Donald Abad:«L’Affranchissement aventurier»

Mercredi 9 avril 2008, 11e séance

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Donald Abad présentera sa pièce: L’affranchissement aventurier réalisée dans le cadre des ateliers de la résidence artistique Arcus Studio, Moriya, Japon, du 24 novembre au 2 décembre 2007. Film DV de 45 mn (1ère version). Extraits:
Partie 1 — La montagne (11,6 Mo)
Partie 4 — Un geste (8 Mo)
Partie 6 — Fin transitoire si le projet peut s’étendre à l’île de Gukanjima (18,7 Mo)

«En partant des Alpes Japonaises du Nord, il s’agissait au départ de tester un dispositif interactif nomade, exploitant un système mixant données GPS brutes, concept de Songlines aborigènes (sans écriture ni cartographie, ils utilisent des chants poétiques pour se repérer et traverser le continent) et esprit Yamabushi.
Puis en errant dans cette quelconque banlieue en pleine expansion, j’ai exploré et reconnu la moindre parcelle de jungle contenue mais non contrôlée par l’homme. Dans les forêts de bambous, parmi ses habitants, j’ai travaillé sur les seuils, numériques, informatiques, géographiques, animaux, humains, et physiques. Et j’ai marché.»

L’affranchissement aventurier
«Un être humain, devenu marcheur, quitte la Base vers la zone de Test. Avec pour seules armes son mouvement, sa solitude, sa technique et son savoir collectif. Il explorera cet inconnu, plein d’appréhension, de rencontres et de découvertes.
Cette fiction est le support visuel du processus d’un projet collaboratif en réseau. Son histoire se construit en temps réel, parallèlement aux découvertes, créations ou échecs du collectif. Le personnage générique de cette Aventure est à la fois une porte et un vecteur. A l’aide de ses capteurs, il nourrit le Réseau de données relevées sur le terrain du Réel. Ces datas seront alors appropriés, avalés, disséqués par le Réseau, qui lui renverra à son tour le résultat de ses lectures, interprétations et analyses. Saturé d’informations, arrivera-t-il à les comprendre, à ses les approprier, à les utiliser pour mieux avancer?

Les épisodes de ce film rendent compte des performances réalisées en temps réel in situ. Par cette mise en scène de la technologie (capteurs, système mobile, réseau pervasif et collaboratif, réalité augmentée), il s’agit simplement de se la réapproprier, de l’éduquer et de la recontextualiser, en la mettant en jeu au sein d’une réalité (naturelle) forte. Cette cohabitation de deux fantasmes, celui de la Nature, celui de la technologie, donne une écriture au film, telle une métamorphose du monde virtuel, celui du territoire des nouvelles technologies de l’information et des communications.

L’aventure soutient ce désir d’émancipation et d’affranchissement, au même titre que la technologie nomade et mobile. Or, le marcheur n’est pas pour autant déconnecté (du réseau, du monde, de la vérité, de son passé, de ses sentiments), même s’il s’en donne l’illusion. Il est devenu une antenne, un satellite qui observe, teste et vérifie physiquement sur le terrain, des réalités lues et proposées par les membres du Réseau.

Le marcheur solitaire part chercher au loin, dans des situations intenses, une illusion du proche quand le Réseau, lointain et immatériel, tente de toucher cette réalité tangible.» 2007. Donald Abad

Avec la participation de Fred Arana (programmation, sound design); Lucas Grolleau (music); Takashi Nakamura (caméra); Thomas Ballet-Baz (caméra, traducteur, walker).