Genève

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Intervention de Mercedes Bunz, conférence LIFT10, Centre international de conférences, Genève, 5 mai 2010. (photo JLB)

Les conférences LIFT se présentent ainsi :

Lift est une série de conférences qui explore les implications économiques et sociales des nouvelles technologies en Europe et dans le monde. Chaque conférence offre la possibilité de comprendre les effets de l’innovation sur la société, et de transformer le changement en opportunité.

Site de LIFT : http://liftconference.com/lift10

Un aperçu du contenu de LIFT10, Genève, 5-7 mai 2010, dans l’émission de Xavier de la Porte, « Place de la toile », sur France culture : « Retour sur LIFT10 » le 14 mai 2010

Invités :
Jamais Cascio, futuriste, Institute For The Futur
Olivier Glassey, sociologue, université de Lausanne
Mercedes Bunz, journaliste au Guardian
Basile Zimmermann, sinologue, université de Genève
Yeon-ho Oh, fondateur et directeur du site d’informations coréen OhMyNews

Télécharger cette émission en mp3 : http://www.arpla.fr/canal20/adnm/wp-mp3/LIFT10-GENEVE.mp3

Un entretien avec Mercedes Bunz par le groupe IDN d’EnsadLab : http://idn.ensad.fr/?p=1043

Le catalogue de l’exposition MODE : DEMO dans LIFT10 : http://www.arpla.fr/canal20/adnm/?p=2331

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Mobilizing, outil de création d’applications pour écrans mobiles (EnsadLab et projet Mobilisable)
. Genève, Centre international de conférences, 5-7 mai 2010, dans le cadre des conférences LIFT10 et à l’initiative de la HEAD (Haute école d’art et de design) Genève. (photo JLB)


Catalogue MODE : DEMO/HEAD-Genève, mai 2010

Télécharger ce catalogue en pdf

« MODE : DEMO, création et conversation »

Lift10 inscrit son programme de conférences et de débats sous l’enseigne du « connected people ». L’exposition MODE : DEMO prend aussi cette question au sérieux. La création s’y trouve entraînée par les technologies innovantes, mais elle leur résiste aussi, les décale, les met en perspective, en propose une expérience plutôt qu’un commentaire ou une illustration. Si l’exposition assume son rôle de divertissement, elle apporte, avec son ton propre, sa contribution à l’examen de la situation, ses propositions. Elle aurait pu n’être qu’un Art Show. En jouant la démo, elle contourne la difficulté de faire exister la création en dehors des lieux et des circonstances qui lui sont ordinairement dédiées.

Les propositions, si elles relèvent globalement d’un « design relationnel », si elles parviennent à révéler la poésie propre à de nouvelles procédures technologiques, tracent un territoire de recherche où l’expérimentation associe artistes et public. La démonstration englobe leurs différents états : prototypes, projets conceptuels, expérimentations en cours ou réalisation abouties. Elle constitue une sorte de supplément qui peut être perçu à la fois comme une mise à distance ironique et comme un acte d’échange direct, de « connexion » vivante. MODE : DEMO est une manifestation intensive, qui, fait remarquable, mobilise la présence de tous ses auteurs pour un art renouvelé de la conversation.

Une table est le lieu de chacune des démonstrations. Elle supporte un ordinateur qui en est comme la console de pilotage, un vidéoprojecteur, des enceintes, des webcams, des objets, si la proposition en comporte. C’est donc ce dispositif, radicalement unifié, qui met en forme la performance partagée entre auteurs et visiteurs. Par le biais de la capture vidéo et de son affichage sur grand écran, il articule l’alternance de deux versions du «mode-démo» : l’événement conversationnel live ou le déroulement explicatif automatisé.

Un tel passage assumé et mis en scène de la monstration à la démonstration, assorti de l’assemblage en forme d’exposition d’un ensemble de démonstrations, est une tentative de dépassement du «demo or die», l’assujettissement à la démo qu’observait déjà, en 1997, Peter Lunenfeld au Media Lab du MIT (où il se substituait au «publish or perish») et, plus généralement, dans les arts et le design des nouveaux médias. À un titre ou à un autre et dans des registres très divers, toutes les pièces de MODE : DEMO sont interactives, qu’elles invitent modestement à la consultation et à la conversation, qu’elles soient de véritables instruments ou qu’elles impliquent tout un jeu de manipulations. En ce sens elles induisent l’autodémonstration, par leurs destinataires mêmes.

Dans démontrer, le préfixe marque une intensification, un achèvement du montrer. Mais on est porté aussi à l’entendre comme dans démonter ou déconstruire. Il y a une affinité entre art et démonstration. Si la démonstration fait appel à la logique, son pouvoir troublant est aussi de donner à saisir autrement que par un raisonnement articulé, c’est-à-dire par une intuition vécue. Elle est un apprentissage qui, de proche en proche, nous porte vers là où nous désirons aller.

NOTE
Peter Lunenfeld is a professor in the Design | Media Arts department at UCLA. Peter Lunenfeld , Snap to Grid: A User’s Guide to Digital Arts, Media, and Cultures, MIT Press, 2000 : «the demo has become an intrinsic part of artistic practice.»

Texte de Jean-Louis Boissier, commissaire délégué. Mai 2010


Le dispositif unique retenu pour les 16 pièces de MODE : DEMO. Ici employé par Nicolas Field pour son installation Think Thirce v.3, 2008-2010. (photo JLB)

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Télécharger le programme de Version bêta au format pdf (456ko).

Consulter le site de Version bêta au CIC

Version bêta — Expérimentations en cours, Centre pour l’image contemporaine, Genève, 31.10.2008—14.12.2008

Documents

Après une première plateforme, conçue en septembre 2007, qui devait déboucher sur la constitution d’un comité de programmation appuyé sur le postgrade Immédiat de la Haute école d’art et de design, Genève, ce texte, rédigé au début du mois de mars 2008, répondait à la demande d’André Iten, fondateur et directeur du Centre pour l’image contemporaine, Genève, d’une proposition d’orientation et de méthode pour que se tienne, en dépit des difficultés administratives et politiques que rencontrait le centre, la 8e édition de la biennale Version, consacrée aux nouveaux médias dans l’art contemporain depuis 1994.
JLB

Scénario pour Version Bêta, 17 mars 2008

Dans les circonstances de 2008, le Centre pour l’image contemporaine invite à produire une Version Bêta. On peut y voir une forme de modestie ou d’ironie. On peut y reconnaître la marque de son ambition. Depuis sa création, la biennale Version s’est attachée à repérer et à montrer des œuvres d’art visuel impliquant les nouvelles technologies numériques. Après Version 1.0 en 1994, le titre s’est décliné autour de thèmes comme l’anticipation (1998), le jeu (2000), l’espace construit (2002-2004), l’animation (2006).

Si Version s’est annoncée d’emblée comme « un laboratoire de recherche qui est sans cesse en quête de ce qu’il démontre », elle s’est confrontée à la problématique de propositions de l’art contemporain constamment mises en question par la pression de nouveaux médias, par le désir de chercheurs, artistes et inventeurs, d’assumer le devenir critique de ces nouveaux médias. Alors que le numérique est devenu le contexte et les circonstances de toute activité, il ne s’agit pas simplement de mettre des nouveaux médias dans l’art, ni même de faire un art des nouveaux médias. Il s’agit de faire des nouveaux médias en artiste, d’être artiste en nouveaux médias. Dès lors, s’il ne s’agit pas seulement de renouveler l’art en lui injectant de nouveaux moyens, de nouveaux outils, de nouveaux sujets, il peut s’agir d’en déplacer les frontières jusqu’à considérer des expériences, des entreprises, des événements comme apparentés à l’art, comme relevant du projet artistique.

Terme en usage pour la numérotation des logiciels, version bêta désigne un prototype qui a su pousser l’expérimentation jusqu’à se produire sur le devant de la scène, mais qui annonce son imperfection, peut-être provisoire, peut-être sans remède, qui commence sa diffusion mais auprès d’utilisateurs avertis de leurs risques. Aboutissement dans le champ de la recherche, il lui reste peut-être une métamorphose à faire pour aboutir vraiment, pour trouver sa pleine destination et son emploi effectif. Pour autant, la version bêta intéresse et elle se plaît aux démonstrations, pour elle-même et pour connaître d’autres mutations encore. Quant à l’art, ne serait-il pas une façon de s’en tenir à la version bêta ?

C’est une réponse peut-être trop simple, mais elle a sa rationalité : pour montrer l’expérimentation à l’œuvre dans les arts des nouveaux médias, pour repérer les foyers et les inspirateurs de ces recherches et de ces créations, Version Bêta se tourne vers les lieux, les laboratoires, les collectifs où s’exerce explicitement une recherche orientée par l’art. Sans l’ambition de dresser ni un état, ni un bilan, elle pense trouver son originalité et sa pertinence en faisant appel à des observateurs attentifs et impliqués, à des correspondants, un peu partout dans le monde.

On peut s’attendre à ce que des thèmes émergent : ils sont le fruit des conjonctions actuelles : temps réel et processus, espace et temps, génératif et interactif, actuel et virtuel, localisation et mobilité. Mais le thème de Version Bêta s’identifiera d’abord à ce Bêta. Il s’inscrit dans les conjonctions classiques de la poésie et de la technique, de la recherche et de la création, de l’amateur et du professionnel, de l’individuel et du collectif. Il désigne encore la position d’un producteur acteur et spectateur de l’époque  du temps réel et des réseaux.

La manifestation est construite en cinq plates-formes :
L’exposition (installations, dispositifs, démonstrations)
Les projections (programmation de vidéos et supports numériques)
Les performances (actions, v-jing, musique)
Les workshops (productions sur propositions, compétitions)
Les conférences (tables-rondes, exposés, confrontations)

Correspondance

Mail de André Iten à JLB, le 31 mars 2008 :

Cher Jean-Louis,
Encore merci pour ton texte qui résumait bien nos diverses discussions et donnait une approche conceptuelle et introductive largement suffisante à nos intuitions et réflexions actuelles. Je te rappelle qu’il me faudrait encore les emails du comité de programmation afin que je puisse les convoquer pour la prochaine séance. Et pour autant que tu les aies ?
Je te remercie encore beaucoup de tes précieuses réflexions et me réjouis encore que nous puissions à nouveau collaborer à ce projet. C’est un  grand plaisir intellectuel et amical.
A bientôt
André

Mail de JLB à André Iten, le 31 mars 2008 :

Cher André,
Merci pour tes remerciements.
— Maintenant on va travailler ensemble à cette Version bêta.
À bientôt,
Jean-Louis

Message du 23 juillet 2008 :

Mort d’André Iten (Article dans ce blog)

Envoi du comité de programmation, 12 septembre 2008 :

Après la disparition soudaine et si douloureuse pour tous d’André Iten, Version bêta, conçue à son initiative et avec lui, est un hommage à son inventivité et à sa générosité.

Samuel Bianchini, Potential Flag, installation interactive, 2008, dans Version bêta
Documentation disponible : http://www.dispotheque.org/indexfr.htm

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Masaki Fujihata, avec une interprète participant au projet Landing Home in Geneva, Genève, juillet 2005 (© photo JLB).

Extraits d’entretiens avec Masaki Fujihata à propos du dispositif des Field-Works

Entretiens réalisés à Tokyo le 15 mars 2003, à Genève le 24 avril 2004 et le 8 juillet 2005 par Jean-Louis Boissier, Daniel Pinkas, Caroline Bernard et Annelore Schneider

Comment en êtes-vous arrivé à utiliser le GPS ?

En 1992, j’ai réalisé un premier projet utilisant le GPS au Mont Fuji. Je ne l’ai terminé qu’en 1994 en l’exposant à la galerie ICC de Tokyo. J’ai été attiré par la technologie du GPS car c’est un instrument très intéressant : il nous dit où nous sommes, et aussi à quel moment, quand. Où et quand, c’est presque tout ce dont nous avons besoin pour attester notre existence. Après avoir collecté ces données, où et quand, nous pouvons les utiliser de bien des façons. Ainsi, par exemple, j’ai travaillé les données collectées dans l’ascension du Mont Fuji de façon à en construire une image déformée en fonction de la vitesse de notre marche. Lire la suite »

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