Rencontre surprise avec Thomas Hirschhorn et son laboratoire à Aubervilliers

C’est au cours d’une promenade que nous avons visité un atelier d’artiste : Thomas Hirschhorn. Je l’ai connu dès son exposition aux Mains d’œuvres au mois d’octobre 2008, où il avait installé une grande sculpture intitulée Deleuze monument et a fait une conférence avec projections de vidéo par rapport à son travail. Mon but n’est pas de théoriser son travail artistique ici, mais d’entrer dans son atelier, le théâtre de sa création ou son laboratoire, afin de voir à travers des œuvres ou des esquisses ce qui fait que son art est si personnel.

Le sol de son atelier était jonchés de feuilles de papier, de coupures de journaux. Il y avait tellement de choses par terre qu’il était impossible de promener son regard sans rencontrer autre chose que cette couleur gris-blanc inondant toute la pièce. Chaque morceau de papier constituait une idée, un fragment de sa pensée sur son travail artistique et conceptuel. La particularité de cette sorte de laboratoire est que, bien que certains morceaux éparpillés ne soient pas encore partie intégrante de la totalité d’une œuvre en devenir. Lorsque nous pensons à ces deux termes «architecture» et «construction des idées», on pourrait dire qu’Architecture signifie idée construite comme matrice de la structure interne de la construction intellectuelle et concrète. C’est-à-dire, dans le lieu du chantier, faire l’architecture et faire la construction ne signifie pas la même chose. Du point de vue de l’architecture d’aujourd’hui, les éléments constituent une idée architectonique et les matériaux et travailleurs sur un chantier réalisent physiquement et réellement l’idée d’architecture. Ils sont quelques choses d’anonyme, et ils ne sont jamais mentionnés sur la face extérieure car le concept est en quelque sorte le premier moteur dans le temps en tant qu’élément premier mais il est aussi le principe interne s’actualisant dans l’union des différents matériaux. Le fait que Thomas Hirschhorn utilise souvent des rubans adhésifs comme ce qui fait lien entre les différents éléments de son travail illustre la fragilité de l’actualisation du concept en tant que premier principe. Dans le même ordre d’idée nous pouvons évoquer la statue modelée en utilisant des boues, mais  en tant que «des pensée ».

Junko Shiraischi

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