7e projet. 7 juin 2009. La Galerie Légitime Re-enactment.

Une vision d’ensemble de nos cinq promenades géolocalisées dans laquelle s’inscrira cette dernière promenade est visible sur http://www.arpla.fr/canal2/prototype. Chacune d’entre elles devrait être accessible rapidement depuis la MéTaCarte globale réalisée par Benjamin Cadon: http://metamap.fr/

La promenade du dimanche 7 juin avec Ben Patterson s’inscrira ELLE en temps réel dans la MéTaCarte, http://metamap.fr, en forme de tracé GPS, sous les yeux ébahis des internautes mobiles qui pourront la rejoindre ad libitum…

Le projet La Galerie Légitime Re-enactment, réalisé le 7 juin, dans le cadre de Futur en Seine, http://wikiplaza.org sera la reprise de La Galerie Légitime ( 3 juillet 1962) de Robert Filliou et Ben Patterson,  sous la forme d’une flânerie-vernissage d’exposition de Ben Patterson de 12 heures, avec l’artiste lui-même et Bertrand Clavez, (dans le rôle de Robert Filliou), dans les rues de Paris. Le projet est en cours de travail avec Ben Patterson, Bertrand Clavez, Lalya Gaye, http://www.daonk.org/tamabi05, http://www.daonk.org/category/ppl/lalya/, l’atelier Locative Media Art de Paris 8 et la Galerie Ars Longa, http://www.arslonga.fr/
Réalisation d’une vidéo-performance dans le cadre de cet événement par Ben Patterson enregistrée sur DVD, diffusé sous forme de multiples en nombre limité pendant le temps de La Galerie Légitime Re-enactment : http://vimeo.com/groups/fluxus/videos/6952422

La Galerie Légitime (3 juillet 1962)

Rey-Hong Lin, Galerie légitime, vidéo, 2009. 15 mai 2009. Nous sommes à Romainville, dans le salon de Bertrand Clavez, historien d’art, spécialiste du mouvement Fluxus et ami de Ben Patterson. L’entretien consacré à la Galerie Légitime et à l’œuvre de Ben Patterson, durera plus de deux heures. 1er chapitre: La Galerie Légitime.

En 1962, Robert Filliou fonde la Galerie Légitime, une galerie de rue mobile sous forme de casquette portant le tampon «Galerie Légitime  — couvre-chef (s)-d’œuvres». Le 3 juillet 1962, Filliou promène, déposées dans la casquette, les œuvres miniatures de Ben Patterson, en compagnie de l’artiste, pour les présenter aux passants tout au long d’un périple dans Paris dessiné par Ben. Le parcours de l’exposition dans les rues de Paris dura 24 heures, de la Porte Saint-Denis à la Galerie Girardon, boulevard Pasteur, avec un programme d’events Fluxus.


Carte du parcours d’exposition (vernissage) de la Galerie Légitime avec des objets de Benjamin Patterson Paris, le 3 juillet 1962. «C’est Ben Patterson qui a dessiné le plan, George Maciunas a simplement rajouté Fluxus Sneak Preview et l’a imprimé à Wiesbaden car il avait de bons prix chez  les imprimeurs.» BC

La Galerie Légitime Re-enactment, 7 juin 2009

Carte du parcours prévu le dimanche 7 juin 2009, avec Ben Patterson et Bertrand Clavez dans le rôle de Robert Filliou, des étudiants de Paris 8 de l’atelier Locative Media Art, Master art contemporain et nouveaux médias de Paris 8, et avec la collaboration de la Galerie Ars Longa. Ce nouveau périple parisien durera 12 heures. Proposition de bars sur le trajet par Nicolas: http://www.arpla.fr/canal2/figureblog/?p=3323


Ben Patterson, 2009

Le parcours du 7 juin

10h 00 > Porte Saint-Denis (métro Strasbourg-St-Denis)
10h 30 > Les Halles
11h 00 > Hôtel de ville
11h 30 > Beaubourg
12h 00 > Place de la Bastille
14h 00 > Ars Longa – Intervention de Bertrand Clavez (20min)
16h 00 > Père Lachaise
17h 30 > Café Le Zorba
18h 00 > Place de la République
18h 30 > Saint-Germain-des-prés
19h 00 > Saint-Sulpice
19h 30 > Chez Georges, rue des canettes
20h 00 > Luxembourg
20h 30 > Panthéon
21h 00 > Les Cinq Billards, place de la Contrescarpe

22h 00 > La Coupole

Julien Levesque, La Galerie Légitime Re-enactment, 7 juin 2009

La performance de la Galerie Légitime sera ouverte à tous, il sera possible à tout moment de la rejoindre physiquement grâce à la retransmission en direct du trajet GPS s’inscrivant sur le site Internet : map.wikiplaza.org.
Des éléments de tecnosuits réalisés dans le workshop de Lalya Gaye, dans la galerie Ars Longa, le vendredi 5 juin, seront utilisés dans la performance (caméras et micros cousus dans les vêtements des performeurs).
http://www.arslonga.fr/archives/1178.
Eléments sur le travail de Lalya Gaye, dans la session Pervasive Art, dans le colloque Mobilisable, Ensad, novembre 2008, où est intervenue Lalya Gaye, http://www.mobilisable.net/2008/?page_id=5

Bibliographie

Bibliographie Fluxus

Bertrand Clavez

http://sites.google.com/site/bertrandclavez/

Exposition et performances au CAC de Brétigny
Cornelius Cardew et la liberté de l’écoute
http://www.cacbretigny.com/
Ben Patterson était très lié à Cardew quand ils étaient tous les deux à Cologne en 1961. Ils ont fait de la musique ensemble et ont participé aux mêmes événements. Cardew était alors au studio de Radio Cologne de Stockhausen (avec Paik, Kagel et Nono) tandis que Ben avait déjà touché à l’électronique en 57/58 dans un studio canadien alors qu’il était première contrebasse du Philharmonique d’Ottawa. BC

Performing the City:actions et performances artistiques
dans l’espace public 1960 – 1980
à l’INHA

http://www.inha.fr/spip.php?article2581

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Archive vidéo

mercredi 13 octobre 2004, à l’invitation d’Ivan Lapeyroux, Ben Patterson et Bertrand Clavez réalisèrent l’event Tour*, avec des étudiants en arts de Paris 8, dans les couloirs de l’université…

*Tour (New York, avril 1963):
«Des personnes sont invitées à se rencontrer à une heure et dans un lieu pour commencer un tour. Après que les méthodes et conditions générales du tour aient été expliquées, on bande les yeux des participants par un moyen ou par un autre, et on les conduit dans un quartier ou des quartiers selon le choix des guides. La durée est supérieure à 45 minutes. On doit disposer de guides responsables et en nombre suffisant.»

L’event Tour à Paris 8, 2004
© Jean Tan et Daniel Sciboz pour GPSmovies1



La figure du flâneur baudelairien

A propos de la Galerie Légitime de 1962, galerie de rue mobile, Bertrand, dans notre entretien de Romainville du 15 mai 2009, a repris la référence du flâneur analysée par Walter Benjamin notamment dans «Baudelaire ou les rues de Paris»* et  qui ferait de Filliou et Patterson des flâneurs au seuil du marché de l’art. En contrepoint de cela, l’analyse de Francisco Naishtat : «Les traces de la psychanalyse dans la théorie de la connaissance historique» reprise aussi de Walter Benjamin http://www.arpla.fr/canal2/figureblog/?p=638, décrit un flâneur-artiste appréhendant profondément, dans sa déambulation dans les passages parisiens, un inconscient micro-collectif social, utopique, ponctuel, soudain, dans lequel il s’insère, sur le mode de la mémoire involontaire proustienne des pavés de Venise: ainsi Filliou et Patterson dans leur déambulation de 1962, sont des sortes d’analysants en mouvement, qui, dans le temps même de leur flânerie, entrent  en conversation avec des passants-patients puis leur proposent d’acheter ces micro-objets d’art transitionnels, comme de petits monuments (comme des petites Tour Eiffel) de ces moments uniques d’appropriation commune de cet inconscient social collectif dans le temps restreint de leur conversation ou d’un event avec Ben et Robert.

*«Baudelaire ou les rues de Paris» in  Walter Benjamin. œuvres III. Folio essais, pp. 58-59.
«Le génie de Baudelaire, nourri de mélancolie, est un génie allégorique. Avec Baudelaire, Paris devient pour la première fois un objet de poésie lyrique. Cette poésie n’est pas un art local, le regard que l’allégoriste pose sur la ville est au contraire le regard d’un dépaysé. C’est le regard du flâneur, dont le mode de vie couvre d’un éclat apaisant la désolation à laquelle sera bientôt voué l’habitant des grandes villes. Le flâneur se tient encore sur le seuil, celui de la grande ville comme celui de la classe bourgeoise. Aucune des deux ne l’a encore subjugué. Il n’est chez lui ni dans l’une ni dans l’autre. Il se cherche un asile dans la foule. On trouve chez Engels et chez Poe les premières contributions à une physiognomonie de la foule. Celle-ci est le voile à travers lequel la ville familière apparaît fantasmagorie et fait signe au flâneur. Ainsi travestie, elle est tantôt un paysage, tantôt une chambre. Le grand magasin, exploitant l’un et l’autre de ces thèmes, met à contribution la flânerie elle-même. Le grand magasin est le dernier trottoir du flâneur.
Dans la personne du flâneur, l’intelligence va au marché. Pour en contempler le spectacle, croit-elle, mais, en vérité — pour y trouver un acheteur. A ce stade intermédiaire où elle a encore des mécènes, mais déjà commence à se familiariser avec le marché, elle se présente comme bohème. Au flou de sa situation économique correspond le flou de sa fonction politique. Laquelle apparaît de la façon la plus visible chez les conspirateurs professionnels, qui tous viennent de la bohème. Leur premier champ d’action est l’armée, puis la petite bourgeoisie, occasionnellement le prolétariat. C’est pourtant parmi les véritables chefs du prolétariat que cette couche sociale trouve ses adversaires. Le Manifeste communiste met fin à leur existence politique. La poésie de Baudelaire tire sa force du pathos de la rébellion que cultivent ces groupes. Il se range du côté des asociaux. Il ne connaîtra de communauté sexuelle qu’avec une prostituée.»

Les events Fluxus, «purement textuels en direction des objets»

George Brecht
http://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=8&menu=

Fluxus dixit, une anthologie Vol.1 par Nicolas Feuillie, les presses du réel, 2002,
p. 17:
«C’est dans ces boîtes [l'édition des boîtes est un versant des activités de Fluxus à partir de 1966] que s’incarne mieux l’humour dérisoire que George Maciunas assignait à Fluxus comme ‘art-distraction’: ‘simple, amusant, sans prétention, traitant de choses insignifiantes, ne réquérant aucune habileté ou répétitions sans fin, n’ayant aucune valeur commerciale ou institutionnelle.» Filliou l’a précédé sur ce point, avec la Galerie Légitime, en continuité ou en porte-à-faux avec la Boîte en valise de Duchamp?

pp. 17-18:
«Henry Flynt, invente le « concept art » en 1960, « un art où les ‘concepts’ forment le matériau ».[en note de bas de page on lit] «Le texte qui expose le « concept art » (figurant dans An Anthology), antérieur de cinq ans à l’apparition de l’art conceptuel, témoigne d’une intuition géniale de son auteur, qui cependant n’a jamais été remercié. Henry Flint a refusé que l’on présente une traduction intégrale de son texte dans le contexte d’un ouvrage sur Fluxus. Le lecteur en trouvera un résumé en français dans Art conceptuel/Formes conceptuelles, Galerie 1900-2000.

p.74: [une chaise de Charles Eames]
(Entretien avec George Maciunas, Larry Miller, 24 mars 1978
«Si on tire une expérience artistique de la composition de Brecht, allumant et éteignant la lumière tous les soirs ou tous les matins, tout le monde est [artiste], tu vois? [...] Si on peut retirer une expérience de la vie quotidienne, des ready-made quotidiens, si on peut remplacer l’expérience artistique par cela, alors on élimine complètement le besoin d’artistes. Tout ce que j’ajouterais et je dirais, eh bien, c’est qu’il serait encore mieux d’obtenir une expérience artistique d’une chaise de Charles Eames, disons. Ainsi on a une bonne chaise sur laquelle on peut s’asseoir, plus une expérience artistique quand on s’assoit. On fait d’une pierre deux coups et on n’a toujours pas besoin d’artistes, mais on a besoin de quelqu’un comme Charles Eames, ah, ah.»

Iconographie


George Brecht, Chair Events, (realisiert durch René Block in Sydney 1990). 1969
Sammlung René Block, Leihgabe im Neuen Museum in Nürnberg

«Anyone with one of my scores for a chair-or ladder event can find, or realize, such an event privately. No problem. If such an event is realized in public, it should be titled and/or announced as « A George Brecht ‘Chair Event’, realized by (name of the person who realized it). » If you feel you require ‘authorization’ for the event, then send me two color photos of the work, 20×25 cm, I will then send one photo back to you, with, on the back, my signed ‘authorisation’.» George brecht an René Block

«La performance à l’ère de son re-enactment»
Art Press, trimestriel n°7, Performances contemporaines,
Christophe Kihm, pp. 21-29