Chemin des poulies

Storybord de Chemin des poulies

< Synopsis >

C’est une histoire d’une femme qui a un souvenir occulté. Dans un cabinet profond de son bureau, elle trouve un ancien dossier qui parle d’un accident d’une famille.

Le décor de ce film est celui dans le quartier constitué des architectures modernes à Saint-Denis mais « désert ».

Dans ce film, l’absence de son souvenir familial est traduite par ce lieu « vide »… 

archi (fig. 1.)

< Scénario >

Chemin des poulies est conçu pour le film fiction. Il parle d’une histoire d’une femme à l’âge de vingt cinq ans qui travaille dans l’agence de voyage de moyenne envergure située sur une petite rue nommée Chemin des poulies de Saint-Denis et fondée depuis plus de trente ans. Cette femme a grandi dans ce quartier, pas de parents. Ses parents ont morts quand elle était petite mais elle n’a pas de souvenir sur leur mort.

Au début d’été, cette agence de voyage voulait trouver un type de voyage à thème accroche d’intéresser aux citadins pour leurs vacances d’été. De fait, il y a vingtaine ans où ce quartier a été beaucoup plus vivant grâce au développement industriel et commercial, cette agence organisait le voyage exotique pour les habitants. La femme descend sous le sol du bureau pour aller voir au magasin d’archive et chercher ces anciens dossiers-là. Dans cette recherche, elle trouve un article qui parle d’un accident d’une famille dans leur voyage en Malaisie ; des parents morts et leur fille survécue dans l’accident de noyade. Sa crypte de mémoire commence à surgir…

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Ce projet est conçu pour le court-métrage qui traite une thématique de la mémoire, plus précisément l’absence de souvenir sur laquelle je m’interroge. Ne se pourrait-il pas que l’absence des souvenirs ne soit qu’un effacement dans la mémoire ? Qu’est-ce que l’on peut interroger sur l’« absence » sous la forme de la mémoire ? Ma recherche est basée à la théorie de l’espace rhétorique trouvé, par exemple dans la dernière séquence du film, L’Éclipse (1962), chez Michelangelo Antonioni : L’espace qui parle.

« L’/espace/ possède une place dans la parole persuasive. Il occupe simplement un livre presque entier, le second, de la Rhétorique d’Aristote ; son titre de gloire s’appelle la Topique, (…) Topique, stratégie rhétorique du chemin fait à rebours à partir d’un lieu commun – ce lieu métaphorique dans lequel nous partageons un acquiescement – déjà donné, c’est le fameux « message » des communicationnels. »[1]

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L’idée de Chemin des poulies naît de la promenade du quartier de Saint-Denis à la date du 26 mars 2013 pendant la matinée où la photo ci-dessus (fig. 1.) a été prise.

Capture d’écran 2013-05-31 à 04.22.05  (fig. 2.)Plan de localisation des archéologiques

D’abord, malgré l’histoire de ce quartier depuis Néolithique ancien – Les premières traces d’occupation humaine remontent au néolithique ancien près de la basilique, une sépulture isolée – qu’il y a beaucoup de projet archéologique (fig. 2.), je l’appellerai un quartier résidentiel. Nous pouvons trouver beaucoup d’immeubles d’habitation hauts et géométriques. Cela nous rend un paysage de la société moderne, industrielle qui était vive à la fin des années 1970. On peut dire que c’est à cause de la crise du logement après les deux guerres. Dès 1945, la municipalité lance une politique de logements sociaux.[2]

Ma première impression de ces lieux est donc une ville « vide » ou « déserte ». De ce contexte, ce « vide » ne vient pas de la ruine mais plutôt de son paysage où restent des traces du monde industrialisé, inhumain et aliéné. Un espace plat où une femme n’arrive pas à enraciner une identité, et un espace d’apesanteur où elle se trouve bien incapable de donner du poids à sa vie.

Saint-Denis-20130326-01175_groupe de touriste (fig. 3.)

Ensuite, ce que j’ai rencontré dans cette promenade, est un groupe de touristes (fig. 3.) dans ce quartier de même qu’il s’appelle ville au Moyen âge.

Cette rencontre m’a évoqué mon expérience du travail à l’agence de voyage, le travail qui m’a posé la question sur la « connaissance » et l’« expérience », ainsi qu’un rapport entre deux. C’est à dire que le travail de cette agence se passe avec la « connaissance » des lieux qui est obtenu par les documents, cependant qu’il ne permet aucune « expérience » des lieux. Un travail à imaginer.

 

Dans la démarche de ma création, il est ainsi nécessaire de ressenti des paysages de la ville pour construire reconstruire l’absence de souvenir ou bien présenter représenter les traces mnésiques.

« La vue extérieure… des enfants jouent dans une cours d’école, des jeunes crient entre eux, des couples se disputent et une femme pleure au bout de la rue, n’est pas qu’une image de l’autre. Dans leurs figures, nous pouvons retrouver notre passé que nous oublions et aussi notre future que nous imagions. »          

(un extrait dans mon cahier d’esquisses, un jour en 2012)

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  • Références filmographiques

– Lynne Ramsay, We need to talk about Kevin, 2011.

– Naomi Kawase, Rien ne s’efface, 2009.

– Michel Gondry, Eternel Sunshine, 2004.

– Bong Joon-ho, Memories of Murder, 2003.

– Hirokazu Kore-eda, After Life, 1998.

 

 


[1] Une citation dans l’article d’« /Espace rhétorique/ » écrit par Philippe-Joseph Salazar :

URI: http://id.erudit.org/iderudit/007557ar

DOI: 10.7202/007557ar

Note : les règles d’écriture des références bibliographiques peuvent varier selon les différents domaines du savoir.

[2] Consulté sur le site http://www.saint-denis.culture.fr/fr/1_6b_ville.htm

Symphonie d’une Gare

« Maintenant je ne vais plus qu’écouter … J’entends les sons qui se côtoient, se combinent,  se mêlent ou se suivent, les sons de la ville, et les autres, les sons du jour et de la nuit… » (Walt Whitman, Chant de moi-même) 

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Cartographie sonore de la gare de Lyon 

Pendant ce semestre, l’accent a été mis principalement sur la démarche, la dérive, la psycho-géographie urbaine etc. Je me suis dit : pourquoi ne pas prendre une gare comme la gare de Lyon qui est aussi grande qu’une ville comme le lieu de cette recherche ? La gare était la représentation de la modernité à l’époque de la révolution industrielle. On pourrait considérer que la gare est une  ville contemporaine à petite échelle. Tous  les aspects de la vie moderne, la vitesse, l’attente, le temps, l’anonymat, l’individu et la collectivité, la consommation, la circulation et la sécurité … y sont omniprésents. C’est un vrai labyrinthe où on peut  se perdre facilement. Mais ma recherche porte sur une autre sorte de dérive que le fait de se perdre. Je veux étudier ce labyrinthe à travers la sonorité d’une gare : quel est le rapport entre la sonorité et l’espace ?

 Le son et l’espace ne sont pas séparables. Dans l’étude du son, l’espace où le son s’inscrit, se produit et se propage est toujours important. En même temps, la sonorité d’un espace est aussi un élément qui identifie l’espace. Le son crée son espace. Essayez cette expérience : fermez les yeux et imaginez une gare, essayez d’écouter les sons. Qu’est-ce que vous entendez : le son du tapis roulant, des escalators, des roulettes de bagages, des pas rapides ou lents, des rumeurs des arrivants et des passagers, des annonces sonores, les bruits du train et toute une gamme de sons divers. « La  méthode de la dérive de Guy Debord est une manière de cartographier de la ville et de diffuser l’art dans la vie».

 « Le paysage sonore est une manière sensorielle de cartographier les lieux »[1]. Le but de ce projet est de faire le portrait global d’une gare en retranscrivant les ambiances sonores de différents endroits de la gare de Lyon comme la salle d’attente, la librairie, le café, les guichets, les escalators, les quais. Donc, je commence à cartographier la gare de Lyon par une dérive sonore, en compagnie de Sabina et Cae, mes amies du cours de ‘‘Son et musique de la ville’’. En cherchant les sons de la gare et en les écoutant, nous avons essayé de dessiner notre propre parcours sur la carte de la gare de Lyon. Notre itinéraire fonctionne comme un outil d’apparition des sons. La prise des sons nous a permis de créer une palette sonore.

Voici quelques pièces sonores de notre étude 

Salle d’attente  Relay-Librairie  Trajet de montée vers la gare  Terrasse et intérieur du resto

Parcours de l’extérieur  Escalators du metro vers la gare  Consigne et objets trouvés

Attente sur quai

Lorsqu’on écoute cette palette de sons, on perçoit en bruit de fond, même dans un espace fermé comme la salle d’attente, la présence de la machine (c’est-à-dire une ambiance mécanisée), l’intonation d’une voix féminine annonçant l’arrivée et le départ des trains et le bruit de roulettes d’un bagage sur le sol. Ce sont ces sons codés qui constituent la gare. A la fin de chaque séquence, la sonnerie d’un téléphone portable rappelle à quel point l’homme contemporain est dépendant des moyens de communication dans la vie quotidienne. Par conséquent, chaque apparition sonore pourrait être la représentation brute d’un moment et ce qui se cartographie, au-delà de l’événement, est une indication du rapport de l’homme et la machine dans une gare. L’espace, ni fermé, ni ouvert de la gare, qui caractérise son architecture, construit une gamme de « va et vient » sonores. Les voyageurs, les passagers et les trains qui se déplacent, arrivent ou partent, créent leurs propres bruits et rumeurs.

Les sons repérés le plus souvent dans cette étude 
  • Pas
  • Trains
  • Escalators
  • Chariots, engins à moteur
  • Passagers, voyageurs, passants
« Nous proposons d’écouter le monde comme une vaste composition musicale- une composition vaste dont  nous serions en partie les autres ». (Raymond Murray Schafer, auteur-compositeur, il a écrit notamment le fameux Sound scape)

Notre mode de travail          

Nousplan avons fait la prise de sons pendant deux jours et nous avons fait un commentaire après chaque  prise de sons : Cae dit qu’elle connaît la gare par cœur. Pour elle, la gare est une représentation absolue de notre société de consommation. On consomme tout le temps. Elle associe très fortement voyageur / consommateur. Sabine parle de la sonorité du sol et du plafond dans la gare et moi, je parle de l’apparition et la disparition des sons qui se déplacent  dans la gare, autrement dit des sons transitoires et du caractère spatio-temporel du son. Enfin, tout cet exercice a pour objet d’écouter autrement l’espace qui nous entoure, car les habitants d’un espace consomment cet espace et le son sans avoir conscience. Au cours de cette étude, dans notre errance dans la gare,  nous avons privilégié une errance dictée par les sons plutôt qu’une errance dictée par l’espace. L’apparition brute du moindre son captait notre attention.

Voici un exemple de l’observation audio-visuelle tiré de la  littérature 

 Georges Perec, Tentative d’épuisement d’un lieu parisien. Christian Bourgois éditeur, (1975) 2008, p. 24.

J’ai revu des autobus, des taxis, des voitures particulières, des cars de touristes, des camions et des camionnettes, des vélos, des vélomoteurs, des vespas, des motos, un triporteur des postes, une moto-école, une auto-école, des élégantes, des vieux beaux, des vieux couples, des bandes d’enfants, des gens à sacs, à sacoches, à valise, à chiens, à pipes, à parapluies, à bedaine, des vielles peaux, des vieux cons, des jeunes cons, des flâneurs, des livreurs, des renfrognés, des discoureurs.

Observation audio-visuelle de notre parcours 

IMG_2123-copieSéquence de la salle d’attente 

Des enfants, les familles, les copains, en tout cas, des voyageurs qui attendent de leur départ ou se reposent. Les paquets de chips sont presque finis, un groupe d’arabes en train de parler, deux jeunes femmes en train de discuter, les enfants en train de jouer. La salle d’attente, un lieu pour se reposer sans dépenser d’argent. La salle d’attente, c’est un abri !

2-copieSéquence sur le quai, voie K 

L’arrivée du train en provenance de Montargis, la voix des machinistes, le mouvement de plusieurs personnes. Entendre une langue qui n’est pas le français. Les valises qui roulent. Les gens qui s’embarquent dans le train et ceux qui courent pour l’attraper. Beaucoup de voyageurs sans grosses valises. L’autre train qui va vers l’Italie. Ce train vers Venise me fait rêver, me donne envie d’y aller, réveille mon désir d’ailleurs. J’aimerais tant partir ! Mais c’est impossible en ce moment !

IMG2426-copieSéquence consigne-objets trouvés 

Cette fois-ci, on est dans un espace fermé. Entendre le claquement de portes automatiques à travers le bruit des voyageurs et la sonnerie du contrôle de sécurité. La séquence se termine sur un téléphone portable qui se met à sonner et le glissement doux des roulettes, sur le sol, d’une valise qui s’éloigne petit à petit de nous.

IMG_2115-copieSéquence de la terrasse et de l’intérieur du restaurant Le Train Bleu

Restaurant : il y a beaucoup de bruits, les bruits des tasses contre leurs soucoupes. Le plus marquant : les communications téléphoniques des clients qui sont parfois plus bruyantes que les conversations normales, peut-être parce qu’on ne voit pas l’autre interlocuteur. Une famille qui se lève en face, les grands-parents, les petits enfants. Les annonces qui rythment la voix qui vient de nulle part. Et encore les oiseaux qui volent dans le restaurant et dans le hall, les pigeons, quoi !

IMG2443-copieSéquence du marchand de journaux « Relay » 

La voix d’une petite qui appelle sa maman. Les murmures des clients et des voyageurs qui regardent des magazines. Le bruit de la monnaie qu’échangent clients et caissière. Le geignement des enfants qui réclament des gâteaux. Et encore le glissement des valises sur le sol.

Exemples d’une carte sonore

Carte sonore de BruxelleCarte sonore de Bruxelles

Le projet de la ‘‘carte sonore de Bruxelles’’ est un exemple de la cartographie sonore de la ville de Bruxelles. Ce projet invite les Bruxellois à enregistrer leurs sons favoris dans la ville et à les poster sur une carte en ligne.

http://www.bna-bbot.be/brusselssoundmap/?lng=fr

 Présentation finale 

A la suite de notre démarche pour vivre les ambiances sonores de la gare et les enregistrer, j’ai parcouru notre trajet une autre fois mais toute seule. J’ai tenté de dessiner le parcours en prenant des photos et des films. J’ai commencé donc à flâner. Au départ, pour la présentation finale du projet, je pensais plutôt à une vraie carte qui pourrait montrer notre parcours sonore. J’ai constaté finalement que j’avais beaucoup de mal à réaliser cette carte. Du point de vue géographique, la carte est un moyen qui permet de naviguer sur le territoire. C’est un outil qui montre le trajet et permet de savoir où on est. Cependant je ne voulais pas faire une carte de géolocalisation. J’ai décidé d’adopter un autre point de vue pour réaliser cette carte : celui de cartographier l’ensemble de la sonorité de la gare sous la forme d’une chaine sonore des ambiances diverses. J’ai fait un arrangement avec les pièces sonores que nous avions déjà enregistrées pour composer une bande son. Cette composition sonore est accompagnée des photos que j’ai prises dans la gare. Les images, en petits formats, sont superposées les unes sur les autres. Elles sont aussi disposées de manière à renforcer l’apparition des sons dans cet ensemble.

Et voici la symphonie de la gare (à écouter de préférence avec un casque)

https://vimeo.com/67171836

Objectif de parcours 

La marche en écoutant ! L’idée était de cartographier les ambiances sonores de la gare pour écouter  l’espace autrement, en déambulant. Les sons sont aussi puissants que les images. Les sons construisent notre perception de l’espace. Bien qu’on n’en soit pas toujours conscient à ce point-là. L’écoute peut révéler des secrets de l’espace qui nous entoure. Cela veut dire quoi ?

Pendant cet exercice, on a essayé d’écouter l’espace de la gare. C’est vrai que l’apparition de chaque bruit nous a fait agir. Cependant lorsqu’on a commencé à réécouter les morceaux enregistrés, j’ai compris de manière plus intense l’espace qui  nous entoure. J’ai découvert plein de séquences intéressantes que je n’avais pas perçues lors de l’enregistrement. Certes, j’ai raté beaucoup de moments, de conversations et d’événements qui se passaient dans la gare. Mais la manière d’enregistrer les sons nous a permis de les découvrir. Ecouter ou réécouter les enregistrements  plusieurs fois permet d’agrandir « l’image » et d’en visionner tous les détails. On a pu ainsi découvrit l’espace sonore de la gare autrement.

IMG_2230 (2)-copie Dernière action : Jouer du violon en silence dans la gare

Je voulais expérimenter l’espace de la gare encore une fois. Autrement dit, je voulais à la fois mettre en pratique l’expérience de notre écoute et amener les passants de la gare à réfléchir sur la question de l’écoute. Au départ, j’ai imaginé dériver en aveugle dans la gare avec des yeux bandés. Je me disais, en faisant cette expérience : je vais écouter l’espace de la gare d’une autre manière.

Puis, j’ai trouvé une autre idée.  C’était de devenir une sculpture immobile qui écoute l’espace et les passants et en même temps fait jouer pour eux une musique en silence, pour que cette performance puisse modifier non seulement l’écoute des passants pressés qui vont et viennent dans un espace comme la gare, mais encore modifie leur regard.

J’ai demandé à Sabina de m’accompagner pour réaliser cette performance. Comment réaliser ce projet ? J’ai choisi un lieu de passage dans la gare et je suis restée immobile pendant quelques minutes sans regarder les gens, en jouant du violon en silence sans archet. J’ai joué un morceau en mimant les gestes pour les passants, J’étais silencieuse et à l’écoute de « la musique » produites à leur insu par les passants. Au départ, j’avais peur de tout, de la police, des passants et de leurs réactions. Du coup,  j’ai fermé les yeux et j’ai écouté  ce qui se passait autour de moi. Cette  performance était assez particulière pour moi. J’ai juste écouté, j’ai ressenti les réactions négatives ou positives, j’ai entendu les mots  gentils et pas gentils. Au fur et à mesure, j’ai osé ouvrir les yeux et regarder ceux qui me regardaient. Les gens qui s’arrêtaient une seconde ou un peu plus pour me regarder, les gens qui tournaient la tête en marchant. Est-ce qu’ils pouvaient entendre ma musique ? Je n’ai pas de réponse à cette question mais moi, je les  ai  bien  écoutés! Une écoute intérieure absolue pendant quelques minutes. Sabina a illustré cette performance avec un appareil photo.

Et voici quelques photos de cette performance

IMG_2204-copie  IMG_2212-copie  IMG_2209 (2)-copie  IMG_2244-copie

Sabine me disait que ces deux femmes me regardaient attentivement. Apparemment, elles sont restées jusqu’à la fin de la performance.

J’ai fait une autre performance à l’extérieur de la gare. Cette fois-ci, je n’ai  eu aucune peur. J’ai joué ma musique en silence. J’ai écouté et perçu ce qui m’entourait, les oreilles et les yeux grand ouverts sans avoir peur.

 


[1] http://eductice.ens-lyon.fr/EducTice/recherche/geomatique/actualites-et-lettres-geomatiques/articles-lettre-geomatique-13/lettre-18/paysage-sonore-une-maniere-sensorielle-de-cartographier-les-lieux/

 

Lien

« Il est vrai qu’en parlant quelque chose s’apaise.
C’est comme aller le long des routes
jour et nuit à notre façon et sans but. »
Lorenzo Mondo, Cesare Pavese

« Au fil de la marche » est un enchevêtrement d’émotions et de mots. Le projet articule une image fixe et un montage vidéo ici. Fil de réflexion déroulé sans canevas de manière intuitive et sensible, il offre plusieurs niveaux de lecture. Il fait interagir plusieurs notions telles que celles de lien, de cadre, de mouvement et interroge le passage entre l’inspire et l’expire, le visible et l’invisible, le conscient et l’inconscient, l’intimité et l’extériorité, la peau et l’architecture urbaine. Présentant un homme « défilant » d’un bord à l’autre du cadre en un seul et même sens, la vidéo met en avant l’aspect inexorable du passage du temps. Si minime et imperceptible soit-il, le mouvement du corps fend l’espace et engendre un tourbillon d’air. Cet aspect se trouve renforcé par l’avancée du personnage à contrevent.

Ce mouvement d’air fait écho à celui de la respiration, l’inspire et l’expire forment le souffle et constituent une circulation vitale, à la base de toutes les autres. Respirer est un réflexe automatique auquel nous ne pensons pas la plupart du temps, inspirer l’air puis le rendre à l’espace, recouvre un aspect vivifiant. Il est possible de comparer ce phénomène avec la manière dont nous recevons ou nous accueillons les événements de la vie. Qu’elles soient passées, présentes ou à venir, nous ne pouvons sous-estimer l’influence de nos expériences personnelles sur notre démarche. Les événements du monde extérieur agissent sur notre corps et notre âme, que ceux-ci soient naturelles (vent, pluie, luminosité…) ou bien mentales et culturelles (relations sociales, relation à l’espace urbain, à la ville et à l’architecture).

La marche favorise une perception différente du monde, de soi-même et des autres. Elle est jouissance du temps, des lieux, « une dérobade, un pied de nez à la modernité. Elle est un chemin de traverse dans le rythme effréné de nos vies, une manière propice de prendre de la distance et d’affûter ses sens. ». À condition d’abandonner une partie de ses habitudes, la marche est une passerelle pour entrer en résonance avec soi. Le déplacement qu’elle opère est un geste libérateur qui met la pensée en en marche et permet non seulement d’explorer et de s’inscrire son environnement extérieur mais également d’entrer en contact intime avec soi-même. Marcher permet de se détacher de ce qui tourbillonne dans sa tête, de lui donner corps et de faire émerger de nouvelles connexions mentales qui sont autant de liens, de ligatures et de cicatrisations possibles. Les notions du rythme, du pas et de la respiration sont intimement liées. Chaque individu détient une manière personnelle de respirer et de se mouvoir. Notre façon de marcher nous identifie, elle constitue une signature personnelle de notre inscription dans l’espace.

Le pas sage...

La vidéo tente de saisir et d’inscrire une marche dans l’espace et le temps. La problématique qui ressort de cette captation est celle du rythme de l’existence. À quel rythme marcher ? À quel rythme traverser l’espace ? À quel rythme respirer ? Enfin à quel rythme vivre ? Matérialisé par le fil blanc, la respiration est comme un fil continu dont il s’agit de ne jamais couper l’unité. Outre la circulation d’air, la respiration et le souffle sont une circulation de l’énergie et de la vie en nous. Ces circulations sont présente sous différentes formes dans la vidéo, le fil conducteur blanc fait autant écho à une ligne de vie qu’à un fil de suture.

Marcher consciemment est un exercice de réflexion au cours duquel il s’agit d’allier le corps et l’esprit pour franchir l’espace. Et ce franchissement fait inévitablement jaillir le passage du temps.

Fissure

petiteceitureMarina D’Aiuto

Le chemin de fer de la Petite Ceinture, utilisé pour le transport de marchandises et des voyageurs au passé, existe  aujourd’hui dans la ville de Paris comme une zone parallèle, peuplé par aucuns visiteurs, passants et personnes sans-abri. Abandonné et avec l’accès interdit, la voie ferrée est comme une sorte de vide dans le plan de Paris. Toutefois, en dépit d’être formellement interdit d’entrer dans cet espace, il est animé par les gens qui y vont à la recherche de calme et de tranquillité, des moments de loisirs, d’un espace de production, etc … Ainsi, le lieu Petite Ceinture est comme un espace de tension entre le vide et le plein, le visible et l’invisible, l’activité et l’inactivité. Avec son destin encore indéterminé et le type d’utilisation que ses visiteurs spontanément lui donne, la Petite Ceinture est une fente dialectique ouverte.

La Petite Ceinture est une ligne ferrée urbaine circulaire de 33 kilomètres qui traverse les neuf arrondissements périphériques de Paris (du 12ème au 20ème). Elle a été construit entre 1852 et 1869 pour le transport de marchandises et ouvert aux voyageurs en 1854. Très important au développement et à l’urbanisation de Paris, la Petite Ceinture a transformé le paysage des communes limitrophes de la ville. Les terrains agricoles et les grandes propriétés privées sont devenus une extension du tissu urbain grâce à l’implantation d’établissements industriels près des gares marchandes et des entrepôts.   Le transport de voyageurs a cesse en 1934 et le transport commercial de marchandises en 1993. Depuis ce moment, la ligne de fer a été complètement abandonné.

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À partir de cet espace tensioné entre les caractères actif et abandonné, je produis mon projet d’intervention sur site:

L’objectif du travail est d’accentuer et de mettre en vue la situation de tension dialectique qui présent la Petite Ceinture. J’utilise le concept de “dialectique” dans le sens de “chemin entre idées”, entre usages étant donné qu’il n’y a qu’une usage informelle et pas institutionnalisée en contrastant à la structure et l’usage originaux, à savoir une contraposition entre usages. J’essaye d’atteindre cet objectif à travers la superposition une image photographique, en même temps  familière et contrastée par rapport à la condition et au paysage de la Petite Ceinture, directement sur ​​la voie ferrée. Ce seront des images des personnes  couchées sur l’herbe, en train de prendre un bain de soleil, comme on voit souvent dans les parcs le week-end. Les images seront presque à taille réelle, mais fragmentée en plusieurs papiers en format A4, de manière à former une scène de loisir fictive en  superposition à la vue  de la Petite Ceinture. À partir de l’intersection des deux lieux (réel et fictif) j’ai l’intention de faire référence à l’usage spontané du lieu par des personnes et, en même temps, créer de la discordance par rapport à la situation d’abandon dans laquelle se trouve le chemin de fer. Cette tension entre l’espace réel et l’espace fictif se déroule comme l’opposition entre “mouvement” et “stabilité”, “abandon” et “activité”.

Les indications ci-dessus montrent le lieu choisi pour l’installation des images:

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Le lieu choisi pour le positionnement de l’image est un extrait de la Petite Ceinture juste en dessous de la Rue de Charenton. À ce point là, le chemin est à un niveau plus bas par rapport à la rue, de manière à permettre  une belle vue pour les personnes qu’y passent  Les images imprimées sur papier seront fixées sur les rails avec du ruban adhésif. Cela permettra encore que le vent bouge le papier d’une certaine manière.

Voilà un possible disposition des photographies et les images qui seront utilisées probablement:

Screen Shot 2013-05-23 at 12.41.21 AMScreen Shot 2013-05-23 at 1.07.58 AM

 

La mise en œuvre

Les images choisies pour la mise en place du projet ont été photographiées par moi en plusieurs endroits. Je les ai imprimées en 50 papiers A4 donnant un total de 8 groupes d’images. J’ai choisi surtout les photographies en montrant des personnes reposées sur l’herbe, en train de parler, des enfants en train de jouer, c’est-à-dire, des activités de loisir. J’ai privilégié les visages et les pieds puisque, à mon avis, ces parties du corps sont les plus expressives par rapport à l’impression que je voulais donner.

montagem 1

 

En considérant l’agilité pour positionner les papiers et pour éviter que le vent détruisisse rapidement les images, j’ai utilisé de ruban adhésif transparent pour fixer les papiers au sol. L’action du vent sur les papiers était désirée, mais seulement après un certain temps.

La mise en place a duré environ 20 minutes. Après, le vent a rapidement tourné les papiers et les images trompe d’œil ont été désorganisées. Elles sont devenues des déchets banals concentrés sur les lignes ferrées, camouflées dans l’environnement.

avant le ventaprès le vent

 

Voie 2

 

 

À partir de l’observation in situ, j’ai remarqué que les moments les plus remarquables  pour les personnes étaient pendant mon action dans la Petite Ceinture, et alors, ou les images étaient encore bien visibles. L’invisibilité du travail après l’action du vent étaient la même de la Petite Ceinture par rapport aux gens qui la croisent quotidiennement. La question de la visibilité a été étonnante. La complexité, les multiples couches de temps de la Petite Ceinture, de plusieurs constructions de la ville de Paris sont invisibles. De différentes manières, les gens se rendent compte de l’existence particulière de la Petite Ceinture quand elles voient une personne là dedans en train de se balader, de faire des graffitis en utilisant cet espace. À l’avenir, les passants peuvent, peut-être, s’indaguer à propos de la nature de ce lieu, le voire déplié dans le temps.  La fragilité des transformations de la ville avec le passage du temps a été exposé.DSC_0829 DSC_0795

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Souterrain

Mia Rafolo

Il ya 2 ans je suis tombée par hasard sur cette phrase de Tania de Montaigne « Etre étranger c’est d’être sous l’eau quand d’autres vous parlent à la surface. »

Depuis, une image de promenade dans la ville sous l’eau me poursuit. Une promenade à la fois extérieur et intérieur, mobile et immobile. J’ai pensé cette vidéo tout d’abord comme une expérience sensorielle, visuelle.

Le regard modifié par une eau ou l’on ne voit pas son contenant mais juste sa surface.  L’eau qui sépare le paysage en deux partie, l’eau qui devient l’horizon, l’eau qui est à la fois transparent et qui fait refléter.

Cette distorsion créer par l’eau m’a fait penser à l’installation de bill Viola

He weeps for you, Bill viola

Et la promenade de l’exterieur reflété sur un liquide à Ismael Bahri et son oeuvre Orientation. L’artiste se promène dans la ville avec un verre rempli d’encre de chine. Tour à tour le spectateur se retrouve happer par l’image et se perd entre la réalité qu’il ne montre pas mais transformé par son reflet dans le verre d’encre.

« Orientation » Ismael Bahri

J’ai alors commencé une première vidéo ou j’ai filmé dans un aéroport car le lieu me semblait important pour le contexte. J’ai imaginé des lieux de passage, d’aller et venue sans appartenance, sans histoire. J’ai pensé au non-lieu de Marc Augé.

Les espaces sont important dans ce projet car toute la problématique de la marche est dans l’environnement qui l’entoure. Une marche n’est conséquente que si elle nous permet d’observer ce qui nous entoure et ce qui se passe dans notre intérieur. Quand je parle de la marche, je parle de la définition de la flanerie comme l’entendait Baudelaire et non la marche qui permet de se déplacer d’un point à une autre.

Mettre en place une promenade avec un regard modifié par l’eau me permet de comprendre l’état d’être à la fois en intérieur et en extérieur.

Mais je n’étais pas réellement satisfaite de cette première vidéo, j’ai donc essayer une autre expérience, celle de filmer une bouteille d’eau sur un trajet de périphérie.

J’ai pris le tram et j’ai filmer l’évolution du paysage à travers une bouteille d’eau qui voyage. Cette fois ci la caméra n’était plus dans l’eau mais à l’extérieur et cette bouteille qui se déplaçait était une sorte de métaphore du déplacement.

Mais cette démarche ne m’a pas non plus convaincu.

C’est ensuite en s’immergeant complètement dans un intérieur, à savoir le métro que le projet à pris forme.

Souterrain est une vidéo de 2mn qui montre un court passage de marche dans le métro et une démarche pour y sortir. J’ai construis cette vidéo sous forme de performance filmé car c’est l’action qui m’a intéressé et non la mise en scène. Le regard est important car le spectateur est au même niveau que le performeur, il voit à travers un objectif qui plonge ( littéralement) le spectateur dans un espace à moitié rempli d’eau.

On peut retrouver cette même poétique dans le travail de Mihai grecu

http://www.mihaigrecu.org/

10_VIS_Mihai_Grecu_Coagulate

Le point de vue est direct et les plan assez serré, Souterrain est une immersion dans un monde coupé en deux par un liquide, une ligne molle et mouvante ou encore un battement de paupière. Il ya un rythme soutenu dans le battement permanent de la ligne de haut en bas parfois accélérer selon la vitesse de la marche. La respiration semble revenir lorsque la caméra sort de la bouche du métro.

Souterrain raconte l’expérience d’une promenade dans un espace clos, mais aussi une promenade dans un espace en mouvement.

Souterrain

 

 

Moraya

Carmen Ayala et Reyes Morgado

lien exterieur

Qu’arriverait-il si nos pensées quotidiennes et spontanées apparaissaient à nos pas ?

De quelle manière le privé influe dans la vie publique ?
Dans notre cerveau on peut localiser nos stimuli et nos fonctions cérébrales comme ils étaient la carte d’une ville.
Nous sommes parties de l’idée de la démarche des pensées car on a étudié en cours d’autres artistes comme Richard Long qui envisageaient ce genres de questions.  Nous nous sommes rendue compte que le cerveau humain a des ressemblances avec la carte de Paris en faisant une recherche sur la démarche des pensées. Et c’est pour cette raison que notre projet essaie de faire un parallélisme entre la carte d’un cerveau humain et la carte de Paris.
On avait un intérêt commun à l’aspect intime de l’individu dans un environnement public, comme par exemple la voie publique.
On a conclu que notre pensé est ce qu’on amène comme élément le plus privé de nous mêmes, nos idées qui sont autant simples que complexes et qui viennent à notre esprit pendant notre démarche quotidienne.
On a inversé l’image du cerveau pour qu’il y ait une ressemblance plus proche de la carte de Paris et aussi pour mettre l’accent sur l’idée de la vulgarisation de la science comme recours artistique.
Chaque arrondissement corresponde à une partie du cerveau concret. On a choisi 20 fonctions cérébrales, et nous les avons placées en fonction de comment elles étaient disposés dans la carte. Il y aura un graffiti pour chaque fonction cérébral.
(Les esquisses)
(Le processus des planches)

Nos parcours

(Graphique des km faits par jour)

04/05/2013

Nous avons fait les arrondissements XVIII (Le toucher), X (La langue parlante), XI (La peur) et III (Le sexe).

07/05/2013

Nous avons fait les arrondissements IX (Le goût), VIII (La compréhension de la parole), XVII (Les sensations conscientes), XVI (La vue), VII (Le rêve) et XV (Le mouvement).

08/05/2013

Nous avons fait les arrondissements XII (La prise de décisions), IV (L’agressivité), V (Les émotions affectives), VI (La faim et l’anxiété), I (Le mensonge) et II (L’audition).

09/05/2013 Matin

Nous avons fait les arrondissements XIX (L’expression de la personnalité) et XX (Les fonctions intellectuelles).

9/05/2013 Soir

Nous avons fait les arrondissements XIII (L’odorat) et XIV (La mémoire auditive).

V ème. Les émotions affectives

XII ème. La prise de décisions

Rue St Nicolas vers le numéro 15

« CtZt praxis : à Paris » (2013)

Projet CtZt praxis : à Paris (2013)

proposé par Cíntia TOSTA

La présentation

Le projet CtZt praxis : à Paris (2013) propose une promenade à Paris.

Cette promenade est composée par trois étapes. La première concerne le choix du chemin à parcourir. Ce chemin est tout d’abord un choix solitaire. Ensuite, la deuxième étape est relative à l’action de réaliser le chemin. Celui est en réalité une découverte d’autres univers. Enfin, la dernière étape, est celle qui propose la rencontre avec d’autres marcheuses ou marcheurs. Cette troisième étape propose une pause au mouvement de marcher. Cette pause est un point important pour reprendre son chemin et avoir une nouvelle démarche dans la vie.

Le concept

Le projet CtZt praxis : à Paris (2013) est une promenade poétique dans la ville de Paris. Cette promenade propose plutôt une méditation sur la marche dans la ville. Cette promenande a l’intention de ne pas dévoiler la ville de Paris à partir de ses bâtiments historiques ou lieux turistiques. Cette  souhaite promenade renvoyer à une toute nouvelle réflexion.

La ville de Paris devient invisible et cela est l’événement qui va réveler la marche en tant qu’objet d’étude ou action méditative à partir d’une vision toute particulière, celle je jambes et de pieds.

Cette action méditative qui est la marche est une action poétique en trois étapes bien définies, ainsi définies :

 1. Choisir son chemin.

Cette étape correspond à l’itinéraire choisi pour la marche.

Le texte qui accompagne cette étape est “Marcher, pas après pas, une démarche solitaire.”

2. Faire le chemin.

Cela correspond à à l’action de matérialiser son choix, c’est-à-dire, son parcours, par la réalisation d’une marche. Cette action revoie à la démarche de concrétiser l’idée de la marche à partir de son corps physique.  Et c’est en s’apprivoisant de la marche, “en marchant”, que d’autres réalités peuvent apparaître ou être découvertes.

Le texte qui accompagne cette étape est “La démarche, ses muscles et le corps qui parle. En marchant, tout un autre univers se révèle. Et ensuite, la marche, cette meditation solitaire des os, des muscles et de la chair qui marche, devient le plaisir de la rencontre. D’autres meditations solitaires, d’autres os, muscles et chairs. ”

 3. Rencontrer leurs chemins.

Cette dernière étape concerne la rencontre avec d’autres demarches et marches. En marchant, l’être sort de sa solitude urbaine et rencontre d’autres êtres qui marchent. Mais cette rencontre est seulement possible si une pause s’instaure. C’est la façon de dialoguer des marcheuses et marcheurs.

Le texte qui accompagne cette étape est “ Prendre une photo, discuter. Poser sa marche, une autre démarche.”

Le dernier texte de la vidéo du projet propose la suite de la “praxis de la marche en ville”. Il dit “Ainsi, suite à la pause, la marche prend une autre forme. Une démarche à être découverte …”

Les objectifs

Le projet CtZt praxis : à Paris (2013) a comme objectifs :

–       créer un dispositif d’enregistrement de la marche dans la ville (appareil photo numérique et deux Gopro fixées à l’hauteur de genoux);

–       réaliser un même parcours en marchant en trois jours différents;

–       créer les étapes pour une “praxis de la marche dans la ville”;

–        ne pas filmer le premier jour du chemin parcouru;

–       lors du deuxième jour, filmer le chemin parcouru à partir

–       utiliser de prise de vue vidéo à partir des caméras qui montrent les jambes et les pieds en marche et aussi à partir de l’hauteur des genoux ;

–       garder l’enregistrement sonore original;

–       créer un texte sur cette expérience de marche;

–       créer la première vidéo d’une série intitulée “Praxis” à partir de quelques images captées.

La vidéo CtZt praxis : à Paris (3’ 46”; 2013)

Cette vidéo est un premier montage réalisée à partir de la captation réalisée à partir de deux sources d’enregistrement , à savoir, l’appareil photo numérique et deux Gopro fixées à l’hauteur de genoux.

Pour cette prémière vidéo utilise plutôt les images réalisées à partir d’un appareil photographique tenu à la main et qui cadré les jambes, les pieds et les l’autres deux cameras attachées au genoux de la marcheuse.

Tout à la fain de cette vidéo, il a des images des la captation réalisée à partir de deux caméras attachées au genoux de la marcheuse. Par leurs points de vue et de cadrage insolites, ces images veulent plutôt intriguer le public et les laisser dans la curiosité de la suite de la praxis de la marche.

La vidéo est disposnible à partir du lien :

http://cintia.tosta.free.fr/CtZt_Cintia_Tosta/Blog/Archive.html

Le regard critique du projet

Le projet CtZt praxis : à Paris (2013) porte un regard critique vis-à-vis des objectifs de la marche dans une ville. Dans la vidéo la ville est identifiée à partir de l’intitulé du projet et non par ses bâtiments historiques ou lieux touristiques.

En changent le point de vue, du regard, ce projet souhaite dévoiler un autre image de la ville à partir d’un point de vue de la “marche”.

La marche est ainsi une meditation sur la condition des êtres humains, sur la solitude, sur ses ressentis, sur la conscience d’exsitence à partir de son corps. La marche en ville est poétique, dès qu’elle devient une action méditative au quotidien, en passant par le même parcours.

Et c’est seulement à partir de ce moment que la marche peut reveller d’autres “univers”, d’autres singularités de la ville et aussi humaine. Cette dernière, qui concerne la singularité humaine, est possible d’être vécue à partir d’une pause de la marche. La pause deviendra alors un élément aussi essentiel. La pause dans une marche possibilite les rencontres en ville, les échanges et le partage. La pause est le complement de la marche. Les deux deviendront complémentaires lors de cette praxis de la marche en ville.

Les étapes de l’expérience

Le projet CtZt praxis : à Paris (2013) fut realise à partir de deux phases de travail :

1. Travail de terrain :

Cela consiste à la définition du parcours à être réalisé trois fois.

Le parcours choisi fut du jardin des Tuileries (Paris 1) au jardin du Luxembourg (Paris 6) en passant par la pyramide du Louvre, le Pont des Arts, Rue du Buci, le théâtre Odéon, le Sénat et en s’arrêtant sur un banc public place face à la maison d’édition José Corti. Ce parcous peut avoir des différentes durées, variant de 45’  à 1 h 20 h. Cela depend de la condition physique de la marcheuse ou marcheur, ainsi que la durée de la pause et de son état d’esprit.

Ce parcous fut réalisé trois fois :

–       le dimanche 14 avril à partir de 14 h 25 , à partir d’une marche avce le dispositif de captation en place, c’est-à-dire, un appareil photo à la main et les deux autres caméras attachées aux niveaux des genoux. Néamoins, aucune captation fut réalisée.

–       le dimanche 20 avril à partir de 13 h 54, car un accident s’est produit : avant la mise en place du dispositif de captation, une chute des escaliers du jardin des Tuileries a dériché le pantaloon et blessé le genou gauche, sans pour autant décourager la réalistation de l’expérience. Marche avec captation à partir de l’appareil photo portée à la main et qui a filmé les jambes et pieds de la marcheuse. Les Gopros attachées aux genoux ont été défectueuses.

–       le lundi 22 avril à partir de 12 h 46, le dispositive fut mise en place, mais cette fois-ci la captation fut réalisée seulement à partir de deux Gopro attachées aux genoux.

2. Travail de création :

Cela consiste au montage de la vidéo à partir des notes réalisées suite à l’expériences. Ces notes regroupent des mots pour la création de textes de la vidéo

Walking the line

Projet par Martina Margini (vidéo, images, son)

titre-bas

Le texte suivante explique les motivations qui m’ont poussé à élaborer ce projet, la vidéo que vous trouvez à la fin représente un résumé de toute mon expérience et montre la documentation photographique de ce voyage atypique. Mes paroles sont importantes pour comprendre mon procédé, mais je trouve que parfois les images expliquent sans rien dire beaucoup plus des concepts, c’est magique. Si les longs textes vous annuient, vous pouvez accéder directement à la vidéo par ICI.

 

MOI

Ce projet représente une transposition par images de ma vision intime de la ville de Paris.

Je vis dans cette ville depuis plus de deux ans. Avec le temps, j’ai développé un rapport très personnel avec la géographie de son territoire. A tout ce que je vois autour de moi, je rajoute mes souvenirs, mes idées, les idées des autres qui m’ont influencée, mes habitudes, mes amours et mes parcours quotidiens.

Vivre la ville quotidiennement c’est marquer son territoire, à travers nos déplacements (où l’être statique) et la façon dont on s’approprie des lieux. Vivre dans une grande ville comme Paris signifie souvent avoir la nécessité d’utiliser le transport public, une façon très pragmatique et rigide pour voyager qui nous force à calquer toujours les mêmes trajectoires avec centaines d’autres personnes. Notre parcours n’est pas unique, mais répétitif et préétablit.

LE PLAN

J’aime beaucoup étudier les plans des villes, regarder comment ils se structurent, comment l’avancement du temps en influence la conformation urbanistique, comment ils s’agrandissent et à quel point leur limites est élastiques et variables. Avec les temps, les plans témoignent avec leur vision généralisée des tous petits changements qui se manifestent à plus petite échelle au niveau de la rue. Certaines zones de la ville sont retracées, des quartiers disparaissent et des autres sont bâtis à les remplacer.

La ville de Paris, depuis sa naissance, se diffuse autour d’un rythme circulaire, qui a comme centre la Seine, l’île de la Cité et de l’île de Saint Louis. On peut voir très bien le phénomène de développement de la ville à l’aide des anciens plans à partir du Moyen Age jusqu’à nos jours.

Paris est notamment une ville courbée. J’ai drôlement constaté depuis mon arrivé à Paris, de n’avoir jamais visité une maison où un appartement qu’était complétement droit. Il y a une étrange tendance à la difformité dans ces bâtiments sculptés par le temps. Dans la rue on ne peut pas contredire cette constatation. Les plus grandes artères de Paris se développent sur des lignes courbes, elles se touchent entre eux en produisant des angles que rarement touchent les 90° degrés. Paris est une ville elliptique qui se développe sur une forme de grande spirale morcelé.

Une autre constatation que, grâce à l’utilisation constante de mon vélo, j’ai pu confirmer, c’est que Paris est comme une vallée. La ville est assez plate à son centre pour après remonter en hauteur lorsque on se rapproche à ses bords. Paris est comme un bassin, et cet élément ne fait qu’accentuer la sensation de constante ellipticité qui l’identifie.

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Plan de l’altitude de Paris au long de section horizontale

Si jamais je parcoure un itinéraire pour arriver à un point particulier de la ville depuis ma position, ce que je ferais sera faire confiance à ma connaissance du territoire et chercher toujours de m’orienter pas rapport à mes repères. Mon parcours sera assez complexe, difficilement ces lignes pourront ressembler à des vecteurs, des lignes précises.

« Les pratiquants ordinaires de la ville vivent ‘en bas’, derrière la seuil d’où la visibilité commence. Ils marchent – une forme élémentaire de cette expérience de la ville ; ils sont des marcheurs. Wandersmanner, leurs corps suivent l’épaisseur et l’amincissement du texte urbain qu’ils écrivent, sans être capable de le lire. (…) Les réseaux crées par leur déplacements, en croisant leur textes, compose une histoire collective qui n’a aucun auteur ni lecteur, sculpté depuis les fragments des trajectoires et altérations d’espaces : en relation à la représentation, ça reste quotidiennement et indéfiniment autre »[1]

Mon défi, une idée que j’ai en tête depuis un moment, c’est de parcourir une trajectoire préétablie et très simple (conceptuellement): marcher sur une ligne qui coupe horizontalement en deux la ville de Paris, d’est à ouest, en marchant.

« L’espace existe dans sa signification sociale seulement pour les activités – pour (et en vertu de) marcher où voyager »[2]

Ligne horizontale qui coupe Paris en deux depuis son centre

Ligne horizontale qui coupe Paris en deux depuis son centre

Me forcer à parcourir une ligne toute droite, sans détours, me force aussi à éviter d’associer mes souvenirs et repères avec mon parcours. Je pourrais même dire que je risque plus de me perdre en réalisant un parcours si rigide et atypique, que en interprétant l’itinéraire sur la base de mes connaissances personnelles.

Cette non-dérive se transforme en dérive, la plus part des rues que je vais prendre sont des territoires encore inexplorés pour moi.

appunti

LA LIGNE

J’ai étudié le plan de Paris, d’abord sur parier. A l’aide d’un fidèle et géante plan monumentale pour touristes, j’ai calculé l’hauteur et la largeur maximale du périmètre de la coquille de Paris.

J’ai trouvé mon centre sur la Place du Louvre. A partir de ce centre j’ai dessiné une longue ligne horizontale qui parcourait la ville de droite à gauche, jusqu’au Boulevard Périphérique, que j’ai considéré comme la « limite » entre ce qu’est DANS Paris et ce qui se trouve HORS Paris.

Le point d’intersection plus à Est est Mairie de Miribel (20ème arrondissement), un arrêt de Tramway. Le point plus à l’ouest c’est Place de la Porte de Passy, au tout débout du Bois de Boulogne (16ème arrondissement). Ces deux point représentent le début et la fin de mon parcours.

J’ai ensuite téléchargé une application très convenable pour les sportifs, Map My Walk, qui se présente essentiellement comme un motivateur au fitness. Avec cet outil, j’ai pu tracer avec plus de précision les détails de mon parcours sur un plan de Paris, cette fois numérique. Le logiciel m’a aussi prévu des toutes les spécificités de ma promenade :

Numéro de Km à parcourir : 14,57

Différence maximale/minimale d’hauteur dans le parcours : 73 m / 34 m

Temps prévu pour effectuer le parcours (selon Google Maps) : 2h38

La météo prévue par une dizaine de sites que j’ai visité la veille du jour prévu pour ma promenade n’était pas rassurante. Pluie toute la journée.

J’était découragé, bien sur, mais quelque chose dans moi me poussait à vouloir sentir sur ma peu la sensation de couper en deux la ville, comme probablement peu de personnes ont jamais fait. Qu’est ce que j’allais découvrir ? Mes sensations étaient un mélange d’excitation et d’anxiété.

Non seulement je suis très inconsciente de la possibilité de pouvoir achever ma démarche, mais aussi je ne suis absolument préparé sur ce que je vais chercher pendant mon chemin.

Mon idée principale, avec laquelle j’ai trouvé une excuse à ce manque d’organisation, c’est :

Mon parcours est déjà très contraint dans sa trajectoire, les rues que je vais prendre sont déjà préétablies, je suis forcée à suivre un parcours que probablement je n’aurais pas choisi autrement. Probablement ce même parcours se révélera in-parcourable dans certaines parties, pas toujours les plans peuvent prévoir des empêchements à la marche.

Etant donné toutes ces constrictions, j’ai décidé de me préserver toute la liberté possible dans la documentation de ma « performance », c’est l’instinct et la curiosité qui me mèneront à capturer certaines particularités du paysage plutôt que d’autres. Il n’y a pas un sujet défini préalablement. Je ne sais pas à quoi m’attendre.

LA PROMENADE

Bien équipé et motivé, je me dirige en métro vers le point de départ de mon aventure. C’est tard, selon ce que j’avais envisagé comme horaire de début de l’opération, mais des contraintes techniques pour le repérage de l’équipement nécessaire m’ont forcé à décaler mon déplacement.

Je porte avec moi :

- un portable avec l’application où j’ai mappé mon parcours

- un plan en papier (au cas où la technologie me laisse perplexe)

- un appareil photo, avec lequel je peux aussi filmer

- un dictaphone

- mon carnet

Ca m’a pris un moment pour réussir à manipuler tous ces outils de façon efficace et sans risquer d’en faire tomber une partie entre-temps que je marchais.

Le ciel ne donne pas l’impression de me vouloir faire continuer mon aventure pour trop longtemps, mais indiffèrent au péril, je commence.

Le ciel à mon départ

Le ciel à mon départ

LA MARCHE

Pendant mon parcours c’était drôle de voir les réactions des gens qui m’entouraient. Je pourrais presque définir de zones où les gens étaient plus gênés où curieux par rapport à ma pratique insolite. Au tout débout et à la fin de mon cheminement c’était probablement un événement bizarre voir quelqu’un qui se balade à prendre des photos aux murs et aux arbres. Le fait d’avoir une camera devant moi et un dictaphone attaché à mon bras semblait pas par contre embarrasser les quartiers centraux de la ville, où l’envahissement de la part des touristes me transformait dans un parfait petit point dans la masse. Aucune personne ne me remarquait.

Partout, j’ai cherché de capturer à la fois des œuvres inanimés, mais assez souvent des personnes. J’étais fascinée par les mouvements des gens autour de moi. Dans ce particulier moment et par effet de la longueur de mon voyage, j’identifiait chaque personne que je voyait dans un déterminé quartier comme partie de cela, qui lui appartient, aussi si probablement il s’étaient juste déplacés pour aller faire des commissions.

« La sélection et la fragmentation sont les caractéristiques primaires de la perception ambulatoire »[3]

Tout au long de mon chemin, j’ai pu me laisser transporter par les événements autour de moi, chaque nouvelle rue que je parcourais, c’était comme tomber dans un nouvel univers. De tant plus ces situations que je vivais étaient en moi encore plus remarquables, dues au fait que je me concentrais sur ça seulement. Dans la vie quotidienne, combien de fois ça nous arrive de se promener pour longtemps et ne jamais faire attention à ce qui se passe autour de nous ? Il y a un millier des vies qu’on croise sur nos routes, ils suivent leur schéma, comme nous on suit le notre, mais on occupe le même espace dans la même temporalité. Mettre en valeur cet aspect de mon voyage c’était pour moi une expérience très intense et passionnante. Je n’étais plus seulement en train de prendre en photo un paysage, je me plongeait dans le monde que je voyait avec ma camera et avec mes pieds.

Un autre remarque sur ma préparation et organisation : jamais j’aurais pensé que ce marche aurait pu se révéler autant physiquement prenante. Les deux tiers de mon chemin, je les ai parcourus presque sans aucun problème, la fatigue de mes jambes était soulagée par l’excitation de la découverte et l’envie de ne pas décevoir trop la durée de temps prévue par mon fidèle planning en Google Maps. La dernière partie de mon périple s’est révélée plus dure, spécialement après ma décision de faire une pause au niveau d’Invalides, je rappelle d’être resté accouché au sol pour presque une demi heure.

Leçon du jour : ne jamais essayer de marcher pour 5 heures sans pauses, sans avoir fait un peu d’entraînement au préalable. Je me rappellerais aussi, dans le futur, de l’importance de l’étirage.

Ca va sans dire que mon aventure n’a pas certainement durée que 2h38. Dans ma tête j’avais déjà prévu que le temps réel de réalisation de ces 14 km aurait pu être 5 heures. Même les kilomètres prévus par l’application, n’étaient corrects à la fin, j’ai découvert en fait d’en avoir marché 16,11.

LA FIN

C’est la fin de mon parcours qui cherche à tracer une ligne horizontale à couper Paris en deux. Je suis contente de tout le matériel que j’ai pu collecter et dans le métro vers chez moi je commence à réfléchir à comment rendre visible tout ce que j’ai vu, de façon simple et directe mais pas banale.

Ce que je me suis proposé de faire, sans savoir encore à travers quel outil, c’est de laisser la trace de mon mouvement et du mouvement qu’il y avait autour de moi entre-temps que je marchais. Le flux d’images, la vitesse des changements de couleurs et du paysage, la différence de profondeur et mon recul par rapport au sujet que je photographiais.

« L’espace comme pratique des lieux et non du lieu procède en effet d’un double déplacement : du voyageur, bien sur, mais aussi, parallèlement, des paysages dont il ne prend jamais que des vues partielles, des ‘instantanées’, additionnés pêle-mêle dans sa mémoire et, littéralement recomposés dans le récit qu’il en fait où dans l’enchaînement des diapositives dont il impose, au retour, le commentaire à son entourage. »[4]

Au final, vous pourriez vois le résultat ci dessous, sans besoin d’aucune didascalie. J’ai fait la choix de ne pas inclure des sons pendant que les images défilent, mais plutôt de reproduire la musique que j’écoutais entre-temps que je marchais. Je l’avais choisi expressément pour sa cadence rythmique et la sensation de continuité cyclique qu’elle transmet.

Logiciel utilisé (pour iPhone et smartphone) : Map my walk

Appareil photo : Canon EOS 500D, objectif 18-55 mm

Vidéo réalisée avec Adobe Première Pro CS6 et Quicktime Player (Capture d’écran)

Merci à Marta pour l’aide technique, à Ayan pour l’inspiration.

 


[1] Michel de Certeau, The practice of everyday life, University of California Press, 1988, p. 93

[2] Henri LeFebre, cité par Giuliana Bruno, Atlas of emotions: Journeys in Art, Architecture and Film, Ed. Verso, 2007, p. 15

[3] Fred Truniger, Filmic Mapping, Ed. Jovis, 2013

[4] Marc Augé, Non-Lieux – introduction à une antropologie de la surmodernité, Ed. Seuil, 1992, p. 109-110

 

 

 

Labyrinthe

MARION Eve

Tout d’abord j’ai choisi ce lieu à Clichy (92010), pour la forme originale de cette place, située dans une résidence privée, sans savoir réellement comment l’occuper. J’ai essayé par le suite de mettre en parallèle le cours que je suis au second semestre, sur l’art public, de Mr. Cieutat avec celui de  Tania Ruiz. Mon projet s’est peu à peu affiné, grâce à  la problématique sur l’étude de la démarche, vue en cours. J’ai ainsi cherché à modifier cet espace et les habitudes des gens qui le traversent, en créant un labyrinthe géant; amener une nouvelle contrainte.

Pour cela, après plusieurs requêtes auprès du gardien, celui-ci a finalement adressé un mail à la société pour obtenir une autorisation, qui s’est avérée positive, tant que la cour n’était pas dégradée et les habitations prises en photos.

Etape 01

A partir de là j’ai commencé à observer les différents points d’entrées de la résidence, ainsi que le chemin emprunté par les habitants.

J’ai réalisé cette étude  l’après-midi du jeudi 02/05/2013, pendant les vacances scolaires. Je pense donc qu’habituellement la cour est nettement moins occupée en semaine, en dehors de cette période.

Etape 06

J’ai pu observer que la plupart des personnes, à l’interieur de cet espace étaient surtout des enfants qui jouent et s’amusent à vélo, faisant des mouvements circulaires, dans cet espace rectangulaire.

J’ai donc fait quelques petites recherches sur la manière d’aménager un labyrinthe  de façon éphémère. J’ai trouvé sur internet deux projets très interessants, une installation éphémère et une autre pas.

L’Atlas, artiste graffitis né à Toulouse, a réalisé une performance sur la place du Capitole, au mois de septembre 2012. Ce maître du crypto-tag renouvelle l’art du « tag » en promouvant un type particulier de signature stylisée de son surnom d’artiste dans l’espace public. Son travail sur le logo et la calligraphie a fait le tour du monde.

Voici l’article que j’ai trouvé, publié le 05/10/2012 à 08:29 sur LaDepeche.fr

 

« La place du Capitole a changé de figure, hier, sous l’impulsion de L’Atlas, artiste toulousain de street-art résidant à Paris, assisté par une cinquantaine de jeunes intervenants, élèves du collège Jean-Moulin, divers étudiants et passants intrigués qui se sont mis spontanément à l’œuvre. 3 500 carrés de carton peints en blanc préparés par l’équipe du Printemps de Septembre et des bénévoles, ont été disposés suivant un schéma réalisé par l’artiste pour former un labyrinthe. Pour L’Atlas, cette figure représente la ville. Participer à cette performance, c’était tout simplement «amusant» pour Lisa ou Alice, 14 ans. Joachim, retraité et inconditionnel de l’artiste qu’il suit depuis ses débuts, est fasciné par la symbolique du labyrinthe comme représentation de la ville : «Une métaphore qui renvoie à la Grèce antique et aux paysans crétois qui, vivant dans des habitats sommaires et découvrant les premières constructions mycéniennes ont vu un labyrinthe». La métamorphose de la place a demandé presque trois heures d’efforts, et il n’a pas fallu plus de 15 minutes pour enlever suffisamment de carrés afin qu’on ne voit plus que quelques traces rectilignes et parallèles : «Le squelette du cryptogramme», précise l’artiste. «C’est un art de la terre qui doit se regarder de haut», poursuit-il. C’est pourquoi, juché sur le toit du Capitole, il a filmé son œuvre qu’il diffusera bientôt sur internet. On peut aussi voir son exposition à l’espace Ecureuil.  »

 

L’autre travail est un projet de parcours de santé,un labyrinthe créé à la station Université, boulevard de la Victoire, à Strasbourg. Site internet de l’artiste : http://www.boumbang.com/florian-riviere/

Publié le 4 mai 2011 , article internet par G. Varela, issu du journal 20 Minutes .

 

« Une excuse pour expliquer ton retard. Trouve l’arrivée. » Peint à même le sol, au cœur de la station de tram Université, le tag invite les passants à emprunter un labyrinthe délimité par du scotch. Démocratie créative a conçu, dimanche, un nouveau Spielplatz, comprendre terrain de jeux. En mars, le collectif avait déjà tracé des marelles, cibles et pistes de course dans la ville pour encourager « l’utilisation du mobilier urbain pour s’amuser ». « Notre projet va s’inscrire dans la durée, précise Florian, le responsable de Démocratie créative. On va encore installer d’autres jeux, mais avant cela nous allons créer, d’ici à deux semaines, un parcours de santé urbain de la Citadelle à la Laiterie. À la place des agrès classiques, nous proposerons de recourir aux arceaux à vélo pour du saute-mouton, aux échelles sur les quais pour faire de l’escalade… »

 

Pour revenir à mon projet, j’aurais souhaité le réaliser de façon végétal, de manière à créer un contraste entre le béton et la nature, avec des bandes de gazon ou des môtes de terre végétales à la place du scotch. Mais, pour des raisons économiques, pratiques ainsi que certaines autorisations, j’ai opté pour le plus économique.

J’ai donc acheté 7 rouleaux de scotch orange ( 33m x 50mm ), en ayant pris les mesures de l’espace quelques jours plus tôt. J’ai réalisé la veille, un plan basique du chemin à suivre sur Paint. Arrivée sur place avec un ami, pour m’aider à la réalisation, nous commençons par délimiter le labyrinthe, en prenant 1,40m d’espace latéral à chaque fois. N’ayant pas mesuré exactement  les bandes, je me retrouve au milieu du labyrinthe à modifier le plan initial et le complexifier un peu.

A chaque nouvelle étape, j’ai pris des photos depuis le 7eme étage, afin de mieux voir l’évolution du projet.

De nombreuses personnes étonnées et intriguées par l’agitation de la cour nous ont demandé ce que nous faisions, et pourquoi. Une fois les explications données ils semblaient presque « rassurés ».

Par ailleurs, les enfants d’avantage amusés par cette animation de l’après-midi, nous ont aidés à poser les bandes et ont ainsi pu jouer dans ce labyrinthe géant, construit en 3h30, (de 13h à 16h30).

 

Bilan : Ce projet qui était à la base conçu comme un passage, contraignant les habitants à emprunter un chemin innhabituel est davantage devenu un amusement pour les enfants. Mais il est vrai que j’ai réalisé cela l’après-midi, durant les vacances scolaires, il aurait fallu observer cela dans la durée. Expèrience positive tout de même, je compte envoyer ce projet à la société de l’immeuble, pour voir s’il serait possible d’aller plus loin, j’ai également donner à la loge du gardien le lien du blog afin que tous les habitants puissent voir et comprendre le projet.

Transports en commun

Sarah Gautier

Quand on se rend quelque part pour la première fois, on est généralement curieux de tout ce qui nous entoure, on cherche des repères pour appréhender ce nouvel environnement et de se familiariser. On relève quasiment tous les détails, on est très attentif.

Cependant, les habitudes s’installent rapidement, on ne prend plus le temps de regarder ce qu’il y a près de nous, on devient comme hermétique, seules les choses qui changent de l’ordinaire peuvent encore attirer notre attention.

Plus on fréquente un endroit, plus notre attention est limitée. On a tendance à essayer d’optimiser notre trajet, à atteindre plus rapidement le point d’arrivé. Il y a comme un effet de zapping, on prête plus facilement attention à ce qui est nouveau, à ce qui sort des habitudes, pour savoir si cet objet mérite qu’on l’a considère, pour mieux l’ignorer par la suite.

On opère toujours un choix dans les informations que l’on veut retenir ou non, comme on ne peut pas tout retenir, on doit trier, d’où le zapping. On peut voir cela comme l’optimisation du tri des informations que l’on compte « sauvegarder ».

C’est encore plus vrai dans les transports en communs. On n’a pas envie de s’y attarder, car les couloirs de métro ou les quais de gares ferroviaires ou routières ne sont pas forcément des lieux faits pour traîner, dans tous les cas, on est souvent pressé. On va à l’essentiel, on n’observe encore moins notre environnement, parce que l’on est absorbé par l’idée d’éviter les gens qui nous entourent et d’arriver à prendre le transport que l’on souhaite.

J’ai eu comme idée de remettre en avant certains éléments que l’on croise dans les transports, auxquels on ne prête plus attention, qui sont, pourtant, pour certains indispensables pour être dans les règles ou pour s’orienter. Au début ces éléments nous semblent étranges, ou très utiles, mais après c’est comme s’ils n’existaient plus à nos yeux.

Durant mon trajet entre chez moi et l’université (durée 1h-1h30), j’ai pris des photos avec mon téléphone portable de ce que je voulais mettre en avant. J’ai choisi le téléphone portable, car je l’ai tout le temps sur moi, même si les images prises ne sont pas d’une grande qualité, il m’est plus aisé de prendre mon téléphone plutôt qu’un appareil photo.

J’ai aussi décidé de laisser les éléments dans leur contexte, comme cela, le spectateur a une idée de ce que je vois directement (la hauteur, l’angle de vue). Il est vraiment question de mon point de vue, de mes pensées sur les objets, et non de l’idée commune que l’on peut avoir. Mais il est, bien entendu, possible que mon point de vue coïncide avec celui d’autres personnes.

J’ai essayé d’adopter la façon de penser de quelqu’un qui serait extérieur aux transports en commun, et qui découvrirait ce qui l’entoure. C’était un moyen de sortir de mes habitudes, du lieu commun, pour trouver une façon particulière de décrire chaque chose.

Ce n’est pas une liste exhaustive, ce sont juste les choses que j’ai relevé, auxquelles je prête encore attention. Je suis sûre que quelqu’un d’autre aurait choisis différents éléments.

Ces panneaux sont comme ceux que l'on trouve sur l'autoroutes avec les différentes sorties. Très utile quand on ne sait pas où se diriger!

Ces panneaux sont comme ceux que l’on trouve sur les autoroutes avec les différentes sorties. Très utiles quand on ne sait pas où se diriger!

 

Ces écrans ne diffusent ni pub ni films, mais servent seulement à situer les trains, et connaître leur heure de départ (comme ça on sait s'il faut courir ou pas)

Ces écrans ne diffusent ni pub ni films, mais servent seulement à situer les trains, et connaître leur heure de départ (comme ça on sait s’il faut courir ou pas)

 

Escaliers mouvants. Côté droit pour ceux qui économisent leur énergie, côté gauche pour les personnes pressées qui ont besoin d'un coup de pouce pour aller plus vite.

Escaliers mouvants. Côté droit pour ceux qui économisent leur énergie, côté gauche pour les personnes pressées qui ont besoin d’un coup de pouce pour aller plus vite.

 

Des laissez-passer pour avoir accès aux transports, en carton ou en plastique, suivant le prix mis dans l'acquisition de l'objet.

Des laissez-passer pour avoir accès aux transports, en carton ou en plastique, suivant le prix mis dans l’acquisition de l’objet.

 

Sorte de lecteur de badge, qui permet la montée légale dans les transports en commun.

Sorte de lecteur de badge, qui permet la montée légale dans les transports en commun.

 

Vue de côté d'une sorte de boîte ouverte à tous les vents,  sous laquelle les gens aiment à s'abriter en attendant, une autre boîte sur roue cette fois-ci

Vue de côté d’une espèce de boîte ouverte à tous les vents, sous laquelle les gens aiment à s’abriter en attendant, une autre boîte sur roue cette fois-ci

 

Ladite boîte sur roue aussi connue sous le nom de bus   ou encore car.

Ladite boîte sur roue aussi connue sous le nom de bus ou encore car.

 

Petits écrans destinés faire croître l'impatience des personnes qui attendent leur métro/bus.

Petits écrans à destinés faire croître l’impatience des personnes qui attendent leur métro/bus.

 

Jours de grève: moment durant lesquels impatience et agoraphobie ne font pas bon ménage.

Jours de grève: moment durant lesquels impatience et agoraphobie ne font pas bon ménage.

 

A mon avis, cette idée peut être déclinée pour d’autres lieux, comme une ville ou un parc vu par un piéton, sachant que chaque ville et parc a sa particularité, ce pourrait se faire dans un lieu fermé, comme des bureaux.

Je pense qu’il est possible d’approfondir cette idée en élargissant les lieux, les éléments, mais aussi les participants, pour avoir plusieurs points de vue.