Jean-Louis Boissier, « Les Immobiles »

Jean-Louis Boissier
« Les Immobiles »

Pour qualifier la forme que prennent les opérateurs de la mobilité dans les mondes numériques, je propose d’essayer le terme « Les Immobiles ».
Avec le concept d’ « Immateriaux » (1985), Jean-François Lyotard désignait non pas l’immatériel, mais une modalité du matériau qui, pour le dire simplement, est fondé sur le langage et les codes et sur la communication.
On pourrait aussi se rapporter à des mots et concepts tels que:
« L’Informe » — Georges Bataille a défini ainsi l’informe en 1929: « Un mot dont la besogne est de déclasser, défaire la pensée logique et catégorielle, d’annuler les oppositions sur lesquelles se fonde cette pensée (figure et fond, forme et matière, forme et contenu, intérieur et extérieur, masculin et féminin, etc.) ». Rosalind Krauss puis Georges Didi-Huberman ont repris ce terme pour le champ artistique) —;
ou encore « Les Incorporels » — référence à la physique des stoïciens développée par Anne Cauquelin  pour cerner les structures mises en place par les technologies du virtuel —.
Dès lors on constate que beaucoup des « mobiles » que nous sommes ou que nous employons méritent leur classement parmi Les Immobiles.
Dans un premier temps, avant de tenter la théorie des Immobiles, on peut en faire un début d’inventaire descriptif.

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Masaki Fujihata et Yuji Dogane, Botanical Ambulation Training, 2007 (photo JLB, Tokyo, 12 déc. 2007) Exposition  « Silent Dialogue », ICC, Tokyo.

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