Un regard intérieur – dérive du 18 janvier

Ferry boath sur Danube

Ferry boath sur Danube

Lors de la promenade du 18 Janvier. Il faisait assez froid ce jour là, je me rappelle. Comme Julie, j’avais les mains gelées, que je ne pouvais presque pas prendre des photos.
Nous partons du 104 et traversons les rues désertes, dans notre petite aventure hivernale. Par ici par là les immeubles gardent la trace des autre immeubles disparus. Ici, a été une fois….. mais l’espace est vide. Il n’y reste que la structure dessinée sur les murs voisins. Comme dans le film de Christian Boltanski. Là ou la bombe à tombée, l’immeuble n’existe plus. Enfin, nous arrivons au canal. Petit à petit je commence à me réchauffer en marchant. Je ne suis jamais passée par là, mais le paysage m’a l’air familier. Comme un Don Quichotte contemporain, le petit Canal St Martin au cœur de la ville, prend pour moi des dimensions d’un fleuve immense. C’est mon Danube natal qui défile sous nos yeux. Le vieux fleuve coule ses vagues endormies dans une marche ininterrompue, emportant avec lui nos désirs les plus enfuis. C’est décidé. Ce soir, nous allons tout simplement noyé nos peurs dans l’eau boueuse….. «Viens, mon amour, on va jouer au « Solitaire » sur la rive droite du notre cœur…» Je marche à Paris et mon regard est ailleurs. Paris est là, mais la dérive est à l’intérieur, sur la falaise de mon adolescence.

Comme pour Julie et son quartier, ici, le fleuve, c’est chez moi. Je sais, je connais ces bords sablonneux, que je hantais avec mes camarades depuis le printemps, depuis les premières jours de chaleur jusqu’à la fin de l’été. Nous nageons dans l’eau opaque. De l’autre côté on peut apercevoir la fumée du combinat et les immeubles en miniature. La structure d’une église en construction, le nouveau hôtel Faleza, sur le toit duquel j’ai pris des photos à 2 heures du matin….
À Galati, les matins sont plus ensoleillées et le café plus doux… la Lune a la couleur de la bière blonde, consommée en vitesse sur le tapis. Le vieux fleuve déverse notre mélancolie dans ses vagues.
Nous continuons la marche en longeant le canal. Dans la périphérie, les vieux bâtiments cohabitent avec l’architecture moderne, de façon étrange. En milieu des constructions, s‘étend une basse-cour avec du bois coupé, comme je voyais parfois dans les maisons à la campagne… il manque seulement les poules et les vaches et le tableau est complet.
A peine passé le périphérique, le paysage change, il devient presque provincial. Je retourne mon regard vers mon Danube natal. Les bateaux attendent silencieux sur les bords, pour que nous puissions passer de l’autre côté avec ou sans la voiture. Très prochainement on va se retrouver autour d’une table, dans un café, écrire nos histoires sur des bouts de papiers.

mondes parallèles Galati - Paris

Mondes parallèles : Galati - Paris

Le passage du ferry boath sur le Danube à Galatzi

Le passage du ferry boath sur le Danube à Galatzi

Canal St Martin

Canal St Martin

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