« Le lieu où se déroule la scène », Nicolas Delprat à la Galerie Odile Ouizeman

Vue de l’exposition Le lieu où se déroule la scène à la Galerie Odile Ouizeman © Valentina Parisio

Vue de l’exposition Le lieu où se déroule la scène à la Galerie Odile Ouizeman © Valentina Parisio

Du 4 avril au 30 mai 2015, la Galerie Odile Ouizeman de Paris accueille des tableaux de la série Entre deux du peintre Nicolas Delprat. Né en 1972 à Rennes, l’artiste vit et travaille à Bruxelles.

La question de la lumière est au centre de la réflexion de Nicolas Delprat, elle devient protagoniste absolue de ses créations, dans un jeu d’alternance continu avec les ombres. Pas de couleurs : le noir, le gris et le blanc sont au centre de ses créations.

Vue de l’exposition Le lieu où se déroule la scène à la Galerie Odile Ouizeman © Valentina Parisio

Vue de l’exposition Le lieu où se déroule la scène à la Galerie Odile Ouizeman © Valentina Parisio

L’artiste réalise des tableaux de grands formats grâce à l’utilisation d’un pistolet à peinture. Il touche rarement la surface de la toile, en donnant à ses travaux une atmosphère profonde, mais en même temps légère et impalpable. Ce type d’exécution, très minimaliste, amène à l’obtention de surfaces uniformes où l’intervention de l’artiste est presque imperceptible.

L’utilisation par Delprat d’une lumière dure et directionnelle qui exalte l’intensité des objets, rappelle l’usage de la lumière qu’en fait Michelangelo Merisi dit le Caravage. À l’instar du maître italien ayant vécu durant les années 1500, Delprat travaille sur différentes gradations de lumières dans ses compositions en obtenant un effet théâtral capable d’agir sur la psychologie de l’observateur.

L’accrochage des œuvres dans la galerie accompagne le spectateur dans un voyage fait d’imagination et sentiments. La première œuvre qui attire le regard du visiteur est James Turrell, évolution I. Le tableau est un hommage de Delprat à l’artiste américain, dont les travaux se fondent sur la perception de la lumière et de l’espace. Un faisceau de lumière déferle à travers une porte. Le regard est attiré par cette lumière, l’esprit s’interroge. Que pourrait-il y avoir au-delà de la porte? La perception et la représentation mentale du spectateur constituent un prolongement physique de l’espace d’exposition.

Nicolas Delprat, James Turell, evolution I, acrylique sur toile, 152x175 cm, 2014 © Valentina Parisio

Nicolas Delprat, James Turell, evolution I, acrylique sur toile, 152×175 cm, 2014 © Valentina Parisio

La même perception est donnée par la vue d’Inside, où le sol représenté en perspective mène le regard et l’esprit vers les nuages du fond.

Nicolas Delprat, Inside, acrylique sur toile, 150x150 cm, 2014 © Nicolas Delprat

Nicolas Delprat, Inside, acrylique sur toile, 150×150 cm, 2014 © Nicolas Delprat

Dans le diptyque Entre deux, sans titre I et II, les toiles noires sont illuminées dans la partie inférieure par la présence d’un brouillard qui retient prisonnière la lumière. La nébulosité monte, la lumière cherche alors la liberté.

Nicolas Delprat, Entre deux, astéroïde, acrylique sur toile, 150x300 cm, 2014 © Nicolas Delprat

Nicolas Delprat, Entre deux, astéroïde, acrylique sur toile, 150×300 cm, 2014 © Nicolas Delprat

 

Le tableau Entre deux, astéroïde, conquiert l’espace de la galerie et l’attention du visiteur. Le corps céleste représenté sur la toile semble être suspendu dans le temps et capturé dans un instant infini. Entouré par une aura de lumière dansante, l’astéroïde traverse, silencieux, l’univers. Aucune trace ne restera de son passage, la traînée lumineuse disparaîtra bientôt en se dissolvant dans l’immensité de l’univers.

Vue de l’exposition Le lieu où se déroule la scène à la Galerie Odile Ouizeman © Valentina Parisio

Vue de l’exposition Le lieu où se déroule la scène à la Galerie Odile Ouizeman © Valentina Parisio

Nicolas Delprat, Entre deux, errance, acrylique sur toile, 150x180 cm, 2015 © Valentina Parisio

Nicolas Delprat, Entre deux, errance, acrylique sur toile, 150×180 cm, 2015 © Valentina Parisio

Entre deux, errance, voit la représentation de trois ballons suspendus dans le ciel. Une source de lumière externe, provenant de droite, éclaire la surface des ballons. D’où viennent-ils ? Où vont-ils ? Suspendus et immobiles devant nos yeux, ils semblent vouloir s’envoler de cet endroit dans lequel ils ont été capturés pour rejoindre le ciel plus haut.

Nicolas Delprat, Chaise, acrylique sur papier, 50x65 cm, 2015 © Nicolas Delprat

Nicolas Delprat, Chaise, acrylique sur papier, 50×65 cm, 2015 © Nicolas Delprat

Dans Chaise (acrylique sur papier), le noir intense domine la scène. À gauche, dans l’obscurité, voilà qu’une chaise apparaît. L’atmosphère qu’on y respire est à la limite du rêve et de la réalité, de la peur et de la curiosité. L’objet « sort » de l’obscurité et sa forme est exaltée par le clair-obscur et les contrastes forts d’une lumière dure qui vient d’en haut.

Réalisé avec la même technique, Umbrella présente une atmosphère théâtrale : le rideau est fermé, les lumières sont éteintes, tout est calme. Puis, soudainement, un faisceau de lumière apparaît et la nuit tombe pour que le spectacle puisse commencer.

Vue de l’exposition Le lieu où se déroule la scène à la Galerie Odile Ouizeman © Valentina Parisio

Vue de l’exposition Le lieu où se déroule la scène à la Galerie Odile Ouizeman © Valentina Parisio

Encore une fois il ne reste qu’à nous laisser gagner par l’imagination en regardant La Route. Nous ne saurons jamais où conduit cette route. Pour nous, elle se termine dans la lumière qui est visible au fond, qui nous tend les bras, qui nous encourage à avancer avec l’espoir que « tout peut arriver » sur le chemin de la vie.

Valentina Alessia Parisio

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