-- Observatoire des nouveaux médias » 35e conférence

Olivier Quintyn. Esthétique de la basse définition

Article publié le : vendredi 27 mai 2011. Rédigé par : Aurélie Foix

Olivier Quintyn artiste et théoricien, réalise en direct une performance intitulée spam policy et issue du projet svp (spin virus propagande). Elle se compose d’une projection vidéographique, d’une lecture en direct et d’une projection sonore liée au paysage publicitaire. Des effets d’accélération, de saturation, de zapping, de dégradation, etc. y sont appliqués et l’ensemble forme un dispositif poétique.
Qu’est-ce qu’un dispositif poétique? La poésie c’est l’art verbal, l’essence du langage, elle n’a pas besoin de norme extérieure pour exister, car c’est un objet autonome. Olivier Quintyn spécifie cependant que sa performance envisage l’idée de poésie plus sous son aspect étymologique c’est-à-dire qu’elle renvoie à la production d’éléments nouveaux, «elle fait advenir de nouvelles connexions entre des éléments hétérogènes». Quant à la notion de dispositif, elle annule complètement l’idée d’autonomie vue dans la première définition du mot «poésie». Ces deux termes: dispositif et poétique forment en fait une sorte d’enquête qui utilise des procédures multiples de tests composés d’un ensemble d’objets disparates agencés de façon à constituer une unité expérientielle, explique Olivier Quintyn.

Selon ses termes, voici trois spécificités du dispositif poétique :

  1. Il échantillonne du contenu, mais aussi des modes de médiation
  2. Il s’adapte à un contexte cognitif cible qu’il veut transformer en fonctionnant
  3. Il est ancré dans le langage public et les ressorts de son fonctionnement sollicitent des compétences courantes.

D’autre part, «l’échantillonnage» représente un mot clé pour comprendre la démarche d’Olivier Quintyn. Il se propose de nous l’expliquer. L’échantillon est «un fragment de matière qui est pré performée », il doit aussi être reconnu et identifiable comme «extérieur» à un ensemble. Il pratique ce qu’il appelle une «re médiation des média » et applique des déformations et dégradations des contenus informationnels. Le résultat nous laisse entendre une juxtaposition et parfois un mélange d’éléments hétéroclites qui nous sont de temps à autre identifiables grâce aux codes sociaux que l’on partage. Ces dispositifs poétiques et échantillonnages me font penser à une mise en forme artistique du processus de pensée. En effet dans notre société de consommation nous sommes tous les jours tant dans la sphère publique que privée, exposés à une multitude d’informations en tout genre et majoritairement publicitaires. Comment notre cerveau fait-il le tri? Sommes-nous réellement attentifs à ce flux médiatique?

Nous altérons, déformons, zappons, compressons un grand nombre d’informations quotidiennement. Les dispositifs de Quintyn permettent de souligner ce phénomène. Dans cette surabondance médiatique à quoi ressemble notre rapport à l’information? Olivier Quintyn énonce l’idée «d’esthétique de la basse définition» que je trouve intéressante, car elle pourrait se transposer à une certaine médiocrité sociale quant à nos comportements de consommateurs lambda. Entretenons-nous des modes interactions fragmentaires quant à ce qui nous entoure? Sommes-nous des bricoleurs qui comme Olivier Quintyn, qui mettent en place des dispositifs afin de donner sens. À notre vie?
Cette esthétique de la surenchère que cultive Quintyn a le mérite de nous faire porter un regard critique sur notre société. Il semblerait que le fragmentaire ne soit pas nécessairement synonyme de superficiel, car au contraire, Quintyn l’utilise pour révéler le noyau du problème, il y fait naître une profondeur et par sa démarche multidisciplinaire, définit une perception condensée du monde.

Aurélie Foix

SPAM: la nouvelle catastrophe

Article publié le : lundi 31 janvier 2011. Rédigé par : Zeinab Sedaghat

Pour des artistes propagateurs comme Olivier Quintyn, les médias et les diverses informations sont très importants pour créer leurs propres œuvres et présenter la nature de la société. Olivier Quintyn est un artiste contemporain ainsi qu’un théoricien. Il travaille actuellement autour du thème Dispositifs poétiques et a produit par ailleurs des performances telles que S.V.P. et Spam Policy composées d’images publicitaires en diaporama avec du son, assez informatique. Il l’a formé en accélérant son voix ou bien par un changement de vitesse. Il a influé sur la mentalité de ses auditeurs comme ce qui se passe en matière de publicité. On a été attaqué par plusieurs offres en même temps. Il en a profité  en répétant des annonces parce que la répétition est une partie importante  dans la publicité. En ce qui concerne aujourd’hui  la plus grande catastrophe est la publicité. C’est vraiment difficile de récupérer ces influences, des choses  insupportable qui nous encadrent dans la vie quotidienne.
En centrant sur le sujet spam, on voit  son effet esthétique sur notre vie numérique. Olivier Quintyn ne nous donne pas de temps pour réfléchir, c’est le premier but des spams. Les spams petit à petit deviennent  une partie de notre culture. Ses nombreux performances, d’une part nous proposent de vérifier notre situation à propos  des spams et d’autre part elles provoquent des idées de dispositifs poétiques dans l’espace métaphorique.

Zeinab Sedaghat

De la musique du SPAM

Article publié le : dimanche 30 janvier 2011. Rédigé par : Malak Maatoug

Le début de la conférence d’Olivier Quintyn est marquée par une performance, nommée Spam Policy. L’artiste est debout devant l’écran en lisant en français des phrases du spam. L’écran ne cesse d’afficher des fac-similés de mails-spam, et les enceintes nous font écouter plusieurs voix numériques distordues et déformées, prononçant des mots en anglais. Le volume augmente pendant la performance et le sentiment de l’individu d’être livré en absolu à toute connaissance sensible aussi. On arrête de comprendre, d’écouter, de voir et de penser tandis qu’on a la volonté de continuer à exercer le contrôle sur nous-mêmes, mais il nous faut subir cette expérience sans qu’on puisse y échapper.
L’œuvre d’Olivier Quintyn nous donne une chaîne infinie des mots, qui deviennent incompréhensibles, puisqu’il enlève toute connexion logique là où il y en avait une, jusqu’à ce que finalement les mots même apparaissent changés. C’est une sorte de sampling et  d’autres manipulations numériques à l’instar d’accélération, distorsions, mais cette fois-ci c’est l’humain qui imite la machine.
Pour l’artiste, il ne s’agit pas de créer des objets bien définis. Il accouche sur scène d’une langue qui se manifeste dans la poésie du non-sens de SPAM. Une langue, c’est des signifiés qui désignent le nommé. Olivier Quintyn nous donne ici l’exemple de l’incohérence et l’impossibilité d’identifier le signifiant et le signifié. Ce qu’il nous reste est de regarder sensiblement et de retrouver des pas et des traces du sens, c’est-à-dire, un sens au-delà du Spam. Ce qui est métaphysique dans le monde créé par Olivier Quintyn, c’est peut-être l’apparence de notre monde, un dernier reste, une petite vérité. Une petite vérité puisque le sens du SPAM qu’il transforme ici en poésie par le simple fait qu’il les lise à voix haute, est qu’on connaît malgré tout très bien ce que veut dire le mot SPAM. SPAM est pire que la pub qui s’installe dans la vie partout publique, y compris dans les «biens»  ou œuvres culturelles comme le film. Mais la différence fondamentale entre les deux est que la pub nous suggère qu’elle nous offre une chose en nous séduisant par une esthétique. Le spam cependant ne veut pas nous séduire. Spam nous dit une vérité qu’on a le droit d’ignorer. C’est la répétition rigide des messages qu’on n’a jamais lus, pourtant on sait bien ce qu’ils nous offrent: nos désirs secrets et tabous, ce qu’on n’ose jamais avoir… dans notre boite-mail (privé!) on peut les lire tous… De plus en plus, il détruit l’écoutable, le compréhensible pour faire des sampling-bruits en accord avec son idée des virus. Mais toujours, il reste dans la recréation des choses ignorées qu’il rend visible afin les faire disparaître. Je dirais que c’est sa politique en termes pragmatiques.

Le travail d’Olivier Quintyn a un rapport très fort avec le pragmatisme américain. De son point de vue, c’est le fait d’essayer de «renouveler» la langue. À mon avis, Olivier Quintyn s’inscrit dans la longue tradition décryptée par Richard Rorty de s’autonomiser comme sujet pour créer sa propre langue, de manifester son être en «redécrivant» le monde autour.

Malak Maatoug

L’art hybride d’Olivier Quintyn

Article publié le : samedi 29 janvier 2011. Rédigé par : Gao Lei

Revenons sur l’artiste Olivier Quintyn, dont l’art se compose des éléments mixtes, partie principale, et de la voix et de l’installation. Ses dispositifs poétiques nous apportent dans un espace énorme, où se mélangent la voix et d’autres éléments pour produire un effet particulier.
Olivier Quintyn l’appelle Dispositifs poétiques, qui se réalisent par la collection d’un grand nombre de courriers abandonnés et de messages, accompagnés de voix. Ce média mixte se base sur différents vecteurs, les lie et les remet en ordre pour obtenir un nouveau moyen d’expression, comme ce que nous voyons lors du discours. Olivier Quintyn parle des images du virus et du spin et du commencement de l’époque informatique, qui suscite la concurrence de la communication de l’information commerciale et introduit de nombreuses publicités, pour dire plus précisément, les informations inutiles, aux courriers électroniques des individus. Il profit de cette inutilité et recompose les éléments pour rendre les informations plus poétiques et les œuvres artistiques plus valables. A l’époque des médias, les nouvelles choses ne cessent de surgir et les informations inutiles nous dérangent sans cesse. Olivier Quintyn nous apprend à profiter des informations diverses et des médias pour créer nos propres œuvres et refléter la nature de la société. Ce discours nous fait reconsidérer comment rendre l’art des nouveaux médias, qui épousent l’époque, plus valables dans la société et plus interprétatifs de la société.

Gao Lei

Un lieu de lecture

Article publié le : vendredi 28 janvier 2011. Rédigé par : Yu-Ta Lin

Y aurait-il une œuvre propagandiste? Aurions-nous dans l’art conceptuel une cryptographie qui nous convie à réfléchir sur la disposition des images de diaporamas et même sur les actes de discours? Pourrions-nous découvrir chez Olivier Quintyn de nouvelles dimensions de discours et un environnement à la fois linguistique et artistique?

Autour de la performance Spam Policy par Olivier Quintyn, les perceptions visuelles et acoustiques sont bouleversées par les révélations du trouble (entrave) de lecture ou de l’obstacle à la lecture pour défaire et pour retarder notre lecture successive. Contrairement aux notions d’autonomie et de pureté, l’analyse de la structure de l’image et des indices, telle que la cryptographie basée sur une idée que nous illustrerons pour soulever un sens continu au long des processus de décryptage, nous convie à réfléchir sur les Dispositifs poétiques et à apercevoir la performance d’improvisation sonore. Certes, nous cherchons un sens dans les processus de décryptage, mais il n’y a ni figuration ni signification. L’important, c’est qu’il faut examiner les situations des discours qui sont uniquement locaux et qui interviennent dans les discours pour déconstruire les significations symboliques ou extensives selon les formes objectives et les conditions historiques. À proprement parler, on pourrait aller jusqu’à dire que les intentions de décrypter la structure de la phrase concomitante aux apparitions des contextes de chaque situation sont les actes de discours qui suspendent la dénotation des significations. Avec une idée d’incertitude et du caractère faillible des choses, les mots surnagent dans un acte de lecture comme le dispositif plastique et il semble évident que l’obstacle à la lecture devient problématique dans sa méditation sur la lecture des langages insérés.

Un lieu de lecture est différent d’un lieu d’exposition dans lequel certains artistes interviennent (recherches historiques, architecturales…). Un lieu d’exposition en tant que lieu donné reste une forme de contrainte, mais délibérée, choisie, revendiquée, mais un lieu de lecture me semble lié à la performance et dégage des problématiques chargées de sens à exploiter. Dans un lieu de lecture par lequel la performance s’explique, les dispositifs poétiques introduisent un diagramme ou une parole. En particulier, il montre qu’un diagramme doit sortir quelque chose qui définit le rapport d’un être à sa provenance, parce qu’il implique l’effondrement des coordonnées esthétiques. C’est bien défaire la représentation pour faire surgir la présence. La présence indique la possibilité de fait qui ne donne pas la réplique d’une réalité, mais témoigne immédiatement de l’ailleurs (le contexte) dont elle provient. De plus, le contexte s’intéresse aux effets pragmatiques, à l’efficacité des discours.

Construire une œuvre ainsi que dénoncer un acte doit provoquer un événement et créer un diagramme pour échapper aux entraves des significations et des critères morphologiques. Par conséquent, tout ce qui a été dit, mais également tout ce qui sera une méthode à l’œuvre.

Yu-Ta Lin

Tatouage informatique imprimé dans notre propre corps externalisé

Article publié le : mercredi 26 janvier 2011. Rédigé par : Junko Shiraishi

En arrivant au Japon, j’éprouve un sentiment particulier comme quelque chose endormie sous ma peau et qui reprend peu à peu sa place en moi. C’est comme si des tatouages effacés par une opération se réactivaient et réapparaissaient à la surface de la peau. Comme quelque chose de familier qui pendant un temps sommeillait revenait à la conscience. C’est ce qui se passe lorsque je rentre au Japon. Tout cet environnement que constituent les idéogrammes des panneaux dans la rue réactivent ce que ma culture m’a transmis: l’appartenance à un réseau de signes et de sens. Cet espace de signification et de code réactive ma capacité à donner du sens aux choses. L’idéogramme possède la capacité de donner le sens de manière intégrale et immédiate contrairement à un discours où la pensée évolue de manière discursive et où l’élément nouveau est le médiateur et la médiation de ce qui précède. C’est ça la peine du pays à idéogrammes, on se sent toujours perpétuellement avoir un cauchemar par l’envoûtement du sens.

Ainsi, certains affichages publicitaires comme dans le train par exemple, qui ne s’arrêtent pas de nous convaincre à capituler visuellement afin de nous forcer à les regarder et à les imprimer sur notre propre mémoire: tatouage. L’intériorisation du système de la langue donne une propriété particulière à ces objets qui va au-delà de la perception visuelle. Ces objets visuels sont des matrices à partir desquelles nous produisons la signification en nous-même.

Olivier Quintyn est un artiste contemporain ainsi que théoricien. Il travaille actuellement autour du thème Dispositifs/Dislocalisation et a produit par ailleurs des performances telles que S.V.P. et Spam Policy composé par des images publicitaires en diaporama avec du son assez informatique. Dans sa performance, les images phonétiques et sa parole mécanique avec sa voix électronique sont diffusées dans l’espace public en utilisant les échantillonnages relevés par certains dispositifs de propagandes: affiches, revues, publicités etc.

L’essentiel de la performance s’est articulée autour du thème du langage qui du point de vue performatif toutes notions de compréhension réciproque, d’auto compréhension, de sens traduits en émotion ont été ôtés. C’est de façon monocorde, sans ponctuation, sans émotion que l’interaction avec les spectateurs s’est déroulée, parfois même en s’adressant directement à certains d’entre eux sans un accord réciproque à la manière de ce qu’il y aurait entre un ordinateur et une publicité. Sa performance a provoqué en moi une sensation d’étouffement. Ce fut pour la plupart une expérience aussi intéressante qu’éprouvante. Mais le but consistait à montrer cet état de perturbation informatique éparpillée d’aujourd’hui aux spectateurs et surtout aux interlocuteurs assis individuellement devant l’ordinateur en nous montrant des images du virus, Spam, porno, publicitaire qui apparaissent et qui nous sont quotidiennement imposés sur nos écrans d’ordinateur. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, l’ordinateur, s’apparente à une extension de notre champ de représentation visuelle en puissance qui s’actualise dès que nous nous mettons devant lui. Notre cerveau analyse et interprète les données qu’il nous transmet et qui les reçoit de façon passive c’est-à-dire indépendamment de notre volonté.

Même si je n’habite plus au japon depuis longtemps, les langages se réveillent sur la peau en arrivant au Japon à cause de la force de langage imprimée dans notre esprit. C’est pourquoi j’étais d’autant plus sensible par le fait que nous étions littéralement submergés par un flot incessant de paroles durant sa performance.
Une fois qu’au terme de l’éducation nous appartenons à une communauté linguistique ou à tout type de système de sens, il est quasiment impossible de se soustraire à cet espace commun. Car nous portons en nous ce dispositif de décryptage de sens. Nous l’avons intériorisé. C’est-à-dire notre corps, notre esprit porte en lui cet espace.

(Olivier Quintyn, en s’exprimant dans sa performance au moyen l’écriture mécanique ainsi qu’à l’aide de sa voix comme matériaux organique, est en mesure de nous faire voir cette propagation, cet envahissement informatique dont nous perdons conscience du fait de l’habitude.)

Poétique du spam

Article publié le : mercredi 26 janvier 2011. Rédigé par : Lavinia Raican

Cette conférence nous fait découvrir des nouveaux esthétiques de l’art internet, dans lequel notre web quotidien est contaminé par les spams. La création, pour Olivier Quintyn est sortie des profondeurs cachées de l’internet.

La première performance est dédiée à Igor Gusef, le roi du spam rus qui est à la base du site spamit.com Cette première performance éclaire mieux le discours théorique qui va suivre. Personnellement je ne pense pas que sa pratique soit au service de la théorie d’Olivier, mais plutôt que la pratique et la théorie se soutiennent mutuellement. Sa pratique des poèmes sonores est plus dans une dimension ludique, expérimentale, très libre. On peut difficilement la catégoriser. Par contre, cette pratique est bien soutenue par la théorie, qui pose bien les choses en place, qui définit les axes centrales de création comme par exemple ce qui est un dispositif, un poème viral, un échantillonnage. C’est toute une démarche entre plusieurs domaines de la création qui est mise en question: le son, la littérature, la philosophie, le performance, le visuel.

La performance est composée des trois niveaux: une projection, une voix off inintelligible et le récit de l’artiste lui-même. Tout au long de la conférence, l’artiste présente plusieurs extraits poétique de ce genre. Le discours verbal est une accumulation des textes ready-made du type spam et «conditions générales de vente», sans une valeur communicative proprement dite, c’est-à-dire sans contenu précis et sans aucun sens logique. Son matériel poétique est extrait du quotidien web, des spams de tous les jours. La projection est aussi constitué des spams avec des clichés commerciales :

Vous êtes entièrement libre
Free samples (le mot Free revient souvent)
Your freedom
Your bussiness

confidential
guaranty….
.
La phrase Click here se répète plusieurs fois même dans un seul spam, elle devient obsessionnelle.

Obsessionnel semble être aussi le récit de l’artiste. Avec une voix égale, rythmée, il a l’air d’envoûter les auditeurs. Il joue sur ces processus psychologiques de l’enchantement avec un but échappatoire, qui reflète le mode d’opération des spams: il font des promesses de gratuits, donnent l’espoir du gain facile et invite à l’achat par enchantement. Les spams jouent sur les fantasmes et sur l’imaginaire des gens: la liberté, la sexualité, le domaine high-tech, le bien-être forment une sorte d’univers parallèle échappatoire qui crée une soupape d’évasion de cette réalité banalisée.

L’artiste met au profit une esthétique commerciale des spams. Ici, la fonction du langage perd son caractère de signification et gagne un sens poétique. Sa performance prend ce caractère d’envoûtement. L’intention de l’artiste peut être vue aussi comme un essai de rendre conscient le public de ce danger, de l’amener à la conscience. Il démasque ce coté enchanteur par une mise en scène poétique et amène ces messages à la dérision. Les messages parlés ou visuels n’ont plus un sens commercial mais ce sont des vrais dispositifs poétiques. Ainsi, l’enchantement, n’est plus un dirigé vers la vente, mais vers la création.

Lavinia Raican

Saturation

Article publié le : mercredi 19 janvier 2011. Rédigé par : Julie Brunot

Olivier Quintyn nous propose une conférence-performance qui tend à pousser nos cerveaux aux limites de l’éclatement. Sa performance d’ouverture Spam policy nous plonge directement dans le bain. La voix de l’artiste amplifiée par un micro se mêle à une voix électronique et à une multitude de projection d’images spam. Quintyn y dénonce la surabondance sur nos écrans de ces spam non désirés et l’effet de saturation que cela peut provoquer. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’effet est réussi. L’improvisation sonore qui clot la conférence porte quant à elle sur la saturation physique et a, avec brio, engendré un effet de saturation allant jusqu’à faire fuir certaines personnes de la salle.

Bien que ces performances ne laissent pas l’auditoire indifférent, elles semblent cependant n’être que des expérimentations au service d’un discours théorique très riche et cependant  parfois difficile à comprendre pour les non initiés. En effet, tout au long de sa conférence, Olivier Quintyn jongle avec des concepts plus ou moins accessibles («dispositif et écriture poétique»…) et nous inonde de références (Leibovici, William James, Pierce…). Il est indéniable que sa réflexion théorique est très poussée et cela accentue le contraste avec ses travaux «plastiques» qui semblent parfois être plus des mises en pratique d’une pensée que de réelles œuvres d’art (cf : ses travaux autour du sampling viral).
Bien des questions restent en suspend à la sortie de cette conférence, mais une chose est sûre: Olivier Quintyn dans sa dénonciation de la «saturation électronique» (par l’image ou par le son) met notre corps et notre esprit à rude épreuve.

Julie Brunot

Olivier Quintyn: A Spinner of Spin

Article publié le : lundi 17 janvier 2011. Rédigé par : Baden Pailthorpe

Pour Olivier Quintyn, la poésie contemporaine se situe dans la texture politique, publicitaire et pornographique du monde informationnel. Les dispositifs poétiques s’intéressent à l’efficacité des discours ambiants de l’époque, ils cherchent des nouvelles représentations et interprétations des phénomènes historiques et géopolitiques comme les guerres fortement médiatisées en Irak. Selon Quintyn, la poésie qui travaille sur ces thèmes, utilisant les matériaux accessibles dans la vie pratique, est une poésie virale :

«La poésie comme virus implique d’abord l’idée d’une propagation, d’un développement par contact.»

Cette poésie redéploie les langages officiels, publicitaires et pornographiques pour saboter ces discours en les critiquant. La remédiation des discours publics, des actions positives et activistes qui mobilisent les techniques quotidiennes de rédaction des informations officielles comme les journaux. Le document I shot Reagan (2002) est une sorte de remix visuel qui sabote la rhétorique politique atour de programme américain de la boucle anti-missiles.
Cette forme de contre-propagande est fortement liée au mouvement de Culture Jamming aux Etats-Unis. Le Culture Jamming (la culture bloquée), ou bien, le subvertising (1) consiste, pour la plupart, en des interventions et manipulations des affiches de publicité (les billboards). L’artiste américaine Ron English est un pionner de cette forme de subversion et il nous offre un exemple pertinent d’un dispositif poétique visuel. Il refait les publicités grand format des marques quotidiennes comme McDonald’s et Nike, ainsi que les publicités politiques, d’une manière subversive et activiste.


Le Culture Jamming: Tiger Woods


Ron English: Ronald McDonald


Ron English : Abraham Obama

Ces œuvres sont aussi des exemples de contre-spin car leur adoption des techniques de communication populaire est bien efficace, ils bouleverse les messages officiaux et commerciaux dans le contexte public. Si les spin doctors sont bien des spécialistes de la communication et ses effets chez les spectateurs, les artistes comme Olivier Quintyn et Ron English sont les spinneurs du spin qui renversent et redéploient cette expertise médiatique. Cette stratégie de subversion est un exemple classique de la résistance politique qui s’adapte et se transforme selon les contraintes de son contexte politique, social et culturel. Dans cette manière, le dispositif poétique devient un dispositif politique qui interroge la texture de langage de notre société saturée d’images, de messages et d’information. Le cible du virus linguistique devient l’origine du virus lui-même:

«Le virus embraye sur son contexte, il le transforme en s’y adaptant structurellement.» (2)

Baden Pailthorpe

(1) Combinaison des termes anglais advertising/subverting.
(2) Hanna, C. (2002) Poésie action directe. Paris: Editions Al dante p. 23

Olivier Quintyn, Propagateur

Article publié le : lundi 17 janvier 2011. Rédigé par : Jinsun Kim

Olivier Quintyn est un artiste et un théoricien qui se présente lui-même comme un «propagateur», derrière le projet [S. V. P]. Dans la conférence, il a commencé par une performance Spam Policy qui est composée d’images publicitaire en diaporama avec une sonorité informatique, la lecture poétique. Il n’est pas étonnant de regarder les images publicitaires et partout dans la rue, sur les sites internet, et dans la télévision. Même si les images nous incitent à  acheter des produits ou par un simple clic à accéder à un site pornographique, ce matraquage de messages raccoleurs nous tourne la tête. En plus, la sonorité informatique et la lecture que l’artiste répète alourdissent notre étourdissement. Même si nous regardons les images et écoutons les sons et la lecture, nous ne pouvons rien capter du message. Comme les entreprises espèrent tirer profit de l’impact publicitaire, elles produisent de plus en plus de pub qui peut nous stimuler. Mais on devient insensible à tout cela. On peut le considérer comme le spam qu’on jette et qu’on ignore dès qu’on ne le voit plus. Olivier Quintyn les a récupérés et a créé une œuvre à la manière d’une poésie. Finalement, on peut tirer de cette expérience, face à la pléthore de créations artistiques mêlant désordre et provocation, un sentiment qui ne laisse pas le spectateur insensible.

Jinsun Kim