17. 1. Renée Levi & Philippe Decrauzat. Une peinture d’ameublement? 16 et 20. 03. 2011

17. Une peinture d’ameublement*? *Référence à Satie, la Musique d’ameublement.
2.2. & 2.3. Mercredi 16 et Dimanche 20 mars 2011.

2.2. séance du mercredi 16 mars 2011*. Renée Levi au Credac.

Rendez-vous à 14h au Credac, 93 avenue Georges Gosnat, Ivry-sur-Seine, métro ligne 7, station mairie d’Ivry à 50 mètres du métro. 20 mn du Châtelet. RER: ligne C, station Ivry-sur-Seine (sortie centre ville).
Visite de l’exposition Cursif, au Credac, (aller sur le site à >exposition en cours) de Renée Levi + fiche de l’artiste sur le site du Mamco, Genève.
Textes http://www.xcult.org/texte/levi/.


2.3. séance du dimanche 20 mars à 18h 00. Philippe Decrauzat au Plateau.

Le Plateau se situe à l’angle de la rue des Alouettes et de la rue Carducci, 75019 Paris. Métro: Jourdain (11) ou Buttes-Chaumont (7bis). Bus: ligne 26 – arrêt Jourdain.
Visite de l’exposition monographique Anisotropy de Philippe Decrauzat, avec Xavier Franceschi, le directeur du Plateau, commissaire de l’expo.
+ fiche de l’artiste sur le site du Mamco, Genève. Représenté par la galerie Praz- Delavallade.
* Le vernissage a lieu mercredi 16 mars de 18 à 21h, pour ceux qui ne participent pas à la conférence de l’OdNM, cela est aussi possible.

Environnement bibliographico-textuel

Ceci est un environnement bibliographico-textuel aux deux expositions, autour de la peinture abstraite et nécessairement environnementale, dans la suite autant de Mallarmé que de Mondrian, à partir de la ligne horizontale (horizon maritime) et verticale (la personne, l’arbre), dans un contexte de tremblement de terre et de tsunami (celui du Japon), qui dérangent ces lignes provisoirement et parfois à long terme (Haïti), ou de guerre (Lybie, etc.).
On prend comme figure emblématique de l’abstraction picturale colorée, Josef Albers, élève puis enseignant au Bauhaus, échappé de l’Allemagne pré-hitlérienne en 1933, l’un des fondateurs key man du Black Mountain College en Caroline du nord (USA), dès la rentrée de septembre 1933 (jusqu’en 1949), et dont Donald Judd —qui a mis les couleurs dans l’espace avec ses étagères si lisses—, reconnaîtra l’incroyable conscience de la couleur. Le Black Mountain, ou la synthèse unique entre l’éducation progressiste américaine (Dewey*) et le modernisme européen (Bauhaus)**.

*«Communauty in education is important, John Dewey wrote, because, « the very process of living together educates. It enlarges and enlightens experience; it stimulates and enriches imagination; it creates responsability for accuracy and vividness [précision et vivacité] of statement and thought.»

«If there was a single unquestionable assumption underlying the college’s structure and philosophy, it was a belief in democraty as a way of life. In education, this meant the opportunity of every person to realize the full development of his or her abilities; in a political system, the right of each person to have a voice in the decision-making process.»

Mary Emma Harris, The Arts at Black Mountain College, The MIT Press, 1987
Cover: Summer Art Institute faculty, 1946. De droite à gauche: Anni Albers, Josef Albers, Molly Gregory, Walter Gropius, Nancy Newhall, Jean Varda (dans l’arbre).

Peinture, abstraction, couleur, démocratie: «A une époque où une sensibilité humaine accrue est devenue un besoin si évident dans tous les domaines où l’homme est impliqué, la couleur et la conscience de la couleur constituent une arme majeure contre les forces de l’insensibilité et de l’abrutissement.» (écrit par un universitaire inconnu de l’Université du Nevada à Las Vegas, à propos du livre d’Albers, L’Interaction des couleurs, 1963, repris dans l’introduction du livre, édition française, Hazan, 2008).
Le Collège de Black Mountain dispense un enseignement des arts de type Bauhaus.*** Y travailleront John Cage, David Tudor, Merce Cunningham, Harry Callahan, Anni Albers, Walter Gropius, Lionel Feininger, Willem de Kooning, Franz Kline, Ben Shahn, Robert Motherwell, Cy Twombly, Kenneth Noland (student), Robert Rauschenberg (student), John Chamberlain (student teacher).

*** «When they founded the college, neither Rice nor Dreier knew just what role the arts should play in a progressive education; but by the time they issued the first college catalogue in the winter of 1933, they have clarified the aims»:

«Dramatics, Music, and the Fine Arts, which often exist precariously on the fringes of the curriculum, are regarded as an integral part of the life of the College and of importance equal to that of the subjects that usually occupy the center of the curriculum. In fact, in the early part of the student’s career, they are considered of greater importance, because, in the first place, they are, when properly employed, least subject to direction from without and yet have within them a severe discipline of their own; and also because of the conviction that, through some kind of art-experience, which is not necessarily the same of self-expression, the student can come to the realization of order in the world; and by being sensitized to movement, form, sound, and the other media of the arts, gets a firmer control of himself and his environment than is possible through purely intellectual effort. This is a theory, but a theory which has met the test of experience. It has already been shown to the satisfaction of those who have had a share in it that the direct result of the discipline of the arts is to give tone and quality to intellectual discipline. It is expected that the way can be found to use other fields of activity, Science, for instance, as it is proposed to use the Arts. In the meanwhile, the student is encouraged on entering to reverse the procedure to which he has usually become accustomed and to put the same faith in doing that he has been taught to have in absorbing. The effort is not always successful, but the fact that the whole communauty takes part is persuasive.»

«When asked on his arrival at the college what he hoped to achieve, Albers responded, « to open eyes ». He often quoted for his students a statement of John Ruskin: »The greatest thing of a human soul ever does in this world is to see something, and tell what he saw in a plain way. Hundreds of people can talk for one who can think, but thousands can think for one who can see. To see clearly is poetry, prophecy, and religion, —all in one. He noted that generally visual memory is so poorly trained that, though most can easily recall a tune, few can remember a « shape or form, the size of things, the extension of space and volume. » For Albers, « seeing » encompassed [englobait] not only the the optical experience but the psychic aspects and broader concept of vision. He recognized that one cannot teach « imagination and vision » but felt that their development could be aided by teaching « observation and comparison… [which] aim at open eyes and flexible minds. » Albers defined culture as the « ability to select and distinguish the better, that is, the more meaningful form, the better appearance, the better behavior », and felt that a student who had developed a discrimating eye was far better off than one who had learned to paint a « mediocre still-life ». For the professional art students, the courses provided a broad formation for further studies; for the general students, they led to a more discriminating perception of phenomena which could be applied to decorating their homes, selcting clothes, or other activities.»


«In the color class, students « studied systematically the tonal possibilities of colors, their relativity, their interaction and influence on each other, cold and warmth, light intensity, color intensity, physical and spatial effects… to prepare for a disciplined use of color and to prevent accident, brush, or paintbox from taking authorship. » During the 1930s, Albers emphasized color-tone scales and the color systems of Goethe*, Ostwwald, Weber-Fechner, and others. An advanced color course concentred of the use of watercolors.»

* J.W. Gœthe, Traité des couleurs, Triades, 1986, édition originale, 1791, 1810.

Citations in Traité des couleurs:

«Nous affirmerons maintenant, bien que la chose puisse paraître quelque peu étrange, que l’œil ne voit aucune forme, le clair, l’obscur et la couleur constituant ensemble ce qui pour l’organe distingue un objet de l’autre, et les parties de l’objet entre elles. Ainsi édifions-nous avec ces trois éléments le monde visible et rendons du même coup la peinture possible, laquelle est capable de produire sur la toile un monde visible beaucoup plus parfait que le monde réel.
L’œil doit son existence à la lumière. A partir d’organes animaux secondaires et indifférents, la lumière produit pour elle un organe qui lui soit semblable, et ainsi l’œil se forme par la lumière et pour la lumière, afin que la lumière intérieure vienne répondre à la lumière intérieure.
[...] la couleur serait un phénomène élémentaire naturel pour le sens visuel, se manifestant comme tous les autres par séparation et contraste, par mélange et réunion, par intensification et neutralisation, par communication et répartition et ainsi de suite, et qui peut être envisagé et compris de la meilleure façon à l’aide de ces formules naturelles et générales.»
J.W. Gœthe, Traité des couleurs, Triades, pp. 80 et 81.

Première section, Les Couleurs physiologiques.

III. Surfaces et figures grises. P.97
§38— «Une figure grise nous apparaîtra beaucoup plus claire sur un fond noir que sur un fond blanc. Lorsque nous juxtaposons les deux situations, il nous est difficile de croire que les deux figures sont du même ton gris. Nous croyons trouver ici un nouvel exemple de la vive mobilité de la rétine, et de l’antagonisme tranquille que tout organisme vivant est contraint de manifester lorsqu’on le place dans une situation déterminée: l’inspiration appelle l’expiration, et toute systole une diastole. C’est la formule éternelle de la vie qui se manifeste ici aussi. Aussitôt qu’à l’œil on présente l’obscur, il demande le clair; il recherche l’obscur si on lui présente le clair, exprimant ainsi qu’il est vivant et justifié à saisir l’objet, puisque produisant lui-même un état opposé à celui de l’objet.»

V Figures colorées. P. 101
§52—«Un soir, me trouvant dans une auberge, je regardai quelque temps une servante de taille harmonieuse, au teint blan éblouissant, aux cheveux noirs, et vêtue d’un corselet écarlate. Elle était entrée dans ma chambre, et je la fixais à une certaine distance et dans la pénombre. Dès qu’elle fut sortie, je distinguai sur le mur blanc en face de moi, un visage noir entouré d’une auréole claire, et les vêtements de la silhouette nettement dessinée étaient d’un beau vert marin.»


Josef Albers, L’Interaction des couleurs, Hazan, 2008
Yale University Press, fait paraître l’Interaction des couleurs en 1963. Josef Albers enseigne au Black Mountain pendant 16 ans. En 1950, il intègre l’Université de Yale où il prend la présidence du département de design. En 1971, le Metropolitan Museum of Art de New York expose l’ensemble de son œuvre. Classique d’un apprentissage de la couleur, basé sur l’expérimentation.

Josef Albers, L’Interaction des couleurs, Hazan, 2008

p. 88. V. V/1. Etudes de gradation. « La gradation sur la planche V/1 est le résultat de collage de petits morceaux de gris soigneusement récoltés dans des illustrations de magazine, qui doivent provenir des mêmes titres afin de garantir les mêmes nuances de noir… »

p 112. Mélange optique — l’Effet Bezold

p. 140. La loi de Weber-Fechner

p. 150. XXIV. Théories des couleurs. Le triangle de Gœthe. « Nous nous demandons encore pour quelles raisons ce triangle de Goethe, à la fois si fondamental et si beau, n’a fait l’objet que de très rares publications. Nous aimerions vous rappeler que Gœthe a considéré sa théorie des couleurs (qui forme plusieurs volumes) comme son « plus cher enfant ». »


Retour sur Decrauzat et Levi — documents sur la scène artistique suisse

Tout au long de l’année universitaire, 2006-2007, notre atelier La scène artistique contemporaine suisse a voyagé à Paris — Centre culturel suisse, Galerie Crousel   — et à Genève — Mamco.
Toutes les visites « guidées » des expositions ont été filmées et montées par Rey-hong Lin http://www.arpla.fr/canal21/Rey/scenesuisse.html
Tout cela a aussi fait l’objet d’une exposition Mobile museum en fin d’année et d’une rencontre alliant scène suisse et scène africaine. On y rencontre Decrauzat et pas mal d’éléments sur la peinture néo-géo. Cherchez-les.

Christian Bernard © Fabrice Gygy

Dans cette même période, Christian Bernard, directeur du Mamco initiait sa radio du Mamco, qui a fait l’objet d’un post dans ce blog même http://www.arpla.fr/canal2/figureblog/?p=5240, où il décrit par le menu, tous les étages de son musée. On y rencontre Decrauzat et ses amis. Cherchez-les. Il y a aussi les pdf des émissions retranscrites pas mes soins. Une nouvelle forme de livre… numérique.