-- Observatoire des nouveaux médias » 26e conférence

Marion Tampon-Lajarriette

Article publié le : lundi 8 février 2010. Rédigé par : Loan N'guyen
Marion Tampon-Lajarriette est une jeune artiste qui utilise les images en mouvements issus du cinéma comme matériau de base. Son premier travail décisif a été le «remontage»  du dessin animé japonais Princesse Sarah. Avec des moyens simples, elle enregistre les épisodes sur des cassettes VHS et film l’écran de téléviseur avec une caméra (ce procédé rappelle d’ailleurs celui de Jaques Perconte). La qualité est basse mais l’essentiel se situe dans le processus et sur ce qui est montré. Sa pratique révèle une volonté de retrouver une pratique manuelle, des gestes obsolètes et désuets comme un retour dans le passé, évoquée aussi par ce dessin animé qui a bercé sa jeunesse. Les images montrent des passages entre deux scènes où il ne se passe rien et où on montre rapidement le décor. Ce qui l’intéresse et ce qu’elle met en avant sont ces passages de «l’entre-deux», ce qui se passe entre les choses. Elle replace au premier plan, les éléments secondaires en leur donnant le premier rôle. Elle rend visible des moments que l’on délaisse, les moments de transition et qui ont des importances moindres dans la composition d’ensemble. Son intérêt pour l’entre-deux est aussi à comprendre comme un passage qui relie deux choses. On pense alors à son titre révélateur La Passerelle, œuvre qui propose une double projection qui se font face dans un couloir et qui montre deux visages exprimant du désir et de l’amour. Ses séquences sont tirées d’un film de Bertolucci et de Philippe Garrel. Sans l’intervention de l’artiste, cette séquence-rencontre ne serait pas possible.  Elle propose donc une fiction, une troisième voie à ces films.
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Un étrange voyage en images dans l’inconnu

Article publié le : lundi 8 février 2010. Rédigé par : Hwajin Lee

Parmi les impressions dégagées par les œuvres de Marion Tampon-Lajarriette, ce qui nous marque le plus est que celles-ci ont été retravaillées à partir d’ouvrages déjà achevés, soit des films ou des films d’animation. Toute personne ayant déjà pu contempler ces ouvrages ressent des impressions complètement différentes de celles d’une personne n’ayant jamais eu cette occasion, lorsqu’elle est face aux œuvres de cette artiste, car l’on considère ses œuvres tout en se rappelant nos impressions liées à l’ouvrage original, à leur histoire et à leurs corrélations.  Citons pour exemple Princesse Sarah, la première œuvre présentée par Marion Tampon-Lajarriette. Lorsqu’on la regarde, on l’apprécie en retrouvant naturellement notre sensibilité enfantine, puisque cette œuvre reprend le style conventionnel de films d’animation japonais que nous avons aperçus au moins une fois dans notre enfance, même si l’on ne connaît pas spécialement celui-ci.
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Marion Tampon-Lajarriette et son disque dur de l’art

Article publié le : lundi 8 février 2010. Rédigé par : Hande Dosemecioglu

La plupart des vidéos d’art réalisées par Tampon-Lajarriette montrent des hommes semblant si véridiques qu’on a souvent le sentiment qu’ils sont présents avec nous dans la même pièce. L’artiste parvient à créer avec des moyens techniques l’aura d’une présence psychique. Dans ses films, elle travaille souvent avec des références aux classiques du cinéma et nombre de ses photographies font songer à des arrêts sur image. Le film Manderley, 2007, se distingue par une dichotomie sensible entre la surface visible et le contenu psychologique. L’insouciante expression du visage dans La Passerelle, contraste avec l’obscurité. Elle met en scène des situations dans lesquelles la caractérisation des acteurs n’est pas en accord avec les scènes jouées. L’artiste s’est également servie d’éléments avant-gardistes tels que la constante alternance entre les positions narratives et photo-réalistes.
Marion Tampon-Lajarriette associe ses œuvres à celles d’autres artistes. Elle ouvre les images cinématographiques préexistantes à de nouvelles associations sémantiques. Dans ce contexte-la, on pourrait se référer a une artiste newyorkaise, Louise Lawler: à deux prises de vues de Round Marilyn de Andy Warhol, elle ajoute ainsi la question «Does Andy Warhol make you cry?» ou «Does Marilyn Monroe make you cry?», 1988, allusion ironique a l’attente affective qui accompagne souvent la réception de l’art. Il n’est pas rare que les inscriptions de Lawler citent aussi des noms de conservateurs, de conseillers artistiques, d’employés de musées et de bureau au lieu de mettre en avant ceux des artistes, ordinairement cités comme facteur déterminant pour l’évaluation de l’art. La signature, identité de l’auteur, se trouve littéralement décentrée, et avec elle, c’est aussi l’idée de l’autonomie de l’artiste, si déterminante pour la circulation de l’art, qui se trouve décentrée.
Hande Dosemecioglu

Marion Tampon-Lajarriette- Exploratrice de l’image

Article publié le : samedi 6 février 2010. Rédigé par : Louise Roguet

Marion Tampon-Lajarriette est une artiste pluridisciplinaire, qui allie art conceptuel et utilisation des nouveaux médias dans son parcours créatif. Son inspiration artistique possède une particularité peu courante, puisqu’elle découle essentiellement de l’existence d’œuvres reconnues et établies, issues du monde du cinéma, de la télévision ou encore de la presse. Effectivement, cette jeune plasticienne souhaite réinvestir des œuvres marquantes du cinéma, en se les réappropriant. Marion Tampon-Lajarriette réinvestit, joue, change des éléments, des séquences biens précises des films, en y changeant le sens initial de l’œuvre, pour ne faire de son travail qu’une extension artistique, un approfondissement, une sorte d’ode au souvenir de l’excellence. Chacune de ses œuvres possède donc une référence cinématographique existante et reconnaissable, qui  va d’Hitchcock à Godard en passant par Chris Marker. Mais, à chaque fois, seulement certains éléments bien précis sont repris par l’artiste, comme base de travail et de recherche artistique. Il peut s’agir de détails, de plans, d’images ou d’objets particuliers qui sont décortiqués puis mis en scène, ou le son est emprunté pour être ensuite réutilisé et réinterprété par l’artiste, ou encore le mouvement de caméra du réalisateur initial va servir d’inspiration. Elle parle elle-même d’un travail «au-delà des bords de l’image», où elle souhaite «parcourir le hors-champ infini de l’imag ». Ainsi qu’elle considère le «remake» qu’elle emploie, comme une façon d’ouvrir l’image à un nouvel espace temps, où l’emploi des technologies numériques permet sa navigation. Les œuvres de l’artiste se présentent sous la forme de films ou d’installations vidéo interactives.
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La nouvelle narration de Marion Tampon-Lajarriette

Article publié le : samedi 6 février 2010. Rédigé par : Ming-Chun Tu

Dans le domaine de l’art on a toujours envie de découvrir ou de chercher l’originalité et la personnalité dans les œuvres et chez l’artiste. On sait que les références sont tellement importantes pour les artistes, mais souvent elles ne sont pas évidentes dans les œuvres et sont parfois plutôt dissimulées. Mais il est sûr que l’on est tous influencés par d’autres artistes ou des images, des films… Contrairement à ce que je viens de dire, la jeune artiste Marion Tampon-Lajarriette travaille surtout avec les images recyclées de films connus d’où elle crée ses projets. Ses installations vidéo proposent de nouvelles sortes de points de vue et de dialogue avec les spectateurs. Dans ses projets, les images reprises de films deviennent le matériau, la nouvelle texture pour que l’artiste reconstruise des fragments de souvenirs des films. Les dialogues et les images sont réutilisés pour former une nouvelle narration ou un nouveau plan avec un logiciel en 3D mais avec simplicité et pureté. Sa façon de présenter cet environnement vidéo et cinématographique nous amène à une perception et perspective très singulières.  L’installation sonore et le grand plan nous permettent de nous focaliser sur chaque image, chaque petit mouvement, chaque détail. Le passage rapide ou moins évident dans les films devient durable, infini dans les projets de Marion Tampon-Lajarriette. Par le montage et la 3D elle crée son jeu de regard sur l’image cinématographique pour les spectateurs. Le point principal de ses travaux est de revisiter des images connues en nous donnant une nouvelle perspective. Si ces images étaient inconnues le sens serait totalement changé, la conversation avec les souvenirs des spectateurs serait perdue.

Les images recyclées de Marion Tampon-Lajarriette

Article publié le : jeudi 4 février 2010. Rédigé par : Elena Calagna

Marion Tampon-Lajarriette est une jeune artiste plasticienne qui s’inscrit dans le mouvement qu’on appelle «appropriationnistes», c’est-à-dire ces artistes comme Elaine Sturtevant, Sherrie Levine, Mike Bidlo ou Philip Taaffe, qui utilisent des œuvres connues ayant acquis un statut historique ou qui ont été fortement médiatisées, «en jouant sur les changements de sens que les différences matérielles, techniques ou stylistiques, peuvent apporter dans l’appréciation du rapport à l’œuvre reproduite». Son médium est la vidéo et en s’appropriant des images de films célèbres, elle réalise autre chose grâce à un travail de montage et de retranscription soit visuel soit textuel.Dans l’œuvre Manderley (2007) MTL réalise une vidéo-animation 3D de 20 mn où elle reconstruit l’espace du château du film de Hicthcock, Rebecca, en utilisant le moment de non action, du temps qui passe, les images des conjonctions d’une pièce à un autre. L’artiste crée une sorte de promenade/souvenir possible dans un lieu imaginaire, un nouvel espace mental, dans ce château qui devient protagoniste et que le spectateur revisite.


Manderley (2007)
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Interactivité dans l’image fixe

Article publié le : mardi 2 février 2010. Rédigé par : Viola Schneller

Marion Tampon Lajarriette, comme beaucoup d’artistes, crée un corps de travail qui dépasse les limites d’un seul «média»; elle puise l’inspiration de son travail dans de nombreux objets médiatiques, tel le cinéma, la presse, la littérature ou encore la télévision. Son inspiration vient également des images cinématographiques, notamment les films d’Andrei Tarkovsky, Jan-Luc Godard, Alfred Hitchcock, Chris Marker, Bernardo Bertolucci, ou bien Philippe Garrel. Chacun de ses œuvres a une référence déjà existante; elle y ajoute une vision différent par le cadrage et par la technologie. Ces œuvres de remontage se font essentiellement sur les supports vidéo et/ou photographie, et ce sont ceux-ci qu’elle a eu l’occasion d’exposer dans plusieurs pays européens; récemment on pouvait voir au Palais de Tokyo un de ses œuvres, Caméra 1, Plan 8 (2008).
Les reprises font une grande partie de son travail, mais ce ne sont pas simplement des copies d’œuvres authentiques qui transmettent au spectateur la même sensation. A contrario, ce sont des reprises faites à partir d’une expérience vécue, et puis revisitées avec des idées neuves, exemplifiant ainsi, comme Kierkegaard l’a souligné, que «reprise et re-souvenir sont les mêmes mouvements dans les directions opposées».
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Marion Tampon-Lajarriette

Article publié le : lundi 1 février 2010. Rédigé par : Anuta Varsta

La jeune artiste Marion Tampon-Lajarriette s’intéresse au cinéma, à la télévision, et la publicité. Le matériau sur lequel elle travaille, ce sont les images existantes; son travail est une sorte de recyclage et de détournement aussi. Elle présent son œuvre vidéo qui est construite sur des images de cinéma, surtout des référence connues, comme Tarkovski, Hitchcock ou Scorsese. Emprunter des images et des personnages déjà existant n’est pas toujours un choix facile ni une réussite assurée. Les personnages féminins qui se regardent face à face dans son œuvre La Passerelle, ou les deux femmes blondes de Taxi Driver, sont des images fétiches. Elle exploite plutôt l’image de la femme belle qui à l’écran est intéressante, attractive, qui attire l’attention. L’œil se rend vite attentif et en attente. Son œuvre La Passerelle, qui était exposée en différent formats, soit deux écrans face à face, soit deux grands écrans successifs, soit sur deux écrans télé dans une chambre d’hôtel, est différente chaque fois, surtout quand le format est petit et exposé l’un à côté de l’autre, comme dans la chambre sur des écrans télé.
L’absence de son dans cette œuvre crée une complicité, on n’est pas sollicité, on est plutôt dans le visuel, donc on donne une attention maximale à l’image. Une chose très forte dans ses œuvres, c’est justement cette absence de son qui est contraire à la télé, cinéma, etc. Les personnages qui d’habitude parlent, ici se taisent, eux-mêmes sont attentifs. Les deux femmes, en train de tomber amoureuses nous regardent et se regardent entre elles avec calme, tendresse et attention.Son première œuvre vidéo qu’elle réalise est inspirer d’un dessin animé ; peut-être est un désire d’un nouveau langage, car les dessins animé sont un univers nouveau mais reconnue. On comprend déjà les préoccupations pour trouver un nouveau langage, une forme inattendue d’expression en video, ou cinéma, en tout cas, sur l’écran.
Dans toutes les œuvre de Marion Tampon-Lajarriette, le mouvement de la caméra est essentiel. Le regard est conduit d’une façon qu’on ne peut pas contrôler, donc les choses qui nous sont montrées sont la solution choisie par réalisateur. L’artiste reprend ce mouvement et le colle dans une situation nouvelle. Le changement est radical. C’est le cas de Camera 1 Plan 8, ou elle reprend une séquence de film La Corde d’Hitchcock et reproduit en video le mouvement du plan-séquence de la caméra mais cette fois dans un décor irréel; le son reste seulement un indice dans un espace qui invite a explorer les hors champs.
Anuta Varsta

Marion Tampon-Lajarriette. Voir, c’est prévoir.

Article publié le : samedi 23 janvier 2010. Rédigé par : Hye Jung Shin

«Le nouvel automatisme ne vaut rien par lui-même s’il n’est pas au service d’une puissante volonté d’art, obscure, condensée, aspirant à se déployer par des mouvements involontaires qui ne le contraignent pas pour autant. Une volonté d’art originale, nous l’avons déjà définie dans le changement qui affecte la matière intelligible du cinéma lui-même : la substitution de l’image temps à l’image-mouvement. Si bien que les images électroniques devront se fonder dans un autre volonté d’art encore, ou bien dans des aspects non encore connus de l’image temps.» Gilles Deleuze, L’image-temps (pp. 347-348).
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Marion Tampon Lajarriette (artiste multidisciplinaire)

Article publié le : jeudi 21 janvier 2010. Rédigé par : Jiacai Liu

Marion Tampon-Lajarriette est une jeune artiste déjà exposée dans quelques pays d’Europe. Son travail se trouve quelque part «au-delà des bords de l’image». Puisant aussi bien dans les œuvres marquantes du cinéma que de la presse ou de la télévision, elle n’a de cesse d’interroger les images qui structurent notre environnement culturel pour en déterminer l’impact sur la réalité. C’est ainsi qu’après une formation à la Villa Arson, elle entreprend une série de portraits-vidéo à partir d’un travail de réappropriation de divers films qu’elle photographie, recoupe ou recadre. Dans le cadre défini de cette matière pré-existante, elle cherche à ouvrir d’autres espaces-temps, d’autres modes de compréhension qui privilégient une découverte aléatoire, une déambulation offerte au hasard. C’est ce dont témoigne sa série de photogrammes intitulée Manderley (2007) qui propose une traversée anarchique du film d’Hitchcock Rebecca.


Caméra 1, Plan 8, 2008 vidéo, 5’20 en boucle.
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