« La bête humaine » – Elisabetta Benassi à Jousse Entreprise

Du 10 janvier au 28 février 2015, la galerie Jousse Entreprise exposait Elisabetta Benassi « That’s me in the picture ». Avec une scénographie épurée en noir et blanc qui marque une temporalité passée, l’artiste nous raconte une histoire d’hier entre Hommes et Bêtes grâce à un travail d’archives important.

Détails de l'exposition "That's me in the picture" d'Elisabetta Benassi à la galerie Jousse Entreprise. Crédits photographiques : Hélène Mondet

Détails de l’exposition « That’s me in the picture » d’Elisabetta Benassi à la galerie Jousse Entreprise.
Crédits photographiques : Hélène Mondet

Visible depuis la rue, la première œuvre est un film 16 mm en noir et blanc où l’on peut suivre la capture et la mise à mort d’un gorille. L’animal est le personnage principal de ce court-métrage que l’artiste a monté en coupant le plus possible les images d’hommes. A la fois agile et insaisissable, il représente la résistance et la lutte ; bien qu’attrapé à la fin, il n’est pourtant jamais soumis ou domestiqué. En face, une photo en grand format, perturbante, en noir et blanc toujours, montre Henri Boujon, météorologiste, congelé et méconnaissable, lors d’une mission en antarctique dans les années 50. Cette première approche est brutale mais très saisissante pour le visiteur.

Détails de l'exposition "That's me in the picture" d'Elisabetta Benassi à la galerie Jousse Entreprise. Crédits photographiques : Hélène Mondet

Détails de l’exposition « That’s me in the picture » d’Elisabetta Benassi à la galerie Jousse Entreprise.
Crédits photographiques : Hélène Mondet

Dans les couloirs, des dessins réalisés au pyrographe sur des écorces de bois sont placardés au mur. Ce sont les extraits d’un mode d’emploi d’une caméra de 1915 fabriquée par le taxidermiste et naturaliste Carl Akeley dans le but de filmer les animaux. Ce scientifique avait pour obsession de  les représenter dans leur habitat naturel. Ainsi, Elisabetta Benassi a recréé ces pages désuètes à la fois dans un but documentaire mais également pour marquer encore la présence humaine qui est tout sauf naturelle dans les lieux  d’origine de ces animaux.

Détails de l'exposition "That's me in the picture" d'Elisabetta Benassi à la galerie Jousse Entreprise. Crédits photographiques : Hélène Mondet

Détails de l’exposition « That’s me in the picture » d’Elisabetta Benassi à la galerie Jousse Entreprise.
Crédits photographiques : Hélène Mondet

 

 

 

 

 

 

 

Détails de l'exposition "That's me in the picture" d'Elisabetta Benassi à la galerie Jousse Entreprise. Crédits photographiques : Hélène Mondet

Détails de l’exposition « That’s me in the picture » d’Elisabetta Benassi à la galerie Jousse Entreprise.
Crédits photographiques : Hélène Mondet

 

Détails de l'exposition "That's me in the picture" d'Elisabetta Benassi à la galerie Jousse Entreprise. Crédits photographiques : Hélène Mondet

Détails de l’exposition « That’s me in the picture » d’Elisabetta Benassi à la galerie Jousse Entreprise.
Crédits photographiques : Hélène Mondet

 

 

 

 

 

 

 

 

Derrière, une cage en inox allant du sol au plafond emplit la dernière salle. Rien ni personne ne l’occupe, elle ne se compose que de barres métalliques s’imbriquant les unes dans les autres de façon cylindrique. Autour se trouvent tous les éléments qui auraient dû se trouver à l’intérieur : pneu, chaise, boîte en bois et le gorille lui-même. Par cette disposition nous éprouvons la même sensation que celle que nous avions eue devant le film de la première salle : le grand singe est indomptable. Par ailleurs, cela appuie le fait qu’il est impossible pour l’homme de recréer son environnement naturel, les quelques pièces présentes semblent ridicules et montrent également la mauvaise connaissance des hommes du primate. La photo du gorille accrochée à côté de la cage est plus grande qu’un homme et prise en contre-plongée ; il est magnifié, la tête haute, terrible et puissant. A contrario, l’Homme est réduit à sa bêtise, son travail d’archivage est certes impressionnant, mais détaché de la réalité. L’artiste nous remet alors les pieds sur Terre grâce à cette triste histoire coloniale oubliée.

Hélène Mondet

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