence qu’il a donnée a évoqué l’installation de John Wynne ainsi que les travaux d’une figure historique de la performance et de l’art sonore et vidéo, Nam June Paik.

(1)Page 19, Jean-Paul Fargier, Nam June Paik, Artpress,1989

John Wynne « Installation for 300 speakers » 2010

Installation for 300 speakers de Jhon Wynne est la première pièce sonore de la Saatchi galerie à Londres.Cette installation est composée de 300 haut-parleurs, d’un clavier et d’un tuyau d’aspirateur. Le son du piano mécanique, dissimulé derrière le mur d’enceintes, se superpose à celui d’un ordinateur : les sons s’entrechoquent, rebondissent dans la pièce et sculptent l’espace. Le spectateur est saisi, happé, enveloppé de sons face à cet autel majestueux.

John wynne « 230 Unwanted speakers » 2004

http://vimeo.com/12825379

Les inventions de nouveaux moyens d’expression, des médiums que Nam June Paik pratiquait, ont beaucoup de points communs avec celles de Tal Isaac Hadad je pense. Dans les années 1960, Nam June Paik est encore un jeune musicien qui cherche sa voie. Il navigue entre les influences de John Cage et de Stockhausen.

Charlotte Moorman and Nam June Paik «Opera Sextronique» 1967

Nam June Paik «Klavier Integral» 1958-63

Nam June Paik «Hommage à Stanley Brouwn» 1984

Le son matérialisé

Article publié le : dimanche 6 mars 2011. Rédigé par : Tugce Oklay

Tal Isaac Hadad est un artiste pluridisciplinaire qui crée différentes formes d’art en partant du son/de la musique, en interrogeant l’aspect culturel et le rapport entre le son et l’appareil.
 J’ai employé le titre ci-dessus pour faire référence à deux interrogations remarquables dans les œuvres de Tal Isaac Hadad dont l’une porte sur l’uniformisation de la musique autour du monde (l’effet de la globalisation), et l’autre concerne l’existence matérielle du son (l’instrument ou l’appareil-son comme matériel).

L’artiste exprime la première interrogation en disant qu’il a essayé de comprendre «comment un objet musical se développe aujourd’hui?»*
Pour bien répondre à cette question, l’artiste suggère de mettre l’accent sur l’époque de la globalisation. Par exemple, à Istanbul il a créé une vidéo de karaoké qui se compose des différents éléments: la musique électronique à la base qui appartient au global, des codes/sons culturels qui appartiennent au local et des paroles répétitives et clichées. Ils les a rassemblés avec un autre cliché stambouliote, une vidéo capturée sur la Rue d’Istiklal où des piétons marchent pour symboliser le goût populaire. Ce mélange des tendances populaires constitue une grande partie de l’œuvre de Hadad. Il parle de «[cette] musique que des énormes villes du monde (Rio et Istanbul) élaborent à partir d’une tendance et des mouvements globaux en lui éclatant leur propres codes locaux. »* Dans ses œuvres, à côté de ces tendances musicales, il utilise des images ou des objets locaux qui peuvent être parfois kitsch.

Dans son travail sur les aparelhagems cabines de DJ de Para nous voyons aussi qu’il s’intéresse à la musique entre le global et le local. Les aparelhagems sont des formes/des structures locales mais des DJs de Para font la même musique que des autres DJs du monde. Son intérêt pour des formes et des sons qui appartiennent au local peut être constaté aussi dans son œuvre Amplified City (2010), une performance-son avec les 8 Annonciado (des cyclistes annonciateurs de Belém). 8 vélos font le tour à Belém et diffusent des sons quotidiens de Belém qui est une ville connue par sa culture bruyante (1).
Il interroge cette musique internationale-locale d’une façon différente aussi: il copie des formes ou des codes musicaux locaux et les applique dans un espace/une ville différente. Par exemple, il a réalisé des performances du karaoké en Turc à Beijing ou à Berlin; il a installé une
aparelhagems à Bordeaux, il a construit une «radio roulante» qui ressemble aux vélos de Belém pour le festival de Playtime à Paris, à Bétonsalon.
 Sa deuxième interrogation qui était sur l’existence matérielle du son, trouve ses racines dans Fluxus, dans le mouvement d’avant-garde et la musique expérimentale de John Cage ou les installations de Nam June Paik. Dans ses installations, Hadad utilise des appareils-son, des fréquences de radio, des câbles, des pianos comme un instrument ou un appareil et il interroge les «règles» de la musique. Dans ses travaux sur les aparelhagems, il essaie aussi de comprendre la fonction des cabines de DJs comme une construction-son.

Dans son installation Air Play Ground (2005, Borusan / İstanbul), il a installé des câbles, des petites boites de fréquences et des récepteurs (radio ou magnétophone) dans les salles des expositions, il a diffusé les sons d’Istanbul en faisant référence à la fois à la question culturelle qu’on a déjà mentionnée et à la question de matériel. Dans l’happening de Global Heart My Radio! (Istanbul, 2005), les visiteurs viennent accompagnés de leur radio, écoutent la même fréquence qui est diffusée par l’artiste à l’aide des équipements/appareils-son comme la boîte de fréquence, les radios, les haut-parleurs, etc.

Son dernier travail Solo Piano and Pieces, nous montre qu’il continue à penser et à créer sur le «son matérialisé» (2). Dans ce projet, il a commandé un piano pour jouer la musica ricercat (3) de Ligeti. Musica ricercata veut dire «musique recherchée», l’expression qui trouve son sens dans la qualité des œuvres de Hadad aussi.

Tugce Oklay

*Conférence de l’artiste à Ensad, Paris, le 15/12/2010
1. Chung Lisa Kori,
http://www.globalheartme.com/adc/?p=1710, consulté le 5 février 2011.
2. J’utilise cette expression, le son matérialisé, en faisant référence à Philippe Dubois qui utilise une expression «le film matérialisé» pour des sculptures ou des tableaux filmiques. Par exemple, Peter Kubelka est un cinéaste expérimentale qui exposait les pellicules de ses films à côté de leur projection. Pour un de ses films voir:
Arnulf Rainer (1960), http://prehysteries.blogspot.com/2008/06/peter-kubelka-arnuf-rainer.html , consulté le 5 février 2011.
3. Musica ricercata
est un ensemble des pièces musicales dont l’écriture est soumise à des règles strictes.

La vie en musique

Article publié le : lundi 31 janvier 2011. Rédigé par : Zeinab Sedaghat

Tal Isaac Hadad est un artiste plasticien qui joue avec la nature des instruments de musique. Ses performances sont intéressantes, c’est une proposition très expérimentale, innovante à tous points de vue, surtout en terme de création avec des nouveaux médias. Il est l’un de ces artistes qui aiment s’aventurer dans les thèmes de performance musicale. Il utilise particulièrement des musiques locales. Pour la réalisation de ses travaux, il jongle avec divers procédés tels que la vidéo, la photo, le son, la musique et l’espace public. Il fait de la création, de la recherche et développe une esthétique numérique. Parmi les travaux que j’ai appréciés pendant sa conférence son travail sur les formes des instruments de musique, en utilisant des plans complexes, m’a le plus impressionnée. En effet, c’est une proposition bien plus innovante, qui déforme et transforme l’image d’instrument.
Solo piano and pieces
, son dernier travail exposé, est une série de pianos à queue retouchés, un nouveau visage de piano. L’artiste crée des claviers selon les partitions de cette pièce, et avec l’aide du logiciel photoshop, il reconstitue un nouvel objet.

Zeinab Sedaghat

Work in progress, recherche globale sonore

Article publié le : dimanche 30 janvier 2011. Rédigé par : Malak Maatoug

Le travail de Tal Isaac Hadad peut se résumer à l’idée d’une recherche globale sonore. Une recherche qui interroge le rapport de la société avec tous les éléments sonores du 21e siècle qui vient de commencer. Mais surtout, Tal Isaac Hadad nous a donné un regard inédit sur le processus du travail d’un artiste, son work in progress.

Pour ses travaux, Tal Isaac Hadad emploie une langue qui s’inspire de notre culture quotidienne en utilisant une certaine attitude pop. Quant au dispositif technique, il possède les développements du langage technique en les mettant en œuvre dans sa recherche. Je parle ici notamment de ses projets de Global Heart Me, qui font allusion à la culture-pop des grandes villes I love NY, Paris Je t’aime, etc, mais aussi de son travail, de rendre des tableaux de DJ des villages brésiliens visibles dans les métropoles brésiliennes et ainsi d’ajouter une culture locale au courant de la culture globale qui se passe dans les grands centres urbains.

L’art sonore veut dire, dans le travail de Tal Isaac Hadad, examiner la visibilité, la phénoménologie du son et du matériel de toute interactivité sonore. Le sonore est un médium pour transporter et échanger des données entre les cultures. C’est ainsi qu’il faut regarder ses œuvres liées à Istanbul. Dans les œuvres présentées lors de la conférence, on voit le dispositif employé par Tal Isaac Hadad pour s’exprimer: un travail qui reste dans la culture du remix et du loop (boucles). Là aussi, le désir de trouver l’origine ou une originalité dans la culture du remix global est ubiquité, car il s’agit d’un hommage à la culture locale qui se mélange avec le «mainstream».

En nous montrant le processus et le progrès dans ses travaux, il s’appuie aussi sur le fait que l’art, comme Isaac Tal Hadad le comprend, est plus que le processus et l’expérience de travail sur place. C’est réfléchir au récit fini de ce processus, à savoir l’œuvre finale. Le concept de l’œuvre finie est alors doute pour Isaac Tal Hadad et renversé par le travail en continu. Comme cela son art devient plus accessible pour le spectateur, qui se rend compte du chemin de l’artiste pour y arriver.  C’est l’aspect éphémère de l’œuvre l’art. Comme disait Walter Benjamin de l’aura de l’œuvre photographique, cette aura est établie quand l’œuvre se crée dans un lieu sombre d’Istanbul lorsque les gens se rassemblent pour faire œuvre  ensemble, faisant partie de la performance sonore de Isaac Tal Hadad qui les a invités à participer à la micro-fête de radio. L’œuvre est l’interactivité des gens. C’est une œuvre qui n’aurait pas lieu s’il n’y avait pas de personnes qui y participent.

Enfin, l’œuvre d’Isaac Tal Hadad nous parle de nous, les hommes et l’état de l’humanité dans le 21e siècle à travers le médium du son. Il nous montre que le concept du récepteur et émetteur est fini. Au 21e siècle, nous rentrons  dans une époque où la communication, la culture et l’art se produisent dans l’ensemble du réseau, de la communication en terme réel, c’est-à-dire réciproque, où il est difficile de savoir qui est l’auteur et qui est spectateur. Lorsqu’on regarde Isaac Tal Hadad dans sa recherche, comme il regarde le monde, dans les villages brésiliens où dans des soirées stambouliotes, des expositions interactives basées sur des radios, il me semble que c’est lui le spectateur. Son devoir, en tant qu’artiste est d’être plus que spectateur. Notre devoir de spectateur est d’être de plus en plus artiste. Et l’art se trouve quelque part «entre». Entre les villes et les périphéries, entre les gens, entre les artistes, entre les spectateurs. Une aura éphémère que nous ne pouvons jamais posséder mais qui éclaire toujours le chemin de notre avenir.

Malak Maatoug

Un rendez-vous avec le son

Article publié le : vendredi 28 janvier 2011. Rédigé par : Gao Lei

Tal Isaac Hadad nous présente son dispositif sonore, cet artiste jeune a créé son art sonore dans plusieurs régions en utilisant différentes méthodes pour exprimer de différentes idées. Le son est proportionnel à notre ouïe, un neuromédiateur spécial qui est capable de faire réflexe au son, ce qui constitue un processus magique. Comme Honoré de Balzac qui a dit: «La langue musicale est infinie, elle contient tout, elle peut tout exprimer. (1)»
Chaque échelle de son est pourvue d’un note, par laquelle on peut exprimer le changement du tempérament. En raison de la fonction spéciale de l’ouïe, les artistes peuvent créer de nombreuses œuvres sonores intéressantes, comme le dispositif sonore interactif de Tal Isaac Hadad. Certes, le dispositif peut retenir notre attention, car la vitesse du son dans l’air peut atteindre une centaine de mètres par seconde et s’accroître avec la hausse de la température: 331.4 metres le seconde à 0 degré, 340 mètres le seconde à 15 degrés. La hausse du 1 degré de la température porte un accroissement de 0.6 mètres par seconde de la vitesse du son. D’après ces données, on peut constater que le son est en effet un média de communication dans un espace spécifique. En conséquence, le son est devenu un élément indispensable des artistes pour créer des œuvres. Grâce à Tal Isaac Hadad, nous pouvons avoir une nouvelle connaissance à propos du son. Quant à «l’interaction», ce n’est pas une idée unique mais complexe, plurielle et immense. Nous pouvons bénéficier non seulement de l’ouïe, mais aussi de la vue, de l’odorart et du toucher pour créer des œuvres. A l’entrée du 21e siècle, la technique numérique se développe sans arrêt avec l’art moderne et exerce une influence importante sur l’art traditionnel. La numérisation du son a donné un plus grand d’espace de créativité et plus de choix d’expression pour les artistes. A l’avenir, nous sommes convaincus que plus de dispositifs sonores mettront à jour et qu’ils apporteront une révolution du son.

Gao Lei

(1). Massimilla Doni (1837-1839), Citations d’Honoré de Balzac.

Permutation des sons

Article publié le : jeudi 27 janvier 2011. Rédigé par : Cao Meng

Tal Isaac Hadad travaille dans l’espace musical. Il nous présente plusieurs types du projet qui comprennent de nombreuses parties comme la vidéo, la radio, le film etc. Il a beaucoup voyagé et il a étudié toutes les musiques locales. Tal Isaac Hadad s’inspire des expériences et crée différente formes de musique. Avec son projet Global Heat My Radio! Art Radio Happening night in Istanbul, en 2005, il crée le son-happening. L’utilisation de la radio est non seulement la propagation du son, mais elle est comme une plate forme interactive. Cela me rappelle le projet de Golan Levin Telesymphony (2001). La musique était produite par les sonneries des téléphones portables des spectateurs dans le concert. Le numéro de téléphone du spectateur avait été inscrit par le Web et le spectateur avait reçu un billet précisant la place dans la salle. Le jour du concert de nouvelles sonneries furent téléchargées sur les téléphones. C’était aussi une œuvre happening.

Le son dans notre vie quotidienne est l’élément commun, mais le son de synthèse a été à bien des égards une force motrice dans l’évolution du concept d’interactivité. Dans un environnement particulier, les artistes sélectionnent, utilisent, combinent, transforment des éléments basiques pour créer de nouvelles formes d’œuvres d’art. L’installation sonore est influencée par le concept simple et le concept composé, et est développée par sa propre expérience pratique. L’artiste crée un espace à  la fois étrange et à la fois familier avec le son. Dans cet espace, le spectateur a besoin de trouver son propre «chemin». Le spectacle peut comprendre l’œuvre selon son imaginaire propre. L’installation sonore peut écouter les souhaits des artistes et du public, qui peut aussi verser son contenu dans l’ensemble. C’est un outil très pratique pour écouter et raconter. Dans le dispositif chaque note n’est pas statique, les notes font des mouvements perpétuels, donc le sens évolue en même temps de lui-même. Dans les dispositifs, les notes n’ont  pas besoin de se disposer selon une logique, tout est naturel et aléatoire.

Cao Meng

Tal Isaac Hadad et la culture du son

Article publié le : mardi 25 janvier 2011. Rédigé par : Maeva Oussou-Essui

La démarche artistique de Tal Isaac Hadad est basée sur le lien entre les lieux et la matière sonore. Plusieurs travaux nous témoignent de l’intérêt porté par l’artiste de construire une nouvelle perception musicale. Avec le travail engagé autour du projet Global heart me, l’artiste cherche à comprendre comment un organisme ou un objet musical se développe aujourd’hui dans une culture de globalisation. La question est comment s’écrirait une musique originale inspirée d’une musique internationale locale c’est-à-dire une musique construite sur l‘assimilation de plusieurs culture globale et locale. Dans ce travail, l’intérêt de l’artiste se porte sur une esthétique de la reproduction, de l’assimilation musicale plus que de la création d’un objet artistique. Son travail s’inspire des sons du quotidien pour créer des œuvres qui relient la matière sonore avec le lieu et le public.

Lors de l’inauguration de la radio Global Heart My Radio! Une performance a été réalisée dans l’église de Tarabadjé avec l’aide des visiteurs. Chacun des participants était muni d’une radio portable branchée sur l’onde FM de la radio créant ainsi un espace sonore mouvant avec le public. La plupart des travaux de l’artiste peuvent être compris comme des expérimentations, même si la démarche de l’artiste est intéressante, le passage du concept à l’œuvre plastique donne une impression d’inachevé. L’artiste se dit non satisfait de plusieurs de ses travaux mais pour lui le processus créatif reste le plus important.

Globe-trotter acharné, c’est à la suite d’un voyage au brésil que l’artiste commence un travail autour de Dj du Pará, une région reculée du brésil. Son intérêt se porte sur les cabines des Djs locaux, structures mobiles fantasques construites par eux-mêmes, elles sont appelées aparelhagem. C’est la création d’un espace sonore avec le public qui a inspiré l’artiste pour ce travail. Ces ovnis d’architecture sont le centre d’attraction de ses bals populaires. A travers une série de travaux, il cherche à faire exister cette scène amazonienne à travers la ville ou comment ramener la jungle dans la ville? Son travail construit autour d’images et d’installations fait un parallèle entre l’architecture brésilienne et une culture de périphérie. L’installation Aparelhagem Paris s’inspire des cabines de DJs, le travail reprend l’exubérance de la culture locale et le travail autour de l’architecture des cabines. Sound Machine est une œuvre s’inspirant des aparelhalgems. Cette sculpture sonore faite de bois et d’enceintes diffusait le programme radio lors du Festival Playtime en 2009. La théâtralisation des aparelhalgems amené par les Djs est perdue dans ce travail. On a le sentiment d’être mis face à un objet de design.

Dans la continuité de son travail, Issac Haad s’est intéressé au statut de l’instrument de musique. Dans un de ses projets Solo piano and pieces, il s’inspire de partitions de Gyorgy Ligeti pour transformer des pianos afin qu’ils ne possèdent que trois ou quatre notes (ex: Fa- FaDièse- Sol). Cette transformation donne à l’instrument de musique le statut d’œuvre d’art car son dispositif a été modifié. Il oblige ainsi les musiciens à repenser l’instrument et l’écriture de sa musique. C’est ce changement dans le rapport à l’écriture du son qui détermine maintenant le statut de l’objet et non le contraire. Il invite des artistes à composer sur ces pianos, introduisant un nouveau procédé de création musicale: les partitions qui vont être composées seront différentes de part la structure de l’objet.  Le travail de Tal Isaac Hadad reste encore en pleine transformation. Il est dommage que certaines œuvres restent à l’état d’expérimentation. Si le lien entre le lieu et la matière sonore est marquant dans le travail de l’artiste, c’est le passage à la visualisation du son qui semble ne pas être abouti.

Maeva Oussou-Essui

L’esthétique du son

Article publié le : samedi 22 janvier 2011. Rédigé par : Imen Bouhajila

Depuis l’aube des temps, l’être humain n’a pas cessé de créer des langages afin de communiquer et de vivre au sein de la société. Les langages se multiplient, plusieurs formes sont indirectement imposées. Mais dans tout cela il existe un langage qui s’avère universel, le son ou encore la musique. Le son n’a cessé de bouger et de prendre maintes figures.

L’artiste Tal Isaac Hadad a cherché dans le domaine de la musique, sans se détacher de la  présence plastique et sociologique. A travers ces œuvres, il met en avant le son en y  ajoutant sa touche artistique, dans son happening  Global Heart my radio, il n’a pas hésité à donner un nouveau souffle aux soirées musicales. En ramenant des radios à cette soirée, le public n’est plus inactif, il  est un acteur aussi important que les artistes, le son est différent et intriguant. Cet artiste ne s’intéresse pas à la musique sous sa forme basique, il lui donne un autre sens en la rattachant à l’espace et en habillant des murs.

Sa démarche «audioplastique» rappelle l’exposition EXIT-dancing machine qui s’est déroulée en mars 2010 à la maison des arts de Créteil. Le point commun entre le travail de Tal Isaac et quelques œuvres est surtout le coté interactif et le rôle indispensable du public pour le fonctionnement des œuvres. Ainsi les sculptures sonores qu’a créées l’artiste m’ont  instinctivement rappelé SQUEEEEQUE l’igloo improbable de Alexis O’Hara exposé à EXIT. Cette œuvre représente une forme sphérique construite avec d’anciennes enceintes acoustiques dénichées et reliées à des micros; elle a aussi un rôle social car elle regroupe des gens à l’intérieur afin de créer un monde sonore et une interactivité collective, le résultat est une œuvre spontanée du public et également éphémère ce qui coïncide avec la radio de Tal Isaac afin de la rendre précieuse .

L’intelligence de cet artiste réside dans sa démarche musicale avec une intervention plastique, ce domaine est apprécié et universel, il regroupe les gens, il crée des interactions entre eux, sauf que je reste insensible vis-à-vis de quelques unes de ses œuvres, le concept me paraît commun mais aussi l’exposition Dancing Machine m’a beaucoup influencée.

Imen Boujahila

http://bornedartcade.canalblog.com/archives/2010/05/01/17763485.html
http://www.maccreteil.com/index.php?rubrique=detail&index=132&year=2010&month=3&day=28&horaire=00:00:00

http://www.artmag.com/coeurs/exit/dancing.html